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 I will bury your god in my warm spit [Salwa]

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: I will bury your god in my warm spit [Salwa]   Sam 6 Oct - 14:25

On fait une rafle sur le port, pour les contrebandiers. C’est idiot comme tout : on se pointe, on pends les mecs louches par les pieds et on les secoue pour récupérer tout le duty free qui leur tombe des poches. J’en ai fait plein des trucs comme ça. On s’ennuie, il fait froid (parce que c’est toujours le soir ou le petit matin). Je suis là pour faire le putain de chien de berger et me téléporter devant les fuyards. C’est tout. Je connais même pas les autres prieurs qui sont ici. Moi, la fraude fiscale… c’est pas trop mon rayon. En fait, j’ai rarement la vision d’ensemble de ce que je fais en dehors du Fort. « Va là, fais ça ». Je me greffe sur les opérations qui nécessitent un type capable de se déplacer très très rapidement. Ça me convient.

Sauf quand il fait très froid au petit matin. Je croise les bras sur la poitrine. Je suis assis sur un toit, une vue superbe sur la mer. Position parfaite pour bien prendre le vent.  Ça fait une heure que j’attends que les autres se déploient comme il faut. Ils sont en civils, je ne les repère pas très bien (de toute façon y en a qu’un seul qui doit m’envoyer le signal). Ils faudrait qu’ils se grouillent. Le soleil est en train de se lever, et ça va bientôt se voir qu’il y a un guignol en rouge sur le toit.
Ah, enfin.

Ça devient normalement chiant comme ça aurait dû l’être depuis le début. Je me téléporte près des gens qui fuient. D’une façon ou d’une autre, la personne s’immobilise (la plupart du temps, apparaître de nul part devant quelqu’un suffit à l’impressionner). Un prieur normal – un chiant qui se téléporte pas, donc – s’occupe du bébé et je pars ailleurs. Chien de berger quoi. Je sais même pas qu’est ce que pourquoi. Qui sont ces gens sur lesquels je braille ? Qu’est ce qu’ils ont fait ? Aucune idée, mais j’espère que j’aurais mon su-sucre à la fin.

J’aborde un mec. Il y a une rouquine pas loin. Je me méfie pas trop, je dis au bonhomme qu’il doit mettre les mains en l’air et attendre que et…. Wow, wooooow. Il est pas passé loin le coup de couteau. J’ai vu le brillant d’une lame passer très près de mon estomac.
Alors, théoriquement, je peux faire la poupée vaudou humaine et renvoyer mes blessures sur autrui. Qui je veux, quand je veux. Est ce que c’est pour ça que me prendre un coup de couteau dans le ventre me fait plaisir ? Pas du tout. Ça m’est arrivé une fois d’avoir un couteau dans le ventre. Y a aucune avenir là dedans. Pire douleur de ma vie, six mois de convalescence (j’étais moins doué en magie à l’époque). Enfin c’est un sujet sensible quoi. Bizarrement, quand on essaye de m’éventrer je monte tout de suite dans mes tours.

Je sors mon flingue et je crie au gars de balancer son arme. Il le fait. Mais peut être qu’il en a une autre. Peut être qu’il cache une tronçonneuse dans son futal. On est jamais trop méfiant.
Et la rouquine là.
Hein.
Quand je suis arrivé, elle écrivait.

Qui écrit dans la rue au petit matin comme ça ? Ça n’existe pas. Je détourne le canon de mon arme de quelques degrés pour pointer sa tête. Ça pourrait être la comptable d’un immense trafic, ou alors elle égorge des gens avec son stylo. Tout est possible.

- Toi ! Rouquine ! File moi ce que tu écrivais ! Tout de suite !

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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Re: I will bury your god in my warm spit [Salwa]   Dim 7 Oct - 16:21

La nuit était bien avancée et avait même réussi à rafraîchir l’atmosphère au point qu’elle avait pu enfiler une tenue fermée et sombre. Elle avait réussi à trouver dans sa garde-robe de mission qu’elle s’était constituée au fil des années un chandail de coton noir rayé de bleu marine, boutonné sur l’épaule comme n’importe qu’elle marinière. Un sarouel noir complété par des sortes de ballerine de cuir Elle avait profité de l’absence du soleil pour se promener tête nue les cheveux simplement noués sur la nuque descendaient entre ses omoplates. Son carnet accompagné du crayon qui lui permettait de dessiner en même temps que de prendre des notes était glissés dans un petit sac à dos de toile sombre à la couleur indéterminée. Le tout complété par sa peau que la poussière des quais avait maculée comme après une journée de pénible manutention histoire que sa blancheur ne la trahisse comme très éloignée des activités de plein air qui vous tannent le cuir et vous donne des couleurs inappropriées à son sens de l’esthétique et de l’élégance. Elle était venue trainer durant l’après-midi pour repérer les lieux et s’en faire une idée plus précise que ce que le nuit lui permettrait et c’est dès la nuit tombée qu’elle était revenue espionner le quai navire incriminé par une de ses sources dont elle avait renoncé à savoir s’il était oisillon, milicien ou même prieur, même si la troisième possibilité était peu probable. En tout cas, ce n’était pas la première fois qu’elle avait eu affaire avec lui et il s’était toujours montré fiable. Il faut dire qu’il s’y retrouvait financièrement parlant et avait tout intérêt à ce que sa collaboration avec le rouquine qui ne lui en avait pas dit plus à son sujet qu’elle n’en avait appris sure lui, perdure.

Elle était là depuis des heures à guetter le Pueyrredón battant pavillon Suranais, à quai depuis le matin et qui avait déchargé sa cargaison dans l’après midi une fois les formalités administratives effectuées. Si elle en croyait son enquête et la dernière information de sa source, une transaction moins licite devait se dérouler cette nuit en profitant que la capitainerie était plus ou moins endormie tout comme le reste de la cité d’ailleurs, hormis toux ceux qui profitaient de la fraîcheur nocturne pour prolonger leurs activités professionnelles ou festives. Le bateau est de taille respectable et de jour on pouvait voir trois passerelles permettant d’y embarquer. Deux cheminées vapotent doucement signe que le mécanicien ne veut pas laisser refroidir ses chaudières et que le navire doit réappareiller bientôt, sans doute au matin suppose la rouquine.

Mais ce n’était pas le trafic en lui-même qui l’avait amenée à se trouver là cette nuit, mais plutôt tenter de faire un reportage sur les interventions du prieuré face au crime plus ou moins organisé. Ce n’était pas Assise entre des caisses vides abandonnées sans doute provisoirement, sur les quais elle avait réussi à s’installer pour avoir une vue imprenable sur le steamer. Elle avait schématisé l’endroit en un plan le plus précis possible afin de pouvoir matérialiser des actions qu’il ne lui serait pas faciles de décrire en temps réel. La nuit commençait à lui paraître longue et elle se demandait si ses sources étaient vraiment dignes de confiance. Premièrement y avait-il vraiment un transfert de marchandise prévue ce soir et deuxièmement le prieuré en était-il effectivement informé ? Elle avait eu le temps d’ajouter des croquis des différents points de vue qui s’offraient à elle, la proue du navire, le quai et ses grues et même les hangars en arrière-plan, côté continent. Elle était assez fière de ce qu’elle avait réalisé, mais elle n’était pas là pour ça.

Le quai ne semble pas retenir l’attention de grand monde si ce n’est quelques dockers désœuvrés qui discutent par petits groupes ou casse une croute bien méritée. L’un d’eux s’était installé sur une bite d’amarrage non loin de ses caisses et puisque les choses ne semblent pas devoir bouger, elle se mit en demeure de le croquer un peu pour passer le temps et toujours un peu par goût du dessin qu’elle avait découvert durant ses cours au Conservatoire.

De temps à autre, elle jette un regard alentours pour s’assurer qu’elle ne manque rien de ce qui se trame dans le secteur. La lumière falote d’un bec de gaz éclaire le visage rude qui parait attendre quelque chose. De son côté, la jeune femme commence à sentir la dureté du sol sous son postérieur et elle a une furieuse envie de se dégourdir un peu. Ce serait trop bête de mettre toute cette patience en danger sous prétexte qu’elle ne serait pas capable d’endurer si peu de chose. Et puis un ballet d’hommes et de caisses commence empruntant une passerelle qui relie le pont surélevé du navire au quai. Le docker relève brusquement la tête et tout en cherchant quelque chose du regard jette à l’eau le reste de son quignon de pain. Silencieusement, la journaliste pivote sur son fessier pour suivre le regard de son modèle et tressaille à la vue de la scène qui débute derrière elle mais semble la cerner de plus en plus. Déjà elle sent l’adrénaline se répandre en elle et le battement de son cœur changer de tempo. Elle pensait que le dispositif était déjà en place et de toute évidence elle avait deviné juste bien qu’elle ne l’ait pas identifié. Bien lui en avait pris d’arriver de bonne heure car la nasse mise en place par le prieuré s’était disposée tout autour d’elle et elle n’aurait pas pu en approcher ensuite. Rapidement elle reprend le plan des lieux et y ajoute les croix sensées représenter les hommes en rouge, en civil pour l’occasion et les ronds matérialisant les trafiquants. Des flèches décrivant les mouvements des uns et des autres complètent bien vite le croquis.

Deux de ceux qu’elle suppose être des forces de l’ordre dépassent la passerelle et se perdent dans la nuit suivis bien tôt par un autres. Ce n’est qu’ensuite que les autres se rapprochent de la passerelle. La jeune femme imagine une manœuvre de tenaille entre quai et pont du bateau si tant est que les premiers prieurs aient réussi à se glisser à bord par une autre passerelle sans alerter les malfaiteurs. Elle approuve intérieurement la stratégie ce qui ne lui coute rien, elle qui n’en est pas une spécialiste.

Elle oublie complètement son petit corps douloureux mais si peu pour risquer un œil entre les caisses et ne rien perdre de l’action. Tout avait commencé dans le silence mais tout à coup des cris prouvent que les choses ne se sont pas déroulées aussi en douceur qu’on aurait pu l’imaginer. Peut-être les prieurs ont-ils présumé de leurs forces. Un coup de feu et des oisillons rompent le filet qui les encercle. Pour eux c’est la liberté. Jusqu’au moment où…

*Mais d’où sort celui-ci ?*

Pas d’erreur, c’est un prieur qui affiche sa couleur écarlate et qui est apparu comme par enchantement devant les fuyards. L’un d’eux est déjà interpelé, stoppé net dans sa fuite. Une détonation, Un deuxième est blessé par un projectile, trébuche et renverse les caisses qui abritent la jeune femme un instant estomaquée par la rapidité de l’action. Sans doute trop fascinée par la scène qui se déroule devant elle, ou trop occupée à prendre ses notes elle a mal évalué la distance qui la séparait de l’action et la voilà au beau milieu de l’échauffourée. Elle roule sur le dos et tente de se relever pour se cacher derrière le premier obstacle qu’elle pourra trouver. Ce rouleau de filet qui attend le chalutier qui doit le prendre à son bord ? A demie pliée en deux, elle rentre la tête dans les épaules et se faufile entre les caisses renversées qui l’ont trahie. Il lui semble sentir une main sur sa cheville en tout cas, elle trébuche et rue de son pied libre. Un cri de douleur lui confirme qu’elle est dans de sales draps, mais sa jambe est libérée. Elle se redresse, il est temps qu’elle s’éloigne tant que rien de fâcheux ne lui est encore arrivé. Dans sa tête tournoient les images de l’assaut et surtout cet homme capable de disparaître et réapparaitre à l’endroit choisi. Elle a déjà entendu parler de la magie des hommes en rouge mais n’y avait jamais assisté. Le spectacle est stupéfiant et ses yeux ont du mal à réaliser que ce puisse être vrai. Elle finit par atteindre filet salvateur. Ce serait trop bête maintenant de ne pas voir le dénouement de cette pagaille. Son carnet ! Vite ! Des croix, les ronds des flèches mais aussi de nouveaux symboles et cette croix astérisque qui apparait ça et là sur le quai. Obligée de la numéroter !

Il semble qu’il jette un œil de son côté tandis qu’il interpelle un nouveau malfaiteur. Mais ce dernier ne semble pas vouloir l’entendre de cette oreille et la rouquine retient son souffle au moment où une arme blanche jaillit en direction du ventre du l’homme magique qui ne semble pas disposé, lui, à tergiverser. Les armes à feu semblent autant son rayon que la magie. La fille est impressionnée mais n’a pas le temps de le manifester ni de l’écrire. Lorsqu’elle relève la tête après une ultime griffouillade, c’est pour voir la gueule du pistolet braquée sur elle et entendre résonner un ordre et ce n’est pas la peine d’espérer une méprise, c’est bien à elle que ça s’adresse.

Si c’est possible son rythme cardiaque accélère encore. Ses notes ? La première pensée est que non ce n’est pas possible. Hors de question qu’elle s’en sépare. C’est certain elle tient quelque chose. Mais l’analyse de la situation lui indique qu’elle va avoir du mal à désobéir. Sauf si !...

« Attention ! Il s’en va ! »

L’homme au couteau ne semble pas avoir envie de jouer les spectateurs et tente de prendre la poudre d’escampette. Celui-ci semble des plus réactifs. S’il ne se fait pas prendre ce soir, un bel avenir s’ouvre devant lui. Salwa tente de rendre exemple sur lui en profitant du coup d’œil que lance le prieur du côté du fuyard, mais elle n’a pas fait deux pas que la réalité la rattrape. La fuite n’est pas la bonne option et elle renonce. La démonstration de téléportation suffit à lui prouver qu’elle n’a que peu de chances d’échapper à son berger, armé qui plus est. Elle fait face au magicien avec la tête des enfants pris en faute mais qui attendent qu’on passe l’éponge. Elle finit par lever les mains en l’air, la gauche tenant toujours le carnet et le crayon qu’elle n’a pas eu le temps de ranger dans son sac. Patiemment elle attend que le prieur approche avec un air de contrition et de cocker battu…

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MessageSujet: Re: I will bury your god in my warm spit [Salwa]   Dim 7 Oct - 22:50

Arg, il s'enfuit ! Le mec qui a essayé de m'éventrer s'enfuit ! Pourquoi ils font toujours des choses débiles dans ce style là ? Pourquoi essayer de me battre à la course ? C'est fatigant et inutile. Je me détourne de la rousse pour me mettre à chasser le fuyard. C'est un homme plutôt jeune qui arbore l'expression du gibier acculé, ça se voit qu'il va faire de la merde parce qu'il est désespéré. Désespéré par quoi ? Je ne sais pas, mais probablement que la fouille de ses poches va donner des résultats rigolos. Je déteste les forcenés qui se sentent acculés face au Prieuré. C'est les pires. Ils... bah ils t'attaquent à coup de couteau pour fuir, quoi. C'est pas très gentil. Je t'ai expliqué : même si j'ai le pouvoir magique de me guérir, c'est pas pour ça que je me prends des blessures mortelles en riant. Ça fait mal, bordel.

Mais ben... ce qui s'est passé, c'est que le fuyard a très vite croisé une prieuse. Une qui se téléporte pas, telle une idiote. Elle n'a pas vu le forcené lui foncer dessus par la gauche, occupée à ouvrir une caisse avec un pied de biche. Elle est donc bêtement restée dans le passage, et s'est prise un magistral coup de surin dans l'épaule. Le fuyard a armé son bras pour un second, sûrement dans le but de la frapper à la gorge ou quelque chose de ce style.

Je peux pas tirer je risque de rater. Il reste une autre option. Je n'aime pas me faire poignarder, mais j'ai très envie de bien faire. Si une collègue se fait tuer sous mes yeux, c'est une mauvaise journée.
Puis j'ai toujours rêvé de m'interposer héroïquement comme un gros martyr (oui, c'est incroyable, tu ne vas jamais le croire mais j'ai un petit délire malsain là dessus. Si si). Avec plein de gens qui regardent autour. Et après on me dit que c'est bien et que j'ai été très brave. Que j'ai beaucoup souffert à cause des criminels mais que tout va mieux grâce à moi maintenant. C'est proche du désir sexuel, ça se passe à un niveau tripes en tout cas. Quand on prend en compte que ma définition d'un chouette après-midi c'est de m'automutiler dans ma chambre, ça fait sens.

Donc je me suis téléporté pour m'interposer comme un gros martyr. J'ai pris un coup de couteau dans les côtes, c'était horriblement douloureux, surtout quand un de mes poumons s'est fait crever comme un vieux ballon. La sensation de la lame qui ressort n'était pas très agréable non plus. J'aurais presque préféré qu'elle reste à l'intérieur.
Normalement c'est le genre d'expérience qu'on ne fait qu'une fois, plutôt vers la toute fin, et on a pas l'occasion de regarder la chose se faire avec détachement. C'est la première fois que je me prends délibérément un coup pour le renvoyer à quelqu'un. Tout se déroule très rapidement. Le fuyard n'a pas le temps de m'achever parce que c'est lui qui a le poumon crevé.

Dans le feu de l'action, l'utilisation de la magie s'impose d'elle même. Une fois que j'étais tout poignardé, ma seule envie était de refiler ma blessure à quelqu'un d'autre. Je me suis aussi dit que je ne recommencerai plus jamais ce genre de petit tour, que j'allais arrêter d'être vicaire et refaire ma vie dans une ferme très très loin où je ne croiserai plus personne. Mais cette pensée a duré une demi seconde (une demi seconde de souffrances abominables, j'insiste).

Donc tout ça s'est déroulé à à peine quelques mètres de la rouquine. Le fuyard s'est mis à pisser le sang. Par la bouche et le nez en plus de la blessure. Le coup dur quoi. Il a très nettement arrêté de fuir, il s'est écroulé sur les fesses. Il fait des bruits de noyades, ça fait mal à voir. La prieuse qui n'est pas morte aujourd'hui s'examine l'épaule d'un air effaré. Un autre collègue arrive. La seule séquelle qu'il me reste de l'utilisation de la magie, c'est une quinte de toux parce que j'ai l'impression d'avoir fait une fausse route avec un grand verre de sang cru (le mien, en plus). Ah ! Et un autre uniforme de bousillé. Qu'est ce que j'en déglingue en ce moment. Ils vont m'engueuler au linge. Mais c'est pas ma faute ! On m'a dit d'intercepter les fuyards, et moi, j'intercepte. Voilà. J'en étais où déjà ? La rouquine ! Elle écrivait des trucs.

Je fonce vers elle. Avec mes jambes, sans me téléporter. Je suis sûr qu'elle a essayé de se barrer, elle a fait au moins dix mètres. Le tour que je viens de faire, je l'ai appris récemment et il me fatigue beaucoup. En fait, après ça j'aurais très bien pu demander une petite pause, mais je préfère aller emmerder la dame pour une seule raison : je déteste passer du temps avec mes collègues non-sorcier. Les prieurs qui ne se téléportent pas. C'est la majorité de l'effectif, en fait. J'ai du mal à communiquer avec sans passer pour un énorme cinglé. Ils ont tendance à être beaucoup trop émotifs devant les blessures c'est vraiment gênant. Et puis, qu'est ce qu'ils voient les gens ? Je suis apparu de nul part pour me prendre un coup de couteau, j'ai gerbé du sang à la figure de quelqu'un en révulsant les yeux et pouf, d'un seul coup ça va mieux et le mec en face est en train de crever. Même si c'est ma vie normale, j'ai quand même conscience que ça peut être un spectacle un peu inquiétant. C'est une mauvaise base pour faire connaissance. Je m'essuie le visage dans ma manche – mes fringues sont foutues de toute façon.

Avec les criminels c'est beaucoup plus facile de trouver de quoi discuter. Déjà, pour ce qui est du vocabulaire, je peux piocher dans le registre « ordurier » sans me prendre la tête. C'est la langue qu'on parlait à la maison quand j'étais petit, je peux y exprimer toute la profondeur de mes sentiments (mon amour des coups de couteaux dans le ventre, déjà). Et puis j'ai automatiquement raison. Ça facilite les échanges quand on est un peu timide.

- Toi ! Tu te barrais ? File moi tes trucs !

Je me tousse un peu de sang sur le menton. Vu comment je m'introduis en société, j'ai pas trop de mal à obtenir ce que je veux. Je lui arrache ses écritures des mains. Des écritures de sale criminelle. Je jette un coup d'oeil, même si j'ai pas mes lunettes (perdues, encore). Je vois... des dessins.

Y a pas beaucoup de dessins dans ma vie. Au Fort, tous les tableaux/sculptures/mosaïques/trucs servent à représenter des gens qui souffrent. Peut être que, parfois, quelqu'un a réussi à accrocher un paysage de montagne dans les toilettes, mais c'est vraiment rare. On va plutôt taper dans les visages grimaçants, les monstres, les flammes, les corps tordus. Dans absolument tous les couloirs (en grosse pierre sans fenêtre). A la rigueur, si l'artiste se sent d'humeur joyeuse, on peut rajouter une pincée de sexe par dessus. Les gens souffrent toujours, mais ils le font en étant nus, jeunes, et ligotés à des trucs (comme si j'avais pas assez de problèmes comme ça). Enfin voilà, pour moi l'art, les dessins en particulier, c'est quelque chose de pénible et anxiogène. Alors une criminelle qui dessine des bateaux au petit matin ? Ça pue la merde.

- C'est quoi ?!

Je lui agite la feuille sous le nez.

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MessageSujet: Re: I will bury your god in my warm spit [Salwa]   Mer 10 Oct - 13:42

Salwa resta un instant interdite avant de reprendre ses esprits. C’est le genre de chose pour laquelle elle se giflerait si elle avait un peu de fascination pour la douleur ou l’auto-flagellation. Bref elle se détestait lorsque ses réactions n’étaient pas à la hauteur des circonstances. Il faut dire que la réaction du prieuré avait tout fait pour la déstabiliser. Elle s’était imaginé qu’il se contenterait de mettre le fugitif en joue et de lui décocher une balle létale ou non mais au lieu de ça il s’était lancé une nouvelle fois à sa poursuite, lui laissant la bride sur le cou et la possibilité de s’éclipser, possibilité qu’elle se montrait incapable d’exploiter. Cette prise de conscience agit comme un électrochoc et la journaliste prit ses jambes son cou afin de tenter de prendre le large. Après ce qu’elle venait de voir des compétences magiques de son prieur, il était évident qu’au moment où il établirait un contact visuel avec elle, il serait déjà trop tard. La seule solution était donc qu’il ne la repère pas. Se mettre à couvert devint la seule solution à son esprit. Là ! une pile de caisses vides ! Là-bas le pied d’une grue !

Les caisses c’était facile. Derrière, la confusion de la fin de l’intervention semble se résorber. Encore quelque gémissement et elle se lance vers le pied de la grue de là elle trouverait bien une autre cachette et puis ils auront bien à faire avec les autres trafiquants sans chercher une petite journaliste. Evidemment ce n’était pas évident qu’elle soit journaliste, mais la prendre pour un des malfrats ce serait tout de même abuser.

Mais il est des jours où la chance ne veut pas sourire. Entre le contrebandier qui renverse sa cachette et maintenant la voix qui lui crie que c’est trop tard pour penser à se faire la belle, ce soir n’est pas le sien. Pas la peine qu’elle se donne plus de mal. De temps en temps il faut bien reconnaître sa défaite. Elle stoppe sa course et se retourne au son de la voix qui l’interpelle, lentement pour laisser le temps à ce cauchemar de se dissiper. Mais non, l’homme en rouge est bien là avec sa voix de tonnerre. Elle e a déjà entendu des plus aimables et des plus mélodieuses et ce ton impératif ! Elle a horreur de ça. C’est un peu puéril mais elle tape du pied de désappointement et fourre son carnet derrière son dos.

C’est un peu comme s’il allait la passer à tabac cette façon de se précipiter sur elle. Elle s’attend à prendre un coup et tente d’esquiver sa charge, mais le prieur a une envergure bien trop imposante. Il se contente de passer son bras derrière et lui arrache son carnet des mains. Il est vraiment plus grand et costaud qu’elle et malgré l’effort pour resserrer sa prise sur le calepin, le tout accompagné d’une grimace d’effort, le fruit de son travail du soir lui échappe. Ce n’est pas ses protestations qui vont apparemment l’amadouer !

« Hey ! C’est à moi ! »

Mais, elle lui aurait servi la météo du jour que ça lui aurait fait plus d’effet. Le voilà qui se permet de feuilleter son carnet ! Elle croise les bras de fureur, les sourcils froncés. Mais c’est pas vrai ! Elle est pas tombée sur un demeuré tout de même ! Un mec qui peut se téléporter peut pas être un vrai crétin avec des questions à la con !

Elle profite qu’il lui brandisse son carnet sous le nez pour tenter de remettre la main dessus mais elle n’est pas assez vive et puis il doit être rompu à ce genre de situation.

« Ca se voit pas ? Des croquis ! »

Et puis elle réalise qu’elle est en train de se faire guider par sa déception et se radoucit. Ce n’est pas en se montrant retorse qu’elle gagnera quoi que ce soit. Alors elle se radoucit et prend un ton suppliant en accord avec son regard implorant.

« S’il vous plait, rendez-le-moi. Vous voyez bien que ce n’est rien d’important. J’aimerais rentrer chez moi maintenant. »

Elle n’est pas bien certaine que le rôle de l’ingénue égarée sur les quais au petit matin et qui dessine des croquis dans le noir prenne chez le prieur, mais qui ne tente rien n’a rien. Alors, elle complète sa supplique par le triste sourire de celle qui admet sa défaite mais demande un peu d’indulgence.

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MessageSujet: Re: I will bury your god in my warm spit [Salwa]   Dim 14 Oct - 19:23

Ma situation devient inconfortable. Je regarde les « croquis ». C'est le port, avec des croix et des bidules. Ça a l'air bizarre. Mais la fille... ben elle est jeune, habillée proprement. Un teint à prendre des coups de soleil. Rien qui n'évoque le grand banditisme, le danger.
Ça reste étrange de faire des plans à cette heure ci. Je ne voudrais pas passer à coté de quelque chose. J'ai pas été très utile pour la Ville ces derniers temps... j'ai peut être mis la main sur le très jeune consigliere de la mafia locale. Ça serait cool. Mais peut être que c'est juste une artiste insomniaque. Je crois que je vais devoir faire quelque chose de très désagréable : demander conseil à un autre prieur.

En tout cas sa réaction me fait pas me sentir du coté du bien. J'ai l'habitude qu'on m'insulte, qu'on se mette à pleurer, qu'on essaye de me tuer. Pas qu'on soit indigné parce que j'ai pris un cahier. J'aime pas qu'on me sorte de mes rails. Si il faut insulter ou frapper ça va, c'est un rôle que j'ai appris au fil des années en copiant les autres. C'est facile. J'ai quand même vingt ans de boutique. Mais quand les gens réagissent comme dans une conversation normale je ne sais plus où me mettre moi !
Non, il faut être raisonnable. On est face à des documents écrits, quelqu'un habillé proprement. Ça dépasse largement mes compétences.

- J'en sais rien si c'est important. C'était pas l'endroit et l'heure pour dessiner en tout cas. C'est quoi les croix ? … HE FRERE FABIO VENEZ VOIR.

Je ne lui ai pas laissé le temps de répondre à la question, je n'y ai pas pensé. De toute façon elle va me mentir, cette sale criminelle.
Frère Fabio c'est celui qui avait l'air le plus disponible dans le coin – la sœur blessée a un peu désorganisé les alentours. Il est grand et tout pâle aussi, mais dans un autre genre. La rouquine ça va, mais moi j'ai l'air mourant (cernes bleues, tout ça), et lui il a une couperose du plus bel éclat. Rien qu'à voir sa tête dans la lumière des lampadaires, je me dis qu'il va pas décoder grand chose sur le « croquis ». Il avait l'air plus éveillé, tout à l'heure, quand je l'ai croisé vite fait de dos. Bon tant pis hein.

- Vous voyez quoi vous là dedans ?

Je tends le carnet à frère Fabio. Il ne le prend pas et il jette des regardes inquiets. Panique à bord. OK celui là il sait pas lire. Normalement au Fort on apprend ça, mais certains y sont plus poussés que d'autres. Moi ça m'a servi après alors j'ai retenu, mais je comprends que ça passionne pas tout le monde. C'est juste que là j'aurais aimé qu'on passe pas pour des blaireaux devant la dame.

- C'est des dessins !

- Ah ! D'accord ! Parce que pour la lecture, j'pense que les trois quarts de l'équipe tu peux pas compter dessus... d'ailleurs on se tutoie ? Je trouve ça plus sympa quand on bosse ensemble. Alors elle a fait quoi la petite dame ?

Mais pourquoi il me raconte sa vie ce con. C'est pas le moment on est cerné par des criminels dangereux !

- Des dessins !

- Oh c'est trop bien fait ! C'est pour quoi les croix m'dame ?

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MessageSujet: Re: I will bury your god in my warm spit [Salwa]   Dim 14 Oct - 21:26

La petite rouquine reste bien campée sur ses deux jambes légèrement écartées et les bras croisés. Elle sent monter quelques motifs de satisfaction. Cela faisait quelques minutes qu’elle avait la sensation que tout s’acharnait contre elle. Mais visiblement, le prieur qu’elle a en face d’elle n’est pas trop expéditif et c’est une chance pour elle. Ce n’est pas la réputation qu’ils peuvent parfois avoir. Il faut dire que pouvoir exécutif et judiciaire dans les mêmes mains ça n’invite pas à beaucoup de réflexion.

Elle garde un silence têtu et plein de reproche à l’égard de celui qui manifestement, et malgré sa circonspection s’apprête à commettre une erreur judiciaire. Elle n’a pas l’air de trouver que la bonne tête de moins qu’elle a par rapport à l’homme en rouge soit un handicap dont elle doive se préoccuper. C’est pour l’heure le devenir de ses croquis qui la préoccupe. Manquerait plus que ça qu’il les garde voire même qu’il les détruise ! Toute une nuit de travail gâchée parce qu’il se montrerait trop méfiant !

Il ne va pas les regarder comme ça pendant le reste de la nuit tout de même ! Ce ne sont que des croquis à l’exception de quelques dessins sur lesquels elle s’est un peu appliquée pour tuer le temps mais qui pourrait faire l’affaire un peu travaillé pour illustrer son article qui pour le moment a l’air de vouloir s’envoler à tire d’ailes. Elle aurait envie d’exprimer son impatience, mais l’embarras du prieur fait plaisir à voir et pour le moment jouerait plutôt en sa faveur. En tout cas c’est ce à quoi elle aurait envie de conclure.

Comme s’il y avait un endroit et une heure pour dessiner et faire son travail en général. Est-ce qu’elle lui demande si c’est une heure pour se téléporter dans tous les coins du port ? Elle prend une inspiration pour répondre mais devant le peu d’écoute dont elle va être gratifiée, elle préfère se taire et garder son calme. Le calme lui a toujours réussi et si elle ne nature impatiente ne ce qui concerne la menée de ses affaires, elle évite toujours les réactions disproportionnées qui donneraient de toute façon des armes contre elle à ses interlocuteurs.

Elle se demande néanmoins pourquoi il a besoin de demander l’avis d’un ses confrères. Pour être honnête, elle préfère négocier avec un seul prieur plutôt que deux. S’ils n’ont pas les mêmes points faibles ça complique les choses, elle va devoir se rabattre sur l’amour de leur fonction qu’ils doivent avoir en commun à moins que l’homme en rouge ait une place particulière puisque c’est le seul qui ait gardé son uniforme et le seul qu’elle ait vu se téléporter. Ce n’est pas le moment de se réjouir mais elle garde cette idée dans un coin de sa tête et patiente jusqu’à l’arrivée du dit Frère Fabio. Elle ne peut empêcher un haussement de sourcil vite réprimé tandis que le prieur écarlate lui tend le carnet en le questionnant. L’habit ne fait pas le moine mais à première vue ce n’est pas à lui qu’elle aurait pensé pour un avis éclairé. Elle se demande s’il est à jeun dans l’exercice de ses fonctions et si l’autre ne l’a pas convoqué pour lui faciliter la tâche. A partir de quel degré d’alcoolisme la prieuré réforme-t-il ses hommes ?

De toute façon, elle ne perd rien pour attendre. Elle sera sans doute détrompée et Fabio pourra-t-il répondre à toutes les interrogations de son collègue. Et bien non ! Parfois la vie est sans surprise et ce n’est pas plus mal parce que les surprises de la nuit jusqu’à présent n’ont pas tourné en sa faveur. Mais pour le coup cette surprise elle ne sait pas trop quoi en faire. Visibleme,nt elle passe vraiment pour une artiste aux yeux du prieur c’est plutôt flatteur et ça innocente quelqu’un qu’on soupçonnerait d’un quelconque délit. Alors elle joue comme souvent la carte de l’apaisement. Elle sourit au nouveau venu et replace gracieusement une mèche de cheveux derrière son oreille.

« Merci c’est gentil. Les croix ? C’est très pertinent comme question. A quoi est-ce que cela vous fait penser? Vous avez le droit de ne pas penser à la même chose que moi vous savez… C’est ce qui en fait l’intérêt »

Elle évite de croiser le regard de l’homme en rouge mais se demande ce qu’il doit penser de la situation. Pour le moins, la situation qu’il voulait éclaircir ne doit pas être plus limpide pour lui et il doit pester contre son balourd de collègue, contre lui aussi de n’avoir été pas mieux inspiré.

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MessageSujet: Re: I will bury your god in my warm spit [Salwa]   Lun 15 Oct - 17:53

J'ai froid. Le coup de couteau a fait des trous dans mes fringues. Et puis j'aime pas qu'on voit un morceau de mon dos ça me stresse. Je croise les bras sur la poitrine. La rouquine nous sort un truc perché d'artiste consommateur d'opium. Elle se fout de nous ! Où va le respect ? Moi je joue pas aux devinettes !

Je jette un coup d’œil mélancolique au Fort, là haut. On le voit bien à la lumière de la lune, le ciel est clair. Grand machin en pierraille noire. Ça me serre le cœur de le voir de l'extérieur, ça veut dire que je suis pas dedans.
Frère Fabio, après la réponse de la dame, me jette un regard perplexe :

- Et donc... c'est quoi qui t'inquiète avec des dessins de bateaux ? En plus, regarde, on reconnaît les maisons et tout !

Mais ça va pas du tout comment il me parle devant la dame ! On doit faire peur ! Il sort complètement du rôle avec son attitude de connard défoncé à la poudre lunaire. Ça me fait sortir du mien. J'adopte une posture un peu plus recroquevillé, celle que j'ai quand je parle à un être humain (les sales criminels ne font pas parti de cette catégorie).

- Mais... je... mais c'est suspect ici à cette heure là ! Ça pourrait être des plans de euh... euuuuh... je sais pas moi... des... Ils arrêtent pas d'inventer des nouveaux trucs de toute façon...

- Quels trucs ?

Je me mets à me ronger l'ongle du pouce. C'est une conversation avec un quasi inconnu beaucoup trop longue pour moi. D'habitude je fuis de stress bien avant ça.

- Bah euh... les... je sais pas... bah j'ai un exemple mais euh... enfin, rien que l'autre jour, y a un type... habillé tout en noir avec un masque bizarre, mais un masque tout en ferraille qui...

Qui faisait un peu peur.

- Enfin très bizarre. Il m'a rien dit il m'a foncé dessus comme un sourd en agitant une épée. J'étais même pas en service. Me dites... me dis pas que c'est pas un truc de barjot tordu ça.

- Ah c'était toi ? C'est quoi un « fleuret » ? On m'a dit qu'il avait ce truc là, mais j'ai pas osé demander ce que c'était pour pas passer pour un con.

Il prend pas ces égards là avec moi. J'aimerais bien lui expliquer ce que c'est pour qu'il soit impressionné par ma science, mais j'en ai aucune idée non plus. Je hausse les épaules. Et puis je grimace. Ah merde oui, c'est vrai, le silice. Parce que pour faire de la magie il faut que j'ai mal. Donc ça s'anticipe. Donc je prends des accessoires crado avec moi. Ou plutôt sur moi. Comme il faut changer d'endroits de temps en temps pour pas que ça s'infecte, j'ai ce qui ressemble à du fil barbelé autour du ventre, niveau estomac. C'est le genre de chose que j'aimerais ne pas avoir à expliquer à des gens, merci beaucoup. En plus celui là je vais vraiment devoir attendre d'être rentré pour l'enlever, vu que c'est sous mes vêtements. C'est plus pratique aux poignets ou aux chevilles. Enfin bref, j'ai mal et ça m'énerve.

Je me tourne vers Rouquine :

- C'est quoi les croix alors ?

Je lui fait mal par magie. Enfin j'essaye. Ça tient deux secondes parce que je m'en suis déjà beaucoup servi aujourd'hui et que je suis fatigué. J'ai oublié. La dame a à peine le temps d'avoir horriblement mal que c'est fini. Fabio a sursauté quand elle a crié. Il ne doit pas avoir l'habitude de voir des vicaires faire des trucs chelou sur un coup de nerf.

Je m'adosse à des caisses qui traînent là, j'ai la tête qui tourne. Froid. Ça va passer vite mais c'est pénible.

- Bon ! C'est quoi les... les putain de croix ?!

Fabio me lance un regard choqué.

- Ah m'dame je crois que le vicaire a pas le goût pour l'art. Il faudrait mieux pour vous lui expliquer votre truc.

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MessageSujet: Re: I will bury your god in my warm spit [Salwa]   Mer 17 Oct - 13:11

Visiblement le prieur rouge n’est pas au mieux mais elle peut le comprendre après la débauche de magie et donc d’énergie qu’il vient de mettre en œuvre. Et puis le petit matin c’est l’heure où la température est le plus basse, même si en cette saison, les nuits ne sont pas spécialement fraîches. Même elle sent un frisson de froid lui courir dans le dos et la nuque. A moins que ce ne soit la fatigue. Si tout s’était bien passé elle serait déjà couchée au risque même de ne pas profiter des heures supportables du matin et de devoir sortir par la fournaise de ‘après-midi. Ou bien aurait-elle travaillée chez elle. Mais ce n’est pas le moment de refaire l’histoire, elle a des notes a récupérer et des prieurs à convaincre. Elle sait que seuls sa présence d’esprit et son esprit d’improvisation pourront la sortir du mauvais pas dans lequel elle se trouve et que penser à ses draps ne l’aidera en rien.

Alors tous ses sens sont en alerte, tous ses sens et son intuition afin de décrypter les attitudes des deux prieurs. L’homme en rouge ne semble pas plus enchanté qu’elle d’être là si elle ne juge son regard vers son quartier général qui domine la cité ou alors cherche-t-il, lui aussi, l’inspiration ? Cela lui ferait de toute façon un point commun avec la rouquine même si ce serait un peu léger comme base pour l’amener à plus de compréhension. Pour l’heure observer semble donc la posture la plus raisonnable et la conversation des deux hommes est plutôt encourageante et malgré sa stupidité apparente, ou à cause de sa stupidité apparente, frère Fabio commence à recueillir la sympathie de la journaliste. Il ne parviendra peut-être pas à emporter la conviction de l’autre qui a l’air plus circonspect même s’il n’a pas forcément la main heureuse dans le choix de ses conseillers, mais les tergiversations pourraient lui être profitables. D’un autre côté c’est vrai, quoi, un dessin c’est tout de même inoffensif. Par chance, c’était le meilleur moyen de prendre des notes cette fois et c’est moins évident que des phrases. Elle ne peut que se féliciter de cette inspiration qui ne visait pas les regards indiscrets des prieurs ou des malfrats, mais était dicté par le nécessité.

Petit à petit la rouquine se détend un peu à mesure que les deux prieurs semblent entrer dans un débat sur l’importance de ses croquis. Elle rejette des mèches que le vent de cette fin de nuit lui envoie dans le visage, puis finit par laisser pendre son bras droit dont la main gauche prend le coude dans une position plus neutre que ses bras croisés qui exprimaient toute sa mauvaise humeur à l’encontre des événements et de l’homme écarlate en particuliers. Elle plisse légèrement la bouche sur le côté en attendant qu’ils se décide. Visiblement Frère Fabio ne reçoit pas toute l’indulgence et la compréhension qu’il était en droit d’attendre de l’autre. Visiblement, ce dernier n’est pas très réceptif à ses arguments ni même à la situation dans sa globalité.

Soudain, il parvient à faire tressaillir les oreilles et le cerveau qui se trouve entre. Elle n’a pas rêvé, il a parlé d’un type habillé tout en noir avec un masque tout en ferraille. Elle est prête à jurer qu’il s’agit de son agresseur masqué et soudain la déveine de cette nuit semble se transformer en aubaine. Le fameux vicaire ! Le dialogue qui suit ne fait que confirmer ce qu’elle souhaitait entendre. Ce n’est pas très objectif comme démarche mais elle est tellement aux aguets de ce qui a trait à cette ordure que parfois elle s’emballe pour peu de chose accentuant encore la frustration qui est le sienne depuis maintenant des semaines sans pour autant la décourager. Sur combien de pistes s’est-elle lancée sans succès ? Combien de témoignages fumeux ? Combien de pièces à conviction fabriquées pour la tromper ? Mais elle en est certaine elle finira par lui mettre la main dessus.

Elle prend une respiration pour ne pas laisser passer l’occasion et s’adresser au Vicaire, mais elle s’arrête net le souffle coupé et l’impression qu’une mâchoire de squale géant est en train de la couper en deux. Elle pousse un cri déchirant de douleur encore augmenté par la surprise. La peur lui vrille le cerveau et l’ensemble de son corps. Elle est certaine de mourir sur ce quai mais c’est impossible de l’accepter ou de s’y résigner. La douleur doublée de la terreur du néant qui la saisit la jette à terre, à genoux, recroquevillée sur elle, les bras sur les dents qui semblent s’enfoncer à travers ses chairs. C’est à peine si elle entend la question du prieur. Les larmes jaillissent de ses yeux. Elles ont au moins deux raisons vitales pour cela. Et puis tout s’arrête. C’est comme si le requin avait relâché sa proie et se décidait à reprendre le large. La rouquine reprend le souffle qui lui a manqué pendant ces quelques secondes sans fin. Elle sent une sueur glacée noyer son dos et ses tempes et deux larmes silencieuses s’écrasent devant elle sur le pavé du quai.

La question résonne une seconde fois et le prieur en civil lui donne la clé de ce qui lui est arrivée. Cette magie ! Tout le monde en parle mais qui l’a expérimentée ? Normalement les hors la loi, pas les journalistes. Elle tente de combattre la terreur qui la tient encore dans des doigts glacés. Elle voudrait de mettre en colère se rebeller mais c’est comme si toute son énergie avait disparu dans cette épreuve inattendue. Elle parvient seulement à relever lentement un regard mouillé, brillant de larmes à peine contenues vers le vicaire. Qu’est-ce qu’elle lui a donc fait pour qu’il lui inflige ça ?

« Qu’est-ce que... vous... m’avez fait ? »

Le ton voudrait être plus ferme mais la voix tremblait encore comme un écho de la mort qu’elle avait cru rejoindre. Elle n’a plus beaucoup de choix, il va falloir qu’elle réponde à cette foutue question et en même temps il reste un petit coin de son cerveau qui ne veux pas se résigner à tout livrer

« Mais c’est... quoi d’après vous à part des emplacements sur le quai ? C’est si important ? »

Elle n’est pas encore très assurée et le souvenir de la douleur encore si présente dans toutes les fibres de son corps donne à ses paroles un ton encore timoré, mais elle ressent déjà la satisfaction de ne plus sentir trembler ses cordes vocales. Elle commence à pouvoir s’en vouloir de ne pas avoir pensé que cela pouvait lui arriver et de se laisser dominer par une peur latente. Et puis cette position, à genoux, là devant ces types qui sont déjà bien plus grands qu’elle lorsqu’elle est debout ! C’est tellement humiliant ! Lentement elle se relève. Tout son être tremble des ondes de douleurs et de terreur qui l’ont traversée. Heureusement la largeur de son sarouel en dissimule en partie. Elle se tient les coudes comme pour se protéger du froid mais c’est pour maîtriser les convulsions de ses mains.

Elle se sent stupide et désemparée. Elle ne sait pas ce qu’elle peut oser face à la magie et au pouvoir du prieur. Elle a l’impression de se retrouver dans la même situation que face à l’homme masqué dont il a parlé tout à l’heure. Et dire qu’elle a pensé un instant qu’elle avait eu de la chance de croiser le chemin de l’uniforme écarlate ! Elle ne peut que tenter d’imaginer si sa réponse l’a satisfait. Ce n’est qu’alors qu’elle se rend compte que le vicaire n’a pas plus l’air dans son assiette qu’elle. Si sans doute un peu, mais cela lui donne du courage. Peut-être n’aura-t-il plus la force de lui infliger une nouvelle séance de torture. Alors timidement elle ose tenter sa chance.

« Je ne suis pas un danger pour la cité. Je… vous assure… J’ai croisé l’homme masqué… »

Elle aurait voulu demander aussi qu’on lui restitue ses notes mais ses forces commencent à l’abandonner et elle sent avec rage que quelque chose a raison d’elle. Elle espère juste que ce point commun entre lui et elle le fasse changer d'attitude à son égard, mais comment serait-ce possible alors qu'il est capable de tant de sauvagerie à l'égard de son prochain?

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