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 Smoke Weed Everyday [PW Izei]

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Dim 23 Déc - 21:47

Il était mort à l'intérieur. Mortifié par le décès de son père, Sigmund von Einzbern était définitivement mort depuis sa rencontre avec la criminelle nommée Maï. Il avait passé deux saisons à chercher la formule de l'Homonculi. Il avait tout perdu. Son emploi, la plupart de ses vêtements, du mobilier. En clair, tout ce qui ne servait pas à fabriquer sa drogue, il l'avait vendu, afin de récupérer des fonds pour manger et payer son loyer, le temps d'arriver à son but.

Et depuis qu'il avait trouvé la formule, il n'était plus qu'une machine. Une machine fragile, maigre, déphasée de la réalité. Il n'avait plus de lit, il dormait en boule sur son vieux fauteuil. Ses journées entières étaient consacrées à sa production d'Homonculi. Il se levait, préparait sa drogue toute la journée, s'arrêtait seulement pour manger le strict minimum afin de ne pas tomber dans les pommes. Et quand il s'arrêtait, il prenait une grande dose de son propre produit et rigolait bêtement, se roulait par terre ou autre joyeuseté, jusqu'à perdre connaissance.

Ses mains ne savaient plus faire autre chose que préparer ses doses. Ses jambes ne savaient plus que le porter du fauteuil à la cuisine. Il était maigre à faire peur. Ses cheveux hirsutes lui tombaient jusqu'aux omoplates. Ils chutaient par poignées, il y avait peut-être même des zones chauves sur son crâne. Il n'en savait rien parce qu'il avait revendu son miroir. Une barbe fournie venait manger ses joues creusées. Il n'avait plus que la peau sur les os. Un marcel délavé. Une veste mangée par les mites, pour quand il devait sortir faire une course. Un pantalon troué également. Il n'était plus rien d'autre qu'un outil en fin de vie. Accro à son huile de moteur.

Ce soir-là, il avait pris deux fois la dose habituelle. Il volait, loin, très loin au-dessus d'Excelsa. Son regard vitreux ne distinguait plus rien. À peine les formes, s'il plissait les yeux, il voyait des visages. Physiquement, il marchait dans le district Portuaire. Mais dans sa tête, il était pied nus, au milieu d'une étendue froide. Il ne marchait pas sur du pavé, mais sur une matière étrange. Froide, très froide, blanche. Il y avait des tâches colorés ici et là. Des reflets du soleil sans doute. Il tapait fort le soleil, et il y avait du vent. Ou est-ce qu'il faisait un temps dégueulasse, qui l'aveuglait malgré tout car il n'était pas sorti de chez lui depuis longtemps ?

Sigmund était bien loin de ces préoccupations. Il arrivait près d'un pic escarpé. À droite comme un gauche, un précipice l'emmènerait tout droit dans la gueule rugissante d'un monstre inconnu. De dimensions incommensurables. Un gigantesque serpent qui ondulait toujours dans la même direction. Les tâches faisaient des sons. Sigmund ne comprenait pas. Il s'en fichait pas mal. Il volait lui. Il était bien au-dessus de tout ça. Invincible. Inarrêtable.

Alors il fonçait dans toutes les tâches. Pieds devant, poing devant, avec de l'élan. Certaines tâches faisaient juste un plus grand son. D'autres tâches tentaient de l'empêcher de voler. Mais elles n'y arrivaient pas. Sigmund était toujours aussi léger. Toujours aussi invincible. Parfois il restait bloqué à la même place quelques minutes. Une tâche tentait de le retenir. Mais dès que ses entraves disparaissaient, il se relevait et continuait. Son vol se faisait plus incertain, moins impérial. Mais qu'est-ce qu'il riait. C'était une sensation si agréable que de voler au-dessus d'un précipice.

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Lun 24 Déc - 9:49

Depuis quelques temps, un phénomène inquiétant se produit chez certains de mes concitoyens : ils sont complètement défoncés. Alors, tu vas me dire que la drogue n'a pas été inventé hier, et tu as raison. Des gens défoncés j'en ai déjà vu. Néanmoins des gens aussi exubérants et insensibles à la magie, c'est nouveau.

C'est surtout la seconde partie de la phrase qui m'embête (quoique voir des gens euphorique c'est pas ma tasse de thé non plus). En fait l'explication est très simple : ces nouveaux drogués ne peuvent pas sentir la douleur. Du coup, je ne peux rien leur faire.
Les antalgiques et les gens dépendants existent depuis toujours. Ils y a certaines choses qui peuvent diminuer les sensations de souffrance : le froid, le plaisir sexuel, l'alcool... mais jamais complètement. Alors que là on trouve des mecs qui échappent à mon pouvoir. Pour la partie de mon cerveau qui s'occupe de la magie, ils n'existent plus. C'est très perturbant. En fait, ça me fout une putain de trouille.

Donc, ce qui s'est passé, c'est que les prieurs se sont mis à choper des mecs bizarres et exubérants. La semaine d'avant, tu ne croisais que des drogués aux opiacés tout ce qu'il y a de plus classique, et celle d'après on a plein de petits rigolos qui grimpent aux lampadaires pour les démonter et qui continuent de rire alors qu'un vicaire est en train d'essayer de les torturer. Forcément, on tique.
Donc voilà, je suis venu avec un collègue non magicien et on cherche d'où ça vient.

Comprendre, ça a pris du temps. Déjà, il a fallu remarquer qu'il y avait des cinglés pas cinglé comme d'habitude, puis il a fallu qu'un vicaire passe devant, puis qu'on fasse le lien entre tout ça et une nouvelle drogue apparu sur le marché... Déjà je trouve que c'est de l'enquête qui avance, ça. Moi je suis de la vieille école, une école du genre « c'est lui qui l'a fait, il est étranger ». Je trouve ça impressionnant quand des collègues fouineurs trouvent des trucs, j'aimerais bien savoir faire pareil.

Enfin là mon expertise est requise sur le plan « magique » de l'affaire. OK, je sais à peine trouver mon cul avec mes deux mains, j'admets, mais si il s'agit de torturer quelqu'un sans le toucher tu peux me faire confiance. Donc la stratégie actuelle c'est de choper un de ces nouveaux drogués au hasard, d'attendre qu'il devienne sobre – ou en manque - et de le torturer pour qu'il cause. Jusque là on a rien trouvé de vraiment intéressant, mais on a commencé seulement avant-hier. Attendre qu'ils descendent de leur nuage, ça prend une chiée de temps. C'est agaçant.

Moi et une collègue non magicienne, on erre du coté du port. Le panier à salade est garé un peu plus loin. Il fait trop chaud et ça pue le poisson. Je sue beaucoup dans mon petit uniforme de fanatique religieux. Ça fait des plombes qu'on marche. Les gens sont tous louches et dégueulasses, mais pas spécialement euphoriques.

Et là, un espèce de déchet me saute dessus – un être humain dans un sale état, après une analyse plus poussée. Évidemment je lui mets une droite en plein dans sa mouille. Il m'a foncé dedans ! Genre il a jaillit d'une ruelle adjacente, j'ai failli tomber. Le déchet s'est écroulé sous l'impulsion de la grosse trempe qu'il s'est pris dans la gueule.

- Ça m'a touché !

J'ai gueulé ça de dégoût, mais le type est vraiment pas en forme. Toi non plus t'aurais pas aimé qu'il vienne se cogner contre toi comme un oiseau sur une vitre. Maintenant j'ai envie de balancer mon bras au feu. Il perd ses cheveux n'importe comment, il est dégueu et tout maigre. J'ai senti que des articulations et des os. Je suis sûr qu'il a des vers. Ou la gale. Ou des puces. En tout cas y a forcément des bestioles qui le dévorent de l'intérieur.
Et il rigole.

Je teste la magie sur lui. Du point du vue du sixième sens qui s'occupe de ça, je suis en train d'essayer de torturer un bout de bois. Il n'existe pas.

- Ah, celui là on peut le prendre.

- Sûr ?

- Oui oui.

On ne veut pas de petits rigolos qui démontent les lampadaires en ville. On ne veut pas d'une drogue qui marche super bien. Y a déjà assez de problèmes comme ça.

Ma collègue tire le type défoncé par le bras. Il doit peser le même poids qu'un enfant de huit ans. On lui explique pas où il va aller – il est probablement pas en état de comprendre de toute façon -, mais il va faire un petit voyage jusqu'au Fort.
Le type fait une victime complaisante. Il est seul, affaibli, et ça se voit que sa femme n'est pas en train de l'attendre à la maison avec les gosses. Il peut essayer de jouer au con, mais on est deux pour le traîner jusqu'à la charrette – suffit de le secouer jusqu'à ce qu'il gerbe pour le calmer.

Donc, on le fourre à l'arrière avec les autres, on ferme, et on rentre au Fort. Je me téléporte en avant pour prévenir que le panier à salade arrive avec trois zigotos. C'est toujours le bordel, l'organisation des geôles. Ils font des travaux partout pour installer de la technologie qui sert à rien, genre l'eau courante. Quand j'étais novice on portait des seaux d'eau dans tous les sens et on s'en portait pas plus mal. J'trouve ça dommage que les traditions se perdent.

De nos jours pour avoir une geôle à peu près correcte pour les interrogatoires il faut savoir négocier ferme. Ce que je fais très mal. Donc on va encore finir dans le coin pourri. Voilà.

Ensuite je vais attendre le panier à salade en bas. Je dis « en bas » parce que le Fort a été construit au fil des siècle sur un gros caillou qui surplombe la mer. Ça ressemble à une fourmilière gothique vue de loin (avec des fourmis rouges). L'entrée « charrette à connards » se trouve tout en bas. C'est les portes avec beaucoup de cadenas qui prennent du temps, et il paraît que c'est très pénible niveau escaliers. Je dis « il paraît » parce que la verticalité, quand on se téléporte, on s'en fout un peu.

Donc on escorte trois défoncés jusqu'à leurs geôles (y avait pas la place d'en mettre plus). Le maigrichon qui se prend pour un oiseau est dans le lot. On monte plein d'escaliers et on passe par plein de couloirs.

Niveau architecture c'est pierres de taille, pénombre. C'est parce qu'on va dans le coin pourri, là où il n'y a pas de fenêtre, pas d'aération, juste des salles creusées dans la roche. Du coup ça pue et c'est humide. Les couloirs sont étroits. Y a des endroits où il faut se baisser pour ne pas se cogner le front. Ça date d'une époque où il y avait moins de journaux et de socialisme.

Le décorateur fou a sévit ici aussi. Je dis « le », mais il s'agit d'une accumulation de plusieurs siècles de sculptures, peintures, mosaïques, céramiques, origami, trucs, sur le thème de la douleur. Des gargouilles grimaçantes, des tableaux de gens tout nus, des crânes, des pics avec des machins empalés dessus. Mon goût personnel c'est que c'est un peu oppressant, mais on ne m'a pas demandé mon avis.

Donc après une chiée de marche à pied, on fourre les drogués chacun dans une cellule et on les fait sécher quelques heures.

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MessageSujet: Re: Smoke Weed Everyday [PW Izei]   Ven 4 Jan - 22:01

Il ne s'en rend évidemment pas compte, mais il doit avoir l'air complètement ahuri. Les yeux vitreux, injectés de sang, le teint caverneux, mais la bouche en forme de O et les sourcils relevés, comme s'il découvrait des pépites d'un métal inconnu en continu.

Sigmund avait vu une grande tâche, vive, colorée, c'est comme les taureaux, ça lui avait attiré l’œil. Il avait foncé dedans un beuglant un truc sans queue ni tête, genre BANZAÏ ! Et puis il avait rebondi contre la tâche, et son vol s'était encore interrompu. Il était resté immobile, flottant dans les airs imaginaires quelques secondes, tout en répétant, hilare.

Oh oh ça devait être un gros gros pigeon très gros !

Parce que quand on vole dans les airs, rien ne semble plus plausible que de percuter un gros pigeon. Ça perturbe le vol, et puis ça fait caca partout. Il fronce rapidement les sourcils à l'idée qu'un pigeon lui chie dessus. Mais finalement, le ciel est assez grand pour tout le monde. Le gros pigeon coloré vole avec lui, mais il n'est pas seul. Il y a une autre tâche, un plus petit pigeon, qui lui prend la main. Mais ils volent tous ensemble ! Comme une grande famille. Large sourire sur le visage de l'alchimiste, qui est traîné comme une larve sur le pavé en criant d'une voix suraigüe.

OuIiIiIiIiI hahaha

Mais les pigeons, ces sales races ! Trahis par ces oiseaux de petite vertu ! Ils ne voulaient pas partager le ciel. Ah les salauds ! Ils veulent se garder le plaisir de faire caca sur les gens pour eux tout seul. Ils le mettent en cage, il y a des barreaux. Des gros barreaux tellement épais qu'il n'y a pas d'espace entre les barreaux. Ah si y'en a un là. Il colle son œil : tout est toujours flou. Il tape, il donne des coups de têtes, il se pète le nez et il met du sang partout mais finalement ça lui donne un truc à boire.

Oh mais si ça se trouve... les pigeons sont gentils ? Peut-être qu'ils l'emmènent à un endroit où ils pourront tous voler ensemble ! Alors l'alchimiste s'approche de là où il estime que les autres pigeons sont, c'est à dire collé contre l'oreille d'un de ses codétenus, et il demande :

Eh eh... tu crois... Tu crois qu'on pourra faire caca sur les gens ?

Il écarte ses ailes, majestueuses et puissantes. Il n'y a pas beaucoup d'espace pour voler dans la cage, mais il y en a un tout petit peu. Et des tâches rigolotes sur lesquelles on peut soit rebondir, soit s'affaler, comme des petits coussins. Ils jouent tous ensemble, ils font des ricochets sur tous le trajet, ça gigote dans la cage. Et puis ils arrivent dans un endroit sombre, lugubre.

Ooooh, on doit faire de gros caca ici...

Il commence à rire. Un long fou rire qui perdure pendant toute la montée des marches. Sans doute le mot "caca" qui le fait rire comme ça. Il se retrouve dans une nouvelle cage, sans aucune tâche pour jouer avec lui. Qu'importe, il s'amusait très bien tout seul.

OuiIiIiIiI

Il plane tout autour de sa geôle, se prend les murs, la porte, rebondit partout. Et puis il finit par se coller à la porte, tant et si bien que si quelqu'un l'entend, sa voix doit lui paraître complètement étouffée. Comme sa bouche est collée à la porte, il a aussi du mal à articuler.

Qui quveut voler a'ec moi ?

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