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 Retour au boulot [PW Lyssia]

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Retour au boulot [PW Lyssia]   Lun 30 Juil - 0:07

Von Einzbern, vous avez de la visite. C'est le Prieuré.

Le ton du Docteur Orco était neutre, inexpressif, habituel pour lui. Il avait prévenu l'alchimiste, à son retour à Excelsa. Après les événements de la Fête de la Vie, on viendrait sans doute lui poser des questions. L'Amirale, le Légiste, Catherina Damoroff, a priori c'était déjà fait, où ça n'allait pas tarder. Mais Winifred, Zaira et lui n'auraient sans doute pas l'honneur de traiter avec un très haut-gradé. Tant mieux, les Prieurs de haut-rang mettaient Sigmund mal à l'aise.

Forcément, il avait dû expliquer à Orco pourquoi son retour de Vinimal avait tant tardé. L'assassinat par empoisonnement de quatre Prieurs, l'incendie dans l'auberge, la panique venue semer le trouble dans une soirée qui s'annonçait pourtant si belle. Finalement, Sigmund avait passé une grande partie de la nuit, puis les trois jours suivant à garder un œil attentif sur les plaies de tout le monde. Les bouts d'échardes calcinées dans le bras, les brûlures sur les mains et les jambes, ce genre de petites choses en apparence pas très grave, mais qui en cas d'infection peuvent devenir de gros soucis. Surtout dans un village un peu reculé comme Vinimal.

Pendant tout le chemin du retour, von Einzbern s'était demandé si la mort des Prieurs et l'incendie de l'auberge avait un lien. La paranoïa lui hurlait "OUI", mais il n'avait évidemment aucune preuve. Pour ce qu'il en savait, oublier un truc sur le feu avait tout aussi bien pu être la cause du départ d'incendie. Après tout, Sac-à-Rhum, l'aubergiste, était resté introuvable même au lendemain de l'incident. Un comportement qui aurait pu sembler suspect, mais Sigmund ne comprenait pas pourquoi le vieil homme aurait voulu détruire son établissement.

Il y avait Kwoon aussi, si c'était bien son vrai nom. De lui, Sigmund ne savait rien, il avait échangé deux phrases, le temps d'une minute, dans la réserve de l'auberge. Un suranais qui voulait rester discret, se faire passer pour un trisite. L'alchimiste ne l'avait jamais revu. Là encore, loin d'être suffisant pour en faire un suspect, et puis c'était quand même facile de tout le temps accuser les étrangers.

Désormais, l'affaire n'était plus de son ressort. Malgré tout, à son retour au laboratoire, il avait commencé à analyser la mousse récupérée sur les cadavres de Prieurs. Avec plusieurs jours de voyage en cheval, ce n'était plus de la première fraîcheur, mais il devrait être capable de tirer le gros des éléments contenus. Des résultats qu'il communiquerait évidemment aux autorités compétentes.

Il n'avait rien à cacher, rien à se reprocher (à son sens) quant à cette affaire. Malgré tout, l'adrénaline monta d'elle-même. Il se trouvait dans le petit laboratoire jouxtant son tout aussi petit bureau. Vêtu d'une blouse blanche délavée, les cheveux attachés en arrière, les traits tirés et les mains gantés, il avait l'air... d'un alchimiste. Rien de suspect, mais la visite d'un des résidents du Fort, c'était comme une convocation dans le bureau du Directeur. Même lorsqu'on se sait innocent, il y a quand même un peu de stress.

Bien sûr. Avait-il répondu, en essayant tant bien que mal de masquer sa peur. Il peut venir ici ? Ou il préfère parler à côté ?

Elle. Se contenta de rétorquer Orco avant de s'effacer.

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MessageSujet: Re: Retour au boulot [PW Lyssia]   Lun 30 Juil - 20:30

Des missions comme celle-ci, je n’en ai pas très souvent. Plutôt rarement même, en fait… Mais c’est venu directement du Premier Prieur, personne ne peut contester et, de toute façon, ça ne viendrait à l’esprit de personne. J’ai fait mes preuves, il n’y a pas qu’Otton qui me fasse confiance pour les missions, même si les raisons ne sont pas nécessairement les mêmes. Et puis dans tous les cas, peu importe : Otton m’a donné une mission… je suis aussi ravie que s’il m’avait annoncé qu’on avait trouvé un remède définitif pour soigner la famine. Non. PLUS ravie, même (Ben oui… tant que la famine ne ravage pas la cité et qu’elle ne s’en prend pas à ses abords non plus… ).

Bref, peu importe. Je me regarde longuement dans la fenêtre du couloir… J’ai perdu l’habitude des missions en tenue règlementaire, ça me fait bizarre d’afficher officiellement mon appartenance au Prieuré. C’est très bizarre à dire… mais je me sens moins en sécurité dans les vêtements rouges qui symbolisent l’autorité et le respect de la loi, que dans des guenilles sans couleur à ramper derrière des jardinières… J’sais pas pourquoi… peut-être parce qu’en uniforme j’ai peur de faire une connerie qui pourrait résonner dans les oreilles d’Otton et le décevoir… j’en sais rien.

En tout cas, niveau aspect général, pas de soucis. J’ai l’air aussi austère que n’importe quelle sœur. Un peu plus jeune, peut-être, parce que j’ai une tronche de gamine… mais c’est tout. Quand je veux avoir l’air sérieuse, de toute façon, il ne me faut pas grand-chose. Mes talents d’actrice me sont utiles tous les jours, et le rôle qu’on me demande de jouer maintenant est celui du quotidien. Le moi que je montre aux frères, aux sœurs et à tous ceux que je croise quand je porte l’uniforme ou que j’évolue au Fort.

Je dois aller poser des questions à des gens à propos de ce qu’il s’est passé il y a peu : quatre prieurs ont été retrouvés morts dans un village. C’est grave. Je ne m’occupe pas des personnes principales et politiquement importantes, j’ai pas encore le niveau, mais que quelqu’un de jeune comme moi soit envoyé c’est déjà beaucoup. Merci Otton ! Bon… je préfère largement les missions d’infiltration et d’espionnage… mais bon… c’est quand même une belle preuve de confiance.

J’arrive jusqu’au bureau de la première personne sur ma liste, un certain Sigmund Von Einzbern… un alchimiste. Ces gens-là me mettent mal à l’aise sur le principe. En général ils font des choses qui ont l’air magiques sans faire de magie… la science, tous ces trucs-là, je trouve ça bien parce que ça aide la Cité à se développer, à créer des médicaments et autres choses pour le bien des citoyens… non, non, c’est cool… mais ça me met mal à l’aise. Heureusement que ça ne se voit pas.

Je suis un type qui me guide jusqu’à un autre type. Je m’impatiente un peu, je dois l’avouer, aussi, quand il demande si je peux venir ou si je préfère rester dans le petit bureau, je n’attends pas et je m’avance.


- Voilà, « elle ». Et « elle » préfère surtout commencer tout de suite. Êtes-vous bien Sigmund Von Einzbern ? Alchimiste de votre état et présent lors des évènements tragiques du village de Vinimal ?
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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Retour au boulot [PW Lyssia]   Lun 30 Juil - 22:27

La voix de "elle" atteint les oreilles de Sigmund avant que ses yeux n'aperçoivent sa silhouette. Le stress monte un peu plus, le ton employé est direct, un peu sec aussi, clairement "elle" n'a pas que ça à faire de recueillir les propos de l'alchimiste. Probablement parce que le Prieuré est très affecté par la perte de quatre Frères à Vinimal, et que tout le monde veut voir l'enquête se résoudre au plus vite. Le docteur préfère penser comme ça, plutôt que de partir du principe que son interlocutrice était quelqu'un de constamment désagréable.

C'est bien moi, entrez, je vous en prie. Je ne proposais le bureau que pour plus de confort.

L'uniforme rouge, classique, se présente alors dans le petit laboratoire. C'est une jeune femme, très jeune même. On dirait qu'elle vient à peine de finir son noviciat. Sigmund se garde bien d'émettre cette remarque à voix haute, mais il ne peut masquer totalement son étonnement. Pour une enquête de meurtre, il ne pensait pas que le Prieuré enverrait quelqu'un de si jeune, et donc potentiellement de si peu expérimenté. Quoi que, c'était juste pour recueillir ses propos, et possiblement ceux de Winifred et de Zaira. Des dépositions, n'importe qui pouvait le faire.

Et puis c'était important de ne pas trop s'avancer. Après tout, la Sœur avait les cheveux gris, ce qui n'était pas forcément commun, sans non plus être inédit. En tout cas, ça contrastait avec la jeunesse apparente de son visage. Peut-être était-elle une Prieuse plus expérimentée, avec des dizaines de missions et de jolis succès à son actif. Sigmund n'en savait rien, alors il préféra se taire. Il devança tout de même la jeune femme, pour une requête faite sur un ton aussi affable que possible.

Je vous serais très reconnaissant, dans la mesure du possible, de ne toucher à rien, s'il vous plaît. L'alchimiste désigne, sur la gauche de la Prieuse, une petite machine qui ressemble à un égouttoir de salade. Je suis en train de séparer les différents composants du poison qui a eu raison de vos Frères. La machine devrait avoir fini d'une minute à l'autre.

Ce qui était quand même bien pratique, étant donné que la femme en rouge n'avait pas l'air de vouloir s'éterniser ici. Au moins, une fois la séparation terminée, il pourrait tout de suite lui communiquer les résultats. Ce qu'elle ferait de cette information, Sigmund n'en avait aucune idée, mais lui au moins dormirait l'esprit tranquille, en se disant qu'il avait dit tout ce qu'il savait. Il espérait également que c'était la dernière fois qu'il devrait retourner (mentalement) à Vinimal. Cette fête de la vie, il souhaitait la mettre derrière lui.

Je suis tout à vous, Sœur... Il se coupe, cherche une seconde le nom avant de se souvenir qu'il ne le connaissait pas, souris d'un air gêné et reprend. Je vais tâcher de vous aider du mieux possible.

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MessageSujet: Re: Retour au boulot [PW Lyssia]   Jeu 2 Aoû - 7:16

Je jette un regard circulaire dans le petit laboratoire au milieu duquel je viens de pénétrer. Rien de spécial à raconter… un laboratoire lambda. Enfin… pour ce que j’en sais en tout cas. Je ne m’y connais pas vraiment en sciences et en médecine. Je m’y intéresserai quand j’aurais maîtrisé la Magie de la Douleur. Pour le moment, mes missions et mon apprentissage de cet art sont les seules choses qui comptent. Le reste viendra après. Si je commence à faire trop de choses en même temps, je vais devenir prodigieusement inutile pour tout… et ça n’est pas vraiment le but que je recherche. Loin de là.

Je sursaute quand il me demande subitement de ne toucher à rien, j’avais justement la main tendue en direction d’une sorte de bouteille de verre à fond rond et en forme de… je ne sais… de poire ? Bref. Je ramène immédiatement ma main vers mon corps sans me départir de mon expression neutre. Je n’étais pas venue chercher d’informations spécifiques sur le poison, mais c’est une très bonne nouvelle. Chaque indice ajouté à notre enquête sera probablement d’une grande aide. D’autant plus que si on peut définir la provenance du poison en question, peut-être serons-nous à même de mettre un nom sur des personnes impliquées…


- Lyssia… Sœur Lyssia.

Je sors une sorte de calepin et un crayon des plis de ma tunique et je lève les yeux vers lui. Je le détaille un instant histoire de graver son visage dans mon esprit, on ne sait jamais quel visage peut être utile. Une petite trentaine, le regard creusé par la fatigue ou les longues heures de travail sans sommeil… les cheveux noirs attachés mais un peu rebelles… Mouais, plus ou moins l’idée que je me faisais d’un professeur comme lui. Avec les cheveux blancs et en touffes éparses en moins…


- Professeur Von Einzbern, pourriez-vous me raconter en détail tout ce dont vous vous souvenez lors de votre séjour à Vinimal ? Même si vous pensez que c’est insignifiant, je voudrais que vous y mettiez le plus de détails possibles si cela ne vous dérange pas.

Armée de mon crayon, je suis prête pour la bataille de la prise de notes. Je n’ai pas souvent l’occasion d’interroger des suspects où de recueillir des témoignages dans une véritable enquête telle que celle-ci, mais j’ai l’habitude de récolter des informations. Ça c’est mon truc. Du coup je vais fonctionner de la même manière : je vais noter le plus de choses possibles, mais pas en langage normal. En langage codé… On nous a appris à faire ça très tôt quand j’étais encore novice et qu’ils ont sélectionnés ceux qui allaient évoluer dans cette branche spécifique. C’est même l’une des toutes premières choses qu’on nous a enseigné : ne jamais noter une information de manière à ce qu’elle puisse être lue par qui que ce soir d’autre. La personne qui note est la seule à pouvoir lire, toujours, mais le code doit garder assez de points communs avec le code standard afin qu’un frère ou une sœur expérimenté puisse le déchiffrer si jamais le porteur de l’information meurt avant d’avoir pu la donner à qui de droit.

C’est pratique une fois qu’on a bien prit le truc. Maintenant j’ai presque du mal à écrire normalement… après une mission de plus de quatre ou cinq jours durant lesquels je reste seule à récolter des infos, je dois parfois m’y reprendre à deux ou trois fois pour rédiger mon rapport… juste parce que j’ai systématiquement bêtement le réflexe d’écrire en langage codé… La force de l’habitude c’est quand même vachement violent…

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Retour au boulot [PW Lyssia]   Ven 3 Aoû - 0:02

Comme anticipé, Sœur Lyssia, puisque c'est son nom, n'est pas venue à l'Apothicariat pour perdre son temps. A peine a-t-elle sorti calepin et crayon qu'elle demande à Sigmund de se mettre à table. Ce qui, au fond, n'est pas vraiment un problème, autant aller droit au but. Délaissant ses fioles et erlenmeyer, qu'il reposa délicatement derrière lui, l'alchimiste, s'appuya sur l'ilot central de son laboratoire. Il allait tout raconter d'une traite, en parlant lentement afin que la Prieuse puisse prendre ses notes tranquillement.

Bien sûr. Je suis arrivé à Vinimal la veille de la fête de la vie. J'ai passé la nuit à l'auberge de Sac-à-Rhum -je ne crois pas que ce soit son vrai nom-. C'est l'auberge qui a brûlé. Le lendemain, en descendant en ville, il m'a demandé d'aider aux préparatifs, ce que j'ai accepté. Tout le monde avait l'air de participer, je me voyais mal refuser !

Finalement, Sigmund marqua une pause, le temps de laisser échapper un petit rire entendu, et de laisser Lyssia prendre ses notes.

Donc j'ai aidé à installer les couverts, et j'ai croisé Winifred... euh, je n'ai pas son nom de famille, c'est la tenancière de L'Octo, dans le district Balnéaire. Bien bel endroit d'ailleurs, mais je m'égare. On a discuté un petit peu tout en installant ce qu'on nous donnait à installer.

Nouvelle pause. Jusqu'ici, l'alchimiste avait bien conscience qu'il ne racontait rien d'intéressant. Il avait hésité à passer sous silence sa rencontre avec Kwoon, mais dans sa volonté de ne rien cacher au Prieuré, il prit rapidement sa décision.

Pendant l'après-midi, j'ai rencontré un homme dans la réserve de l'auberge. Encapuchonné, je ne saurais pas dire à quoi il ressemblait. On s'est rentré dedans, je me suis excusé, lui aussi. Il m'a dit s'appeler Kwoon. Mais lorsque je lui ai demandé d'où il venait, sa langue a fourché. Il venait de Suran, mais préférait se faire passer pour un trisite. Il s'est éclipsé rapidement et je ne l'ai jamais revu. Rapidement, et surtout pour se donner bonne conscience et ne pas passer pour quelqu'un de raciste, Sigmund ajouta. Avec Winifred et Sac-à-Rhum, c'est la seule autre personne avec qui j'ai échangé avant le début des festivités.

Considérant qu'il n'avait rien de plus à dire au sujet des préparatifs, l'alchimiste passa très rapidement sur le reste de l'après-midi, pour arriver directement à la soirée.

La fête a commencé tranquillement, je discutais avec quelques Trisites, un peu de tout et de rien. Puis un gosse est arrivé complètement paniqué, a crié "Ils sont morts" et est reparti aussitôt. J'ai eu... quelques mésaventures, avant mon départ, donc je n'ai pas voulu m'en mêler dans un premier temps. C'est Winifred qui a fini par me convaincre. Elle m'a aussi parlé d'une caisse d'armes qu'elle avait trouvé dans la réserve de l'auberge. On suppose que c'est la poudre qu'elle contenait qui a causé l'explosion pendant l'incendie.

Il se stoppa net après avoir prononcé ces mots. Il brûlait quelques étapes. D'un signe de la main, il signifia à Lyssia qu'il reviendrait à cette partie plus tard.

Donc, avec Winifred, on est allé dans la direction opposée du petit. Et en effet, j'ai vu quatre de vos Frères et Soeurs, morts. Il y avait, comme vous devez déjà le savoir, le Légiste Wilhelm Zolt, Catherina Damoroff, l'Amirale O'Fell, le Vicaire Izei Ingenoc et Zaira, que j'avais déjà rencontré auparavant, au même titre que le Vicaire. Je connaissais également Monsieur Zolt, vous vous en doutez.

L'alchimiste fronça ensuite les sourcils. Les minutes qui avaient suivi étaient très floues dans son esprit.

Quand Winifred et moi sommes arrivés, je crois que l'Amirale et le Vicaire tentaient d'établir la marche à suivre. J'ai proposé mon aide, mais j'ai préféré ne pas trop m'impliquer là-dedans. J'ai prélevé la mousse qui sortait de la bouche des cadavres, c'est ce que je suis en train d'analyser. Je n'ai pas vraiment écouté ce qu'il se disait. Les feux d'artifices nous ont distrait un instant, mais très vite, il y a eu l'incendie.

Une ombre passa sur le visage de Sigmund. Il se remémorait clairement les cris, la panique s'emparant de Vinimal. Les flammes qui léchaient le bois de l'auberge. Il avait perdu les quelques habits qu'il avait emmené dans l'incendie. Une maigre perte comparé à d'autres.

L'Amirale nous a ordonné, à moi et au Légiste Zolt, de nous occuper des blessés. C'est ce qu'on a fait, toute la nuit et pour ma part, pendant les trois jours qui ont suivi. Fort heureusement, on a pas eu de mort supplémentaire à déclarer. Seulement Sac-à-Rhum, qu'on a pas revu. De mon côté, je ne sais pas ce qui a causé l'incendie. Je suppose seulement, comme tous les autres, que l'explosion qui nous a vraiment fait prendre conscience du problème a été déclenché par la poudre de la caisse d'armes.

Suite à cette longue tirade, Sigmund se détourna un instant pour boire une gorgée d'eau au robinet derrière lui. Il désigna ensuite un verre propre juste à côté.

Vous voulez boire ? J'ai terminé mon long discours, mais si vous avez des questions supplémentaires, je vous en prie.

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Lyssia Oskario
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MessageSujet: Re: Retour au boulot [PW Lyssia]   Dim 12 Aoû - 16:14

J’écoute ce que Sigmund a à me dire sans jamais l’interrompre. Je prends mes notes tranquillement dans mon coin en réfléchissant à fond la caisse en même temps sans en avoir l’air. Ben oui… prendre des notes c’est bien joli, mais bon si ça ne sert à rien… ben c’est une perte de temps. Et une perte de temps pour moi, surtout dans le cadre de cette enquête, c’est une perte de temps pour la Ville. Enfin bref. Je fais particulièrement attention aux moments où il me donne ses impressions… En soit, dans l’histoire, c’est ce qu’il y a de plus chiant… mais ça me donne des indices supplémentaires sur l’ambiance générale du truc.

J’ai tellement pris l’habitude de prendre des notes que je couvre d’encre les feuilles de mon calepin à une vitesse folle. Je crois que j’ai presque écris tout ce qu’il a dit mot pour mot. Bon, avec des abréviations et des signes hein, je suis pas non plus une magicienne de l’écriture super-sonique… mais bon, j’suis assez fière de mon talent. Après… si toi tu regardes mes notes, tu vas rien biter hein, qu’on se le dise… mais moi je comprends. C’est le plus important. Ben oui… tant qu’à faire, quitte à prendre des notes pour ne rien rater, autant être capable de se relire… sinon on en revient à ce que je disais juste avant à propos de la perte de temps. Enfin bon, passons, sinon on va tourner en rond bêtement.

Je garde aussi un œil attentif vissé sur mon interlocuteur. Dans ma branche, on apprend très tôt que le langage corporel et tout aussi important, et raconte tout autant de choses, que le langage verbal. Il est même presque plus important selon les situations, parce que c’est vachement plus difficile de mentir avec son corps que de le faire avec ses mots. Il y a plein de petits détails que la plupart des gens ne connaissent même pas… mais qui en disent plus long que n’importe quel interrogatoire. Par exemple, la direction dans laquelle les yeux regardent est déjà super parlante… d’un côté c’est quand on fait jouer la mémoire, d’un autre c’est quand on creuse pour construire un mensonge cohérent… y’a ceux qui se forcent à vous regarder dans les yeux pour ne rien laisser paraitre aussi… y’a plein de trucs. Et pas qu’avec les yeux d’ailleurs, les mains, les froncements de sourcils, la bouche… le corps de quelqu’un, intégralement, n’est qu’un livre qu’on peut feuilleter à loisir. Enfin… « à loisir »… quand on a été formé pour ça, le premier random lambda venu ne peut pas faire ça. Pour les gens comme moi c’est encore un peu différent. Notre formation là-dessus a été vraiment très poussée, aussi bien au niveau verbal que physique et mental. On a pas seulement appris à lire les gens… mais aussi à devenir qui on voulait. Avec tout le langage verbal et corporel qui va avec.

Quand il a terminé, je prends le temps de bien relire mes notes, de souligner quelques passages, d’encadrer les noms etc… ensuite je lui pose quelques questions histoire d’approfondir deux ou trois points, je note tout ça tranquillement en refusant la boisson qu’il me propose. Voilà. On est bons. J’ai à peu près tout ce que je voulais, c’est-à-dire sa version des faits.

Je jette un œil sur le bordel d’alchimiste que je regardais tout à l’heure. Il a dit que ça allait nous donner la composition du poison qui a été utilisé pour assassiner lâchement des Frères. Rien que d’y penser ça m’oppresse et ça m’énerve. Si je tenais l’enflure responsable de tout ça, elle mettrait très, très longtemps à crever… comme une merde… Putain, les Prieurs sont là pour assurer la sécurité de tous les citoyens ! Les buter lâchement, comme ça, sans même engager un combat à la loyale, c’est d’un sans-gêne ! Non mais franchement… le poison c’est pour les faibles femmes et les politiciens bordel ! A la rigueur quand on veut tuer une figure emblématique spécifique en envoyant un message mensonger… mais là, comme ça, pour ça ? Non !

Mais comme je ne peux pas me permettre de faire étalage de mes sentiments, je me contente de garder un visage neutre et l’attitude de quelqu’un de pressé et de professionnel. Une parfaite petite Prieuse dans toute sa splendeur.


- Pensez-vous que nous aurons ces résultats rapidement ?


Bien sûr que ça m’intéresse… avec la composition du poison, je pourrais savoir d’où viennent les différents ingrédients… c’est déjà énorme comme piste. Selon la manière dont ils ont été mélangés, je pourrais même avoir des noms !
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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Retour au boulot [PW Lyssia]   Lun 13 Aoû - 0:25

Sigmund parle, Lyssia note. Elle est rapide, même si l'alchimiste lui jette quand même de petits coups d’œil de temps à autres pour s'assurer qu'il ne va pas trop vite. De toute évidence, il a affaire à une Prieuse qui sait ce qu'elle fait, quand bien même elle a l'air très jeune.

Il termine son récit, auquel il a ajouté assez peu de langage corporel. Hormis ses quelques oeillades, il avait souvent les yeux dans le vide, tentant de se remémorer un détail important qu'il aurait omis. Les deux sur l'ilot central de son petit laboratoire, il était demeuré dans cette position tout le récit. Désormais, il relevait les yeux, avalait rapidement une gorgée d'eau avant de fixer la Prieuse.

Celle-ci relisait rapidement ses notes. L'alchimiste s'attendait à devoir répondre à quelques questions supplémentaires, peut-être apporter plus de précision sur un détail qu'il n'avait fait que survoler... Il n'en fut rien. Il semblait que sa visiteuse soit plus intéressée par les résultats de l'analyse de salive.

C'était compréhensible après tout. Il s'agissait là d'un élément peut-être plus important encore que le récit des faits qu'il venait de narrer. Parce que la Prieuse récupérerait grosso modo les mêmes confessions de la part de Winifred et de Zaira. Alors que l'analyse de salive, il était le seul à pouvoir la lui offrir.

Un léger bip sonore. Comme ça tombait bien ! On aurait presque dit que la narration de leur rencontre le faisait exprès.

Et bien justement, il suffisait de demander. Annonça Sigmund avec une pointe d'amusement.

Il se dirigea vers la machine à séparer. En passant les détails du fonctionnement, c'était une sorte de saladier qui tournait très vite, jusqu'à séparer les différents composants alchimiques d'une substance. D'habitude, Sigmund s'en servait pour extraire les différentes bases contenues dans les plantes, mais ça marchait aussi pour le poison.

Il récupéra une fiole en verre, au contenu translucide. A la base, c'était une mousse légèrement saumon. Mais après une heure au séparateur, il ne restait que les composants élémentaires. A l'aide d'une pipette, Sigmund récupéra une légère dose du poison et le déposa sur une plaquette, puis sous un verre grossissant. La réponse ne tarda pas.

Je vous passe les détails scientifiques, mais c'est du venin. Ça provient d'une vipère de Suran. A faible dose, on peut l'utiliser pour les patients qui ne coagulent pas. Mais au vu de la mousse qui sortait de la bouche de vos Frères, le tueur n'y est pas allé de main morte.

Forcément, le souvenir de Kwoon ressurgissait dans l'esprit de Sigmund. C'était un Suranais, il avait bien été forcé de l'avoué, quand bien même il voulait se faire discret. Voulait-il justement rester dans l'ombre car il venait de tuer quatre Prieurs ?

Mais puisque l'alchimiste venait d'avouer que l'Apothicariat avait parfois recours à du venin de vipère de Suran pour des cas spécifiques, cela faisait-il de lui un suspect ? Il se sentit obligé d'ajouter :

Personnellement, je travaille sur des projets qui ne nécessitent pas ce genre de produit. Il faudrait sans doute voir avec l'intendant concernant les méthodes d'approvisionnement. Et puis, il y a sans doute un marché noir.

Même si ça sonnait un peu comme "le mec en panique qui essaye de se couvrir", Sigmund fut soulagé. Il n'avait rien à cacher, à part le fait qu'il se droguait pas mal. Mais hormis ces petits écarts, il ne faisait de mal à personne.

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MessageSujet: Re: Retour au boulot [PW Lyssia]   Lun 13 Aoû - 1:36

Ah bah parfait, juste quand j’en parle, son machin a fini. Je le laisse faire ses observations tranquillement, sans l’interrompre. Faut dire aussi que ça n’aurait pas beaucoup d’intérêt… lui il s’y connait, moi pas. Autant laisser faire les professionnels. Il ne me dit pas comment torturer quelqu’un pour s’assurer qu’il parle, alors je n’ai pas à lui dire comment mélanger un bidule pour qu’un truc nous montre un machin afin de nous guider sur la voie d’une autre chose… c’est son boulot, pas le mien. Par contre, je suis très très intéressée par la réponse qu’il va me donner. Je me tiens prête, calepin en main, mine de crayon posée sur le papier…

Et je note immédiatement ce qu’il me dit, faisant scriscriter mon crayon sur la feuille comme si ma vie en dépendait. Je fais un petit lien avec le type bizarre dont il a parlé tout à l’heure, je note ça dans la marge, j’encadre une seconde fois le passage où j’ai noté ça… et je referme mon calepin d’un claquement sec. J’aime bien, ça fait pro, ça marque la fin de l’interrogatoire et ça fait fille sévère qu’on ne peut pas prendre pour une conne… ça colle bien.


- Eh bien écoutez, merci de m’avoir donné de votre temps et d’avoir répondu à toutes mes questions. Votre témoignage me sera probablement très utile, et votre analyse plus encore.


Je range le calepin et le crayon dans ma poche, et je rajuste ma tenue comme si elle avait bougé depuis tout à l’heure. Réflexe.

- Je reviendrai peut-être d’ici quelques jours pour approfondir quelques détails avec vous si j’en ai besoin. Si vous pouviez éviter de quitter la Cité durant ce laps de temps cela m’arrangerait.

Et je réalise ce que je viens de dire.

- Vous n’êtes pas suspecté pour le moment, ne vous méprenez pas, c’est simplement qu’étant au milieu d’une enquête délicate, je n’ai pas le temps de courir dans tout le pays pour chercher mes témoins, vous comprenez n’est-ce pas ?

Bon… je n’ai plus grand-chose à ajouter, et j’ai hâte de m’en aller. Pas que Sigmund me mette mal à l’aise ou quoi, non… j’ai juste hâte de m’y mettre. Interroger les gens, c’est pas ce que je préfère du tout. Par contre, me fondre dans la masse et fouiner dans tous les coins pour obtenir des informations qu’on ne veut pas nécessairement me donner… ça j’adore. Et c’est exactement ce que je compte faire à la première heure demain matin. Je finis mes quelques témoins aujourd’hui, je me prépare, je dors un peu pour le principe et HOP je décolle pour ce fichu village.

Sincèrement, si ça n’avait pas été une histoire de meurtres de Frères, j’aurais même pu sautiller de joie. Ça fait longtemps qu’aucune de mes missions n’a porté là-dessus. Trouver des infos, oui, me faire passer pour quelqu’un d’autre… pas vraiment. C’est trop cool !!!

Je prends poliment congé, et je me détourne pour m’en aller… au dernier moment, je me tourne une dernière fois vers lui pour ajouter :


- Juste un détail… allez-y doucement sur ce que vous prenez… ça commence à se voir.

Et je m’en vais. A vrai dire, je me fiche que cet homme soit un gros drogué ou non, ça ne me regarde pas. Mais il m’a bien aidée, et il a l’air de se donner un mal de chien pour que ça ne se remarque pas… je fais ça pour l’aider moi…

Enfin bref. Sans attendre de réponse, je me détourne à nouveau, je sors du laboratoire, je traverse le bureau, je salue poliment l’autre type… et je respire l’air vivifiant de la rue. Nettement plus agréable… BON ! On s’y met !

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