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 Votre arrivée

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Otton Egidio
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MessageSujet: Votre arrivée   Ven 15 Juin - 15:52


Le projet de chemin de fer n'ayant pas démarré en-dehors de quelques lignes à l'intérieurs de la Ville, le voyage ne peut se faire que par la route du nord. Il est possible de faire une partie du trajet en remontant le fleuve Cogwell.

A cheval, en diligence ou même à pieds, vous aviez à parcourir un peu plus de 200km, autant dire un bon bout de chemin qui ne se fait pas en une fois. Il vaut d'ailleurs mieux arriver la veille, voire plus tôt encore pour s'installer et se rafraîchir un tant soit peu.

Les plus fortunés auront certainement une chambre à la station thermale, d'autres à l'auberge, chez l'habitant ou même au fond d'une grange, sur la paille aux côtés d'autres fêtards.



Chacun(e) poste une fois, juste pour introduire son arrivée et le début de la soirée, avant même de démarrer le RP avec son partenaire. A vous de voir quelle longueur vous souhaitez pour cette introduction, on impose rien.

Bon Jeu et que la Fête commence !

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Votre arrivée   Sam 16 Juin - 14:28

Von Einzbern ! Quand vous aurez fini, pourriez-vous passer dans mon bureau, s'il-vous-plaît ?

L'injonction du directeur de la branche alchimique de l'Apothicariat, qui avait fait irruption dans ma classe, m'avait fait froid dans le dos. Immédiatement, j'avais craint pour mon poste. Est-ce qu'il avait découvert mes tentatives de reproduire l'élixir du docteur Olgh ? Est-ce que mon implication -bien malgré moi- dans les activités illégales de Dagmar avait fini par se savoir ? Je n'avais encore rien fait d'illégal, mais le simple fait d'avoir donné mon accord oral pouvait peut-être suffire à me faire renvoyer.

J'avais donc terminé mon cours, en essayant de faire comme si de rien n'était, bien que mêmes les élèves du fond avaient sans doute remarqué la tension sur mon visage. C'est ensuite la tête basse que je rejoignais le bureau de mon supérieur direct. Alors que je frappais à la porte et entrais, ce dernier m'invitait à m'asseoir. Son sourire poli ne contribuait pas forcément à me rassurer.

Vous avez mauvaise mine, von Einzbern. Et ça fait un bout de temps. Je m'apprête à répondre, mais il lève la main pour m'en empêcher. La perte d'un père, surtout lorsqu'on connaît la proximité que vous aviez avec lui... c'est quelque chose de très difficile à surmonter. Et malgré les semaines qui passent, je vois bien que vous n'y parvenez pas. Vous avez multiplié les heures supplémentaires ces derniers temps, mais je ne pense pas que ce soit la solution pour vous.

Vous suggérez donc que... Commençais-je, avec une pointe d'anxiété. Je ne voulais pas perdre mon travail.

Je suggère que vous preniez des vacances, Sigmund. La fête de la vie approche et vous avez besoin d'un grand bol d'air. D'essayer de vous amuser un peu, de reprendre goût à la vie. Vous irez à Viminal, et vous vous amuserez. Je vous enverrais une calèche demain matin.

Je... Balbutie-je dans un premier temps, plus que pris de court par cette offre. Je ne m'y attendais pas. Merci, monsieur. J'espère que ça me fera du bien.

C'est donc le cœur léger que j'avais terminé ma journée de travail. Le soir, j'avais préparé mes bagages en sifflotant. Une escapade à Viminal, c'était l'occasion de m'éloigner de Dagmar, ou des gardes du corps de Maï, pour une durée relativement conséquente. Autrement dit, je pouvais fuir mes soucis en toute tranquillité. Peut-être que ça me ferait en effet du bien.

Comme convenu, la calèche de mon supérieur m'attendait le lendemain matin. Ce n'était pas le très grand luxe, mais pour couvrir les 200 km qui séparait Excelsa du lieu de la fête, ce ne serait pas de trop. Je ne me voyais pas faire plusieurs jours de voyage à cheval, au pas. Je n'avais pour ainsi dire jamais monté une telle bête. Je pris donc place dans l'habitacle, et me laissait bercer par les cahots des roues sur les pavés. Le voyage fut long, mais se déroula sans accroc, tant et si bien que je prenais ma chambre à l'auberge de la ville trois jours avant le début officiel des festivités. Les habitants du petit village s'affairaient déjà à l'installation de tout le matériel. Depuis la fenêtre de ma chambre, je pouvais observer les tables et les lampions être installés.

L'air de la campagne me faisait du bien.

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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: Votre arrivée   Dim 17 Juin - 17:52

Je sautai avec légèreté sur le quai. J’allais arriver juste à temps. Tout compte fait les choses s’étaient assez bien arrangées malgré mes craintes de départ. D’ailleurs mon horizon s’était quelque peu éclairci depuis ma première rencontre avec le directeur du Conservatoire. A tel point que je craignis un temps d’être l’objet de favoritisme. Il avait fallu que je teste mes professeurs par des facéties vites réprimandées pour me rassurer sur ce point. Bref, les semaines qui suivirent la dite entrevue, me virent participer à une soirée sur un navire de guerre, mais surtout reprendre confiance dans mes capacités à apprendre et progresser autant à mes yeux qu’à ceux des professeurs qui me suivaient et ne tarissaient pas auparavant de critiques acerbes sur mon compte. Bien sûr, tout n’était pas réglé et des cauchemars venaient encore perturber mon sommeil et mes nuits mais j’avais l’esprit en paix et n’y gardais que des traces de colère qui donnaient à mes créations un peu du mordant dont elles manquaient jusque-là. Peu à peu je redevenais la Zaïra qui m’était familière et j’en concevais une grande reconnaissance à l’égard du Prince Compositeur.

En même temps je m’étais rapprochée de mes parents que ma détresse antérieure tenait à l’écart. Je mettais à profit les quelques moments de relâche que mes études m’accordaient pour rejoindre la petite masure que la falaise. Je reprenais l’espace d’une soirée ou d’une petite journée ma place dans le bateau de Menke ou les filets sur les genoux, j’aidais ma mère à leur ravaudage sans souci des remarques des Marie-Chantal sur l’état de mes mains qui en outre s’étaient considérablement adoucies loin des tâches manuelles et devaient se réhabituer aux vicissitudes de la vie de pêcheur. Seule ombre au tableau la disparition de Mathé. Je savais qu’il était encore vivant car Tia l’avait croisé deux ou trois fois en ville, mais depuis qu’il m’avait plus ou moins jetée hors de chez lui je n’avais pas repris contact, sans doute mon orgueil démesuré, et de son côté il n’avait fait aucun geste en ma direction. Je ne savais même pas s’il était au courant de mon entrée au Conservatoire. Cette pensée provoquait à chaque fois chez moi un pincement au cœur, mais je me persuadais qu’il était l’offenseur dans la fin de notre histoire et que je n’avais pas à faire le premier pas. Je savais que cette attitude était stupide et n’arrangerait rien mais… J’étais sans doute plus orgueilleuse et blessée que je ne voulais l’admettre. C’était ce que je me disais à l’occasion de l’évocation de mon ancien ami et pourtant je rejetais cette explication avec énergie de mon cerveau ce qui n’allait sans doute rien solutionner.

« Tu comptes aller à la fête de la vie ? »

C’est Tia qui m’avais posé la question alors que je n’y avais pas songé. Pourtant c’était avant un pèlerinage que je m’imposais depuis que j’avais décidé de me produire en public. Quoi de mieux que cette grande fête pour toucher le plus de monde possible ? Pourtant cette année, elle était restée loin de mes préoccupations. Cela signifiait-il que je m’éloignais des fêtes populaires ? Populaire ! Ce mot résonnait souvent comme une insulte aux oreilles de mes condisciples du Conservatoire mais comme un gage de vérité aux miennes sans faire de concession à la musique savante. Je ne vais pas refaire ici tout le débat qui ne manquait jamais de m’enflammer…

C’était seulement comme si le temps faisait soudain claquer un fouet pour se rappeler à mon souvenir. Depuis que j’étais entrée au Conservatoire, mon temps s’était enfui entre les cordes de mon violon, à travers ses ouïes en gracieux S. J’étais restée un instant, interloquée et un peu effrayée de le réaliser. Je n’avais pas répondu mais la question était restée ancrée en moi comme une obsession, me demandant comment concilier mes études et ma participation à cette fête qui représentait comme une assurance, un gage de mes origines. Si le lieu de ces célébrations avait été plus proche la questionne ne se poserait pas mais, parcourir les 50 lieues qui me séparaient du petit village de Viminal me prendrait au bas mot quatre jours et il fallait en revenir. Pourtant je n’arrivais pas ni à renoncer à ce projet ni à trouver le moyen de l’inclure dans mes études et je ne me faisais pas beaucoup d’illusion quand-à la complaisance de mes professeurs sur le sujet. Prendre une décision devenait plus qu’urgent lorsqu’un matin la solution m’apparut.

Il ne m’avait pas fallu beaucoup de temps pour rédiger un projet d’étude et de composition en lien avec les fêtes traditionnelles. Que ce soient les jours de voyage que la nuit de fête, je m’engageais à fournir une sorte de carnet de voyage artistique avec au moins autant de compositions que de jours d’absence. Le plus long avait été de le copier en plusieurs exemplaires au cas où les professeurs désiraient le garder. Les convaincre n’avait pas toujours été une partie de plaisir hormis celui de constater que j’avais retrouvé assez d’assurance pour en premier lieu aller les trouver mais aussi argumenter pour le mieux. Certains me regardèrent d’un air suspicieux, mais finirent par donner leur accord.

Ce fut donc l’esprit libéré que j’embarquait sur le fleuve sur une gabarre qui remontait le courant en profitant des brises de mer. J’avais résolu de profiter de ce moyen de transport tant qu’il serait au plus près de la route et compterais ensuite sur les rencontres de hasard pour poursuivre ma route. J’avais négocié mon embarquement contre le divertissement des marins et des quelques passagers et je ne pus que me féliciter de cette transaction. J’e fus accueillie comme une reine, en tout cas de mon point de vue. Le hasard voulut que je fasse la connaissance de musiciens itinérants. Les échanges que nous eûmes se terminèrent pas des séances d’improvisation conjointes et me permirent de jeter déjà de premières notes et thèmes pour la tâche que je ne perdais pas de vue. A mesure que les étapes se succédaient, je prolongeais les nuits avec des musiciens de rencontre puis seule dans un coin du pont à noter les pas les rythmes et les mélodies comme pressée par une urgence vitale et je m’endormais souvent aux premiers rayons du soleil, enfin aussi longtemps que son éclat voulait bien me le permettre. Etonnamment je ne sentais pas de signe de fatigue.

La suite par la route fut toute différente tout en me permettant d’autres rencontres, d’autres partages et m’offrant d’autre sensation à mettre en musique ou en chorégraphie. La différence essentielle était la poussière des chemins qui poudrait ma tenue de voyage et jusqu’à ma peau. Le soir arrivait toujours à propos pour me permettre quelques ablutions qui me redonnaient mon teint naturel et me délassait avait de repartir vers la musique.

C’est dans l’après midi du quatrième jour que je vis apparaître la ligne des toits de ma destination. J’espérais que Charity m’avait gardé un coin où dormir comme à l’accoutumée. Charity Davenport était la tenancière de l’auberge où le peuple s’arrêtait alors que « la haute » était hébergée aux thermes du village. Ces deux dernières années elle m’avait accueillie en échange de mes prestations musicales et normalement ma missive devait m’avoir précédée. Sinon, advienne que pourrait. Je connaissais asse bien le village pour me trouver un coin tranquille dans les bosquets alentours ou même pourrai-je demander l’hospitalité à un habitants. Je savais que j’étais un peu optimiste car la population du village doublait quasiment durant les fêtes et il ne serait pas si facile de trouver une chambre ou une grange où se poser pour reprendre des forces.

Lorsque la carriole ralentit sur le place je relevai l’archet et ma musique se tut alors que le cocher me lançait un joyeux.

« Terminus ! Tout le monde descend ! »


En fait j’étais la seule passagère juchée sur les caisses d’alcool. Et je sautai prestement à terre.

« Merci Zachariah ! »

C’était le nom qu’il m’avait donné et pour toute réponse il fit claquer ses rênes sur le dos de ses deux bœufs en me faisant un signe de la main. Il dirigea son attelage vers l’arrière des thermes tandis que re regardais autour de moi l’agitation de la petite place, mon étui à la main et mon sac à dos à mes pieds. L’endroit ressemblait à une carricature de la société. D’un côté les marcheurs du peuple affluaient vers l’auberge de Charity tandis que de l’autre, de lourdes diligences déversaient leur contenu de nantis devant l’entrée d’honneur de l’hôtel qui faisait partie des Thermes.

Tiens !? Ces cheveux blancs ?... Il n’y avait pas d’erreur, ils étaient reconnaissables entre mille et sa posture hiératique trahissait la militaire. L’amirale semblait avoir envie de participer à toutes les fêtes depuis qu’elle avait donné se réception sur son navire… Visiblement cependant voyager en trop nombreuses compagnie ne lui plaisait guère si j’en jugeait à son air plus qu’austère qui considérait les bourgeois qui tentaient de lui adresser la parole. Mais bientôt, tout ce beau monde disparut à l’intérieur, même une rouquine pale et svelte qui semblait hésiter sur la conduite à tenir.

Il était temps pour moi de vérifier que je pourrai compter sur l’hospitalité de Charity Davenport tout en me faisant le remarque que l'amirale sans son uniforme n'était plus vraiment la même tout en n'étant pas vraiment différente. Celle-ci fit le tour de son comptoir pour venir à ma rencontre et poser ses mais sur mes épaules.

« Hey ! Qui voilà ?! Zaïra ! C’est certain ! Mais comme tu as changé. Ça te fait quel âge maintenant ?
_ Dix-huit. Je suis contente de te revoir Charity. As-tu reçu ma lettre ?
_ Oui mais hélas je n’ai pas grand-chose à t’offrir à part l’abri de jardin. Je suis navrée tout est réservé…
_ Ne t’en fais pas. Je comprends. Ce sera parfait. Je me ferai toute petite.
_ Je t’aurais bien…
_ C’est parfait je te dis. Je pourrai juste te confier mon violon si nécessaire ?
_ Bien sûr ma belle. Est-ce que je peux compter sur toi pour nous jouer un petit quelque chose ce soir ?
_ Ce sera un plaisir pour moi. Mais pour le moment j’aimerais bien poser mon barda et aller me décrasser en face. »

Bientôt mon sac avait trouvé une place dans l’abri de jardin entre les outils et les pots, au bout de l’espace que l’aubergiste m’avait laissée dégager tant bien que mal. Un passage par la salle principale de l’auberge bondée de monde pour confier mon instrument à la maîtresse des lieux et je traversai la place en direction des thermes…

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Catherina Damoroff
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MessageSujet: Re: Votre arrivée   Lun 18 Juin - 1:12

La réception donnée par Maeva avait épuisé Catherina physiquement. Il lui aurait fallu quelques jours de repos, mais son succès après sa représentation n’avait cessé de croître.

La pianiste n’avait eu de cesse d’apparaître ici et là, de se produire, et de débouler dans telle ou telle réception mondaine, à un rythme tel qu’il lui avait été impossible de vaquer à ses défouloirs habituels. Un verre à l’Octo ? Impensable. Une balade anonyme. Encore plus.

Jusqu’à ce qu’un de ses habituels soirs d’insomnie elle en ait assez. Il n’était pas commun pour elle d’obéir à son agenda, mais Elikia lui avait demandé plus de sérieux, et elle aimait indubitablement se produire sur scène.

On lui avait proposé une multitude de représentations dans des salons privés pour la Fête de la Vie, mais elle les avait toutes décliné, et, dans ce les membres de la Cabales ne se gênaient pas pour appeler son « caprice de Diva », Catherina avait planifié tout autre chose pour cet évènement si particulier.

Baste de tout cela, elle avait besoin d’air, et Excelsa commençait sérieusement à l’étouffer. Elle se rappelait des charmantes conversations sur le Saint-Virgile, alors qu’elle avait pu croiser ses admirateurs de la manière la plus authentique possible, dans une fête où le gratin se mêlait à des gens bien plus modestes.  

Elle avait besoin de retrouver cette fraîcheur, et surtout de partir aussi loin de la Cité que possible, dans un endroit où on n’aurait pas trop entendu parler de la Grande Catherina Damoroff.

Pour une fois, la pianiste parvint à planifier sans anicroche un projet de bout en bout qui ne concernât pas la musique. Elle loua la diligence privée, se renseigna sur le trajet, et réussit même à ne pas emporter trop de bagages !

Bien sûr les aurevoirs avec son piano furent déchirants, et elle pria Elikia de venir vérifier qu’il ne lui était rien arrivé le plus souvent possible. Si elle avait été raisonnable elle aurait eu conscience que ses devoirs de prince l’accaparaient déjà suffisamment, mais son instrument passait bien avant tout ce qui pouvait se dérouler dans la cité dusse-t-elle être en guerre civile.

Une nuit entière fut bien nécessaire pour choisir quelles tenues emporter, et, au petit matin, ce ne fut qu’avec une heure, une seule – un exploit –  de retard que Catherina arriva à son véhicule harnaché !

Le voyage dura plusieurs jours, mais le paysage qui défilait sous les yeux de la pianiste changeait tant de ce qu’elle avait l’habitude de voir qu’il lui inspira l’écriture d’une composition à laquelle elle s’attela dans l’habitacle confortable.

Les forêts la fascinaient particulièrement, elle prit même un jour de retard pour s’aventurer sous les futaies de l’une d’elles durant plusieurs heures. Le chant d’une nature paisible avait quelque chose de revigorant, la plus primitive et pure de toutes les musiques, songea la pianiste.

Ce fut presque à regret qu’elle reprit le trajet. Après plusieurs jours finalement sa destination était atteinte.

Viminal, et sa station thermale. Catherina était déjà venue quelques fois, mais l’air ne lui avait jamais semblé un tel baume, de plus, sa notoriété était alors bien moindre à l'époque.

La pianiste avait loué une chambre, et prévoyait toute une série de bains et de soins, son corps lui-même semblait porter le poids d’une tension dont elle ne s’était jamais aperçue avant de s’éloigner de sa source.

Dans les rues animées par les préparatifs de la fête, l’égérie du Conservatoire dû affronter une chose aussi effroyable que désirée : l’anonymat. Des villageois présents, aucun ne la reconnut. Elle vit bien quelques têtes de visiteurs se retourner sur son passage, mais dans le doute, visiblement, ils ne l’abordèrent pas.

Elle se permit même quelques pas de danse au milieu de la foule, tandis qu’elle allait porter ses bagages aux thermes, avec la nonchalance qu’offre l’impression d’une liberté nouvelle, même si elle s’accompagnait d’un mélange de stupeur.

L’habitude était dure à perdre.
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Wilhelm Zolt
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MessageSujet: Re: Votre arrivée   Mar 19 Juin - 23:33

La distance séparant la Ville du lieu d’arrivée de la diligence donne le vertige. 200 kilomètres, plusieurs jours de voyages, donc des étapes obligatoires, ce qui rallonge le trajet. Bien que Wilhelm Zolt soit un homme patient, il n’apprécie que moyennement les voyages aussi longs.

La lettre est arrivée sur son bureau il y a de cela une semaine, et bien que la proposition soit farfelue pour un homme de son âge, le Légiste s’est rapidement mis en lien avec une agence de diligence pour organiser son voyage au plus vite. Ce n’est pas tous les jours que le précédent Légiste de la ville vous invite dans sa retraite à la campagne, surtout pour y célébrer la Fête de la Vie.

La réponse de Wilhelm Zolt ne se fait pas attendre, la plume rédige en hâte sur le parchemin les quelques mots qui suffisent à donner son accord et ses remerciements pour cette proposition. Des mots bien loin de la vérité du ressenti du Docteur, alors en blouse blanche dans son bureau.

La nostalgie de ses lointaines années d’études remonte et Wilhelm soupire avant de s’avachir contre le dossier de son fauteuil, posant ses coudes sur les rebords de velours avant de joindre ses mains sous son menton, pianotant ses doigts l’un sur l’autre.

Deux Légistes réunis au fin fond de la campagne, loin des agitations et des problèmes de la vie Excelsienne pour célébrer la Fête de la Vie. La mort célébrant son opposé. La cocasserie et la poésie d’une telle remarque arrache au Docteur un sourire, et celui-ci saisit à nouveau de quoi écrire. Une lettre au Directeur, pour le tenir informé, et une au Prieuré, stipulant que ses services seront indisponibles durant une dizaine voire quinzaine de jour.

La valise fut préparée rapidement, et le jour du départ, Wilhelm Zolt s’avance avec hâte en direction de la diligence, pressé de rejoindre son ancien mentor. Le voyage se fait sans réelle encombre, et bien que les autres passagers soient des gens de tous horizons, décidés à se rendre dans cette ville pour fêter la Vie, le Légiste ne prit pas grand intérêt aux histoires et aux anecdotes échangées durant le trajet.
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Maeva O'Fell
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MessageSujet: Re: Votre arrivée   Mar 26 Juin - 18:16

– Je vous fais confiance pour la suite, ne me décevez pas.

Tels furent les derniers mots que l'Amirale prononça avant de quitter la Cité à bord d'une diligence spécialement affrétée pour elle à la discrétion de son frère. Ses uniformes étaient restés dans sa penderie, ses armes, outre le minimum nécessaire à son rang d'un poignard aisément dissimulable contre un talon, dans les plis d'un vêtement, dans une manche, et à bien d'autres endroits faciles d'accès aux mains sûres, et inaccessibles aux baladeuses : la Dame Blanche se déplaçait incognito.

Au début, elle avait été contre l'idée-même d'abandonner son poste. Non qu'elle ait de tels problèmes de confiance en autrui qu'elle n'osait laisser ses responsabilités derrière elle pendant une semaine ou deux, mais son ardeur à la tâche même la plus rébarbative ne lui laissait, selon elle, que peu de place pour les divertissements, et un tel séjour dans la campagne lui prendrait bien trop de temps. Ce ne fut qu'après l'un des rares repas où l'intégralité de la famille O'Fell était rassemblée qu'elle concéda au front commun formé par ses deux parents, son frère aîné et sa benjamine que le monde ne s'écroulerait probablement pas si elle s'accordait quelques jours de congés. Eux-mêmes étaient pris lors des festivités par leurs occupations, et ils avaient tous souhaité que la cadette puisse profiter de l'événement. Un transport avait été arrangé spécialement pour elle, dont le chauffeur avait été mis dans la confidence, son statut d'Amirale devant être laissé à la Ville sans quoi ces vacances n'en seraient guère, et il lui avait été donné quelques jours pour désigner celui de ses subordonnés qui s'occuperait des tâches administratives en son absence.

Le choix avait été plus facile que de lui faire renoncer à emporter tout un attirail de guerre auquel elle était si accoutumée qu'elle se sentait presque vulnérable dépourvue de son uniforme immaculé. Un officier vétéran, capitaine d'un vaisseau sur lequel Maeva avait elle-même servi par le passé, fut désigné par cette dernière. Si l'homme avait près de vingt ans de plus que sa supérieure hiérarchique, ce dernier accepta la tâche en promettant à foison qu'il s'en montrerait digne, qu'il ne la décevrait guère et qu'elle ne regretterait pas la confiance qu'elle plaçait en lui. Ces fioritures manquèrent de convaincre Maeva de rester à Excelsa, comme une bonne centaine de détails qui survinrent les journées suivantes, mais finalement, elle avait fini par quitter la Cité qui l'avait vue grandir, par voie terrestre, cette fois.

Toute anonyme qu'elle se devait d'être, la jeune femme avait refusé de couvrir ses cheveux d'un de ces couvre-chefs à large bords si appréciés par les fortunés à l'arrivée de la saison chaude. Si elle acceptait de troquer son uniforme de fonction contre une chemise en soie et un pantalon de lin, tous deux blancs, ceints d'une ceinture noire à la boucle dorée – un ensemble martial sur lequel elle avait été intransigeante, encore que sa benjamine avait su glisser quelques robes dans ses affaires à son insu – il lui était impensable de se vêtir aussi ridiculement. Et puis, elle refusait déjà de porter une casquette dans l'exercice de ses fonctions, elle n'allait certainement pas s'abaisser à porter un...chapeau !

Maeva déteste les chapeaux.

Arrivée sur place, la jeune femme avait eu tout le temps qu'elle désirait pour décharger ses affaires à la station thermale. Au moins, où qu'elle aille, l'Amirale était toujours proche de l'eau d'une façon ou d'une autre. Le voyage l'avait ennuyée à mourir, encore qu'il lui avait permis de faire le vide dans sa tête et de cesser de penser constamment aux affaires qui l'attendraient à son retour de vacances. Son arrivée avait suscité quelques murmures et regards à la dérobée, mais beaucoup moins qu'à l'accoutumée et, en l'occurrence, elle avait eu le temps de se faire à l'idée qu'elle n'en avait cure. L'Amirale d'Excelsa était, pour quelques temps, portée disparue dans l'exercice de ses fonctions, et aucun avis de recherche ne serait lancé à son égard sous peine de commettre une erreur aux conséquences fâcheuses…

La trouver.

Pour l'heure, la jeune femme n'était plus que Maeva O'Fell, cadette d'une famille fortunée, venue prendre du bon temps et profiter de ses premières vacances depuis très, très longtemps.
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Winifred Cooper
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MessageSujet: Re: Votre arrivée   Sam 30 Juin - 10:24

Il fallait compter approximativement une petite semaine pour que Winifred, accompagnée de son fidèle destrier puissent se rendre à Viminal pour la fête de la vie.
Elle s'y rendait tous les ans, souvent accompagnée de l'un de ses employé mais cette année elle y allait avec son fils, Warwick. C'était l'aubergiste du patelin qui accueillait la dame. Ils s'étaient rencontrés à L'Octo il y a bien des années et entretenaient une relation charnelle quand bon leur semblait. Parfois, il se rendait à Excelsa, parfois elle venait dans la petite bourgade. Mais là, c'était traditionnel, elle n'allait rien en manquer et avait laissé son établissement aux mains de ses employés de confiance pour un petit mois.
Car dans son programme, elle comptait déjà le trajet aller/retour qui allait prendre deux semaines à lui tout seul en comptant les pauses déjeuners et les petits arrêts pour faire coucou aux uns et aux autres sur la route, mais elle comptait également passer quelques jours sur place et puis profiter un peu du beau temps pour découvrir la région de manière bien plus approfondie.

Pour les préparatifs, Winifred et Warwick avaient chargé leurs affaires sur le dos d'un âne, prêté par un paysan loyal envers Octopus qui lui achetait très régulièrement des vivres. Les chevaux quant à eux, appartenaient à une riche héritière qui passait régulièrement du temps au premier étage de L'Octo pour s'encanailler avec de beaux jeunes hommes, ainsi que goûter aux coquelicots. Le départ se fit sans encombre et mère et fils purent discuter durant le voyage. Ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps, Warwick passant la majeure partie de son temps en mer pour faire du commerce. Mais là, il s'était arrangé avec son oncle pour pouvoir se prendre trois petites semaines de repos. Ses seules de l'année. Il prendrait la semaine avec sa mère à l'aller, une semaine sur place car il y connaissait également du monde (surtout une jeune femme) et prendrait 4 ou 5 jours au retour, pressant un peu le pas (comme il n'aurait pas sa mère avec lui ni l'âne, il serait plus tranquille pour choisir son rythme de croisière tout en ménageant sa monture).

L'âne, appelé Tagazok, était vaillant et avait un cardio bien surprenant. Il ne s'arrêtait quasiment pas pour manger ni pour boire, ne bronchait pas lorsqu'ils marchaient longtemps sans prendre de pause et ne semblait pas être lassé d'être une... mule qui transportait tout. Mais bon, il n'avait pas non plus était trop chargé, les chevaux avaient leur part, en plus de porter la mère et le fils.
Pour le nom des chevaux, ni Wini ni Warwick ne s'en souvenaient, du coup, ils les ont renommé Excelsa et Viminal, un blanc, un marron tacheté de noir. De belles bêtes. Elles n'avaient pas leurs habitudes dans les champs celles-ci, c'était plutôt des chevaux de balade luxueuses dans de jolies terres.

Une tente sommaire et de quoi dormir relativement confortablement faisaient l'affaire pour les nuits. Il ne faisait pas froid, il y avait peu de brigands sur cette route, surtout qu'ils s'en éloignaient pour poser leur campement, près des bois, entourés de leurs trois animaux. Ils avaient de quoi se ravitailler (car ils en avaient pris mais avaient aussi fait quelques emplettes en chemin) et ils avaient même été invités une nuit chez un autre ami de Winifred qui les avait accueillis les bras ouverts. En milieu de chemin, cela avait été parfait. Un petit confort pas désagréable.

Mère et fils arrivèrent enfin, en tout début de matinée, alors que le soleil venait à peine de jeter sa lumière sur la fontaine de la place.

Les lieux étaient familiers à Winifred qui prit ses aises en allant amener leurs bêtes de l'autre côté de l'auberge pour qu'ils puissent reprendre des forces, puis elle pénétra dans l'auberge pour aller saluer son ami, si ce dernier était réveillé.

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Re: Votre arrivée   Lun 16 Juil - 15:15

Tous les ans, quand je le peux, je vais faire la Fête de la Vie à la ferme familiale. Ce n'est pas un moment agréable, mais j'ai pas envie de passer pour un barjot antisocial pas foutu de respecter l'esprit du Festin. Les traditions c'est important. C'est quasiment une des seules fois de l'année que je sors pour raison personnelle, on déconne pas avec ça.

Donc la petite sauterie ça représente mon père, quasiment tous mes frères, leurs femmes, leurs enfants, voire petits enfants pour certains, quelques cousins cousines (qui peuvent cumuler le statut d'époux et de cousin, un si beau patrimoine génétique ça serait gâcher de le diluer), quelques pique-assiette, deux ou trois voisins. A peu près une quarantaine de personnes (certains sont dans leur belle-famille). Pour la pénibilité, les tâches sont soigneusement réparties : la horde d'enfants se charge d'être casse-couilles en journée, les adultes saouls prennent le relais pour la nuit.

Déjà, une de mes petites nièces s'est chargée de me vomir dessus avec toute la puissance de jet qu'on peut y mettre à quatre ans. Vu l'odeur, elle a probablement bu les fonds de verre qui traînait. Moi je voulais être gentil, je l'ai portée à hauteur de mes yeux pour faire un numéro de « kelagrandi ». Et voilà comment j'ai été récompensé.
J'ai dû emprunter des fringues. Des bonnes fringues de bouseux comme j'en ai pas porté depuis mes quinze ans. Ça gratte. Ça sent l'être humain précédent. Y a même le bonnet qui va avec. Mis à part ma ceinture et mes bottes j'ai plus rien. Et au bout de deux heures que je porte ma superbe tenue de paysan, je me rends compte que je suis pas seul dedans. Des puces ou des punaises, y a de la vie qui grouille, pas de doute. C'est pas la première fois que j'ai le problème en venant ici, je sais déjà que je vais devoir me changer dans la cour du Fort pour ne pas contaminer toute la laverie. Ma peau de blond est déjà couverte d’eczéma, d'allergie et de traces de grattage.

Du coup, quand un des gamin de Compère-Machin s'est mis à faire une crise de quelque chose, et qu'il fallait aller chercher ses sels à Viminal, à trois jours de cheval d'ici, devine qui s'est porté volontaire.
Moi ça ne me prend que quatre heures, avec mes affaires pleine de vomi dans un sac. Je me téléporte par bonds d'environs dix mètres simplement en me brûlant le bras de temps en temps avec mon briquet (oui, ma vie est géniale). J'avais pas de cheval sous la main. OK souffrir de brûlure pendant des heures c'est pas rigolo, mais me faire reluquer le cul par ma cousine attardée pendant que je me rince le vomi du nombril à la citerne derrière la ferme, c'était pas une tranche de rire non plus. Quoiqu'il y ait dans cet autre village de consanguins, ça sera pas pire que le mien.
Voilà pourquoi je me retrouve tardivement à Viminal. Je me suis dis qu'à la Chapelle du bled, il devait bien y avoir les sels Trucmuche (j'ai le nom sur un papier quelque part) dans le placard de l'infirmerie. Faut juste la trouver.

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