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 Smoke Weed Everyday [PW Izei]

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Dim 23 Déc - 21:47

Il était mort à l'intérieur. Mortifié par le décès de son père, Sigmund von Einzbern était définitivement mort depuis sa rencontre avec la criminelle nommée Maï. Il avait passé deux saisons à chercher la formule de l'Homonculi. Il avait tout perdu. Son emploi, la plupart de ses vêtements, du mobilier. En clair, tout ce qui ne servait pas à fabriquer sa drogue, il l'avait vendu, afin de récupérer des fonds pour manger et payer son loyer, le temps d'arriver à son but.

Et depuis qu'il avait trouvé la formule, il n'était plus qu'une machine. Une machine fragile, maigre, déphasée de la réalité. Il n'avait plus de lit, il dormait en boule sur son vieux fauteuil. Ses journées entières étaient consacrées à sa production d'Homonculi. Il se levait, préparait sa drogue toute la journée, s'arrêtait seulement pour manger le strict minimum afin de ne pas tomber dans les pommes. Et quand il s'arrêtait, il prenait une grande dose de son propre produit et rigolait bêtement, se roulait par terre ou autre joyeuseté, jusqu'à perdre connaissance.

Ses mains ne savaient plus faire autre chose que préparer ses doses. Ses jambes ne savaient plus que le porter du fauteuil à la cuisine. Il était maigre à faire peur. Ses cheveux hirsutes lui tombaient jusqu'aux omoplates. Ils chutaient par poignées, il y avait peut-être même des zones chauves sur son crâne. Il n'en savait rien parce qu'il avait revendu son miroir. Une barbe fournie venait manger ses joues creusées. Il n'avait plus que la peau sur les os. Un marcel délavé. Une veste mangée par les mites, pour quand il devait sortir faire une course. Un pantalon troué également. Il n'était plus rien d'autre qu'un outil en fin de vie. Accro à son huile de moteur.

Ce soir-là, il avait pris deux fois la dose habituelle. Il volait, loin, très loin au-dessus d'Excelsa. Son regard vitreux ne distinguait plus rien. À peine les formes, s'il plissait les yeux, il voyait des visages. Physiquement, il marchait dans le district Portuaire. Mais dans sa tête, il était pied nus, au milieu d'une étendue froide. Il ne marchait pas sur du pavé, mais sur une matière étrange. Froide, très froide, blanche. Il y avait des tâches colorés ici et là. Des reflets du soleil sans doute. Il tapait fort le soleil, et il y avait du vent. Ou est-ce qu'il faisait un temps dégueulasse, qui l'aveuglait malgré tout car il n'était pas sorti de chez lui depuis longtemps ?

Sigmund était bien loin de ces préoccupations. Il arrivait près d'un pic escarpé. À droite comme un gauche, un précipice l'emmènerait tout droit dans la gueule rugissante d'un monstre inconnu. De dimensions incommensurables. Un gigantesque serpent qui ondulait toujours dans la même direction. Les tâches faisaient des sons. Sigmund ne comprenait pas. Il s'en fichait pas mal. Il volait lui. Il était bien au-dessus de tout ça. Invincible. Inarrêtable.

Alors il fonçait dans toutes les tâches. Pieds devant, poing devant, avec de l'élan. Certaines tâches faisaient juste un plus grand son. D'autres tâches tentaient de l'empêcher de voler. Mais elles n'y arrivaient pas. Sigmund était toujours aussi léger. Toujours aussi invincible. Parfois il restait bloqué à la même place quelques minutes. Une tâche tentait de le retenir. Mais dès que ses entraves disparaissaient, il se relevait et continuait. Son vol se faisait plus incertain, moins impérial. Mais qu'est-ce qu'il riait. C'était une sensation si agréable que de voler au-dessus d'un précipice.

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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Lun 24 Déc - 9:49

Depuis quelques temps, un phénomène inquiétant se produit chez certains de mes concitoyens : ils sont complètement défoncés. Alors, tu vas me dire que la drogue n'a pas été inventé hier, et tu as raison. Des gens défoncés j'en ai déjà vu. Néanmoins des gens aussi exubérants et insensibles à la magie, c'est nouveau.

C'est surtout la seconde partie de la phrase qui m'embête (quoique voir des gens euphorique c'est pas ma tasse de thé non plus). En fait l'explication est très simple : ces nouveaux drogués ne peuvent pas sentir la douleur. Du coup, je ne peux rien leur faire.
Les antalgiques et les gens dépendants existent depuis toujours. Ils y a certaines choses qui peuvent diminuer les sensations de souffrance : le froid, le plaisir sexuel, l'alcool... mais jamais complètement. Alors que là on trouve des mecs qui échappent à mon pouvoir. Pour la partie de mon cerveau qui s'occupe de la magie, ils n'existent plus. C'est très perturbant. En fait, ça me fout une putain de trouille.

Donc, ce qui s'est passé, c'est que les prieurs se sont mis à choper des mecs bizarres et exubérants. La semaine d'avant, tu ne croisais que des drogués aux opiacés tout ce qu'il y a de plus classique, et celle d'après on a plein de petits rigolos qui grimpent aux lampadaires pour les démonter et qui continuent de rire alors qu'un vicaire est en train d'essayer de les torturer. Forcément, on tique.
Donc voilà, je suis venu avec un collègue non magicien et on cherche d'où ça vient.

Comprendre, ça a pris du temps. Déjà, il a fallu remarquer qu'il y avait des cinglés pas cinglé comme d'habitude, puis il a fallu qu'un vicaire passe devant, puis qu'on fasse le lien entre tout ça et une nouvelle drogue apparu sur le marché... Déjà je trouve que c'est de l'enquête qui avance, ça. Moi je suis de la vieille école, une école du genre « c'est lui qui l'a fait, il est étranger ». Je trouve ça impressionnant quand des collègues fouineurs trouvent des trucs, j'aimerais bien savoir faire pareil.

Enfin là mon expertise est requise sur le plan « magique » de l'affaire. OK, je sais à peine trouver mon cul avec mes deux mains, j'admets, mais si il s'agit de torturer quelqu'un sans le toucher tu peux me faire confiance. Donc la stratégie actuelle c'est de choper un de ces nouveaux drogués au hasard, d'attendre qu'il devienne sobre – ou en manque - et de le torturer pour qu'il cause. Jusque là on a rien trouvé de vraiment intéressant, mais on a commencé seulement avant-hier. Attendre qu'ils descendent de leur nuage, ça prend une chiée de temps. C'est agaçant.

Moi et une collègue non magicienne, on erre du coté du port. Le panier à salade est garé un peu plus loin. Il fait trop chaud et ça pue le poisson. Je sue beaucoup dans mon petit uniforme de fanatique religieux. Ça fait des plombes qu'on marche. Les gens sont tous louches et dégueulasses, mais pas spécialement euphoriques.

Et là, un espèce de déchet me saute dessus – un être humain dans un sale état, après une analyse plus poussée. Évidemment je lui mets une droite en plein dans sa mouille. Il m'a foncé dedans ! Genre il a jaillit d'une ruelle adjacente, j'ai failli tomber. Le déchet s'est écroulé sous l'impulsion de la grosse trempe qu'il s'est pris dans la gueule.

- Ça m'a touché !

J'ai gueulé ça de dégoût, mais le type est vraiment pas en forme. Toi non plus t'aurais pas aimé qu'il vienne se cogner contre toi comme un oiseau sur une vitre. Maintenant j'ai envie de balancer mon bras au feu. Il perd ses cheveux n'importe comment, il est dégueu et tout maigre. J'ai senti que des articulations et des os. Je suis sûr qu'il a des vers. Ou la gale. Ou des puces. En tout cas y a forcément des bestioles qui le dévorent de l'intérieur.
Et il rigole.

Je teste la magie sur lui. Du point du vue du sixième sens qui s'occupe de ça, je suis en train d'essayer de torturer un bout de bois. Il n'existe pas.

- Ah, celui là on peut le prendre.

- Sûr ?

- Oui oui.

On ne veut pas de petits rigolos qui démontent les lampadaires en ville. On ne veut pas d'une drogue qui marche super bien. Y a déjà assez de problèmes comme ça.

Ma collègue tire le type défoncé par le bras. Il doit peser le même poids qu'un enfant de huit ans. On lui explique pas où il va aller – il est probablement pas en état de comprendre de toute façon -, mais il va faire un petit voyage jusqu'au Fort.
Le type fait une victime complaisante. Il est seul, affaibli, et ça se voit que sa femme n'est pas en train de l'attendre à la maison avec les gosses. Il peut essayer de jouer au con, mais on est deux pour le traîner jusqu'à la charrette – suffit de le secouer jusqu'à ce qu'il gerbe pour le calmer.

Donc, on le fourre à l'arrière avec les autres, on ferme, et on rentre au Fort. Je me téléporte en avant pour prévenir que le panier à salade arrive avec trois zigotos. C'est toujours le bordel, l'organisation des geôles. Ils font des travaux partout pour installer de la technologie qui sert à rien, genre l'eau courante. Quand j'étais novice on portait des seaux d'eau dans tous les sens et on s'en portait pas plus mal. J'trouve ça dommage que les traditions se perdent.

De nos jours pour avoir une geôle à peu près correcte pour les interrogatoires il faut savoir négocier ferme. Ce que je fais très mal. Donc on va encore finir dans le coin pourri. Voilà.

Ensuite je vais attendre le panier à salade en bas. Je dis « en bas » parce que le Fort a été construit au fil des siècle sur un gros caillou qui surplombe la mer. Ça ressemble à une fourmilière gothique vue de loin (avec des fourmis rouges). L'entrée « charrette à connards » se trouve tout en bas. C'est les portes avec beaucoup de cadenas qui prennent du temps, et il paraît que c'est très pénible niveau escaliers. Je dis « il paraît » parce que la verticalité, quand on se téléporte, on s'en fout un peu.

Donc on escorte trois défoncés jusqu'à leurs geôles (y avait pas la place d'en mettre plus). Le maigrichon qui se prend pour un oiseau est dans le lot. On monte plein d'escaliers et on passe par plein de couloirs.

Niveau architecture c'est pierres de taille, pénombre. C'est parce qu'on va dans le coin pourri, là où il n'y a pas de fenêtre, pas d'aération, juste des salles creusées dans la roche. Du coup ça pue et c'est humide. Les couloirs sont étroits. Y a des endroits où il faut se baisser pour ne pas se cogner le front. Ça date d'une époque où il y avait moins de journaux et de socialisme.

Le décorateur fou a sévit ici aussi. Je dis « le », mais il s'agit d'une accumulation de plusieurs siècles de sculptures, peintures, mosaïques, céramiques, origami, trucs, sur le thème de la douleur. Des gargouilles grimaçantes, des tableaux de gens tout nus, des crânes, des pics avec des machins empalés dessus. Mon goût personnel c'est que c'est un peu oppressant, mais on ne m'a pas demandé mon avis.

Donc après une chiée de marche à pied, on fourre les drogués chacun dans une cellule et on les fait sécher quelques heures.

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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Ven 4 Jan - 22:01

Il ne s'en rend évidemment pas compte, mais il doit avoir l'air complètement ahuri. Les yeux vitreux, injectés de sang, le teint caverneux, mais la bouche en forme de O et les sourcils relevés, comme s'il découvrait des pépites d'un métal inconnu en continu.

Sigmund avait vu une grande tâche, vive, colorée, c'est comme les taureaux, ça lui avait attiré l’œil. Il avait foncé dedans un beuglant un truc sans queue ni tête, genre BANZAÏ ! Et puis il avait rebondi contre la tâche, et son vol s'était encore interrompu. Il était resté immobile, flottant dans les airs imaginaires quelques secondes, tout en répétant, hilare.

Oh oh ça devait être un gros gros pigeon très gros !

Parce que quand on vole dans les airs, rien ne semble plus plausible que de percuter un gros pigeon. Ça perturbe le vol, et puis ça fait caca partout. Il fronce rapidement les sourcils à l'idée qu'un pigeon lui chie dessus. Mais finalement, le ciel est assez grand pour tout le monde. Le gros pigeon coloré vole avec lui, mais il n'est pas seul. Il y a une autre tâche, un plus petit pigeon, qui lui prend la main. Mais ils volent tous ensemble ! Comme une grande famille. Large sourire sur le visage de l'alchimiste, qui est traîné comme une larve sur le pavé en criant d'une voix suraigüe.

OuIiIiIiIiI hahaha

Mais les pigeons, ces sales races ! Trahis par ces oiseaux de petite vertu ! Ils ne voulaient pas partager le ciel. Ah les salauds ! Ils veulent se garder le plaisir de faire caca sur les gens pour eux tout seul. Ils le mettent en cage, il y a des barreaux. Des gros barreaux tellement épais qu'il n'y a pas d'espace entre les barreaux. Ah si y'en a un là. Il colle son œil : tout est toujours flou. Il tape, il donne des coups de têtes, il se pète le nez et il met du sang partout mais finalement ça lui donne un truc à boire.

Oh mais si ça se trouve... les pigeons sont gentils ? Peut-être qu'ils l'emmènent à un endroit où ils pourront tous voler ensemble ! Alors l'alchimiste s'approche de là où il estime que les autres pigeons sont, c'est à dire collé contre l'oreille d'un de ses codétenus, et il demande :

Eh eh... tu crois... Tu crois qu'on pourra faire caca sur les gens ?

Il écarte ses ailes, majestueuses et puissantes. Il n'y a pas beaucoup d'espace pour voler dans la cage, mais il y en a un tout petit peu. Et des tâches rigolotes sur lesquelles on peut soit rebondir, soit s'affaler, comme des petits coussins. Ils jouent tous ensemble, ils font des ricochets sur tous le trajet, ça gigote dans la cage. Et puis ils arrivent dans un endroit sombre, lugubre.

Ooooh, on doit faire de gros caca ici...

Il commence à rire. Un long fou rire qui perdure pendant toute la montée des marches. Sans doute le mot "caca" qui le fait rire comme ça. Il se retrouve dans une nouvelle cage, sans aucune tâche pour jouer avec lui. Qu'importe, il s'amusait très bien tout seul.

OuiIiIiIiI

Il plane tout autour de sa geôle, se prend les murs, la porte, rebondit partout. Et puis il finit par se coller à la porte, tant et si bien que si quelqu'un l'entend, sa voix doit lui paraître complètement étouffée. Comme sa bouche est collée à la porte, il a aussi du mal à articuler.

Qui quveut voler a'ec moi ?

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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Sam 16 Fév - 8:54

Une fois qu'on a enfermé les cinglés, je me suis dirigé vers la sortie. C'est là que le collègue prieur est venu m'intercepter avec un air gêné.

- Euh... frère Izei ?

- Oui ?

Euh... d'habitude on a pas de vicaire dans l'équipe... enfin du coup on s'est trompé dans les plannings et... enfin on a personne pour surveiller le coin les prochaines heures.

- Oh.

Un petit « oh » déçu. J'ai saisi la demande implicite. Ça fait longtemps que je ne m'occupe plus du travail des petites mains, et ça ne me manquait pas. Je ne vais pas refuser la corvée évidemment. Déjà parce que j'aime pas dire non, et ensuite parce que je suis une bonne soumise qui veut bien faire.

- Ben... je vais chercher un bouquin et je reste là.

- Merci !

Le prieur s'enfuit de cette geôle dégueulasse. Moi je vais chercher mon bouquin et je passe aux toilettes, la procédure d'usage avant de surveiller un truc chiant qui a pas besoin d'être surveiller. Y a des gros barreaux aux cellules, les gens dedans sont complètement défoncés. Ça risque rien. Mais le chef a dit que le protocole c'est que quelqu'un surveille les cellules quand elles sont pleines, alors on fait comme ça. C'est le chef qu'a dit.

Je m'installer sur une chaise au bout du couloir, aussi éloigné que possible des trois zigotos qui sont enfermés ici. Le maigrichon qui s'est jeté sur moi, il arrête pas de parler de caca et d'oiseaux, ça me met mal à l'aise. En plus j'ai pas envie que les prisonniers me voient avec mes lunettes de lecture et un roman à l'eau de rose. On a une image de sorcier maléfique à tenir ici.

Le seul ameublement du couloir c'est une table, une chaise et une lampe à huile – la modernité n'est pas encore arrivée jusqu'ici. Dans les cellules il n'y a rien, juste des rigoles pour évacuer les fluides corporels divers jusqu'à une canalisation au milieu du couloir. Quand c'est trop sale on balance un seau d'eau. D'où l'odeur. Donc il fait sombre et ça pue. J'essaye de me concentrer sur ma lecture. L'histoire c'est un jeune homme dont le boulot est d'aider une noble étrangère très riche mais aveugle. Ils ont des atomes crochus, mais le méchant voisin qui aime l'argent et le pouvoir essaye de les séparer. J'adore ce genre de bouquin. Je vais attendre de ne plus être dans un endroit qui sent les excréments humains et le sang pour lire les scènes de sexe, quand même. Tu vois que les sales criminels drogués gâchent tout !

En plus, ils font un boucan du diable. Ils arrêtent pas de rigoler et de dire des conneries. J'aimerais bien leur balancer un truc sur les barreaux, mais j'ai que la lampe et la chaise sous la main et je me sers des deux. Une bonne giclée d'huile enflammée sur la gueule ça les calmerait, ces cons. Mais j'ai rien.
Je ne lis pas très facilement. J'ai appris à quinze ans, quand je suis arrivé au Fort. C'est un peu tard. Du coup je me déconcentre facilement de cette tâche laborieuse. Ce qui fait qu'au bout d'une heure je me lève pour leur hurler dessus, même si ça sert à rien :

- BON VOUS ALLEZ LES FERMER VOS GUEULES ? … et toi, rhabille-toi bon sang.

La dernière phrase s'adresse à une femme avec trois chicots, deux cheveux vaillants et maigre comme une petite momie qui, Myre sait pourquoi, a commencé à se mettre torse nu. Une vision qui n'est pas pour tous les yeux. Remarque elle aurait été jolie ça m'aurait déplu aussi, j'ai beaucoup de crimes sanglants à mon actif mais l'agression sexuelle de prisonniers n'est pas dans le tas. Heureusement ils sont dans des cellules séparées. Je réponds plus de rien si je commence à voir des criminels dégueulasses baiser ensemble.

Un autre prisonnier, celui là très obèse, est en train de se mettre le doigt dans le nombril en chantant. Il a du vomi dans les cheveux. Je ne sais pas si le maigrichon est toujours sur son délire de caca-oiseaux, faudrait lui demander. En tout cas c'est un triste spectacle.

- Mais c'est quoi l'intérêt de se mettre dans des états pareils ?!

Autant s'adresser à un tas de compost. Se droguer à s'en rouler par terre et s'attirer un tas de problèmes, c'est vraiment pas mon style. Des fois, j'aimerais vraiment comprendre. Je ne préfère pas considérer les criminels comme des vrais être humains comme moi, sinon ça me rendrait vraiment cinglé de torturer et tuer toute la journée. Mais quand même. On est en droit de se poser des questions.

- Enfin pourquoi pas... trouver un boulot normal qui met du pain sur la table tous les jours et... enfin pour les loisirs, jouer aux dominos ou je sais pas quoi... ça serait plus facile, non ?

Bon, mes loisirs à moi c'est de pleurer dans mon lit et faire des crises de boulimie alors je ne suis pas expert, mais au moins je fais des trucs productifs pour la Ville. Les problèmes s'arrangeraient d'eux mêmes si les gens arrêtaient de se tirer des balles dans le pied. Ils sont vraiment débiles.

- Allez bien vous faire foutre.

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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Sam 16 Fév - 13:06

C'est fun de voler. Même dans une toute petite cage. Même s'il se cogne continuellement son nez déjà cassé sur les murs. Même s'il se tord les doigts en voulant déployer ses ailes. Même si c'est toujours le même pan de ciel qu'il visite. C'est la liberté de voler. Il est libre Sigmund. Y en a même qui disent qu'il est défoncé.

Mais lui n'entend pas les rageux. Il vole dans sa petite cage, ricoche contre ce qu'il assimile à des très très gros pigeons et rigole tout seul quand ses jambes arrêtent de soutenir son maigre poids. Ou plutôt quand les courants d'airs venus du nord cesse de le porter dans son flottement majestueux.

Il y a du bruit autour. C'est loin, c'est vague, c'est sans doute des gens qui font un pique-nique sur les nuages. Sauf... qu'il n'y a pas de nuages. Peu importe, Sigmund ne comprend pas ce qu'ils disent. Il n'a pas envie de comprendre, il veut juste qu'on le laisse tranquille dans son coin. Il y a toujours plein de monde, partout, tout le temps. Dès qu'il quitte son nid il y a du bruit partout, des gens tout autour, il étouffe, il a peur. Les gens gentils ça n'existe pas, tout le monde est méchant. Quand il vole, il n'y a personne. Le silence, le bruit du vent, et lui.

Mais il est épuisé. Ça doit faire deux jours qu'il plane, vole, fait des cabrioles sans s'arrêter. Il n'y a pas de nourriture dans le ciel. Dans son nid il y avait, mais ça fait une éternité qu'il l'a quitté. Est-ce qu'il peut encore y retourner ? En tout cas, il commence à amorcer sa descente, tout en douceur.

De tout son long, il s'écroule lourdement sur le pavé glacé et perd connaissance.

Combien de temps a passé ? Le monde est flou, froid et tourbillonnant. Il a une joue contre le pavé, un filet de bave - ou de bile - qui coule lentement et forme une micro-flaque à côté de sa bouche. Il s'est pissé dessus. Il est gelé. Il est misérable.

Il vomit. Juste de la bile, il n'a rien mangé depuis... un certain temps. Et puis il vautre son visage dans son vomi parce qu'il n'a pas la force de tomber ailleurs. Il perd connaissance, encore. Cette fois pas longtemps, il le sens. Il essaye de relever la tête. C'est douloureux. Tout lui fait mal, il a du mal à respirer. Il y a des barreaux devant lui.

hé...

C'est à peine un râle qui sort de sa bouche. Il n'a pas bu non plus, il a la gorge sèche. Ça lui a fait mal. Est-ce qu'il y a seulement quelqu'un pour l'entendre ? Il essaye de ramper vers les barreaux. Il se traine dans sa bile, sa pisse et sans doute celle des autres. Il en est à peine conscient, concentré sur le but ultime : atteindre les barreaux. En l'état, son cerveau ne peut pas travailler sur deux choses à la fois.

Il lui faut de longues minutes pour arriver à destination... et maintenant ? Il a une main qui sort de la cage. Il claque mollement ses doigts sur les barreaux. Douloureux. Encore. Tuez-le, par pitié. Que quelqu'un en finisse.

Hé... Quelqu'un... Ici ?

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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Sam 16 Fév - 19:19

C'était long, d'attendre que les prisonniers se calment. J'ai mal au dos assis sur une vieille chaise en bois. Mais j'ai beaucoup avancé dans mon livre. Là le méchant a séparé les deux tourtereaux avec un plan machiavélique. J'essaye d'oublier l'odeur. Il n'y a pas d'aération dans ce couloir, aucune. Il fait chaud et humide, et maintenant ça pue la pisse et le vomi avec force. J'essaye de respirer uniquement par la bouche. Même en restant dedans des heures on ne s'habitue pas, parce que les prisonniers font tout pour. J'ai détesté les entendre dégobiller, tous, à une demi heure d'intervalle chacun. Ils sont dégueulasses. Et l'odeur de pisse je sais pas qui c'est. Peut être les trois à la fois. Le monsieur obèse pleure faiblement. La femme n'a pas repris connaissance.

Puis je vois une main tremblante se tendre entre les barreaux. Une main osseuse et desséchée. Le maigrichon. Je me lève pour aller voir plus près. Le type demande si il y a quelqu'un. J'écrase mon pied sur ses doigts.

- Sors pas le bras !

Je déteste quand un prisonnier sort le bras de sa cage. Une fois, il y en a un qui m'a attrapé par surprise pour me faire mal. Depuis, je suis très méfiant. J'observe le maigrichon pour voir où il en est. Il est vautré dans son vomi mais il a l'air conscient. Je m'adresse à lui :

- Tu es dans les geôles du Fort. Je suis vicaire et j'ai quelques questions à te poser.

Je laisse l'annonce faire son effet tranquillement. Normalement ça devrait lui foutre les foies. Ce ne sont pas des bonnes nouvelles que je lui ai annoncé.

- Tu comprends ce que je dis ou j'attends encore quelques heures ?

En général, les criminels n'aiment pas être enfermé dans une cage. Ils font tout pour que l'expérience cesse rapidement. Surtout quand je suis là.

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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Sam 16 Fév - 23:03

Crac

Sept métacarpes brisés sur le coup. Contusion sur le dos de la main, nez cassé et... et... bordel sa tête. Sigmund retrouvait peu à peu ses esprits, assez pour avoir quelques fulgurances de lucidité, mais entre les derniers relents d'Homonculi et la douleur qui lui vrillait le crane... Il va se contenter de geindre faiblement plutôt que de chercher à être intelligent.

Il aurait bien remis sa main dans sa cage, mais maintenant il y a le pied d'un homme dessus. Est-ce qu'il aurait seulement la force de replier le bras vers lui ? Inutile de se poser la question tant que sa main est toujours coincééééAÏE... Huit métacarpes.

Le Fort... Il est dans le Fort ? Emprisonné dans le Fort ? Premier réflexe : il pousse un énorme soupir de soulagement. Enfin un long râle vaguement soulagé. Un léger sourire se dessine à la commissure de ses lèvres. Le Fort... c'est bien. C'est un endroit sûr. Maï ne viendra pas le chercher là. Ici il est en sécurité... ou pas. Son sourire disparaît. "Emprisonné", ça veut dire qu'il a de gros problèmes. Qu'est-ce qu'il a fait depuis 24 heures ? Il n'en a aucun souvenir. Le blackout complet. Et vu son état, l'alchimiste ne se risquera pas à fouiller dans sa mémoire troublée.

De... l'eau...

Sa gorge est tellement sèche... Il entreprend une vieille technique que son père lui avait filé. Il commence à se mâchonner la langue, comme s'il la grattait avec des dents du dessus. C'est douloureux, sensible, il sent au moins quatre endroits où il s'est mordu. Mais ça fait fonctionner les glandes salivaires... sa bave à un arrière goût de sang et de vomi, c'est dégueulasse... mais ça irrigue un peu sa gorge. Le râle de douleur est un poil moins rauque.

Est-ce qu'il a tué quelqu'un ? Essayé ? Est-ce qu'il s'est battu ? Est-ce qu'il a volé quelque chose ? Il y a un million de raison pour lesquelles un camé comme lui a pu se retrouver enfermé. Dans un coin de son esprit, Sigmund a conscience que c'est peut-être le dernier endroit qu'il verra vivant. Et la même partie de son esprit s'en branle. Il ne manquera à personne, il a tout perdu, il ne vaut plus rien. Si l'Apothicariat avait besoin d'un connard pour mener une expérience, c'est lui qui servirait de cobaye.

Et puis, s'il sort d'ici, Maï le retrouvera. Quoi qu'il arrive, il est baisé, il n'a plus aucune issue.

Clair...

Chaque syllabe est douloureuse, alors il va au plus simple. Il dira tout, sans faire d'histoires. La sentence... il y penserait plus tard. Au fond, il était déjà mort.

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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Lun 18 Fév - 10:56

Son visage me dit quelque chose, mais j'arrive pas à mettre le doigt dessus. C'est perturbant. Je ne sors pas beaucoup, alors ça m'arrive rarement ce genre d'impression. J'essaye d'ignorer. Ça devait vraiment être une rencontre insignifiante si elle ne m'a pas traumatisé (tout est traumatisant). Le type a pas l'air de se rappeler de moi non plus – il a l'air de rien du tout cela dit avec du vomi dans la barbe.

Et il a le culot de me demander de la flotte. J'ai une tête de porteur d'eau ? Enfin il insiste pas, je crois qu'à ma tête il a compris que j'avais pas envie de faire la conversation et lui apporter des tartines. Il a l'air assez tranquille, quoique triste. Sobre, quoi. Je m'accroupis devant sa cage.

- Je vais me mettre en condition pour la magie, je reviens dans cinq minutes. Te rendors pas sinon c'est le seau d'eau.

Froide, évidemment. Ou bouillante si j'ai l'humeur. Je pars ensuite vers un placard assez inquiétant. C'est le placard spécial pour vicaire. Il y en a des semblables un peu partout dans le Fort et dans les casernes. C'est là qu'on garde les trucs pour torturer les gens. Évidemment il a une apparence à base de métal noir qui fait des pics et de laque rouge sang. On peut se couper sur la poignée. A l'intérieur il y a tout un attirail sado-masochiste du plus bel effet. Les concepteurs de ce genre de bidules savaient faire un design qui fout les foies. Y en a plein dont j'ignore l'utilité, surtout ceux qui ont l'air de devoir aller dans un orifice pour y faire quelque chose de déplaisant. Pourtant ils ont l'air de servir, je les vois bouger d'une fois sur l'autre. J'espère que quelqu'un les nettoie bien après. C'est pas hygiénique.

Malgré tout ce déploiements d'objets coupants, écrasants, intrusifs, qui font du feu, je prends... le matériel pour faire du thé. Je n'aime pas m'approcher des prisonniers pour leur taper dessus, si j'ai le choix je préfère faire de la magie depuis le couloir. Ils sont dégoûtants et ils peuvent me saigner dessus ou me balancer de la morve. Je déteste ça. Le thé fait mal et dont permet de faire mal aux autres. Ça a ses inconvénients aussi mais au moins on reste propre.

Je fais chauffer l'eau sur un petit réchaud, et une fois frémissante je la met dans la théière. Ensuite j'en sers dans une tasse et je bois. Le prisonnier assoiffé peut profiter des bruits d'eau qui coule dans un silence religieux. Je retourne ensuite m'accroupir devant lui. Les deux autres sont toujours hors service, mais au moins ils ne hurlent pas, ils ne chantent pas.

- J'aimerais savoir comment tu as eu le produit qui t'as mis dans cet état. Tous les détails m'intéressent.

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Lun 18 Fév - 15:58

Entendre un vicaire dire "je vais me préparer pour la magie" a le don de redonner à Sigmund une poussée d'énergie. Le désespoir, sans doute. Il agrippe son deuxième bras aux barreaux, tente misérablement de se hisser un peu... Mais il rechute à nouveau, inerte pendant de longues secondes sur le sol, dans son vomi. Dans son esprit, il allait supplier l'homme en rouge de ne pas lui faire de mal, mais il n'a pas eu la force de parler. Seulement un énième gémissement plaintif, et rauque.

Il commence à sangloter, puis à pleurer. Il a oublié toute notion de décence, la seule chose que ces larmes lui évoque, c'est la possibilité de boire. Fiévreusement, il récupère en tremblant la moindre gouttelette et la porte à sa bouche comme s'il s'agissait du plus divin des nectars. Ses doigts lui font souffrir le martyr, ce qui a pour effet de le faire pleurer encore plus. Donc il peut boire plus. Mais il a encore plus mal. Un cercle à la fois vicieux et vertueux. Et ses larmes ont le goût de la défaite, avec supplément sang et vomi. Et ça n'étanche pas du tout sa soif.

Dans un coin de son esprit, l'alchimiste veut retourner dormir. Parce que se prendre un seau d'eau sur le coin de la gueule ressemble au plus beau des cadeaux. Il ferme les yeux, essaye de feindre le sommeil. Mais tout son corps est secoué de sanglots et de gémissements. Il tressaute et tremblote à cause du froid. Il ne sent plus ses orteils. Il ne fait pas illusion. Alors il attend, anxieusement, que la punition arrive.

L'enculé. Il se fait chauffer son petit thé et le boit. Il est fort, le bougre, c'est de la torture de compèt' ça. Pendant ce temps, Sigmund en est réduit à sérieusement envisager de lécher sa pisse et son vomi sur les dalles glacées. Le monde tourne toujours autour de lui, la douleur trouble sa vision, dérègle ses sens. Et bordel qu'il a mal. Si le vicaire utilise la magie, il va le tuer, et ça sera pas plus mal. À cet instant, l'alchimiste donnerait n'importe quoi pour que tout s'arrête. Il est épuisé.

Il revient... et la douleur ne s'intensifie pas. Première question, simple. Mais qu'est-ce que c'est dur de formuler la réponse. Sigmund a du mal à articuler, et doucement, son esprit prend conscience de la réponse et de ce qu'elle veut dire sur lui. Il a sombré, il n'est plus qu'une épave. Le Docteur Orco lui avait dit de ne pas abuser. La Prieuse qui l'avait interrogé lui avait dit de se calmer sur les doses. Mais il lui en fallait toujours plus. Et maintenant que les effets se dissipaient, la réalité le frappait en plein dans le visage. Cette fois, impossible de prendre une autre dose pour fuir.

Eau... pitié...

Même un chiot errant avec son air le plus mignon ferait moins pitié que lui à cet instant.

C'est... mon... produit... inventé...

Il tousse, crache un mélange de bile et de sang et se vautre dedans. Il le lape avidement, il a trop soif. Il veut parler, il est prêt à tout dire à ce vicaire, mais sa gorge ne le lui permettra pas.

Supplie... eau... Crachat, bile, sang, lapage. Dirais... tout...

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