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 The Wasp and the Hornet [Alexander]

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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Mer 1 Aoû - 12:55

La rouquine jeta les longs gants de dentelle qui gainaient ses bras jusqu’à ses biceps fuselés, sur le dossier de la chauffeuse qui trônait à côté du porte manteau qui, en cette saison, restait nu comme un arbre en hiver.
La journée avait été assez fatigante mais elle gardait le sourire en entrant dans son appartement cossu au troisième étage d’un immeuble d’apparence banale. Elle était satisfaite de la tournure que prenait sa carrière ces derniers temps. Sa dernière enquête avait été publiée deux jours plus tôt et lui avait valu des courbettes de la part de son rédacteur en chef. Ce n’est pas qu’elle les attende de la part de cet homme en fin de carrière, à la barbe courte et blanche, planté dans son éternel costume trois pièce gris souris, mais cela lui faisait toujours plaisir qu’on reconnaisse son talent ou son travail, ou les deux.

Cela avait commencé un peu plus d’une semaine plus tôt. Un prieur, un vicaire pour être exact avait été pris à parti par un agresseur dont l’intention de le tuer était on ne peut plus claire. L’homme en rouge s’en était sorti mais l’affaire avait fait assez de bruit pour que Salwa fasse déplacement jusque sur les lieux de l’agression. En effet, comme d’habitude, le Prieuré refusait de commenter ce genre d’incident et obtenir d’eux une interview était voué à l’échec. Heureusement pour la journaliste, le combat avait échoué dans la demeure de paisible de gens encore tout retournés par la violence du spectacle de la nuit. Elle n’eut aucun mal à obtenir les témoignages des pauvres gens qui lui décrivirent des faits assez édifiants pour que l’employée du « Ligne de Myre » en soit plus qu’intéressée.

En effet, l’agresseur était un homme masqué ce qui déjà en soi n’était pas banal, mais c’était la terreur qu’il avait réussi à instiller pour longtemps chez ces pauvres gens sans qu’ils aient apparemment vraiment été en danger qui avait retenu l’attention de Salwa.

*Un masque de tête de mort aux reflets métalliques ! Quelle classe !*

Plus elle en apprenait sur cette affaire et plus elle ressentait le besoin de pousser ses investigations. Un peu au mépris du danger car même si la prudence n’était pas sa vertu principale, elle savait en général où s’arrêter et la barbarie inhabituelle de l’agresseur à la tête de mort aurait dû la faire réfléchir. Le prieur avait encaissé des coups violents autant destinés à le disloquer, c’était le mot employé par les témoins, qu’à en finir avec lui. Mais la description du criminel et l’implication du prieuré dans cette histoire étaient des appâts trop alléchants pour qu’elle renonce.

Il était évident pour elle qu’un monstre pareil avec le souci de la mise en scène qu’elle voyait en lui ne pouvait pas se produire qu’une fois et disparaître. Il allait récidiver et elle finirait bien par trouver quelque chose de probant. Et de fait elle avait épluché toutes les dépêches des faits d’hiver et couru d’un quartier à l’autre de la cité à la recherche de témoignages ou de rapports impliquant celui qui finissait par occuper une grande partie de son esprit. Elle fut récompensée lorsqu’elle tomba sur la découverte d’un corps horriblement mutilé aux confins des district de la Borée et Pharma. Le malheureux avait été disloqué avec sauvagerie de l’aveu même du médecin légiste qu’elle avait réussi à soudoyer. Elle avait donc raison. Il lui manquait bien évidemment des témoins oculaires, mais le rapprochement était trop évident pur qu’elle ne se jette pas sur ses feuillets et ne se lance dans la rédaction d’un article comme possédée par une révélation. Sa machine avait eu droit à une lubrification en règle comme à chaque fois qu’elle sentait l’inspiration et la nécessité de ne pas être interrompue par de bêtes et triviaux incidents techniques.







Sauvagerie dans la cité.

Nul ne peut ignorer que la criminalité existe dans notre belle cité et il serait vain de penser qu’elle pourrait disparaître un jour malgré le travail du Saint Prieuré et des milices qui quadrillent les différents district d’Excelsa. Il parait établi que les pègres de toute envergure doivent ponctionner notre communauté et que chacun se félicite s’il ne leur paie le tribut qui leur est dû.

Mais aujourd’hui la sauvagerie à l’état pur est apparue dans nos rues. Il semblerait qu’un assassin sanguinaire exerce sa malédiction sur la cité.

En effet, il y a peu un prieur a été sauvagement agressé par un homme d’une rare violence. Si le malheureux ne peut témoigner, on l’imagine à cause de sa fonction, l’incident a eu des témoins. Ils décrivent un homme masqué de métal arborant les traits de la mort. Son intention n’était pas seulement de tuer le malheureux vicaire, mais en sus, de le faire souffrir et d’infliger à son corps les pires mutilations. Nos témoins, assurent avoir cru voir l’incarnation du mal s’acharner sur sa victime.

Les choses ressemblent à un attentat de plus contre les protecteurs de la cité tel qu’il en existe sporadiquement avec un peu plus de mise en scène. Cependant, les choses n’en restent pas là car un tel massacre s’est reproduit quelques jours plus tard. Un pauvre homme a été retrouvé sur le port arborant le même genre de blessures que le meurtrier avait infligées au représentant du
Prieuré. Des sources proches de l’enquête témoignent du caractère barbare des blessures infligées avant qu’elles ne donnent la mort.

Que savons-nous?
Nous savons qu’un individu avec un certain goût de la mise en scène et de la cruauté hante notre belle cité. Il ne semble pas avoir de cible privilégiée. Son goût pour le masque révèle qu’il est précautionneux et que, comme le prouve ses deux premières victimes recensées, il est à même de récidiver.Le soin qu’il porte à choisir son travestissement prouve qu’il a compris l’intérêt de provoquer la terreur et peut être aussi un côté narcissique. C’est sans doute aussi un riche excentrique pour pouvoir s’offrir de tels accessoires et s’exhiber ainsi. Il fait preuve d’une grande assurance car comment expliquer sinon qu’il ne cherche pas à mettre à mort immédiatement sa victime ?

Tout semble réuni pour en faire un prédateur terrifiant, mais ce que l’on ne connait pas ce sont ses motivations. L’argent ? La politique ? Le plaisir ? La politique serait à écarter car aucune revendication n’est à ce jour connue, sauf si les enquêteurs ont fait le choix de les taire.

Souhaitons-leur en tout cas de progresser rapidement car si nous admettons que ce monstre sera amené à reproduire ses noires besognes, nul doute que d’autres victimes périront sous les coups de sa sauvagerie.


Salwa Hawabazzi



Lorsque la machine avait fini de recracher l’ensemble du texte, Salwa en arracha la dernière feuille et courut la déposer sur le bureau et devant les yeux curieux de son rédacteur en chef. En fronçant les sourcils, il parcourut l’article en jetant de temps à autre un coup d’œil inquisiteur à sa journaliste. Quand il eut fini, il se rejeta au fond de son fauteuil, ôta ses lunettes et se pinça la naissance du nez comme pris d’une grande fatigue.

« Pas mal, mais tu te rends compte que c’est mince comme début.
_ Bien sûr mais tu ne veux pas que la concurrence nous coupe l’herbe sous le pied n’est-ce pas ? »


Elle avait appuyé ses deux mains sur le bureau directorial pour planter ses yeux dans les siens.

« Et puis, tu sais bien que je vais poursuivre mes recherches. Tant qu’ils ont du fait divers, les gens évitent de se poser plus de question. »

Elle finit par un sourire charmeur dont elle n’avait jamais trop su s’il avait de l’influence sur son patron mais lorsqu’elle voulait faire passer quelque chose elle faisait feu de tout bois. Conséquences, son article parut en bonne place lors de l’édition suivante de la Ligne de Myre.

C’est en partie ce qui la laissait de si bonne humeur en ce début de soirée. Elle se prépara un plateau avec les tomates qui lui restaient. Le basilic lui faisait toujours frémir les narines de plaisir et une tranche de jambon cru les accompagnerait agréablement. Une mangue pour finir et elle partit dans sa chambre pour passer une nuisette légère qui ne la ferait pas souffrir de la chaleur résiduelle.

Un recueil de poèmes pour oublier la trivialité de la journée et après…

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Alexander Shah
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Jeu 2 Aoû - 0:02

Il était environ dix heures du matin lorsque Alexander Shah se réveilla, seul, dans sa chambre. Le bruit étouffé de l'activité du rez-de-chaussé lui parvenait difficilement. Le jeune homme se leva, le corps encore endolori. Cela faisait déjà quelques jours que son alter ego masqué, L'As, s'était frotté à un Prieur dans le district Domus. Un combat assez court, mais qui avait laissé des traces dans les deux camps. Les blessures du jeune homme cicatrisaient bien, mais il était encore facile de voir qu'il n'était pas au mieux de sa forme. Fort heureusement, le point positif de son retrait de la vie publique était qu'il passait énormément de temps à la pratique de l'escrime (traditionnelle et dans les règles de l'art). L'excuse pour justifier de ses blessures était donc toute trouvée.

Le mercenaire passa une chemise blanche, qu'il boutonna à moitié, ainsi qu'un pantalon fin, noir. Il descendit ensuite vers la cuisine pour prendre un petit déjeuner, ou au moins un café. Amélia, sa soeur, n'était pas là, mais le majordome et les employés de l'immense villa Shah s'affairaient, soit à ranger le petit-déjeuner, soit, déjà, à préparer le repas du midi. Ne désirant pas les déranger dans leur besogne, Alexander indiqua immédiatement qu'il allait se servir lui-même une tasse de café. Alors qu'il s'attablait, encore un peu endormi, le majordome en costume gris lui apporta la presse du jour. Le Vox Populi fut rapidement feuilleté, ne contenant pas de nouvelles attirant particulièrement l’œil d'Alexander. En revanche, l'un des titres de La Ligne de Myre  retint immédiatement son attention.

C'était un article sur lui.

Tout du moins, la première partie du papier relatait son combat avec le Prieur. C'était enjolivé, sans doute l'auteur avait-elle recueillit ses témoignages auprès de la famille de Domus qui avait vu son toit détruit par l'homme en rouge. En revanche, la suite du récit convenait beaucoup moins à L'As. En effet, on l'accusait d'un autre crime, à tort. Le jeune homme ne sut pas comment réagir, dans un premier temps. D'un côté, voir la presse s'épancher à son sujet était satisfaisant, cela ne pouvait être que positif pour sa notoriété de criminel, donc cela jouait en sa faveur. Mais d'un autre côté... il avait déjà commis de nombreux crimes, et comptait en commettre suffisamment d'autres pour ne pas désirer voir son nom et son aura salit par des meurtres qui n'étaient pas de son fait. Pendant un instant, Alexander s'était même demandé s'il n'avait pas affaire à un imitateur, mais il n'était à n'en point douter pas assez "connu" pour avoir ce genre de problèmes.

C'est terrible, pour ces pauvres gens. La Ville n'a pas besoin d'un psychopathe de plus dans les rues... Soupira le majordome, qui lisait par-dessus son épaule.

Vous avez bien raison, mon ami. Rétorqua calmement Alexander, l'air indifférent. Mais c'est bien que la presse s'empare de l'affaire, ça incitera tout le monde à la prudence. C'est d'ailleurs surprenant que le Vox n'ait rien écrit là-dessus.

Un peu frustrant même. Le Vox Populi était le journal numéro 1 d'Excelsa. Figurer dans ses colonnes pour ses "exploits", c'était s'assurer davantage d'exposition. Mais pour l'heure, Alexander observa le nom qui avait signé l'article : Salwa Hawabazzi. Que faire ? Laisser dire ou mettre les points sur les I ? Alexander décréta que son image en tant qu'Oisillon, au même titre que son image publique, se devait d'être soignée. Une visite de "courtoisie" s'imposait.

Mon ami ? Lança-t-il au majordome qui s'éloignait. J'ai trouvé l'article très bon, son auteur a une bonne plume. Pourriez-vous me dégoter son adresse, je suis d'humeur à lui envoyer un courrier.

Le vieil homme leva un sourcil circonspect, mais se contenta d'acquiescer sans poser de questions. Depuis la mort de son grand-père, l'ancien Prince Industriel Denvis Shah, Alexander pouvait paraître aux yeux de ceux qui le côtoyait comme... déconnecté. On verrait dans sa requête une lubie passagère, une pulsion. Personne ne se doutait des activités nocturnes du jeune mercenaire.

Deux jours plus tard, le vieil ami de L'As vint le trouver dans sa chambre, une enveloppe à la main. Il se contenta d'expliquer au jeune homme qu'obtenir l'adresse n'avait pas été chose aisée, mais que grâce aux contacts des Shah, on avait pu retrouver la trace de Salwa Hawabazzi.

Merci mon ami. Nul besoin de revenir poster la lettre, j'irais sans doute la porter en main propre.

Cette fois, le vieil homme en costume ne put réprimer un petit sourire. Le côté charmeur d'Alexander n'était jamais passé inaperçu, encore plus depuis la disparition de Denvis. Pour le jeune homme, c'était aussi un excellent alibi, réutilisable à souhait pour justifier ses escapades nocturnes. Les rumeurs faisaient le reste : Alexander Shah aimait papillonner.

Mais ce soir, sa visite n'aurait rien de galante. Il n'irait pas jusqu'à violenter la pauvre journaliste. Celle-ci ne faisait que son travail, et L'As respectait ça. Cependant, tout comme l'attaque du Prieur devait faire passer un message à Otton, cette irruption à Sainte Héléna devait faire passer un message à Salwa. Un simple besoin de rétablir la vérité.

Alors le mercenaire passa ses amples vêtements d'un noir de jais, harnacha son fleuret à son épaule droite, et choisit son masque. Il fallait quelque chose de similaire à celui utilisé à Domus, afin de ne laisser aucun doute dans l'esprit de la journaliste. Cela poussa Alexander à ne pas réutiliser le masque qu'il avait porté quelques semaines plus tôt, face à Elisabeth MacAlister. Finalement, il jeta son dévolu sur l'une des plus anciennes pièces, un modèle blanc maculé de coups de fleuret, et même d'un impact de balle. S'il venait à trainer en compagnie d'autres sympathisant du culte de la Machine, il tendait à porter ce masque pour s'entrainer.

Le masque:
 

Ensuite, ce fut un voyage sans encombres jusqu'à Sainte Héléna. Bondissant de toit en toit, arpentant des ruelles délaissées lorsqu'il n'avait pas d'autres alternatives, Alexander passait comme une ombre dans la nuit. Il devait être dix heures du soir, environ, lorsqu'il arriva au niveau de l'immeuble résidentiel de Salwa Hawabazzi. Troisième étage, avait précisé le majordome, ce brave homme. Escalader depuis l'extérieur était la seule solution. Posté sur le toit d'une maison plus simple, quoique sur deux étages, Alexander repéra un balcon, juste en-dessous, d'où ne filtrait aucune lumière. C'était sa meilleure option.

Quelques pas d'élan, un saut comme il en avait déjà réalisé des centaines. Il avait mal, c'était certain, mais il ne le montrait pas. Il venait en prédateur, pas en animal blessé. Alors il bondit, atterrissant sans doute plus lourdement qu'à l'accoutumée sur le balcon visé. Puis il entreprit de rejoindre la fenêtre du dessus. Quelle aubaine ! Elle était légèrement ouverte, sans doute pour laisser passer un peu de la fraicheur de la nuit. Les journées devenaient de plus en plus chaude, signe que la saison des Forges pointait doucement le bout de son nez.

Avec une infinie précaution, L'As poussa la fenêtre, dégageant une ouverture pour s'immiscer dans l'appartement bien entretenu. Sa cible est-elle assoupie ? Il ne tardera pas à le savoir. Les volets ont été tirés, c'est peut-être un signe... Mais le mercenaire ne prend aucun risque. Un subtil mouvement d'épaule, et voilà son fleuret qui glisse dans sa main. Il perçoit du mouvement dans la pièce d'à côté, il le devance. Son bras se tend à demi, tandis que la pointe de sa lame se place au-devant du visage de la rouquine.

Salwa Hawabazzi... je ne prétends pas vous connaître, mais j'ai quelques points à éclaircir pour vous...

Le ton de sa voix, étouffé et légèrement métallisé par le port du masque, était légèrement menaçant. La pointe du fleuret devant son visage devrait suffire à empêcher un éclat de voix. Dans la cas contraire... le jeune mercenaire n'avait pas peur de faire le nécessaire.
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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Ven 3 Aoû - 7:52

Elle reposa le verre d’eau qu’elle s’était versée à côté de la lampe qui brûlait sur la tablette qui jouxtait le fauteuil dans lequel elle s’était installée le plus confortablement possible. Accoudée à gauche la main sous le menton, la droite sur la gouttière du livre afin de le maintenir ouvert sans en casser la reliure. L’ouvrage était de bonne facture et méritait qu’on lui prête quelques égards. Les genoux étaient repliés sous elle et on ne devinait que la pointe de ses orteils vernis d’un rouge sombre tout comme ses doigts d’ailleurs.

Le plateau gisait à terre. Elle n’avait pas touché au jambon. Le sel la rebutait par ces chaleurs et elle avait jeté son dévolu sur tout ce qui pouvait lui apporter eau et fraîcheur.

Elle retourna le livre pour relire machinalement le titre du recueil et surtout le nom de l’auteur. Futsum Ambessa. Elle eut une petite moue approbatrice. Elle ne connaissait jusque là pas cet et auteur alors que manifestement il gagnait à être lu. La musique des vers l’avait charmée des les premiers poèmes qu’elle avait picoré au hasard et leur qualité ne se démentait pas de l’un à l’autre. Elle avait donc commencé à le lire de façon exhaustive et avait dévoré presque la totalité du recueil en prenant le temps de pauses entre chaque poème pour laisser le silence de leur mot prendre toute leur part dans la nuit.

Elle glissa le marque page de cuir rouge repoussé aux motif végétaux et referma la livre. Elle rejeta la tête en arrière et elle passa les doigts dans les cheveux des tempes vers l’arrière en soupirant d’aise.

« Nous étions le feu vif et la cendre
Et nos propres décombres
Nous étions tout ce qui n’eut pas lieu
Et qui dure"

*:
 

Un courant d’air venu de la cuisine vint caresser sa gorge et se glisser sous sa nuisette de mousseline blanche, bustier et bas de dentelle qui lui arrivait à mi-cuisse. Elle sourit mais sa mine s’assombrit presqu’aussitôt. Pourquoi avait-elle regardé dans la direction de sa chambre ? L’heure était-elle si avancée qu’elle pensait déjà à se coucher ? Un pressentiment l’avait-il assaillie ? Elle n’aurait su le dire mais elle tressaillit. L’ombre avait ondulé si subrepticement qu’elle en avait douté une fraction de seconde. Le laps de temps fatal qui vous fait passer de vie à trépas. Toute sa présence d’esprit pourrait ne pas suffire à sa survie !

Il y avait quelqu’un chez elle ! Elle sentit ses cheveux se dresser sur sa tête et son cœur s’embaler comme le cheval qui vient de recevoir un coup de fourragère inattendu sur la croupe. Sa petite dague était restée comme à l’ordinaire sur le guéridon de l’entrée. D’un seul mouvement, elle éteignit sa lampe et se leva prestement tentant de profiter de ses pieds nus pour faire le moins de bruit possible et atteindre son arme dont, ironie, elle n’avait jamais eu besoin sur le terrain. Allait pouvoir se défendre ! Lorsque les genoux et le dos fléchis, elle tendit la main vers la lame, elle stoppa net son geste, les yeux écarquillés. Comment avait-il fait ? La lame d’un fleuret pointait le milieu de son front. Ses yeux s’habituant à l’obscurité elle devina la silhouette d’un homme et surtout aperçut un masque dont l’horreur le disputait au grotesque. Son sang ne fit qu’un tour !

*Le masque !*

Elle se redressa lentement et commença à reculer vers le salon, remontant une fine bretelle qui menaçait de laisser la dentelle se dérober à ses devoirs. C’était plus un geste machinal que de pudeur. En cet instant la pudeur était un luxe qu’elle ne pouvait s’offrir et de toute façon une vertu superfétatoire chez elle, depuis qu’elle avait appris à apprécier les regards flatteurs des hommes, mais pas seulement, sur sa plastique.

La pointe du fleuret la suivait comme un aimant et l’obscurité seulement contrariée par les quelques rayons de lune qui pénétraient chez elle donnait l’impression que la lame se mouvait seule sans besoin d’un bras pour la manier. Le fantastique de la scène ajoutait encore à la frayeur qui était la sienne. Elle repensa au terme d’ange de la mort auquel elle avait renoncé dans son article. Malgré ses efforts, son cœur refusait de se calmer et sa gorge changée en pierre refusait de déglutir et de laisser passer l’air dont son cerveau avait tant besoin pour trouver une échappatoire à sa situation. Les récits des témoins qu’elle avait interrogés lui revenait en mémoire ainsi que l’évocation des blessures du légiste qu’elle avait interrogé. Elle se voyait déjà rejoindre ses parents dans un monde pas forcément meilleur, mais surtout endurer avant cela les pires sévices. Le crâne défoncé, les os fracassés et à moitié démembrée et exsangue c’est ainsi que son histoire allait se terminer. Elle sentit un petit gémissement de terreur siffler dans sa gorge, si ténu qu’elle se demanda s’il était parvenu aux oreilles de son agresseur apparemment couvertes par son masque. Malgré cela ses jambes la surprenaient par leur étrange fermeté devant le danger, elle ne savait pas comment mais elle ne se laisserai pas disloquer sans rien tenter !

C’est la voix d’outre-tombe qui brisa le maléfice dans lequel elle était engluée. Elle aurait eu de quoi glacer le sang de n’importe qui mais elle était pour la journaliste préférable au silence sépulcral qui avait envahi la nuit.

L’air recommença petit à petit à circuler librement dans ses poumons et à libérer son esprit de la paralysie dans laquelle elle le sentait plongé depuis qu’elle avait croisé le regard vide et à la fois menaçant du masque. Elle parvenait maintenant à le regarder non sans frayeur, mais avec plus de détachement. Il était constellé de marques de coups qui accentuaient encore la violence qui émanait du personnage. Se demander si cet aspect ravagé était voulu ou simplement le fruit des combats la rassura sur son état mental et elle réalisa qu’il venait en somme de dire qu’il était venu pour discuter. Que pouvait-il donc bien se passer chez elle pour que soudain, toujours sous l’emprise d’une peur panique de mourir elle se réjouisse de la présence du « masque » chez elle ? Sa profession était-elle à se point devenue une seconde nature qu’une telle occasion d’avoir un entretien avec un criminel fasse monter en elle un tel sentiment de jubilation ? C’était en tout cas beaucoup d’émotions qui la parcourait en trop peu de temps et son corps menaçait de la trahir. Le regard braqué sur le masque elle sentait son cœur battre à tout rompre comme pétri par des mains frénétiques, ses mains si calmes jusque-là se mettaient à trembler et ses jambes seules semblaient bien vouloir répondre à sa volonté quoiqu’elle les sente absolument paralysées pour le moment.

Péniblement, elle se força à déglutir.

« Quelques… points… à éclaircir… »

Les deux derniers mots avaient été expulsés de ses lèvres comme des lévrier au départ du cynodrome. Elle sentit quelque chose d’inattendu derrière sa cuisse. A force de reculer elle était retournée jusqu’à son fauteuil et bascula en arrière, poupée de chiffon posée là, les deux mains sur les accoudoirs et les yeux toujours écarquillés sur le masque. Le livre tomba et le bruit mat sur le plancher de chêne clair la ramena à la surface de ses émotions. Comme émergeant d’un long sommeil elle put enfin articuler en désignant de la main le second fauteuil de son salon.

« Faites donc. »

C’était aussi bien une invitation à s’asseoir qu’à procéder aux éclaircissements qu’il avait mentionnés. La journaliste redevenait petit à petit maîtresse de ses esprits et elle savait qu’elle ne perdrait pas une miette de ce qu’il lui dirait. Qui sait cela serait peut être matière à un prochain article si elle vivait assez longtemps pour l’écrire.

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Alexander Shah
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Ven 3 Aoû - 19:12

Elle avait tenté de fuir, comme les autres. Du moins, c'est ce qu'Alexander avait cru. Il n'en était plus aussi sûr, mais maintenant, quelle importance ? La pointe de sa lame se trouvait à quelques centimètres du front de Salwa. A cette distance, même en se lançant dans une fente puissante, le mercenaire ne pouvait pas transpercer une boîte crânienne sans briser son fleuret. Il avait bien d'autres manières de faire souffrir, voire de tuer, cependant ce n'était pas l'objectif de sa venue.

La journaliste n'avait pas crié. Ses yeux trahissaient l'effroi, la peur, deux sentiments qui rendaient toujours le jeune homme heureux. Il adorait cette sensation de puissance, de domination absolue qu'il ressentait face à des proies désarmées. La rouquine supplia pas pour sa vie. Elle ne dit rien, simplement reculait-elle, pas à pas, tentant vainement de mettre de la distance entre la lame brillante dans la nuit et sa propre personne. Mais chaque centimètres qu'elle pensait gagner, L'As le comblait aussitôt. Il boitait légèrement, vestige de sa mauvaise chute lors du combat face à Izei. Des jours qu'il apposait tout ce qu'il trouvait de froid sur sa cheville foulée. Avant de partir, il l'avait bandé, avait serré autant que possible. Mais le long trajet ponctué d'un ultime saut avait fini par réveiller la douleur.

Arriva l'instant où Salwa retrouva le fauteuil qu'elle semblait avoir quitté une seconde plus tôt. Assise, comme scotchée au siège, ses yeux n'avaient pas quitté le masque blanc, maculé de coups. De son côté, le mercenaire détaille la jeune femme. Dans la pénombre, il pouvait simplement deviner la nuisette blanche, seul vêtement masquant la peau de la rouquine. Attendait-elle quelqu'un ou était-elle simplement une amatrice de beaux vêtements ? L'homme sous le masque aurait sans doute apprécié contempler ce corps plus en détail, mais L'As n'avait rien en commun avec Alexander Shah.

J'espère que nous n'allons pas être dérangé. Annonça-t-il sur le ton de la confidence. Cela pourrait amener à des circonstances douloureuses. Pour vous... comme pour un potentiel intrus.

Son avertissement prononcé, L'As avisa une seconde le fauteuil sur lequel Salwa l'invitait à s'asseoir. Et puis quoi encore ? Elle comptait lui proposer du thé et une petite discussion philosophique ? L'épaule d'Alexander le lançait, sa cheville réclamait un peu de répit. Mais s'il baissait le bras, s'il cessait de menacer la jeune femme, s'il accédait à sa requête, il perdait un peu de l'emprise qu'il avait sur elle. Salwa ne devait pas oublier qu'elle était en danger. Si L'As s'asseyait, il se mettait au même niveau qu'elle, il tuait le rapport dominant-dominé qu'il avait instauré, de force, en pénétrant dans l'appartement et en menaçant la journaliste de sa lame.

J'ai lu votre article... vous vous en doutez bien. Commença Alexander, après avoir balayé d'un revers de main l'offre de Salwa. Voyez-vous... je n'ai pas de problèmes à ce que vous parliez de mes actions. Mais votre travail consiste à rapporter des faits avérés, pas à émettre des accusations fallacieuses.

Sa voix s'était faite de plus en plus dure au fil des mots. Mais il n'avait aucun geste parasite, hormis, à intervalles régulier, un léger roulement de l'épaule gauche. Un moyen de continuer à faire circuler le sang dans la zone de sa blessure.

L'homme du port. Ce n'est pas moi qui en suit responsable.

A nouveau, il marque une pause, laissant le temps à Salwa d'assimiler ce qu'il vient de dire. Il avait un temps essayer de se convaincre du contraire, mais L'As était un mercenaire différent, suivant s'il se battait ou non. Il l'avait déjà remarqué lors de sa rencontre avec Elisabeth MacAlister. Lorsqu'il ne venait pas pour tuer, l'homme au masque ne se montrait pas violent. Menaçant, effrayant, bien sûr, mais s'il n'avait pas l'intention de prendre une vie, il se montrait bien moins cruel. Sur l'instant, Alexander considéra cela comme une faiblesse. Il devait rectifier le tir.

Brusquement, sa prise sur son arme changea. De pointé sur le front de Salwa, la lame passa sous la gorge de la rouquine. Un fleuret avait beau être assemblé sur une base rectangulaire, un bon coup de poignet et une pression suffisante pouvait trancher n'importe quelle gorge non protégée. Pour asseoir un peu plus sa domination, l'homme masqué se rapprocha au plus près de sa proie, s'agenouillant presque sur elle. S'il n'avait pas porté de masque, elle aurait pu sentir son souffle sur sa peau.

Mais je pourrais bien être responsable de votre état, si jamais je vous reprenais à écrire ce genre de torchon. Prenez cela comme un premier et dernier avertissement, Salwa... contentez-vous de la vérité, ne faites pas d'accusations bêtes.

Réprimant une grimace que la jeune femme n'aurait de toute façon pas vu, L'As vint passer son pouce gauche le long de la mâchoire de la journaliste.

J'apprécie votre plume, Salwa... ça me ferait sans doute un peu de peine de devoir vous découper, si vous continuez à écrire ce genre de torchon. C'est bien beau de vouloir relater d'une attaque de Prieur... mais vous manquiez de trop d'éléments. C'était un travail... incomplet. Et vous qui vous êtes penché sur mon cas, vous vous doutez bien que je déteste faire les choses à moitié.
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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Sam 4 Aoû - 18:30

Les secondes semblaient s’goutter d’une clepsydre déréglée. Sa frayeur devait avoir posé son doigt sur l’orifice d’écoulement. Ou alors son esprit avide de survivre décomposait méticuleusement le temps pour en profiter pleinement et trouver l’échappatoire qui allait lui rendre sa liberté de mouvement. Pour le moment, rien ne semblait devoir jouer en sa faveur à part peut être le fait qu’elle soit sur son propre terrain, avantage bien mince compte tenu de la supériorité physique de son visiteur.

*Visiteur ! Quelle audace ! Un visiteur répond à une invitation et ne s’introduit pas ainsi chez la gens !*

Derrière sa frayeur, la colère n’était pas très loin. Voir ainsi son intimité bafouée la scandalisait et seule la menace qui pesait sur sa vie l’empêchait d’exprimer sa façon de penser au malfrat masqué. Elle n’aimait pas se sentiment qu’elle jugeait vulgaire, mais au moins il avait le mérite de la sortir de l’abattement dans lequel la surprise et la terreur des premiers instants l’avait plongée. En outre, si vous ne décidez pas de fuir comme une éperdue ou de crier vous pouvez regarder le danger en face, même si pour l’heure ce dernier n’était pas des plus affriolants. Décidément elle s’en voulait d’avoir pensé que le masque décrit par ses témoins avait une certaine classe ! Celui-ci était juste là pour effrayer, objectif atteint, et pour protéger si elle en croyait les marques d’impacts dont il était criblé. Elle baissa les yeux vars la jambe de l’intrus. Boîter enlevait beaucoup d’aura à un assassin, si elle avait été spectatrice de la scène elle en aurait presque souri. Au première loge et dans la peau de la victime désignée, elle se contenta de le noter dans un coin de sa tête. Cela pouvait toujours être utile et contribuer à la sauver car malgré l’annonce d’un entretien, elle n’était pas certaine de passer la nuit.

Elle se demanda ce qui pouvait motiver l’inquiétude de l’homme au fleuret. D’ailleurs oui, et elle s’étonna de ne pas y avoir pensé plus tôt. Pourquoi un fleuret ? C’était une pauvre arme d’entrainement dont l’intérêt en escrime réelle était quasi nul. Était-ce avec cela qu’il infligeait vraiment les blessures sauvages à ses victimes ?

Etait-il si mal renseigné qu’il ne sache pas qu’elle vivait seule ? Elle aurait pu bluffer pour motiver son départ de chez elle, mais l’évocation des conséquences douloureuses lui intima une autre réaction et elle fit un petit signe de dénégation de la tête le tout sa perdre de vue la lame et le masque de son regard agrandi par la peur et la nécessité de rester lucide ne serait-ce que pour tenter de décrypter les mouvements du masque.

L’attitude de son agresseur était étrange. Comme si son seul atout était de l’effrayer. Pourquoi diable refusait-il de s’asseoir ? Elle ne représentait tout de même pas un tel danger que laisser deux mètres de latitude puisse le mettre en difficultés ! Si elle avait mal à une jambe ou un pied, difficile de savoir quelle partie du membre était douloureuse, elle serait bien contente de se poser quelque part. Il faisait alors preuve de bien peu d’assurance. Cette dernière pensée redonna du baume au cœur de la rouquine dont le regard s’affermissait petit à petit.

Mais le blessé, c’était rassurant de l’appeler ainsi, n’avait apparemment pas l’intention de s’éterniser car il entra dans le vif du sujet.

*Par Saint Myre ! Une leçon de journalisme ! Comme c’est banal !*

Elle se serait trouvée dans une autre posture, moins délicate, elle aurait levé les yeux au ciel de lassitude. Combien de fois n’avait-elle entendu le couplet sur la vérité, la vérification, bla bla bla ? D’un autre côté, lever les yeux au ciel lui aurait fait manquer le petit mouvement d’épaule qui revenait.

*Tien tiens tu as pris un coup à l'épaule dirait-on....*

Elle connaissait sa propre imprudence, son intrépidité parfois, mais à ce moment elle se demandait comment un type qui boîte et dont l’épaule d’arme est à deux doigts de flancher pouvait se mettre en chasse d’une petite journaliste. Comme si cette visite ne pouvait pas attendre qu’il soit rétabli. Décidément ce type devait aussi agir par impulsion et ça, elle se demandait si c’était une bonne nouvelle. Non car il pouvait très bien céder à la contrariété et l’occire à l’instant même. Oui car cela pouvait jouer contre lui, si elle savait en tirer parti.

Petit à petit la rouquine reprenait les rênes de son esprit et elle adorait cette sensation comme un malade qui sort de sa convalescence et sent les forces réaffluer en lui. Elle écouta avec le plus d’attention possible les informations qui lui arrivaient. La journaliste n’était jamais bien loin et elle pensait déjà à ses feuillets qui trainaient sur le bureau de sa chambre et sur lesquels elle allait se précipiter une fois cette mauvaise rencontre passée, si elle était toujours vivante à ce moment bien sûr, mais l’espoir renaissait en elle au fur et à mesure que la rencontre avançait et qu’elle notait les faiblesses de son accusateur. Car il s’agissait bien de cela. Il était venu pour mettre sa façon de faire son métier en accusation.

Elle hocha la tête pour indiquer qu’elle avait bien saisi ce qu’il avait dit. Cela aurait du l’apaiser, mais contre toute attente, il se rua sur elle malgré sa jambe diminuée et elle sentit le froid de la lame sur sa gorge le masque à quelques centimètres de son visage, se demandant ce qu’elle avait bien pu faire pour justifier une telle réaction. Décidément ce type était dangereux, elle aurait pu penser malade aussi et l’assurance qui était revenue en elle reflua un peu. La prudence était de mise avec un tel individu !

Elle prit donc la menace très au sérieux tout en sentant la colère remonter en elle. Il attaquait son métier et maintenant !... Il la traitait comme un objet ?!!! Ses yeux étincelèrent et ses narines battirent de fureur. Les dents presque serrées et le respiration amplifiée, elle ne put s’empêcher de se révolter contre la lame qui menaçait sa trachée et contre ce pouce ganté qui s’immisçait sur son visage. Elle détourna le visage pour échapper au contact intrusif.

« Lâchez-moi ! Vous me faites mal ! »

C’était exagéré, elle souffrait plus de son impuissance et de l’humiliation de sa situation que d’une quelconque blessure physique. Par contre, l’homme ne semblait pas disposé à relâcher son emprise sur elle. Ce pouce finit par provoquer une réaction sans doute déraisonnée. Qu’il lui donne une leçon de journalisme, passe encore mais qu’il se conduise avec elle comme si elle lui appartenait réveilla quelque chose en elle de l’ordre de la survie. C’était le moment de vérifier qu’il souffrait bien de son épaule. La proximité qu’il avait mis entre leur deux corps allait tout compte fait la servir. Une main vint pousser violemment au creux de l’épaule pour réveiller la douleur qu’elle avait commencé à soupçonner et faire reculer le masque tandis l’autre repoussait la coquille du fleuret pour prévenir un coup qu’il voudrait lui asséner en réaction. Une fraction de seconde, relever son genou dans son entre-jambe l’avait effleurée mais elle y avait renoncé. Ce ne serait pas cohérent avec ce qu’elle avait à lui dire ensuite et pouvait en outre provoquer une réaction disproportionnée de la part du fleuretiste.  Avec ses quelques forces réunies elle ne fut pas très surprise de ne le faire reculer que d’un mètre, sans doute juste le temps de maîtriser la douleur, mais elle n’en attendait pas plus. De même, elle ne tenta pas de se sauver et resta assise le plus calmement possible dans le fauteuil, les mains posées à plat sur les accoudoirs pour en maîtriser les tremblements que la peut rétrospective n’avait pas manqué de provoquer. Elle savait qu’elle n’avait aucune chance de prendre la fuite, elle venait juste de tenter de reprendre un peu d’ascendant sur son agresseur. Son regard était plein d’assurance et elle fit un effort pour ne pas y ajouter le défi et la colère qui bouillaient en elle. Ce petit succès lui donna assez d’aplomb pour répondre.

« Je me fiche que vous apprécier ma plume, mais si vous voulez que je rétablisse la vérité sur vous, et bien asseyez-vous et parlons de façon à ne pas laisser les choses faites à moitié. »

Le ton de le la jeune femme avait commencé comme une rebuffade mais s’était vite calmé pour finir sur une invitation la plus calme possible. Une nouvelle fois elle lui indiqua du regard le second fauteuil. Et se retint de poursuivre avec la phrase qui lui était venue instinctivement à l’esprit. « Ne me dites pas que je vous fais peur à ce point ! »

En fait elle se préparait à toutes les réactions que pouvait avoir son visiteur et en particulier à devoir esquiver une attaque physique de sa part.

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Alexander Shah
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Sam 4 Aoû - 23:34

C'est bien. C'est mieux pour tout le monde si personne ne vient.

L'As était satisfait de confirmer ce point de détail. Son fleuret toujours menaçant, il se délectait de la peur qu'il instiguait chez la journaliste. Mais il tiquait. La rouquine semblait, secondes après secondes, reprendre le contrôle de ses esprits. La panique et la peur, premiers sentiments logiques après l'irruption d'un mercenaire sanguinaire dans son appartement, laissait peu à peu place à la réflexion et à la lucidité.

C'était pour cela qu'Alexander restait debout, la pointe de sa lame toute proche du front de Salwa. Ce fut ensuite pour la même raison qu'il s'approcha aussi férocement. Il ne venait ni la tuer, ni la blesser physiquement. Le plus important dans la situation actuelle, c'était de maintenir une forme de contrôle mental sur la jeune femme. Qu'elle persiste à ne ressentir que la terreur, plutôt qu'elle se mette à réfléchir. L'esprit humain était doué lorsqu'il s'agissait de survivre, et l'adrénaline permettait parfois d'élaborer des stratagèmes formidable pour se défaire d'une situation désavantageuse.

C'est ce qui finit par arriver. La paume de la rouquine vint frapper son épaule blessée, l'autre repoussant avec plus de prudence, mais non sans vigueur la coquille de son fleuret. Ce coup, inattendu, fit reculer Alexander d'un pas. Un grognement court, mais bien audible lui échappa. Il avait appris à faire avec la douleur, à y résister. Mais il n'y était pas immunisé. Un moulinet d'épaule de plus au compteur, mais surtout une bonne dose d'énervement supplémentaire.

Pourtant il maintint sa position, un pas en retrait par rapport au fauteuil, le temps pour Salwa de s'exprimer à nouveau. Puis il lâcha son bras. Peu importe sa douleur à l'épaule gauche, il envoya une grande claque au visage de la journaliste. Puis il reprit la position qu'il occupait au tout début, fleuret fermement tendu devant lui. Cette fois il ne visait pas le front : la pointe désignait le cœur.

Pauvre conne. Asséna froidement le mercenaire. Alexander n'aurait sans doute pas utilisé des termes aussi crus, mais L'As était une toute autre personne. Surtout avec l'énervement. Tu crois que c'est une interview ?! Tu crois que je vais simplement m'asseoir et discuter avec toi, pour que tu puisses écrire un joli article ?! Dans quel monde tu vis ? Imbécile !

Il avait parlé vite, mais n'avait pas trop élevé la voix. Mesure prudente pour ne pas attirer l'attention des voisins.

N'inverses pas les rôles. Tu fais ce que JE dis. Si je te demande de t'agenouiller devant moi et de me supplier de t'épargner, tu as plutôt intérêt à te montrer convaincante. Tu sais très bien comment le monde marche : celui qui a le pouvoir décide de tout. Et en ce moment, mon fleuret a le pouvoir absolu.

Puisqu'elle ne voulait pas comprendre, puisqu'elle voulait tant être lucide, il était important de rappeler les bases. Ce n'était pas une visite de courtoisie. L'As n'aurait aucun scrupule à éliminer la rouquine.

Je suis bien venu rétablir la vérité. Ma vérité. Mais tout ce que toi tu va faire, c'est m'écouter bien attentivement, parce que je ne me répèterais pas.

Mouvement d'épaule, puis de cheville. La douleur était présente, constamment, Alexander se contentait de l'ignorer. C'était juste histoire de faire circuler le sang.

Je n'avais pas l'intention de tuer ce Vicaire. Je voulais juste lui faire très, très mal. Le laisser aux portes de la mort, avec un message précis à délivrer à une personne précise. Je déteste voir mes plans contrecarrés, mais je dois le concéder : ce Prieur a livré un admirable combat. Quelle tristesse que votre torchon se contente de le faire passer pour une victime ! Il marque une courte pause, avant de reprendre : Je lui ai infligé des blessures, lui aussi. C'est tout ce qu'il s'est passé. Alors maintenant, Salwa, dis-moi : qu'est-ce que tu va faire de ça ? Vas-y, sois honnête.

Tandis qu'il prononçait ces derniers mots, la pointe de son fleuret venait effleurer la dentelle de la nuisette.
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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Dim 5 Aoû - 10:16

Lorsque l’ennemi croit avoir pris l’ascendant c’est souvent le moment où il est le plus vulnérable. C’était un peu ce sur quoi la journaliste avait misé. Pendant longtemps, l’escrimeur avait imposé la force de son arme de son corps et de la peur à la journaliste mais ne lui avait sans doute pas accordé le bénéfice du doute. Il n’avait pas assez douté qu’elle puisse avoir une réaction de révolte. Il s’était conduit comme s’il allait délivrer son message sous l’emprise de la frayeur que son arrivée avait suscité et repartir en la laissant tremblante et soumise dans son appartement. D’ailleurs, pourquoi en aurait-il douté ? Une femme au physique bien peu menaçant, seule chez elle ?

Un excès de confiance pouvait vous amener à commettre des erreurs et c’est ce qu’il avait fait. Erreur toute relative et dont peut être la principale était de ne pas accorder à la rouquine le droit à être. En la traitant comme un objet, il avait provoqué sa révolte. Révolte d’une personne qui n’avait jamais laissé quiconque décider à sa place ni même lui imposer quoi que ce soit.

Oh ! Oui ! Cela avait commencé en tant que petite fille choyée et gâtée, trop longtemps placée au centre du monde et des attentions de chacun. Plus tard la réalité avait fini par la décentrer mais aussi par l’obliger à transformer son égoïsme en âpreté, son exigence en ténacité et son innocente insolence en cynique audace. Evidemment le tout n’avait pu éviter quelques retours de bâtons que la vie se charge toujours de vous infliger lorsque vous croyez que rien ne peut vous résister. Elle avait appris qu’autrui pouvait avoir les mêmes aspirations qu’elle, que l’on n’est jamais vraiment ni au centre ni au sommet et que tout peut être très vite remis en cause.

Elle avait réussi à conscientiser tout cela mais ne pouvait pas toujours lutter contre son axe profond qui ne tolérait pas qu’on la mette en cause en tant que personne dotée de volonté. Ce soir, c’était bien de ce noyau sacré que sa révolte était partie à peine soutenue par la réflexion et le peu de stratégie qu’elle pouvait mettre en place, quitte à en subir les conséquences les plus définitives.
Elle avait tenté d’en amoindrir la férocité en ne tentant pas de fuir et en s’adressant à lui avec calme, mais lorsqu’il arma son bras gauche, elle sut immédiatement ce qui allait arriver.

Elle n’eut pas le temps d’esquiver, ni même celui de se protéger, tout juste celui de se préparer à l’impact de la main gantée sur sa joue droite. Il aurait utilisé son poing fermé qu’elle n’imaginait pas qu’il frappe plus fort. Son crâne entier résonna de la gifle. Une fraction de seconde, sa vision se remplit de nuit et de sang tandis que des étincelles de douleurs irradiaient une danse frénétique dans tous l’espace. L’acide monta à ses yeux en même temps que son visage était projeté sur la gauche au risque de lui tordre le cou. Puis tout réapparut petit à petit. Elle porta sa main à sa joue meurtrie. En même temps, elle retrouva la silhouette sombre surmontée de l’effigie de la violence qui la dominait de nouveau et tentait. Une sourde douleur lui brûlait la joue et elle pouvait sentir les boursouflures digitées laissées par le gant. Ses doigts rencontrèrent une zébrure suintait d’un liquide rouge qu’elle n’identifia pas immédiatement comme son sang, encore étourdie par la violence de la claque. Elle fixa un regard furibond sur les trous sombre du masque. Sa respiration et sa bouche trahissaient la colère d’une tigresse. La diatribe du bretteur ne fut pas de trop pour lui permettre de reprendre le calme dont elle avait plus que jamais besoin.

Cet homme était un malade ! C’était en tout cas le premier diagnostique sans doute à l’emporte pièce qu’elle avait envie d’émettre. Et comme tout malade, il était sans doute imprévisible. Elle passa sur l’insulte. Ce n’était pas la première qu’on lui assénait et celle-ci manquait cruellement d’imagination. Par contre l’incohérence des propos de son agresseur ne manqua pas de l’interroger. Si elle croyait que ce serait une interview ? Qu’était-il donc venu faire si ce n’est se prêter à cet exercice ? N’était-ce pas un « joli article » qu’il attendait en retour ? Elle ne comprenait pas ce qu’il cherchait alors et ce même en tentant de mettre cette contradiction sur le compte de la surprise d’avoir été repoussé et de sa colère.

Elle commençait à penser que sa réaction n’avait pas forcément été judicieuse même si d’un autre côté, malgré sa joue qui lui lançait et les tambours de guerre qui battaient au rythme de son cœur, elle ne parvenait pas la regretter. Elle tâta sa joue du bout des doigts. La douleur lui retroussa brièvement les narines. Sa pommette allait sans doute être gratifiée d’un bleu… Ce type n’y était pas allé de main morte. Au fur et à mesure qu’elle l’écoutait la certitude qu’elle ne devait pas le contrarier inutilement grandissait en elle. Elle devait jouer la comédie qu’il attendait d’elle et ce au moins pour sauver sa vie. Même si elle était capable de révolte elle ne comptait pas mourir bêtement en provoquant inutilement un fou furieux. Elle l’avait déjà fait deux fois. Une fois par son article et une deuxième fois par sa rébellion, c’était bien assez suffisant.

Elle profita donc de la douleur de sa joue pour baisser les yeux et hocher la tête pour signifier son accord ou sa compréhension du discours de l’homme masqué. Quelque part, le coup qu’il lui avait flanqué allait sans doute l’aider à donner plus de crédibilité à la comédie qu’il attendait d’elle. S’il voulait des larmes, de la frayeur de la soumission elle allait lui en donner ! D’ailleurs une perle salée qu’elle s’était faite un devoir de retenir derrière ses paupières lorsque le coup l’avait étourdie roula sur sa joue.

Elle fit mine de ne pas renoter les tics douloureux qui agitaient son bourreau et ses yeux contrits fixèrent le masque sans le défier, juste pour signifier qu’elle était prête à l’écouter. Et de fait elle l’écouta de toute l’attention dont ses oreilles étaient capables. Il débitait son histoire et pour une journaliste comme elle, ce récit posait autant de questions qu’il n’apportait de réponse. Il était en service commandé, il n’était donc qu’un mercenaire, mais pour qui donc travaillait-il durant cette mission ? Pourquoi feindre de tuer le vicaire ? Le message n’aurait-il pas été plus clair pour son destinataire en « finissant le travail » ? Qui était donc le destinataire du message ? Le prieuré tout entier ? le premier d’entre eux ? C’était étrange. Et qu’elle dichotomie dans le personnage capable de respecter la résistance du prieur et en même temps se montrer hors de lui lorsqu’elle tente de se faire simplement respecter !

Répondre à un homme aussi versatile et imprévisible relevait de la gageure. Elle allait devoir marcher sur des œufs surtout qu’elle ne comptait pas accepter le rôle d’écrivain public qui lui était assigné. Elle n’avait pas perdu son intention de mettre à profit cette visite inattendue pour en savoir plus sur les agressions du fleurettiste ainsi que sur sa personne. Le tout était de jouer assez finement pour cela. Elle écarquilla les yeux de terreur lorsque la pointe d’acier vint effleurer le tissu de sa nuisette.

Elle prit donc une voix hésitante pour répondre à la question du masque.

« Et bien… Je vais publier un article qui rétablira la vérité… »

Elle baissa les yeux comme si elle relisait des notes imaginaires avant d’oser poursuivre.

« Cependant… »


Sa lèvre inférieure se mit à trembler d’un chagrin ou d’une peur mal contenue.

« S’il m’est permis d’émettre un avis… j’ai peur que tout ceci… »

A chaque hésitation elle tentait de lire dans l’attitude de l’homme, son masque restant impénétrable, si elle avait l’autorisation de poursuivre.

« Ne prenne pas plus d’importance qu’un communiqué de presse… que personne… ne lira… Il faudrait… »

Elle redoutait se moment qui pouvait donner lieu à une nouvelle colère du mercenaire et accentua la peur qui se lisait sur son visage comme un gage qu’elle ne poursuivrait que si elle en avait l’autorisation et ne ferait rien sans son consentement.

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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Dim 5 Aoû - 16:36

Le coup porté par le masque à la journaliste eut l'effet escompté. Plus de signe de rébellion, plus de tentative désespérée de mettre de la distance entre le mercenaire et la jeune femme. Salwa, sans doute un peu sous le choc, se faisait plus docile. Façade ou pas, c'était le comportement que L'As attendait d'elle. La soumission, la peur, l'acceptation du fait que son destin ne reposait plus entièrement entre ses mains.

Pour autant, Alexander ne baisserait pas son fleuret. Chaque seconde qu'il passait dans cet appartement, en compagnie de la journaliste, devait rappeler à cette dernière qu'une épée de Damoclès se balançait mollement au-dessus de sa tête, menaçant à chaque instant de s'écraser. Le masque, inexpressif, qui la toisait depuis déjà quelques minutes devait hanter ses cauchemars pour quelques nuits. Sa voix intrigante, étouffée par le masque, devait résonner dans son esprit pour encore quelque temps.

Alexander s'enivrait de cette sensation de pouvoir, mais aussi de cette larme solitaire qui coulait sur la joue de Salwa. Pendant ce temps, le mercenaire faisait ce pourquoi il était venu : il rétablissait la vérité. Il donnait sa version des faits. Il l'avait clairement signifié à la journaliste, ce n'était pas une interview. Il n'y aurait pas de questions, pas de relances, en tout cas pas sans son accord. Cette entrevue se déroulait selon ses termes.

D'une voix hésitante, la rouquine livra ses premières conclusions. Un article, un communiqué, tout cela était bien égal à Alexander. Pour le mercenaire, c'était le moment parfait de changer à nouveau de masque, en quelques sortes. Sans cesser de longer le tissu de la nuisette, la pointe du fleuret descendit légèrement, tandis que L'As s'accroupissait pour se mettre à hauteur de Salwa. Bien que toujours étouffée et inquiétante, sa voix se voulait plus douce.

Qu'est-ce qu'il faudrait, Salwa ? Tu peux me le dire. Après tout, c'est toi la professionnelle. Est-ce qu'un article serait plus efficace qu'un communiqué de presse ? Est-ce que tu penses à autre chose ?

Il était important de rester très imprévisible. En seulement quelques minutes, L'As s'était montré menaçant, puis violent, et le voici maintenant plus indulgent et compréhensif. De cette manière, la victime ne peut pas s'adapter facilement, comme Salwa l'avait fait quelques minutes plus tôt. On ne savait jamais sur quel pied danser.

La main gauche d'Alexander, avec douceur, revint se poser sur la joue meurtrie de la journaliste. Du pouce, il essuya un mince filet de sang. Puis il caressa lentement la peau encore rougie, pour place ses doigts sous le menton de la jeune femme. Il la forçait à regarder le masque droit dans les yeux. Il se demandait d'ailleurs ce qu'il lirait dans le regard de sa proie. De la terreur ? Du mépris ? De l'incompréhension ? Les yeux étaient vecteurs d'émotions fascinantes, c'est peut-être pour ça qu'ils sont une cible privilégiée de L'As. Incapable d'exprimer ses sentiments par le biais de son regard, l'homme devient un peu plus un pantin mécanique. C'est très culte de la Machine, comme mode de pensée.

Malgré ce que tu peux penser de moi... débuta Alexander d'une voix plus posée. Je ne pense pas être une mauvaise personne. Je suis comme toi, j’œuvre à la poursuite d'un but, d'un idéal. Bien sûr, nos... "méthodes" diffèrent, mais la finalité est la même, non ? Quel est ton but Salwa ? L'idéal pour lequel tu œuvre ?

En changeant à nouveau de personnage et d'attitude, L'As continuait à se montrer imprévisible. Il voulait jouer avec les nerfs de la journaliste, la laisser dans le flou. Elle savait qu'il était capable de la mutiler, de se montrer violent, mais elle ne l'attendait sûrement pas sur le terrain du dialogue calme. Allait-elle pour autant se laisser un peu aller ? De profiter de ce qu'elle pourrait percevoir comme du relâchement pour tenter un nouveau coup d'éclat ? Ou au contraire le souvenir brûlant de la claque serait-il trop récent pour lui permettre de se libérer ?
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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Dim 5 Aoû - 21:19

La situation était des plus inconfortables pour la journaliste. Prise en otage par un criminel qui présentait tous les symptômes d’un déséquilibre mental et la pommette lancinante, chaque seconde reposait la même question. Comment allait-elle se tirer d’affaire et en même temps comment allait-elle pouvoir compléter se connaissance de l’homme au masque et des faits dont ils se vantait. Elle sentait pertinemment qu’elle oscillait entre la crainte pour sa personne et l’excitation face à la possibilité de pouvoir écrire quelque chose qui sorte de la norme de ce que l’on peut lire d’ordinaire. Elle commençait à se faire une idée de ce qu’attendait le fleurettiste et se sentait plus décidée que jamais à en tirer parti.

Elle avait compris qu’en plus du désir de soumission qu’il voulait voie en elle, il pouvait se montrer imprévisible et changeant. Il avait feint le chevalier errant venu demander réparation, il s’était montré brutal, tyrannique, menaçant elle s’attendait à d’autres démonstration. Le plus dur serait d’en dégager l’axe directeur. Pour elle, on ne pouvait concilier de façon authentique toutes ces facettes sans être dérangé. Elle l’avait déjà envisagé plusieurs fois de façon plus ou moins caricaturale. Cependant, elle ne pouvait se permettre de le diagnostiquer après si peu de temps passé en face de lui. Elle n’en n’avait pas les compétences les cours de sciences humaines qu’elle avait suivis avec assiduité au Conservatoire n’en avaient pas faite une psychiatre, simplement une personne un peu avertie qui pouvait être alertée par certains signes, ce qui ce soir était bien utile. Il se pouvait aussi que ce ne soit qu’un jeu pour le bretteur. Sa tâche serait donc de se montrer soumise et effrayée et de s’adapter à ses sautes de comportement. C’était bien assez de concentration monopolisée et elle ne pouvait se projeter plus loin que quelques minutes plus tard. Parfois elle parvenait déjà à tourner les phrases qu’elle proposerait à la rédaction, mais aujourd’hui, elle n’en était pas là. La partie était bien trop serrée. Le huis clos qui se jouait déciderait de son avenir à plusieurs égards.

Elle sentit un soulagement à la question qu’il lui renvoya, mais elle restait sur ses gardes. Après ce qu’elle venait de vivre, elle n’allait pas prendre pour argent comptant. Elle devait se montrer prudente. Dans un premier temps elle devait continuer de le convaincre de la sainte peur qu’il lui inspirait. Ce n’était pas bien compliqué. Il lui suffisait de se revoir enfant face à son père alors qu’elle avait dépassé les bornes de ce qu’on pouvait accepter d’une gamine de sept ans. Son regard s’agrandit donc, les sourcils tombant vers tempes tandis que la pointe du fleuret jouait à se rappeler à son bon souvenir.

« C’est-à-dire… votre sagacité a forcément remarqué que les petites dépêches ou même les droits de réponse ne sont pas mis en valeur… Mais si le journal… »

Elle s’interrompit. Elle avait fait en sorte que ni elle ni lui ne se trouve directement impliqué dans la suite, suite qui était ce qu’il avait déjà rejeté et vers laquelle elle devait le laisser venir comme une décision que lui seul avait prise. Il ne voulait sans doute pas, de ce qu’elle avait perçu laisser croire qu’elle l’avait fait changer d’avis. Son menton trembla de façon pathétique.

Elle le regarda s’approcher de nouveau. Quel besoin avait-il de toujours vouloir la toucher ? Elle avait déjà fait l’expérience répugnante du contact de son gant sur son visage et voici qu’il s’apprêtait à recommencer ! La petite estafilade brûla sous le cuir et elle eut un petit tressaillement mais ne se déroba pas. Elle se devait de rester fidèle à sa ligne de conduite pour être crédible. Elle devait se montrer soumise et résignée malgré le feu de colère qui la consumait. Elle ferma un instant les yeux et une larme ouvrit un nouveau sillon sur son visage. Elle n’avait pas besoin de feindre car la frustration ressentie de ne pouvoir éviter ce contact intrusif suffisait à faire remonter les émotions que la jeune femme désirait montrer à son tortionnaire. Lorsqu’elle rouvrit ses yeux, ceux du masque scrutaient les larmes qui les emplissaient. Quel que soit ce qu’il y cherchait, il serait sans doute satisfait.

Et puis vint la surprise. Il avait donc un idéal ? Elle avait plus que des doutes à ce sujet. Tuer des gens pouvait évidemment se révéler nécessaire, mais la cruauté et la violence dont il usait semblait incompatibles avec la notion d’idéal qu’il revendiquait. Evidemment, elle n’était pas experte en matière d’idéaux n’en ayant pour ainsi dire aucun excepté celui de profiter de la vie et des belles et bonnes choses qu’elle pouvait lui réserver. C’était bien peu et pourtant cela occupait une bonne partie de son temps à partir du moment où sa bourse le lui autorisait. Elle ne pouvait pas se targuer de son individualisme et il serait dans doute compliqué de construire à brûle pourpoint une pensée politique personnelle. Elle tenta alors d’éluder la question tout en restant dans le sujet et en commençant par montrer la panique qu’une telle question posée par son bourreau suscitait.

« Je.. Je… »


Elle étouffa un sanglot son menton toujours prisonnier l’empêchait de baisser la tête.

« Je… Ne pas juger ? des motivations d’autrui ?... »

Elle donnait à sa voix des accents pitoyables.

« C’est… pour ça… »

Elle renifla comme une petite fille.

« Que je pose des questions… Qu’est-ce qui anime les gens ? Qu’est-ce… qui vous anime ?... Je… »

Sans le formuler son ton demandait la permission d’aller au bout de son idée mais elle préféra garder le silence et compter sur la curiosité du masque. Elle ne devait pas pousser ses avantages trop loin de peur qu’il ne prenne encore une fois la mouche et ne se laisse aller à la brutalité qui semblait l’animer.

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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Lun 6 Aoû - 22:43

La main gantée de L'As sur la peau de Salwa semblait mettre cette dernière extrêmement mal à l'aise. Plusieurs fois, la journaliste fut incapable de réprimer quelques larmes. Et Alexander aimait ça. Il aurait adoré savoir ce qu'il se tramait dans l'esprit de la rouquine à cet instant précis. Le dégoût prenait-il plus de place que la peur ? Imaginait-elle le pire suite à ce contact non-consenti ? Ou bien tentait-elle juste de répondre à sa question ?

Le mercenaire n'était pas vraiment un grand lecteur. Un recueil de poème venait de temps à autres garnir sa table de chevet, mais le jeune Shah trouvait plus de plaisir dans l'écoute de la musique que dans la lecture d'un roman. Il en allait de même pour la presse. Alexander ne dévorait ni le Vox, ni la Ligne de Myre. Il se contentait de lire les gros titres, pour rester informé, et ne s'attardait sur un article que si ce dernier attirait réellement son attention. Ce qui avait été le cas avec Salwa. Mais cette dernière ne semblait pas se détendre.

Ne tourne pas autour du pot, Salwa. Rassura-t-il d'une voix encourageante. Tu me flattes inutilement, mais tu ne me dis pas ce qu'il faudrait vraiment faire pour que je sois satisfait.

C'était quelque chose d'assez commun chez les victimes d'agressions. Flatter l'assaillant pour tenter de l'adoucir, de le convaincre de leur laisser la vie sauve. Mais en général, les compliments sonnaient faux, forcés. Ils trahissaient la peur, la volonté de faire n'importe quoi si ça signifiait survivre.

Après tout, tu dois en avoir pris conscience maintenant. Si j'avais voulu te tuer, ce serait déjà fait depuis longtemps. Le fleuret n'est là que pour te rappeler ce qui peux t'arriver si tu fais quelque chose de stupide. Comme tenter de me repousser par exemple.

Une des questions qui pouvait revenir, c'était "Pourquoi le fleuret" ? Une arme de gentleman, une lame d'artiste de l'escrime, qui faisait sans doute tâche dans l'accoutrement d'un mercenaire sanguinaire. Une arme qui n'avait ni la polyvalence d'une épée, ni le tranchant d'une hache, ni la discrétion d'une dague. Mais les gens sous-estimaient énormément le fleuret. Sa lame fine et légèrement flexible était peut-être de base rectangulaire, mais les coins minutieusement poncés et entretenus était largement capable de trancher une gorge. Sans parler du fait qu'il était extrêmement désagréable, qu'importe les circonstances, de recevoir une claque de fleuret. Enfin bien sûr, la pointe était la partie la plus dangereuse, et dans les mains les plus habiles, elle pouvait être aussi redoutable et précise qu'un carreau d'arbalète. De plus, le fleuret de L'As (bien différent de celui d'Alexander Shah) était renforcé au niveau de la coquille et la poignée, afin d'infliger des dégâts contondants sans trop s'endommager.

Pour l'heure, seule la pointe se montrait réellement menaçante pour l'intégrité physique de Salwa. Elle glissait toujours innocemment sur la nuisette, rappelant sans cesse sa présence sans pour autant se montrer agressive. L'idée de l'épée de Damoclès, toujours. Oralement, la rouquine exprimait bien peu d'ambition, avant de poser une question à son tour. Sous son masque, Alexander sourit. Sa main gauche quitta le menton de sa proie, pour venir se placer devant le visage de la jeune femme. Son index levé se balança de droite à gauche, l'air de dire "non, non, non".

C'est moi qui pose les questions, Salwa, je pensais que nous étions clair à ce sujet. Se désola-t-il. Mais si je comprends bien, ton seul but dans la vie c'est de comprendre les motivations des gens sans les juger ? Ça me semble bien peu, très chère. Tu n'as pas envie... je ne sais pas, de devenir la meilleure journaliste d'Excelsa ? La rédactrice en chef de la Ligne de Myre ? Ou bien un idéal plus superficiel ? Habiter dans un palais, devenir extrêmement riche...

L'As maintenant pour l'heure son comportement doux, entamé quelque minutes plus tôt. Dans le but de quadriller un peu les méthodes de réflexion de Salwa, il estimait que c'était une démarche plus apte à fonctionner. On n'obtenait pas toujours ce qu'on souhaitait en planter son fleuret dans la cuisse de ses victimes. Parfois, la diplomatie s'imposait, et Alexander sentait que c'était le moment d'en faire preuve. Il n'était pas encore tout à fait sûr de l'issue qu'il espérait de cette entrevue inopinée, mais pour l'heure, il n'avait aucune véritable raison de défigurer son interlocutrice.
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Mar 7 Aoû - 10:19

A mesure que le temps passait, elle se sentait de plus en plus à l’aise dans son rôle de victime soumise. Ses petits trucs pour prendre les physionomies de la peur et du chagrin fonctionnaient plutôt bien même si elle ne pouvait être certaine que cela fonctionnait sur son tortionnaire. En même temps sa colère contre lui ne semblait pas vouloir trouver de limite. Elle en était consciente et se demandait combien de temps elle pourrait le garder cachée. Elle se connaissait et craignait d’exploser sous la pression de rage qui montait en elle comme la vapeur dans une machine trop alimentée en charbon et dont la soupape resterait trop longtemps obturée.

Le gant de cuir cristallisait toute sa furie plus que la pointe du fleuret qui finirait bien par déchirer sa tenue de nuit. Elle se demandait si ce n’était pas ce qu’il cherchait après tout. Elle savait qu’elle n’avait pas répondu à sa question et elle eut bien vite la réponse à celle concernant la satisfaction du bretteur. Il se sentait flatté ? Sa réponse n’avait rien de flagorneur, même si elle en était capable. A quel moment lui avait-elle fait un compliment ? Amoins que son attitude générale ne le flatte effectivement, ce qui conforterait la rouquine dans sa stratégie. Mais devant l’insistance de la voix déformée par les traits figés, elle se décida à développer un peu, toujours en gardant son ton suppliant.

« Je suppose qu’il faudrait… que les lecteurs trouvent une suite digne d’intérêt au premier article ? ... »

Ses yeux noyés de larmes implorèrent le masque impénétrable tandis que sa tête s’inclinait sur le côté, son cou gracile entré dans les épaules, manière à la fois mendier l’indulgence du visiteur et de se soustraire au contact du cuir sans paraître se révolter.

« Leur apporter plus d’informations sur les faits ?... Les rendre … enfin… Qu’ils puissent se forger une image de vous ? »

Ça y était. Elle était parvenue à revenir au seuil de ce qu’elle avait proposé avant de se faire frapper mais qui avait été repoussé. Ecrire un article consistant ce qui impliquait que l’homme accepte de ses livrer dans un entretien qui parlerait de l’incident avec le prieur mais aussi des motivations de son agresseur et plus si elle était suffisamment habile…

Si elle avait pris conscience de quelque chose c’était que son interlocuteur pouvait faire n’importe quoi qu’il jugerait utile au maintien de son emprise sur elle. La journaliste ne se faisait pas d’illusion malgré les paroles qui se voulaient rassurantes. Si ce moyen était de la faire passer de vie à trépas, il n’hésiterait pas bien longtemps. Si encore elle pouvait avoir accès à son visage, elle pourrait tenter de déchiffrer une expression, un changement de physionomie, d’humeur, mais ce masque faisait obstacle à toute analyse un tant soi peu objective. Par contre laissait toute place à l’imagination sur la personne qui se cachait derrière.

Dans un premier temps on pourrait penser que celui qui se cachait derrière cet horrible artéfact devait plutôt avoir un physique avenant mais cette fois déformée sonnait comme celle d’un grand blessé. Son épaule amoindrie ainsi que sa jambe accidentée, enfin tout au moins amoindri renforçait cette idée. Elle l’imagina fripé et grimaçant. Il avait peut-être été brûlé et cachait ainsi d’horribles cicatrices. Avait-il aussi perdu quelques dents ? Il devait être chauve pour permettre au masque de s’ajuster sure son crâne ou bien son port prolongé en avait accéléré la chute et les quelques-uns qui lui restaient devaient voler autour de son crâne livide, tiraillé par le rose des cicatrices comme des algues accrochées autour d’un rocher antédiluvien.

Elle continuait cependant à tiquer sur le choix de sa lame. Quel que soit son physique, cela ne justifierait pas le fleuret. On pouvait être repoussant et choisir une arme plus performante. Elle n’était pas une grande experte en armes, mais elle avait en tête des arguments qui feraient pencher la balance vers d’autres lames. Si l’on cherchait la légèreté on pouvait se tourner vers une rapière, capable de blessures de taille ou d’estoc flexible mais pas aussi souple que le fleuret qui, arme d’entraînement, ploie sous trop de pression. Cette arme avait un plat et pouvait aussi servir, puisqu’apparemment c’était le cas pour son agresseur, à des coups fouettés. Quand-à l’aspect esthétique, elle avait déjà admiré des coquilles de rapières dont l’ouvrage faisait plus penser à un bijou qu’à un instrument de mort sans rien concéder à la protection de l’escrimeur ni aux coups de garde… Non décidément elle ne voyait pas l’intérêt sauf si cette arme avait une valeur sentimentale pour son tortionnaire. Mais les mots sentiments et Tortionnaires n’allaient pas ensemble.

Mais elle n’avait pas le temps de s’attarder sur les choix de… Elle aimerait tant pouvoir donner un nom à celui qui la menaçait depuis maintenant bien trop longtemps. Se propres choix n’étaient pas forcément les bons et d’ailleurs, il était prompt à le lui faire remarquer. Elle tressaillit en le sentant changer de posture et fixa le doigt et son signe de dénégation les yeux écarquillés mais avec soulagement. La rouquine l’écoute disserter sur ses possibles idéaux. Ca des idéaux ? Être la meilleure journaliste, si bien sûr, mais c’est plus un objectif personnel. Quand-à devenir riche, elle est bien d’accord. C’est tellement superficiel qu’elle pourrait se considérer alors comme une justicière des temps modernes si elle n’était consciente de son éloignement des problématiques d’autrui. Que chacun fasse sa vie ! Et puis elle ne voit pas le rapport avec l’homme masqué. Elle se contente d’acquiescer timidement.

« Si, si… bien sûr… comme tout le monde je suppose… »

Refusait-il de répondre lui-même parce qu’il n’avait aucun idéal et que maltraiter les gens était son seul talent ? S’il accédait tout à l’heure à sa suggestion de se livrer un peu pour les lecteurs, il devrait pourtant passer par des révélations un peu personnelles même ténues qui donnerait de la chair à son personnage encore désincarné. Elle revenait toujours à la première question. Qu’attendent les lecteurs pour changer leur opinion sur le masque ? Alors même si c’est imprudent elle ose une contre-attaque hésitante.

« Mais les lecteurs…  s’en moquent ? Votre présence ici… »

Et puis elle s’interrompt en comptant sur la perspicacité de son visiteur pour compléter son discours. Après tout, s’il n’avait que ses premières remises au point à fournir, il serait déjà reparti en la laissant avec ses doutes et ses questions. Mais il était resté et elle avait du mal à concevoir que ce ne soit que pour s’offrir un moment d’illusion de puissance pour flatter un narcissisme en mal de reconnaissance. Cette dernière réflexion venait de surgir soudainement sans qu’elle ait eu l’impression de la construire mais il lui sembla soudain que cette hypothèse n’était pas si inepte. Si elle devait établir un profil de ce personnage, elle le verrait avec une histoire dans laquelle il n’a jamais été reconnu et que son activité violente servait à réparer une image de faiblesse et d’incompétence. S’il ne prétendait pas se livrer par la parole, il laissait la journaliste faire ses propres déductions et il ne pourrait pas se plaindre de ce qu’elle écrirait ensuite. Pour la première fois depuis le début de l’intrusion dont elle était victime, son article commençait à s’écrire dans son esprit. Elle savait que sa nuit serait courte quoi qu’il arrive.

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Alexander Shah
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Mar 7 Aoû - 15:36

Les paroles de Salwa, toujours teintées de crainte, firent écho dans l'esprit de L'As. Une suite digne d'intérêt ? Les moyens de faire cela ne manquaient pas, en théorie. Dans la pratique, c'était plus compliqué. Agresser un autre Prieur, ce n'était pas envisageable avant d'avoir totalement récupéré de ses blessures. De plus, puisque le Vicaire avait survécu, il était probable que les hommes en rouge se montrent plus prudent dans un futur proche. Un autre massacre sanguinaire, semblable à celui de cet homme sur le port, ce n'était pas un bon plan non plus. Cela n'apporterait rien de plus à sa quête, et confirmerait en plus les soupçons que Salwa avait déjà mis sur lui. Et puis évidemment, tuer Salwa ne servirait à rien.

Mais voyons Salwa, je vous ai déjà apporté ma version des faits. Vous pourriez bien tenter d'interroger ce Vicaire pour obtenir la vision des deux principaux concernés, ce serait parfait !

Pour l'heure, Alexander excluait d'en dire plus sur lui, surtout à une journaliste. Qui plus est une journaliste qu'il venait d'agresser physiquement et qu'il menaçait depuis de longues minutes. Qu'importe les mots qu'elle choisirait pour un article, ils ne seraient pas en sa faveur. Mais au fond, le mercenaire voulait-il vraiment redorer son blason ?

Tandis que la discussion bifurquait vers les idéaux de la rouquine, Alexander s'interrogeait, à nouveau, sur les raisons de sa visite. Rétablir la vérité au sujet d'un article qui présentait des informations erronées. C'était fait. Alors que faisait-il encore chez Salwa ? Ils débattaient, dans une discussion biaisée par le rapport de force, de la meilleure manière de toucher les lecteurs. Mais l'opinion publique valait-elle quelque chose aux yeux de L'As ? Pas vraiment. Il l'avait clairement signifié un peu plus tôt. Article, communiqué, erratum, Salwa était bien libre de procéder comme elle l'entendait. Mais la journaliste semblait vouloir plus. Aussi lorsqu'elle expliqua que ses lecteurs se moquaient de ses idéaux, le mercenaire l'interrompit.

Dissocie-toi de ta profession, Salwa. Il avait complètement abandonné le vouvoiement qu'il avait utilisé dans un premier temps. Est-ce que c'est pour tes lecteurs que tu veux devenir la meilleure journaliste possible ? Ou est-ce pour toi ? Pour le peuple, tu n'es qu'un vecteur de l'information, tout comme ce fleuret n'est que le vecteur de mes actions. A leurs yeux, tu n'es pas une personne, tu n'es qu'un objet, un outil pour permettre au peuple d'avoir accès à l'information. Mais je suis persuadé que tu aspires à être plus qu'un outil, non ? Alors à quoi aspires-tu ?

C'était un peu le comble, qu'un mercenaire sanguinaire face de long discours métaphysique sur l'ambition et les aspirations des autres. Mais plus Alexander mettait la lumière de cette conversation sur sa proie, moins il avait à en dire sur lui. Malgré tout, il consentit à apporter un élément de réponse à la jeune femme.

Ma présence ici a pour seul but de rétablir ma vérité auprès de toi. Au fond, je m'en fiche que tu fasses un long article, que tu publie un communiqué. Je n'ai pas besoin du soutien de l'opinion publique.

La position accroupie lui devenant trop peu agréable, et estimant que les larmes de Salwa avaient assez coulé, L'As se redressa. La pointe de son fleuret cessa d'être menaçante, il recula d'un pas. Éclairé par la lune, il contempla sa lame avant de rengainer. Il se dirigea vers la fenêtre par laquelle il était entré, et s'assit sur le rebord, prêt à fuir à la seconde à la rouquine donnerait l'alerte. Ce qui devrait arriver assez vite.

Je le sais. Tu le sais. Tes lecteurs le savent. Le méchant de l'histoire, c'est moi. J'ai mes raisons de faire ce que je fais, je ne pense pas représenter le mal. Le mal, ça n'existe pas, le bien non plus. Mais je m'égare en débats stériles.

A nouveau, Alexander s'interrompit. L'opinion publique sur les activités de L'As ne lui importait pas, ses actions parlaient d'elle-même. Mieux, il gagnait à être perçu comme le grand méchant, la grande menace. Il avait son but, il avait ses cibles, mais ses cibles ne s'intéresseraient pas à lui tant qu'il ne serait pas la menace numéro 1. Passer pour un psychopathe auprès de Salwa faisait partie de sa stratégie. Elle décrirait un fou instable et violent.

Et ce serait très bien comme ça.
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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Mar 7 Aoû - 21:38

Salwa sentait que les choses lui échappaient et un sentiment de frustration montait en elle. Si elle devait avoir enduré tout cela sans aucun résultat, le sentiment d’humiliation serait insupportable. Elle le savait déjà. Petite fille gâtée, elle ne concevait pas que les choses lui résistent. Dans un premier temps, elle avait exprimé cela par des caprices des bouderies mais en grandissant, nécessité avait fait force de loi et elle l’avait rendue opiniâtre, ne supportant pas l’échec capable de travailler jusqu’à l’épuisement pour abattre les murs qui se dressaient devant elle. La perspective ne n’arriver à rien lui faisait monter les larmes aux yeux.

Interroger le vicaire ! Contente d’apprendre qu’il s’agissait d’un vicaire ! Mais il pouvait lui faire confiance pour ce qui est d’interroger les hiboux s’il le fallait. Elle n’allait pas attendre de leçon de journalisme de la part de ce bretteur de pacotille ! Elle ne savait pas si ce serait parfait comme il disait mais elle n’allait pas en rester là. Mais les choses étaient encore prématurées et la partie pas encore jouée. Elle ferait sans doute ce qu’il attendait d’elle, mais elle savait qu’elle le ferait bien et à sa façon.

Elle se demandait surtout pourquoi n’était pas reparti dès son message délivré. Cette question tournait dans sa tête encore et encore et elle en revenait toujours à l’hypothèse d’une psychologie dérangée. Il faudrait qu’elle mette cette soirée au propre avec le maximum de détails pour pouvoir travailler sur ce cas aller l’exposer à des spécialistes qui sauraient lui en dire plus… Elle trouverait bien quelqu’un dans son carnet d’adresse personnel ou celui d’Humphrey.

Il tournait en rond autour des compétences de la journaliste et elle sentait que les choses tiraient à leur fin. Elle aurait dû être soulagée d’être encore envie et de s’en être tirée avec une claque, mais la frustration faisait passer ce soulagement au second plan. En outre une sourde colère montait en elle en l’entendant philosopher sur les idéaux, les instruments, les rôles de chacun. D’ordinaire elle n’avait cure de ce genre de débat mais là son raisonnement choquait sa pensée, était comme une insulte à son intelligence.

Que voulait-il entendre qu’ils étaient pareils tous les deux ? Que l’on pouvait dissocier chaque rôle que l’on joue dans la société ? Qu’elle était un objet entre les mains de quelque chose de plus grand ? Elle avait envie de lui hurler de partir avec sa folie et ses certitudes. Elle était journaliste et l’avait choisi comme elle pouvait choisir de ne plus l’être. Pouvait-il en dire autant ou la folie l’avait aliéné au point qu’il ne puisse plus rien choisir même pas s’il devait partir ou rester ? Elle savait quel était son rôle en tant que reporter, elle avait été au Conservatoire pour l’apprendre le conscientiser.  Par définition sa folie n’était pas consciente
Elle pouvait se tromper, faillir, mais elle faisait de son mieux pour offrir à Excelsa ce qu’elle attendait. Si elle voulait être la meilleure était autre chose. Quelque chose qui se jouait entre les lecteurs, le journal et elle mais qui ne concernait que son égo qu’elle voulait bien admettre être celui d’une petite fille gâtée bien décidée à le rester mais son égo et non les lecteurs ni même son patron. Ces deux aspects la construisaient comme bien d’autres mais ne pouvaient pas être amputés sans la changer fondamentalement.

Le discours du masque lui paraissait d’une telle ironie qu’elle renonça à répondre. Elle le ferait dans son article une fois son enquête menée. Elle était partie pour noircir des pages et des pages de carnets, ses précieux carnets qui recevaient tout ce qu’elle avait peut d’oublier malgré une mémoire encore opérationnelle. De ce côté, elle ne se faisait pas confiance et elle connaissait le danger de la remémoration qui modifie les souvenirs à chaque convocation.

Elle faisait tous les efforts qu’elle pouvait pour se concentrer sur ses paroles pleines de vanité au fur et à mesure qu’il pensait énoncer toujours la même vérité ou la même demande or cette fois, il n’exigeait même plus de publication de rectificatif. La rouquine en resta abasourdie. Se rendait-il compte de ses contradictions ? N’était-il venue que pour la provoquer et motiver son prochain travail ? Si c’était le cas, il avait atteint son objectif.

Elle le regarda se relever. Il semblait sur le point de partir et elle sentit sa respiration se libérer totalement. Cependant il n’en avait pas encore fini avec ce qu’il appelait un débat et qui n’était qu’un monologue. Même si elle savait ne pas toujours être respectueuse des gens, elle savait bien que le mal existait. Elle en avait fait l’expérience pas plus tard que ce soir. S’il avait nié sa personne, l’avait violentée, humiliée c’est bien que le mal existait ! Où donc se situait le débat ? Il se gargarisait de mots mais n’en maîtrisait aucun concept. Elle adressa un regard de mépris à la silhouette qui se découpait sur la nuit.

Elle pourrait maintenant se précipiter vers la porte et appeler de l’aide. Elle pourrait même se saisir de sa dague et l’attaquer, mais elle savait ces deux actions vaines et vouées à l’échec voire dangereuses. Elle choisit de rester silencieuse attendant qu’il s’évanouisse comme un mauvais rêve quelle coucherait sur le papier dés qu’il se serait dissipé.

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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Mar 7 Aoû - 23:00

Aucune de ces paroles ne suscita la moindre réaction, la moindre syllabe de la part de Salwa. Un signe de plus qu'il était temps de partir. Peut-être aurait-il dû le faire bien plus tôt. Après tout, l'objectif de sa venue était accompli depuis longtemps : il avait apporté à la journaliste sa vérité. Pourquoi était-il resté plus longtemps ? Il semblerait que les mots, les questions détournées et les supplications de la rouquine l'ait retenu plus que de raison.

Il allait devoir corriger cela. L'As se voulait un mercenaire plus efficace, imperturbable. Bien sûr, lorsqu'il en avait l'occasion et que le contexte s'y prêtait, infliger de longues et douloureuses tortures le rendait plus lent dans l'exercice de son office. Mais dans le cas de la journaliste, une lettre anonyme et menaçante aurait pu suffire. D'ailleurs, il allait bien devoir envoyer quelques mots, sinon son majordome pourrait se poser des questions.

Le choix des mots serait aussi crucial pour Alexander Shah qu'il ne l'avait été ce soir pour Salwa Hawabazzi. Les deux seraient animés par une peur différente. Pour la jeune femme, c'était la crainte de mourir. Pour Shah, ce serait la peur qu'on établisse un lien entre son personnage public et son alter ego masqué. Il ne pouvait pas se permettre le moindre doute, faute de quoi les regards seraient braqués sur lui, les questions commenceraient à émerger, et tout ce pourquoi il avait travaillé serait réduit à néant. Il serait forcé de vivre en paria, de quitter la résidence des Shah, de se trouver une planque. Ce serait une vie trop compliquée à mener de front avec l'accomplissement de ses plans. Il n'avait encore rayé aucun nom de sa Liste.

Quant à Salwa, il n'avait aucune idée de ce qu'elle allait faire. Rédiger quelque chose, il s'en doutait, restait à savoir quoi. Nul doute qu'il aurait bientôt l'occasion de le lire dans la Ligne de Myre. Mais l'idée de se servir de cette journaliste comme une sorte de porte-parole contrainte et forcée lui avait traversé l'esprit. C'était extrêmement risqué, car à l'instant où le Prieuré comprendrait que Salwa était en contact avec L'As, elle serait interrogée et son appartement serait placé sous surveillance constante. Communiquer par lettre était également inenvisageable, son écriture finirait par être reconnue. Mais c'était tout de même une piste à creuser.

Lui-même surveillerait la rouquine de très près, au moins pendant quelques temps. Si jamais elle venait à enquêter sur lui, il devrait sans doute lui tendre une nouvelle embuscade, afin de la dissuader. Le pouvait-il ? La jeune femme semblait déterminée. Le devait-il seulement ? Au fond, hormis Incus, et encore il ne pouvait en être sûr, personne ne connaissait la véritable identité de L'As. Ça pouvait être n'importe qui, et pour l'heure, Alexander Shah ne serait pas en haut de la liste des suspects. Alors L'As supposa qu'il valait mieux émettre un dernier avertissement.

Je me suis suffisamment éternisé ici. Mais je vais tout de même me permettre un ultime conseil : tu peux écrire ce que tu veux sur moi, me faire passer pour un saint ou pour le pire des monstres. Mais le masque a une signification, et je te déconseille très fortement de chercher à la découvrir.

Sur ces ultimes paroles, Alexander bascula de l'autre côté de la fenêtre, à l'air libre. Avec prudence, et non sans grimaces, il entama sa descente, balcon par balcon. Il ne pouvait pas réaliser le saut qui lui avait permis d'accéder à l'immeuble, à l'origine, aussi se laissa-t-il glisser jusqu'au sol. De là, il regagna rapidement les toits, et entama le trajet du retour. Au fil des minutes, un sentiment grandissant s'immisçait en lui :

Ce n'était pas la dernière fois qu'il avait à faire à Salwa Hawabazzi.
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MessageSujet: Re: The Wasp and the Hornet [Alexander]   Jeu 9 Aoû - 18:19

Le masque garda la silence un instant, preuve sans doute d’un début de réflexion. Elle-même en profita pour tenter de se projeter dans le futur alors jusque-là, le danger qui était heureusement en passe de disparaitre l’avait forcée à analyser et à ne réagir qu’au moment présent.

En attendant qu’il se décide à quitter les lieux, elle tenta de ne pas avoir de paroles ou d’attitude qui aurait pu relancer la machine de sa violence. Elle se garda donc bien de l’ignorer et le regarda jusqu’au bout. Elle garda derrière ses dents la rage qui grandissait et les invectives qui l’auraient sans doute soulagée mais n’aurait servi qu’à satisfaire son visiteur, persuadé qu’il avait eu de l’effet sur elle.

Oh ! Il en avait eu et il le savait probablement, mais elle ne voulait pas lui donner la certitude sur l’ascendant qu’il avait eu sur elle et qu’elle-même avait du mal à admettre. Mauvaise perdante, elle n’était pas prête à accepter ce qu’elle pourrait considérer comme une défaite. La bataille ne faisait que commencer, elle en faisait une affaire personnelle.

Était-ce pour s’assurer qu’elle le craigne suffisamment ou bien pour la provoquer ? Il ne put s’empêcher une dernière mise en garde. Elle ne répondit rien, retint un sourire mauvais mais n’en pensa pas mois. Espérait-il vraiment qu’elle passe à autre chose aussi simplement qu’il la menaçait ? En fait, si elle avait encore une hésitation, il venait de finir de la convaincre de mettre tout en œuvre pour tout savoir de cet individu.

Une nouvelle fois elle garda le silence et le regarda s’enfuir par la fenêtre. Ce fut comme un ressort qui se déclenchait. Elle bondit sur ses pieds et se précipita vers la fenêtre, juste assez vite pour les voir atterrir dans la rue et puis l’ombre disparut dans les encoignures de mur. Elle eut juste l sensation de percevoir une vague ombre sur les toits en face, mais très vite fut incapable de suivre sa retraite des yeux.

Alors elle courut à sa chambre et de jeta sur son écritoire et se mit à écrire. Elle écrivit longtemps pour être certaine de ne rien oublié de cette visite : ce qu’elle avait vu, ce qu’elle avait entendu, même les odeurs pourtant si peu révélatrices à cause du masque et du cuir de des vêtements. Lorsqu’elle reposa la plume, elle se sentit anéantie. Ses mains se mirent à trembler. Elle porta ses doigts ébranlés à sa pommette qu’elle avait oublié jusque là mais où le battement de son sang se rappelait à sa mémoire. Elle fut secouée de brefs sanglots avant de se reprendre et de chasser le contre coup de cette nuit par une rage plus grande encore. Pas question qu’il la laisse effondrée. Elle attrapa le presse papier de bronze en forme de gecko qui le regardait sur le courrier prêt à partir et le propulsa violemment à travers la pièce sans cible précise si ce n’était sa frustration. Un bruit sourd laissa un impact dans la porte de communication entre la chambre et le salon avant que le lézard ne se balance brièvement sur le sol en faisant grommeler le plancher.

Elle serra les dents et marmonna pendant de longues secondes.

« Salaud ! … Salaud ! … Salaud ! … Salaud ! … »

Elle ferma sans ménagement les volets et les fenêtres au risque de mourir de chaud cette nuit. Vérifia trois fois le verrouillage de sa porte. Glissa sa dague sous son oreiller. Refis le tour de son domicile en se frottant fébrilement les doigts entre ses mains et dans sa nuisette.

« Je t’aurai… Sois tranquille ! Je t’aurai… Espèce de… »

Elle finit par se coucher mais ne ferma pas l’œil de la nuit et se leva à l’aube. Elle avait tant de choses à faire que malgré la fatigue elle n’en était pas chagrinée et la lumière du jour pouvait faire oublier ou tout au moins supporter toutes les mésaventures de la nuit !

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