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 Non, non, t'inquiètes pas [PW Maï]

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Non, non, t'inquiètes pas [PW Maï]   Lun 23 Avr - 11:39

Ce rendez-vous près du Lac m'avait laissé avec des sentiments contraire. L'échange avec Maï avait été... cordial, mais chargé de sous-entendus menaçants qui m'inquiétaient au plus haut point. De plus, le but premier de mon recours aux Oisillons n'était toujours pas atteint. Sans que je puisse réagir, la criminelle m'avait délesté de ma bourse de 250 ducats, sans me donner la moindre garantie que je récupérerais les ingrédients demandés. C'était une fleur qu'elle me faisait, étant donné qu'elle avait d'abord réclamé le double, mais c'était une rose... bardée d'épines... bien profond dans le rectum. Sur tout le trajet du retour, j'avais fulminé sur ces prix exorbitants. C'était presque plus rentable d'aller cueillir ce dont j'avais besoin moi-même ! Bon, je n'avais clairement pas le temps pour, et j'avais toujours désespérément besoin d'une dose. Peut-être que ce sevrage forcé affectait mes émotions plus que je ne voulais bien l'admettre.

En rentrant chez moi, mon premier réflexe fut de cacher la fiche de mon père. Maï avait été très claire : elle voulait que je la brûle. Réaction logique, étant donné qu'il s'agissait d'un indice majeur qui pourrait permettre aux Prieurs de remonter sa piste et d'arrêter la jeune femme. Mais à l'heure actuelle, je ne faisais clairement pas confiance à la criminelle, et je doutais même que je puisse un jour lui accorder ladite confiance. Alors je récupérais la fiche, la pliais soigneusement en trois, avant de la dissimuler là ou personne n'irait instinctivement chercher : dans le matelas du lit de mon père. Sa chambre était vide, froide, inoccupée depuis sa mort. Pénétrer dans la pièce me fit verser de chaudes larmes. Percer le dos de son matelas à l'aide d'un couteau me fendit le coeur, et c'est avec le plus grand soin que j'entrepris de recoudre l'ouverture faite, afin de masquer les preuves en cas d'imprévu. Même si Maï venait à mettre la main sur ce précieux document, j'avais encore toute ma tête, et suffisamment bonne mémoire pour alerter le Prieuré et leur donner toutes les informations nécessaires pour obtenir un rendez-vous avec la chef de gang.

Il était tard lorsque je portais les derniers points de couture sur le matelas de feu Friedrich von Einzbern. Le trajet du Lac jusqu'à chez moi était long et éreintant. J'avais du travail demain, de nombreux cours à assurer, et aucune envie de rester éveillé plus longtemps. Malgré les longues semaines qui s'écoulaient inlassablement, je ne parvenais toujours pas à faire le deuil de mon père. Et évidemment, le manque criant d'élixir dans mon organisme me rendait encore plus à fleur de peau. Ma vie n'était déjà pas marrante avant, mais depuis que j'étais seul, elle était d'une tristesse absolue. C'est sur ce genre de pensées sombres que je m'endormais, d'un sommeil sans rêve.

Sans rêve, du moins dans un premier temps. De nouvelles idées noires venaient s'immiscer dans mon subconscient. Je me tournais et me retournais, mon repos était plus qu'agité. Une fine pluie venait tambouriner à mes fenêtres. En sueur, je me réveillais soudainement. Les cheveux en bataille, plusieurs mèches tombaient sur mon front et devant mes yeux. Mon marcel ne cachait presque rien de mon corps maigre, tandis que la couverture cachait le reste. Il me fallut une dizaine de seconde pour que mes yeux s'habituent à l'obscurité. Mais lorsque ce fut le cas, je poussais un cri de surprise.

Je n'étais pas seul.

Assise sur mon lit, la silhouette de Maï me fixait sans bouger. Derrière elle, deux gardes du corps, aux physiques impressionnants, étaient également immobile. La peur m'envahit à nouveau. Les menaces, le spectre d'un passage à tabac imminent, la mort peut-être. Je voulais reculer, lentement, mais je ne pu au final que me redresser dans ma couche, mon dos en contact avec le mur froid. Je m'efforçais de ne pas trembler, ni de bégayer alors que je demandais :

Comment vous êtes entrés ?

A l'heure actuelle, ce n'était sans doute pas la question la plus urgente à poser. Quelque chose dans le ton de "Qu'est-ce que vous voulez ?" ou "Est-ce que vous allez me tuer ?" était sans doute plus adapté au contexte dans lequel je me trouvais. Mais ce même contexte ne m'avantageait pas du tout, encore une fois. Alors, dans un élan de lucidité inattendu, mais plus que bienvenu, mon cerveau avait posé la question la plus neutre, et à la fois la plus logique.

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Maï
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MessageSujet: Re: Non, non, t'inquiètes pas [PW Maï]   Dim 12 Aoû - 23:50

Dehors, le vent ne fait que forcir de minute en minute, et l’orage craque comme s’il était juste au-dessus de nous, alors que ça n’est pas encore le cas. Des éclairs déchirent la toile nocturne et les lourds nuages qui se bousculent masquent toutes les étoiles. Même la lueur blafarde de la lune n’arrive plus à les traverser. J’adore cette ambiance. En plus des sons et lumières bien glauques que ça peut donner, l’odeur de la pluie, le chuintement du vent qui s’engouffre dans les rues et le chant de l’eau qui ruisselle paisiblement sur les toits apportent à ma présence dans cette chambre, en plein milieu de la nuit, un petit quelque chose bien malsain que j’aime beaucoup. Ça fait peur !

J’adresse à mon client un grand sourire bien effrayant, avec le regard de tueuse en série qui va avec et tout et tout. Je me rapproche aussi, histoire d’être assez près pour lui donner l’impression que, si je veux, je peux poser mes jolies mains fines et propres sur sa peau moite de sueur et probablement sale. Euârk…


- Eh bien bonjour à vous aussi… vous avez bien dormi ?

J’ignore sa question sans même y revenir. Je suis entrée comme je l’ai voulu, comme toujours. On ne peut décemment pas être à la tête d’une organisation comme la mienne sans connaitre quelques trucs hein, on est des criminels j’te rappelle… pas des fillettes en jupe qui ramassent des coquillages sur la plage… même si j’aime bien les coquillages, c’est joli et ça a des formes très… euh… bref passons.

Je tends la main vers lui sans me départir de mon sourire.


- On est déjà demain… je sais que j’avais dit que j’enverrais quelqu’un, mais comme j’ai changé d’avis et que je veux que vous me donniez votre fameuse fiche maintenant, je suis venue en personne. J’espère que vous appréciez l’honneur que je vous fais.

Ouais bon d’accord, l’ « honneur » c’est vite dit. En général les gens préfèrent quand je ne me déplace PAS en personne… parce que mes hommes ont tendance à me demander quoi faire, des fois, et ça leur donne plus de temps pour respirer de l’air et pour sauter leurs femmes, leurs copines, leurs putes préférées ou va savoir quoi d’autre…


J’agite la main d’un air impatient. C’est jamais bon quand je perds patience.

- Franchement je vous conseille fortement d’être coopératif sur ce point… je pourrais très bien vous tuer pour être sûre que vous ne parlerez jamais, et brûler tout le quartier pour être certaine que cette fiche ne tombe pas entre de mauvaises mains. A la place j’ai décidé d’être gentille et de me contenter de récupérer ce fichu truc en vous faisant un peu peur… ça va non ? On peut dire que vous vous en tirez bien quand même…


Un autre de mes hommes passe soudain la porte de la chambre, comme si on était chez-moi, tranquillement, et vient murmurer quelque chose au creux de mon oreille.

- Ah ! En voilà une bonne nouvelle !


Sans cesser de tendre la main pour bien montrer que je n’oublie pas ce que je viens de dire, même si on change de sujet, je montre un sac en toile que tient mon « collaborateur ».

- On a trouvé vos ingrédients. Pas encore la quantité qu’on a réclamé, mais bon… je dirais que vous obtiendrais environ un bon kilo de chacun des ingrédients d’ici la fin de la journée de demain… peut-être un jour après. Mais là on a déjà un peu de tout, de quoi faire si vous voulez mon avis.


Je pose le sac entre mes jambes et je souris à nouveau.

- Alors ? Cette fiche ? Maintenant j’ai dit… sinon vos cheveux ne seront pas les seules choses du coin à avoir l’air de sortir d’une tornade…

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Non, non, t'inquiètes pas [PW Maï]   Lun 13 Aoû - 0:54

En plus, il fait un temps de chien dehors. De quoi mettre Sigmund dans les meilleures disposition pour souiller ses draps. Bon, vu qu'il y a trois autres personnes qui regardent, ça le bloque un peu, puis Maï a déjà l'air suffisamment terrifiante pour en plus risquer de l'énerver encore plus avec une golden shower surprise.

Le cœur qui s'emballe, l'adrénaline qui monte, et la sueur qui persiste à couler le long de nuque. Une criminelle, deux gorilles, de nuit, l'orage qui gronde. Bordel, mais c'est qu'il bosse demain en plus. Non attends... le rendez-vous près du lac, c'était un samedi. Donc il doit être dimanche tôt. Bon, c'est déjà ça de gagné.

Elle lui confirme que minuit est passé. Avec cynisme, Sigmund est tenté de répondre quelque chose comme "Tiens, merci, j'avais pas remarqué". Mais à nouveau, la vision de Maï si près de son visage et des deux hommes de main derrière le refroidit rapidement. Par contre, ce qu'il n'arrive pas à retenir c'est :

Ça vous aurais arraché la gueule d'attendre une heure décente de la matinée pour ça ?

Réveillé en sursaut comme ça, sans café ni rien, l'alchimiste est un peu grognon. Surtout, il est effrayé et pas très lucide. Mais il est aussi un peu grognon. C'est quelqu'un qui s'investit énormément dans son travail, donc les heures de sommeil, c'est rare qu'il les accumule. Et la seule fois où il avait l'occasion de le faire, faut qu'il se fasse réveiller par une extorqueuse de fonds en plein milieu de la nuit.

Il s'apprête à parler de la fameuse fiche de son père, celle qui ferait tant de mal à Maï si elle venait à tomber dans les mains du Prieuré. Celle qu'il a soigneusement caché dans le matelas de son défunt père. Ça y est, ça remonte doucement. Pendant ce temps, l'Oisillon fait remarquer que c'est un honneur pour lui qu'elle se déplace en personne. Supputant que son cynisme antérieur n'a pas été très bien reçu, Sigmund se contente de marmonner d'un air craintif.

Oui... très honoré. Et très effrayé surtout, mais je pense que ça se voit.

Il marque une pause, le temps d'écouter les menaces de l'intruse.

Par contre, je me permet de demander mais... brûler tout le quartier, c'est pas un peu excessif ? Ça fait quand même un paquet de gens innocents...

Il était sur le point de cracher le morceau, de révéler où était la fiche de son père, mais un petit sac lui tombe entre les cuisses. Après un regard vers Maï, à la recherche de son approbation, il se risque à jeter un petit coup d’œil. En effet... il y a tout. Un kilo de chaque ingrédients... c'était énorme ! Avec ça, il pouvait presque envisager d'en faire un trafic, pour peu qu'il réussisse à remettre au point la formule d'Olgh. Son cerveau le portait vers des hypothèses un peu trop hâtives. Et beaucoup trop illégale pour lui qui était au moins aussi terrifié par le Prieuré que par les Oisillons.

Au moins, les quelques minutes glanées lui permettent d'avoir les idées plus claire. Il pourrait coopérer, après tout, la fiche ne lui sert plus vraiment, il a toutes les informations en tête, il pourrait répéter au Prieuré. Mais ça, il sait que Maï le sait. Par conséquent, il craint qu'elle le fasse taire définitivement une fois la fiche rendue. Ce petit morceau de papier représente son seul levier sur cette folle.

La fiche... oui, je... j'ai fait comme vous m'avez dit ! Je l'ai brûlée ! Première chose que j'ai fait en rentrant chez moi ! J'vous jure !

Il y avait un peu de panique dans sa voix, celle d'un homme qui a peur des conséquences. Que Maï se contente de cette explication ou non, Sigmund avait peur pour son intégrité physique. Son père lui avait dit un jour -ivre- : "Les mensonges, c'est comme le sperme, t'avale mieux quand t'es amoureuse". Le problème, c'est que la racketteuse n'avait pas l'air très très sympathique...

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Maï
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MessageSujet: Re: Non, non, t'inquiètes pas [PW Maï]   Jeu 13 Sep - 3:00

Je ne relève pas ses propos grossiers, je lève la main pour arrêter Bob quand il farfouille dans le sac qui est entre mes jambes… bref, je me contente de sourire en faisant mine d’être une personne raisonnable et qui ne dirige absolument pas une assemblée de malfaiteurs tous aussi capables les uns que les autres de lui arracher la tête. Mais il m’ennuie. A chaque fois qu’il ouvre la bouche, c’est pour balancer des idioties, faire le malin ou faire comme si je lui donnais le choix. Est-ce que j’ai l’air de lui demander son avis ? Je veux dire… après tout pourquoi pas hein, si ça se trouve, je suis un peu fatiguée, et ça l’a induit en erreur, peut-être qu’il pense sincèrement qu’on peut se moquer de moi sans conséquences… Mais subitement, il fait couler dans mon vase une goutte de trop.

« La fiche... oui, je... j'ai fait comme vous m'avez dit ! Je l'ai brûlée ! Première chose que j'ai fait en rentrant chez moi ! J'vous jure ! »

Je soupire, referme le sac, et je le donne à l’un de mes « collaborateurs » en le remerciant… et mon poing s’écrase sur la pommette de mon interlocuteur en pyjama.

- Merde !

Je descends du lit en sautillant et en frottant ma main douloureuse. L’un de mes hommes prend le relai et plaque le scientifique sur son lit pour le dissuader de s’enfuir en hurlant… ou de hurler tout court d’ailleurs. Je tends la main vers Bob, il me la plonge dans une bassine d’eau froide. Je ne sais pas comment fait ce type, mais depuis qu’il sait que j’aime être propre, il réussit à produire des bassines d’eau propre pratiquement dans n’importe quelles circonstances. Eh oui, on ne vit pas dans les romans d’aventure à l’eau de rose dont s’abreuvait ma grande sœur quand elle était gamine, dans la vraie vie, donner un coup de poing à un homme de toutes ses forces, ben ça fait mal. Oui, à celui qui cogne aussi. Les soldats et autres hommes d’armes ont l’habitude, mais je sais pas si t’as remarqué : je suis loin d’être un soldat surentrainé… très très loin… J’ai l’habitude d’ordonner à des types de frapper d’autres types, pas de m’en occuper moi-même. C’est très vulgaire. Mais comme je l’ai déjà vaguement sous-entendu… il me gonfle.

Je reviens vers le lit en remuant les doigts. J’ai cessé de sourire, et mon expression n’est plus amusée du tout. Si les éclairs que lancent mes yeux avaient été réels, ce foutu connard serait mort sur le coup.


- T’as vu ? Je suis quand même une fille sympa, ça c’était gratuit. Un bel œil au beurre noir pour séduire les idiotes en leur faisant croire ce que tu veux.

Je glisse mes doigts autour de sa gorge, et je serre juste assez pour lui faire mal, mais assez pour l’empêcher de parler. J’approche mon visage du sien et je soupire.

- Tu commences sérieusement à m’emmerder, tu le sais ça ? J’ai voulu être gentille et tu essaies de me prendre pour une conne ? Tu crois quoi ? Que je ne suis qu’une jolie décoration ? Je suis une femme dangereuse, sale petite merde, je t’ai laissé en vie parce que ton histoire va me rapporter du pognon, c’est tout c’que t’es à mes yeux, du pognon. Alors maintenant, soit tu deviens intelligent et tu me donnes ce que je veux, et dans ce cas-là je te promets de te laisser tranquille après une simple augmentation de mes tarifs et ce joli coquard qui commence déjà à enfler, soit tu restes un crétin, et je t’égorge lentement avant de mettre le feu à tout ce que tu as jamais aimé ou possédé.

En même temps, faut être con pour me parler d’un papier pareil et pour me menacer de s’en servir… j’aurais dû le buter à l’instant même où les mots ont franchi sa saleté de gueule au bord de l’eau. Deviendrais-je faible ? Quelle idée désagréable… il faudra que j’en discute avec Xin…
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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Non, non, t'inquiètes pas [PW Maï]   Jeu 13 Sep - 22:28

Le poing de Maï s'abat violemment sur son visage, sans prévenir. Encore... encore une soirée, une nuit où il va se faire tabasser. L'Octo, Dagmar, deux fois, et maintenant ça. En même temps, pas étonnant que son bluff n'ait pas marché, c'est marqué sur son front qu'il ment.

Il n'a même pas le temps de crier de douleur qu'une main se pose sur sa bouche et qu'il se retrouve plaqué sur le lit, avec tant de force qu'il a l'impression de transpercer son matelas. Ça y est, il va mourir, étouffé dans son propre lit, battu à mort par deux golgoths, peu importe. Putain... mais qu'est-ce qui lui avait pris d'aller se frotter aux Oisillons ?! Quelle idée de merde.

Et puis c'était aussi complètement con d'avoir mentionné la fiche. Non mais il s'attendait à quoi ? À ce qu'une criminelle recherché lui rétorque calmement « pas de soucis, tu devrais même faire un duplicata » ? Imbécile va, cette putain de fiche allait lui coûter la vie. Et même s'il survit, il va utiliser les fameux ingrédients pour fabriquer de la drogue qui va encore plus lui pourrir la santé.

Les larmes commencent à couler. L'estime de soi est au plus bas, la peur est au plus haut. Et maintenant la main de Maï est sur sa gorge. L'air ne lui manque pas, mais c'est plus difficile de l'inhaler. Surtout que son corps est toujours maintenu immobile. Dans cette situation, il n'y a plus de place pour le bluff, la réflexion sensée. Il n'y a qu'un seul mot : survivre.

Dans la chambre à côté... dans le matelas...

Chaque mot est un soupir, difficile de bien parler avec une main qui vous serre la gorge. Sigmund manque de s'étouffer en déglutissant. Maintenant qu'il a parlé, maintenant que Maï à la fiche... rien ne l'empêche de le tuer. De mettre toutes ses menaces à exécution. Après tout, pourquoi ne le ferait-elle pas ?

Il pourrait ajouter un « ne me tuez pas ». Supplier pour sa vie. Mais au fond, qu'est-ce que ça change ? Elle est merdique sa vie. Alors il se contente de sangloter, plaqué sur le lit, à attendre que la sentence tombe. Ça fait trop longtemps qu'il joue avec le feu. Avec Dagmar, il avait eu une chance inouïe (et plusieurs os fêlés ou cassés). Face à Maï, ses mensonges et ses tentatives de la duper ne prendraient pas.

Qu'il meure. Qu'est-ce que ça changeais ? Elle avait parlé d'augmenter les tarifs. S'il payait, il n'avait plus assez pour se nourrir. S'il ne payait pas, il mourrait. Et de toute manière elle prendrait son argent, même s'il fallait retourner toute la maison. Avec lui mort, elle pourrait se servir jusqu'au dernier ducat.

Son métier était merdique, au fond. Il enseignait les bases de l'alchimie à des gosses, se tuait à corriger leurs copies bourrées de faute. Ses recherches n'aboutiraient sans doute pas avant plusieurs années passées à tâtonner. Pourquoi continuait-il ?

Il n'avait plus de père. Pas d'amis. Pas de famille. Aucun avenir professionnel. Et de gros soucis d'argent s'il venait à sortir vivant de cette entrevue. Supplier pour sa vie ? Ça n'en valait pas la peine. Alors l'alchimiste continue à pleurer en attendant la fin.

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MessageSujet: Re: Non, non, t'inquiètes pas [PW Maï]   Ven 14 Sep - 5:14

Quand il finit enfin par cracher le morceau, je fais un signe de tête à l’un de mes hommes, mais c’est tout. Le reste ne bouge pas d’un cil. Il va vérifier, on entend des bruits de déchirures, et puis il revient en brandissant le papier en question. Au moment où je vais me redresser pour le récupérer… il le mange. Ah… ouais enfin on aurait tout aussi bien pu déchirer ce truc, le brûler, le mettre dans l’eau… l’excès de zèle peut-être mauvais pour la santé. Mais bon, ça part d’un bon sentiment alors je ne fais aucun commentaire et je hoche la tête d’un air reconnaissant. Bon. Au moins ça c’est réglé… c’est déjà ça de gagné. Je relâche mon étreinte autour du cou du scientifique en lui adressant un regard dégouté. Ça fait le malin, ça menace plus fort que soi et après ça chiale comme une gamine de quatre ans qui aurait égaré son doudou. Pitoyable. C’est pas la première fois que je vois un type se mettre à larmoyer, mais ça me débecte à chaque fois. Et dire que Xin se fiche de moi quand elle me parle d’intimité sexuelle. Comment on peut avoir envie d’être en contact physique avec ça ? Beurk… le simple fait d’y penser m’arrache un frisson de dégout. Il mériterait que je le tue lentement, que je déverse ses entrailles sur la place publique et que je mette une note au-dessus pour que les gens sachent qu’être un crétin c’est pas bon pour la santé.

Mais comme j’ai déjà vu assez de choses dégueulasses pour la soirée, et que si je sors un couteau je suis presque sûre qu’il va se pisser dessus, je m’abstiens. Manquerait plus que ça… comme s’il n’avait pas déjà assez déversé de fluides dans ses draps.


- C’est bon, arrête de chialer comme ça, tu fais pitié… un peu de décence bordel, tu faisais encore le fier y’a pas si longtemps que ça. Et puis tes larmes me donnent envie de revenir sur ma promesse et de te tuer le plus lentement possible.

Je soupire et je retourne m’installer en tailleurs au pied du lit. Denzel le maintient toujours plaqué sur le lit.

- Et tu m’empêche de réfléchir avec tes sanglots. Ferme-la !

J’ai horreur de penser quand on me larmoie dans les oreilles. C’est pas pro franchement… J’ai qu’une envie : rentrer au Planquais, m’enfouir sous mes couvertures et faire des jolis rêves avec des lingots d’or partout en guise de plancher. Mais je peux pas faire ça… je peux pas parce qu’il faut que je règle cette affaire maintenant… je peux pas laisser cette chialeuse ici et partir sans rien faire. D’abord parce que j’ai envie de lui en mettre plein la gueule, ensuite parce que ça non plus ça serait pas trop pro non plus. Après tout, il était supposé me filer du pognon, et j’aime le pognon. Le business c’est le business… chialeuse ou pas.

- Bon. Je suppose que t’as pas les moyens de payer tout ce que je t’ai demandé maintenant, alors si j’en rajoute tu vas juste te retrouver à vendre ton cul… ou alors tu vas te suicider, et même si j’peux vendre ton corps à des mecs comme toi, c’est pas assez rentable.

Je marmonne dans ma barbe en massant distraitement ma main douloureuse. Comment pourrais-je faire pour que cette tête de con me rapporte plus de fric que prévu sans pour autant être obligée de me coltiner son faciès trop souvent… mmh…

Et puis mon regard tombe sur le sac en toile que je lui ai fait apporter. Je me suis un peu renseignée sur tout ça… ça pourrait être intéressant.


- Bon… tes ingrédients. Je vais continuer à t’en faire parvenir. Mais en échange, vu que je suppose que c’est avec ça que tu te mets la tête à l’envers, tu vas trouver un nom accrocheur pour cette chose, la produire en masse… et on va se faire du pognon. Enfin, JE vais me faire du pognon. Toi non, pas au début. Par contre, comme une suis une femme d’affaires honnête, enfin si on veut, si ça marche bien et que ça rapporte, dans un avenir proche tu pourras en profiter aussi et te faire de sacrés bénéfices.

Je fais signe à Denzel de le relâcher et je m’approche pour le regarder de plus près.

- C’est plutôt pas mal finalement, non ? Au lieu de te tuer très lentement, je te propose un boulot qui, au début, va te coûter ce que je t’avais demandé, puis ne te coûtera plus rien… puis finira par te rapporter gros si tu te démerde correctement. Bon, alors oui, tu vas bosser pour moi… c’est pas génial sur un CV, mais personne t’oblige à le clamer sur tous les toits.

Je me rapproche encore, le fusillant du regard. Je ne précise pas que ça n'était pas une question, mais un ordre... je présume qu'il a compris...

- Et je ne plaisante pas. S’il me vient aux oreilles que tu en as parlé à une seule personne, tu mettras très très longtemps à crever. Compris ?
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MessageSujet: Re: Non, non, t'inquiètes pas [PW Maï]   Sam 15 Sep - 16:17

Tout lui parvient aux oreilles, comme décuplé. À moins qu'il ne fasse que s'imaginer tout ça. Pourtant il a l'impression d'entendre, presque de sentir le type entrer dans la chambre de son père. Le bruit du matelas qu'on retourne, qu'on éventre, le froissement du papier. C'était comme violer un sanctuaire, il avait cru que même les criminels respecteraient ça. Mais il avait été con du début à la fin, il payait les pots cassés. Maintenant il attendait juste que l'étreinte de la main se resserre pour le faire suffoquer.

Mais au lieu de ça... rien. Il continue de pleurer, de sangloter, mais il peut à nouveau respirer librement. Il n'ose même plus ouvrir les yeux. Il ne veut pas voir le meurtrier quand il fera son office.

Sigmund ne peut toujours pas bouger, la pression d'un homme bien plus fort que lui le maintient sur le lit. Il sursaute lorsque le ton dur de Maï brise le silence, mais ça se remarque à peine. Il essaye de se calmer, mais vu l'accumulation de sentiments négatifs et la certitude d'y passer cette nuit, il n'y parvient pas vraiment. Tout juste parvient-il à sangloter moins fort.

Mais l'air continue de circuler dans ses poumons, et personne ne vient lui ôter la vie. Il rouvre les yeux quand Maï expose ses conclusions. Elle va... le laisser en vie ? Parce que ce serait plus rentable que de le tuer et de vendre son corps à l'Apothicariat ? Qu'est-ce que ce serait ironique, quand même, de finir comme sujet d'expérience pour celui qui finirait par prendre sa place. Ce serait même une belle mort. Jusque dans l'au-delà, Sigmund aurait pu servir la Ville. Même ça, il n'y aura pas droit.

Le piège se referme bien vite. Et maintenant l'alchimiste va devoir expliquer à Maï que si elle lui a fourni une quantité aussi importante, c'est parce qu'il ne sait pas encore comment reproduire exactement sa drogue, et qu'il va avoir besoin de temps. Évidemment, il n'aura pas ce luxe, alors il se tait. Il n'a aucune idée de nom, mais il se tait. Reste la perspective de se faire de l'argent, ce dont il aurait vraiment besoin... mais vu l'affaire dans laquelle il se fait embarquer, ce n'était même pas une si bonne nouvelle. Vu les dangers envisageable avec une commercialisation en masse, les autorités auraient tôt fait de remonter la piste. Et ce jour-là, ce n'est pas Maï qui plongerait. Ce serait lui.

Mais il se tait. Encore. Il sanglote. Toujours. L'étreinte se relâche. Immédiatement, il recule, se recroqueville, dos contre le mur, aussi loin de Maï que possible. S'il pouvait traverser ledit mur pour mettre encore plus de distance, il le ferait sans hésiter. Mais il n'a aucune échappatoire. L'Oisillon se rapproche, terrifiante. Sigmund détourne la tête, incapable de soutenir son regard. Il a envie de hurler, « non ce n'est pas si mal, rien ne va et c'est la merde et dégage de chez moi et putain laisse-moi tranquille ne reviens plus jamais j'oublierais jusqu'à l'idée même de ton existence j'aurais préféré que tu me tue »... mais il se tait, il sanglote et il évite encore et toujours le regard de Maï.

C-C-Compris.

Il ne le voit pas, mais il sent le regard de l'Oisillon peser sur lui. Il veut juste ça s'arrête. Que tout s'arrête. Sauf qu'il n'a même plus cette option. Bien malgré lui, il vient de signer un pacte avec le diable. Un pacte qu'il a plutôt intérêt à honorer.

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