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 Voilà il y a un titre. [Min Li]

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Voilà il y a un titre. [Min Li]   Mer 7 Fév - 17:14

C'était une fusillade ordinaire. Un poil longuette, mais assez prévisible. On est mieux équipé, plus nombreux, avec de la magie en prime. Les terroristes – qu'ils sont pénibles ces syndicalistes - s'étaient retranchés du coté des quais d'embarquement. J'ai les avant bras tout tailladés, je commence à fatiguer. Mais c'est bientôt fini.

Qui a tiré dans la cuve de produits chimiques ? C'est peut être moi. Aucune idée. Je savais pas qu'elle était là et que c'était dangereux. D'un coup l'univers s'est embrasé, je me suis téléporté par réflexe. Ça aurait pu me tuer, j'aurais pu apparaître dans un mur ou à six mètres du sol. Je suis effectivement tombé sur le pavé, mais pas de si haut. Je suis sonné, avec une brûlure au bras, mais ça va.

Le bâtiment où je me trouvais est en feu et on entend des hurlements. Je me relève sans aucune agilité. J'ai les oreilles qui tintent. Je suis seul. Où sont mes frères et sœurs ? Il faut que je retourne à l'intérieur. Je cligne stupidement des yeux pour empêcher le monde de tourner.
La porte a juste explosé hors de son chambranle, sous le poids des machins en train d'exploser ou de prendre feu. Une fumée épaisse et noir sort par tous les trous de l'usine. Je ne sais pas comment je vais faire pour y voir quoique ce soit, mais je peux pas rester là tout seul. J'y vais quand même.
J'ai instantanément les yeux et la gorge qui me brûlent. Je vois rien. Je me casse assez vite la gueule sur un mec. Il porte des vêtements rouges, alors ça doit être un copain. Faut que je le traîne dehors, si j'arrive à retrouver où c'est. Mes muscles n'ont aucune force parce que j'arrive pas à respirer. La charpenterie fait des bruits d'agonie tout autour de moi. Je me dirige vers un courant d'air.

Je m'aperçois une fois dehors que j'ai tiré seulement la moitié d'un mec. Tout ce qui se trouve en dessous du nombril n'existe plus. Juste une jolie traînée de boyaux. Ah merde. Je ne retournerai pas à l'intérieur. J'ai déjà failli me tuer pour traîner un demi-cadavre sur deux mètres. Je tousse tout ce que je peux, j'ai le nez et les yeux qui coulent. Je crache un peu de bile. Je décide de faire le tour du bâtiment, l'arme à la main, pour chercher des vivants. C'est le contournement le plus triste et le plus malhabile de toute l'histoire militaire d'Excelsa. J'ai de la morve jusque dans les cheveux.

Des gens ! Des gens en rouge et vivants ! Ils sont trois assis sur les pavés. Ça saigne pas mal. Difficile de dire qui est blessé où, vu que tout le monde est couvert de sang et de brûlé. Je remarque une gigantesque éclaboussure de viande à trois mètres du sol, sur l'usine du mur d'à coté. C'est de la très très belle éclaboussure. A peu près 70kg d'être humain étalés comme de la confiture ça a intérêt à impressionner. Ça c'est un mec qui s'est téléporté dehors comme moi, mais il a pas eu la chance de tomber coté rue. Sinon je m'aperçois que ce coté là a été moins touché par l'explosion. Il y a moins de fumée et de flammes partout.
La seule meuf qui est assise et non allongée me parle, mais j'ai l'impression de l'entendre à travers du coton.

- HEIN ? J'ENTENDS RIEN !

Je ne te retranscrirai pas le dialogue de sourds qu'on a eu, comme des gogols qui viennent d'avoir une explosion en pleine face. Ce qu'il y a à retenir c'est que je suis le seul présent qui ne se vide pas de son sang, qui n'est pas inconscient et qui n'a pas de jambe cassée. Il faut de l'aide. D'autres Prieurs évidemment, mais surtout un médecin. Un mec se vide à gros bouillon, y en a un autre inconscient qui a du sang qui lui coule des oreilles, c'est urgent.

Je suis pile qualifié pour le boulot. En plus j'ai mal partout c'est très bien pour se téléporter. Il se trouve que le Grand Hôpital est au bout de la rue là bas, si on traverse brièvement une partie du Cénacle. Des gens sont déjà occupés à faire une chaîne jusqu'au fleuve pas très loin. Mes collègues au sol sont dans une détresse qui me panique comme si c'était la mienne. Je pense qu'une patrouille va apercevoir les flammes assez vite. Le problème c'est l'urgence médicale. Et j'arrive pas à me souvenir comment on fait d'habitude, c'est pas moi qui m'en occupe.

J'ai encore la tête dans le cul à cause de la chute, mais j'ai un objectif clair et simple. Je me téléporte sur les toits comme un colibri fou. J'arrive au Grand Hôpital, avec une allure de malade. J'y suis rarement allé ici, parce qu'on a notre propre infirmerie, et quand j'y ai été j'étais trop mal pour en avoir quelque chose à secouer du lieu. Y a visiblement eu un grand fan de carrelage en déco intérieure, mais c'est gâché par les gens malades et tristes qui sont partout. Je pars hurler sur un mec en uniforme en train d'écrire sur une feuille. Il a l'air renseigné.
On peut pas lui enlever son très grand flegme devant mon apparition roussie et incohérente.

- … un chirurgien pourra s'occuper de vos collègues si ils...

- HEIN ? QUI ? OÙ ÇA ?

Il a agité une main en direction d'un couloir avec une expression agacée. Je crois qu'il a même pas relevé les yeux pour me regarder. Il va s'en mordre les doigts. Je suis parti avec fracas et téléportation, en bousculant des gens et en renversant un chariot. Les espaces clos et plein de monde c'est déjà moyen mon truc à la base, mais ça devient pas mal psychotique si je suis tombé sur la tête deux minutes auparavant.

Je tombe sur le bureau de Min Lin. Et c'est écrit « chirurgienne » sur la plaque. Je repense au pauvre gars en train de saigner la rage, il mérite amplement un coup de chirurgie ou deux. Ça aurait pu être le bureau de quelqu'un d'autre mais c'est devant celui là que j'ai atterri. La dame aurait dû être moins près de l'entrée si elle voulait pas se faire emmerder.
Je suis évidemment très très mauvais pour expliquer un truc à l'improviste, résumer une situation. Je lui braille que c'est très très urgent parce que des Prieurs sont blessés (ça me semble évident que c'est plus urgent qu'un ouvrier blessé, quoi, merde). Elle répond des trucs mais je ne l'entends pas, je la prends par le bras pour la secouer. Je sais pas ce qui m'a pris. Ça m'a semblé logique sur le coup. Je veux qu'elle ramasse ses affaires et qu'elle me suive, ça me semble douloureusement évident de faire ça. Un mec arrive derrière moi. Je le sens me saisir l'épaule. Il a pas l'air content de ce que je suis en train de faire.

Je lui envoie mes douleurs amplifiées. Il s'écroule en hurlant puis a l'air tout surpris deux secondes plus tard quand ça s'arrête (ça me file des vertiges de le faire plus longtemps dans un contexte pareil). Au moins maintenant il considère sérieusement l'option de ne pas saisir les gens par l'épaule. Je m'en détourne.

- TU ME SUIS MAINTENANT ?
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MessageSujet: Re: Voilà il y a un titre. [Min Li]   Jeu 8 Fév - 21:16

La fatigue commençait à se faire sentir. De garde, Min Li avait été sollicité jour et nuit, dans l'enceinte du Grand hôpital. Parfois en renfort, parfois en main principale sur la table d'opération. Sa capacité à rester concentrée en toute circonstance, faisait d'elle un membre important du corps médical. Cela dit, on l'autorisait rarement à être au contact direct de la "clientèle". Son manque certain d'empathie et d'étiquette étaient loin de valoriser l'image de l'établissement. Surtout qu'ici, les soins étaient chers payés. Il n'était pas d'usage de croiser des gens de "petits moyens". Ainsi, en dehors d'une consultation ou d'un soin nécessitant une chirurgie, la jeune femme ne tenait compagnie qu'à elle-même.

Enfin, la journée se terminait pour elle lorsqu'elle regagna son bureau personnel. Exténuée, elle s'assit sur sa grande chaise, et s'appuya de tout son long sur le dossier. La tête en arrière, elle ferma les yeux et soupira. Le sommeil ne tarda pas plus ; déjà, elle sombrait, le corps lourd. L'odeur de l'hémoglobine emplit alors ses narines, l'extirpant de sa léthargie naissante.

- Zut.

Son uniforme, contenait sur lui seul l'accumulation sanguine d'une dizaine de patients. Bien sur, à titre personnel, ce détail ne la dérangeait pas le moins du monde. Et elle pourrait ainsi continuer d'exercer des jours, des semaines durant, ressemblant à une bouchère en quête d'un estomac à ouvrir - si ça n'avait pas pour conséquence la désapprobation de ses supérieurs directs, et de ses confrères en général. Fatiguée, elle envisagea de troquer sa blouse pour des vêtements plus commodes - la sieste sera d'autant plus appréciée une fois à la maison, alors autant rentrer le plus tôt possible.

Ce fut bien sûr sans compter sur la tornade qui vint "frapper" à sa porte, avec un fracas peu coutumier des lieux. Elle ne réalisa pas tout de suite - concentrée sur la chemise que ses doigts s’apprêtaient à saisir, elle faisait dos à l'entrée. Ainsi, elle n'entendit que des rugissements pressés, à peine compréhensibles. Il était question de Prieurs blessés - d'une urgence, semblait-il.

- Si c'est une urgence, je ne suis pas disponible.

Alors qu'elle déboutonna le premier bouton de sa blouse, qu'elle n'avait toujours pas eu le loisir de retirer, quelqu'un lui saisi le bras. Enfin, elle découvrait le visage de ce visiteur importun - qui osait la déranger pendant une pause bien méritée. En plus de cela, il la secoua comme une vulgaire poupée de chiffon. Elle resta silencieuse pendant que l'inconnu la malmenait ; son visage était tout prêt. Elle se demanda l'espace d'une seconde, si il était socialement acceptable de lui trancher la gorge avec un scalpel - l'instrument le plus proche se trouvait à portée de bras.

Avant qu'elle ne put arriver à une conclusion satisfaisante, quelqu'un intervint. A son grand dam, sembla-t-il, puisqu'il se retrouva sur le sol, hurlant de douleur, en quelques secondes. L'assaillant se tourna ainsi de nouveau vers elle, en lui demandant de le suivre - à défaut de lui ordonner.

Min Li, le regard dans celui du prieur, soupira. Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles elle ne dit rien. Elle soupira de nouveau. Puis lentement, comme si rien ni personne n'était présent, elle retira sa blouse, bouton après bouton, et pris soin de la déposer dans la corbeille prévu à cet effet. Dans l'absence totale de pudeur, sa brassière apparente, elle enfila sa chemise. L'épousseta.

- Mes services sont terminés pour aujourd'hui. Je ne pratique pas d'interventions en dehors de mes horaires officiels.

Elle regarda l'homme, et désigna d'un geste nonchalant le calendrier accroché sur son mur.
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MessageSujet: Re: Voilà il y a un titre. [Min Li]   Lun 19 Fév - 11:40

- Hé mais euh... stop.

Il n'y a pas de place dans mon délire pour une fille en sous vêtement. Ce n'était pas prévu. De façon globale, c'est une denrée assez rare dans ma vie. Ça m'arrête complètement. Je me mets à rougir et je me retourne. Faire du mal aux gens ne m'empêche pas de dormir la nuit, mais la catégorie « embêter une jeune dame en train de se changer » fait clairement pas parti de la liste des possibles.
Derrière moi, le type à qui j'ai fait du mal est en train de se relever. Il se frotte la tête. C'est une vilaine chute qu'il a fait. Maintenant je me sens idiot et je prends conscience que je m'y suis mal pris. Il y a forcément une façon plus simple d'aller chercher un médecin. D'habitude c'est pas moi le mec valide à la fin d'un litige.

La fille me parle dans mon dos. Maintenant que je ne suis plus en train de sauter partout et de brailler, je suis en mesure de l'entendre, même si j'ai l'impression de l'écouter à travers une porte. Je jette un coup d'oeil prudent pour voir où ça en est niveau vêtement. Elle me montre du doigt un calendrier accroché au mur.

- Ça ne me concerne pas vos histoires. Comment je fais pour qu'un docteur vienne aider mes collègues ?

- On achète un bon pour une ambulance à l'accueil, sale tyran.

Malgré mes tympans explosés, j'ai entendu le mec fulminer dans mon dos. Au moins je suis pas sourd pour toujours, c'est une bonne nouvelle. Il faut rester zen, utiliser son cerveau et obtenir l'aide d'un toubib. Je suis plus dans la fusillade, pas la peine de brailler et de s'énerver. C'était une erreur d'utiliser la magie sur ce gars. Trop d'adrénaline. On se calme. Y a personne à tuer. Respire plus lentement. Voilà.

- … Mettons que j'ai oublié d'emmener mon argent à ce rassemblement illégal qui s'est déroulé pas très loin, je fais comment monsieur ? Il y a... hé ! Mais faut arrêter de saisir les gens ! Je demande de l'aide pour des Prieurs, je réclame pas la putain de charité ! Tu touches encore à ce putain de bras, j'éclate le tien et je te l'enfonce dans le cul ! … voilà. Pas toucher.

OK je suis un peu sorti de mes gonds. Mais il m'a saisi par le coude, juste au dessus de mes automutilations, j'ai pas aimé. Il pouvait pas savoir parce que j'ai des manches longues, mais ça change rien. Je me suis brièvement vu lui mettre une balle dans la tête. Mon pistolet de droite est encore chargé. J'ai l'impression de plus savoir comment faire pour ne pas m'en servir.

- Mes collègues ils sont vraiment dans un sale état, j'ai pas le temps d'aller au Fort. Je pars pas sans toubib.

J'ai une paupière qui tique. Je m'imagine étrangler la fille. Elle est toute maigre, ça serait aussi facile que de noyer un chaton. Mais je le ferais pas. J'envisage, au cas où. Ça arrive de devoir étrangler les gens. Et si j'ai plus de munition, que mes armes blanches sont perdues ? Je ferais ça vite, promis.

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