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 All that Jazz! ♔ Huoyao

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Elikia Lutyens
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MessageSujet: All that Jazz! ♔ Huoyao   Jeu 20 Sep - 18:51

Aujourd'hui est un grand jour dans l'Histoire de la musique excelsienne, un jour à marquer d'une pierre blanche et digne des feux de joie les plus solaires. C'est une coutume qu'ils ont, à la campagne, paraît-il, au solstice de la saison chaude quand la nuit tombe et que l'heure se prête aux danses et aux chants. Elikia l'avait lu un jour dans un vieil ouvrage de sociologie qu'il avait récupéré aux puces, à l'époque où il n'avait pas encore accès aux ressources formidables du Conservatoire. L'information est donc assez datée, mais elle offre encore d'agréables appas à l'imagination et laisse le jeune Prince contemplatif, à l'occasion. Il ne s'était jamais beaucoup éloigné du paysage urbain de cette bonne Excelsa, par manque de moyens pour l'essentiel de son existence, et désormais parce que son emploi du temps ne lui en offre pas le loisir. Cependant, il y a comme un air de campagne aux confins du district Manufacturier, qu'il redécouvre d'un regard émerveillé depuis le bastingage d'une navette fluviale. Bien sûr, il faut savoir oublier les coups de vent qui parfois rabattent la suie d'une haute cheminée dans la figure des rêveurs et empeste le canal, tout en faisant suffoquer l'ensemble des passagers.
Mais pour avoir vécu longtemps de l'autre côté de la rive, à Domus, où les bidonvilles deviennent plus clairsemés à mesure que le bateau approche de la périphérie, Elikia s'en soucie fort peu. Il toussote un peu comme tout le monde, puis ôte consciencieusement ses lunettes rondes pour les nettoyer dans un chiffon.

Le ciel n'est pas si bleu ici qu'au bord de la mer : partout les usines crachent violemment leurs jets de vapeur qui retapissent l'atmosphère d'une hideuse couche de graisse marronâtre. Mais cela s'améliore doucement sur le trajet, tandis qu'un peu de végétation semble reprendre ses droits. Les potagers enflent assez généreusement sous le soleil et de la luzerne arborescente pousse en pagaille sur les talus. Espèce farouche et opiniâtre, elle supporte aussi bien la sécheresse, le vent, les embruns que ce sol pauvre et pollué où elle étend son feuillage et sa floraison dorée. Non loin du débarcadère où manœuvre désormais la péniche, le Prince aperçoit un robuste bâtiment en pierre, rescapé d'un autre âge, dont le fleuve fait paisiblement tourner une large roue à aubes. L'eau frissonne et dégringole de ses pales, elle fait entendre un chant de cascade, enchanteur en ces temps de chaleur qui précèdent la Saison des Forges. Très belle journée pour qui ne travaille pas à l'usine. D'autres, en cette heure, s'asservissent à une machine avide de forces humaines pour cracher sa fournaise et tonitruer. La silhouette rupestre de ce moulin où œuvre un horloger a quelque chose de réconfortant, à l'ombre des grandes exploitations. Bien sûr, hier comme aujourd'hui, l'artisan met ses talents au service de ceux qui peuvent le payer. La plupart des citoyens excelsiens se contentent des prix abordables de la production de masse, qui leur permettent d'avoir enfin accès à des marchandises essentielles réservées autrefois à l'élite : et il faut bien l'admettre, qu'on soit un nostalgique amoureux du passé ou non, c'est un progrès.

Cependant, c'est d'un pas léger et vif, presque dansant, qu'Elikia remonte le sentier du débarcadère jusqu'à la route, évitant habilement les pavés défoncés et les ornières où croupit de l'eau trouble. Le nez en l'air et le visage radieux, il ne peut pas s'empêcher de croire qu'il y a davantage d'humanité dans l'artisanat que dans l'industrie, illusoirement ou non. Pas de membre arraché, pas de corps broyé dans la gueule d'une machine rendue folle, pas de cadence imposée sans concession par le travail à la chaîne, et enfin, un véritable sens créatif en creux de la production, un sens dont on prive les ouvriers en les consignant à une seule tâche laborieuse, absurde et répétitive du matin jusqu'au soir chaque jour de leur vie.
La frontière entre art et artisanat est mince, quand bien même l'un ait moins en vue l'utilité de son objet que l'autre. C'est donc avec confiance et tranquillité que le compositeur chemine, l'avenir de la musique excelsienne sous le bras, pour se rendre à la forge de Hei Huoyao, émigré atlasi de son état, dont sa jeune protégée lui avait vanté les mérites.

Il porte, serré contre lui, un grand carton à dessin où sont rangés les premiers plans d'un instrument qu'il avait eu l'idée de faire tracer par son luthier habituel. La base était là, mais il était devenu évident qu'ils ne pourraient pas se passer de l'aide d'un inventeur spécialisé en mécanique pour la suite. L'impatience ronronne et gronde dans le cœur d'Elikia, un sourire de gosse lui dévore la figure. Bientôt, il découvrira des sons que personne au monde n'a jamais entendus, des trésors rythmiques qui inspireront fièvre, transe et fureur, et il composera une musique lunaire, stratosphérique, qui rayonnera autour de notes bleues... Et on l'appellera le jazz.
Du moins, si le nom plaît et prend racine. Né à la Maison des Sélénites, entre les mains d'une pianiste, de musiciens étrangers et du très jeune Elikia en personne, quoique plus modestement, le ragtime annoncé la naissance d'un nouveau genre musical dans les music-halls et les goguettes depuis déjà plus d'une décennie. A force de recherches au Conservatoire et de fréquentations instructives dans les cabarets de la Ville, le compositeur était parvenu à ramasser un certain nombre de critères pour définir ce nouveau style : l'improvisation, la polyrythmie (qui lui est si chère), la syncope et bien sûr ces notes bleues, jouées ou chantées avec un léger abaissement qui exprime avec tendresse la plainte, le rêve ou le chagrin.

Habituellement, on le joue à cinq instruments : le trompette, le saxophone, la clarinette, le trombone et le piano, auxquels on ajoute parfois une contrebasse ou une guitare. Mais il était venu à l'idée d'Elikia qu'un assemblement percussif particulier pourrait relever ces mélodies d'un ton très moderne, scandaleux et divin. Quand il avait présenté le concept de cette « batterie » à son luthier, celui-ci avait ri. « Vous allez en faire du bruit, avec cet engin ! Ça va jaser dans le voisinage ! »
Et puis, une fois la plaisanterie passée, la musique qui ferait jaser s'était faite baptiser le « jazz ». C'est un nom qui murmure et qui caracole, il avait aussitôt plu au jeune homme.

Ainsi donc, le voilà à la porte ouvragée de l'artisan atlasi, contemplant avec curiosité les divers instruments qui ornent l'entrée. Il pouffe un peu, les yeux ronds devant l'ingénieux assemblage de montres qui indiquent les horaires d'ouverture, puis examine en plissant des yeux un boîtier sophistiqué qui doit permettre l'entrée au propriétaire au moyen d'un code. Enfin, ce n'est pas ce qui l'intéresse. D'un geste décidé, il tire sur la chevillette qui pend au-dessus de sa tête et un mécanisme se débloque qui fait tintinnabuler une sonnerie de l'autre côté de la porte. Il la pousse et entre, flanqué de son escorte.
Nul moyen de déambuler seul en Ville, quand on est Prince – il avait dû suivre l'ordre du Premier Prieur et se fait désormais accompagné en tout lieu par quelques soldats en rouge (à son plus grand dam). Derrière lui, ce jour-là, se tiennent Sœur Arun et Frère Jawad. La première est fort jeune mais brillante, armée de deux épées courtes. Ce qui attire son attention dans une cité si cosmopolite qu'Excelsa ne sont pas ses traits qui rappellent le pays prinnois ou atlasi, mais ses deux prothèses à la pointe de la technologie au bras et à la jambe. Du fait de ce lourd handicap, elle avait été abandonnée à sa naissance par une mère émigrée et le Prieuré l'avait recueillie. Elle avait passé son existence à s'entraîner plus durement que chacun de ses semblables pour être à la hauteur et elle les avait surpassés. Aujourd'hui, le crâne rasé et le dos très droit, elle se tient avec grand sérieux aux côtés du Prince Compositeur, dont Sœur Isabela, sa supérieure, avait estimé qu'elle saurait assurer la sécurité.
Frère Jawad, quant à lui, est un colosse à la peau sombre et à l'âge indéfinissable, silencieux et loyal. Loyal en particulier à Elikia, pour être entièrement honnête, dont il est un admirateur de toujours, bien davantage qu'aux directives d'Otton Egidio, mais il se garde bien de le crier sur tous les toits. L'accord qui les unit est tacite et Jawad sait aussi bien suivre son Prince comme son ombre que lui octroyer des moments de solitude où celui-ci est libre de mijoter autant de manigances socialistes qu'il lui chante. Véritable poids lourd, il est indéniablement capable de fracasser un crâne d'un gros coup de poing, mais il porte aussi à sa ceinture deux pistolets chargés de tenir à distance bon nombre de menaces.

Au milieu de ce tandem hétéroclite, il y a Elikia, toujours pas bien grand, toujours incapable de tenir en place, et toujours émerveillé de ce qui pourra rencontrer son regard. Il est coiffé d'un large chapeau de paille que les modistes proposent plus couramment aux femmes, mais qui lui sied à merveille : il est rond, couvert d'une fine dentelle noire, ceint d'un ruban de satin et orné de fleurs de glycines, blanches et parfumées, qui ondulent et volettent à chacun des mouvements délicats de sa tête. Son habit n'est guère moins extravagant : il consiste en une combinaison ample, cintrée très élégamment à la taille, en étoffe de soie abricot, imprimée de fleurs épanouies et immaculées. Le décolleté, enfin, est plongeant et laisse deviner les ombres de sa poitrine, mais il n'est enjolivé d'aucun bijou – simplement parce qu'on n'est jamais à l'abri de mains chapardeuses dans ces quartiers, et Elikia en sait quelque chose. Seules deux petites pierres blanches, des puces en zircon, parent discrètement ses oreilles et clignotent parfois en accrochant un rayon de soleil. Ses mains elles-mêmes sont nues – chose rare mais indispensable, par cette chaleur – et présente les stigmates détestés de son travail à l'usine, qu'il cherche vainement à éclipser avec un vernis doré.

Ses petites chaussures cirées font craquer délicieusement le parquet et il couve toute la boutique d'un regard réjoui. L'oreille en alerte, il fait papillonner son attention du ronron de mécanisme à l'ouvrage au son étrange d'une bobine qui stridule, de l'autre côté. Son bras se resserre autour de son précieux carton de dessin et il gonfle ses poumons d'une inspiration enthousiaste, avant de sourire très largement au propriétaire des lieux.
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Huoyao Hei
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MessageSujet: Re: All that Jazz! ♔ Huoyao   Mar 2 Oct - 11:24

Pour rappel je suis un jeune homme d’origine étrangère, avec tout le mépris que vous pouvez mettre dans ce mot si vous êtes de la ville, et avec un physique entre le videur -pour boite de crevette- et le fouet qui aurait dût apprendre à manier le marteau. Je fais donc soixante kilo et quelques une fois bien tremper dans l’eau et imbibé. Autant vous dire que lorsque je monte normalement en remettant ma veste comme j’ai pris l’habitude de le faire pour ne pas perdre du temps et vois les deux joyeux lurons du Prioré encadré l’homme -parce que si lui fait partie de la garde il cache bien son jeux, il a plutôt l’aire de devoir s’évanouir si jamais le sang gicle- je me demande un instant si j’ai bien fait. Ceci dit plusieurs choses me disent qu’ils ne sont pas là pour moi mais bien pour être avec lui, la façon dont ils le regarde et dont ils regardent les alentour, leurs main décontracter quand j’apparait, leur muscles qui ne se froncent pas tant que je suis encore loin et la façon de couvrir l’extérieur de la bulle qui entoure l’homme au carton.

Je résume, dans ma tête, alors que j’ouvre la grille : devant moi deux hommes armé jusqu’au dent, des membres de l’élite du Prioré surement apte à faire appel à leur discipline et leur magie bien plus rapidement que je ne pourrais réagir, garde et protège un homme, qui a l’air d’être … Une femme, ou en tout cas qui s’habille comme tel. Il a des gestes fins, et un visage souriant, il est agile, habile, son visage est un echo à sa façon d’être et un charme puissant se dégage de lui, je n’ose imaginé ce qu’il serait si il parlait. Il a tout d’un noble, mais peu peuvent se payer deux gardes de cette trempe, et puis il y a ces mains qui par le passer on travailler sans doute moins que les miennes mais plus brutalement, sans qu’on y fasse attention, et qu’on essaye de rattraper maintenant … Ce n’est pas quelqu’un qui est devenu patron, c’est quelqu’un qui est devenu bien plus important qu’un patron, et sans doute pas par le travail qui ont meurtrie ces mains car il y aurait fait attention dès le début …

Je fais un nouveau pas dans mes pensé alors que mes yeux finissent de faire le tour de la scène, les armes de ces gens sont de bonnes factures bien que je pense pouvoir faire mieux, je parle des armes non des prothèses je ne me suis jamais lancer dans ce genre d’histoire je travaille pour faire un outil à l’homme et non pas pour que l’homme devienne machine, la limite dans le jeux de la prothèse est cours et je n’ai jamais eu l’envie d’arpenter cette voix bien qu’elle me fascine autant que bien d’autres je n’en ai pas la compétence, la biologie humaine m’est trop étrangère. Les épées courtes donc ainsi que les pistolets sont à eux seuls des bonnes armes, sans jeux dans la garde, mais qui mériterais probablement un meilleur acier et un temps certain de travail … Chaque épée à dût prendre moins d’une semaine de forge alors qu’elle en aurait mériter plus de deux …

Et puis je re-remarque le carton, non il ne vient pas pour les armes de ces hommes, il vient pour autre chose, il vient pour lui, c’est lui qui est passionné par lui ici, c’est son regard qui fait écho à son cœur, il ne cherche pas l’approbation de ces hommes alors qu’il n’a probablement jamais jouer de la lame ou du pistolet … Je suis heureux d’avoir attendu de le rejoindre avant de proposer quoi que ce soit.

Mon pied d’appuis se pose de mon côté du bureau de travail que l’ouvre d’un geste habituer en me retrouvant face à l’homme, dedans tout ce qu’il me faut pour dessiné, des matériaux, quelques outils, ainsi que des complexes d’horlogerie encore non terminé … Il est temps de s’attaquer à la partie que j’apprécie moins, celle où je pèche :

Je souris à l’homme, j’ai décidé que c’était un homme bien que je n’en suis toujours pas sur … la biologie humaine … Et m’attelle au point le plus important, je lui tend la main et déclare quelques mots :

"Bonjour messire ! Bienvenu à ma forge, j’aimerais savoir ce qui vous amène et ce que je peux pour vous servir."

J’ai pris un risque avec le Messire, mais après tout j’ai toujours un semblant d’accent et au pire je metterais ma faute sur le dos de mes cheveux et de ma naissance. Les nobles aiment bien avoir un coupable.


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Elikia Lutyens
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MessageSujet: Re: All that Jazz! ♔ Huoyao   Sam 6 Oct - 23:14

L'artisan qui surgit probablement de son atelier, soudain, est un jeune homme au teint frais et à la charpente gracile, d'allure délicate et soignée. Elikia cille avec étonnement derrière ses lunettes rondes, intrigué de découvrir en ce négociant distingué celui qu'on appelle le forgeron du moulin. Son imagination s'était plu, bien sûr, à lui composer le portrait d'un de ces géants aux courbes lumineuses, rendues formidables par l'effort, aux épaules immenses, au poitrail large et au cou puissant, qui l'avaient toujours bercés d'émerveillement à l'usine, puis aux docks et parfois même au Prieuré. Il en avait souvent fait ses amants, autant par fascination que par goût du défi – car on en froisse et on en use, des draps, à vouloir dompter de si impressionnants Goliath.
Mais c'est là assez de grivoiseries pour aujourd'hui. Hei Huoyao, donc, est un petit monsieur d'apparence non moins agréable, passée la surprise initiale. Ses cheveux sont fins et fluides comme l'écoulement d'une rivière, et ses yeux en ont la clarté. Il est facile de s'improviser poète face à la finesse des visages d'origine atlasienne et prinnoise – ils ont le mystère et le charme épuré de leurs estampes. Paré de son plus beau sourire de commerçant, comme un écrin de jolies porcelaines sur sa figure sérieuse, l'artisan confirme à Elikia par son salut sa récente venue de l'étranger.

L'accent est une chose, mais surtout, il n'y a plus de noblesse à Excelsa qui exige l'emploi de tels titres depuis des siècles ! « Messire » sonne avec une grâce surannée aux oreilles du compositeur, celle des vieux romans de cape et d'épée qui le flatte irrésistiblement, même s'il sait bien au fond que cette (trop) respectueuse diligence a probablement été instruite à son forgeron par la rigidité d'une société sous le joug de la monarchie absolue. Le Conservatoire est réputé pour avoir développé un franc intérêt à l'égard de la diversité culturelle du continent, depuis ces quatre dernières décennies, et pour dialoguer volontiers avec les artistes et penseurs de tout horizon, car quand il est question d'absolu et d'universel, il serait absurde de se laisser arrêter par des frontières. Mais, honnêtement, l'idée d'une monarchie absolue en dehors de ses fantasmes romanesques inspire une répulsion instinctive au jeune Directeur. Comme si l'orgueil et la servilité ne sévissaient pas assez naturellement, il avait fallu que l'homme les organise politiquement et dresse ses semblables à les aimer. Si tant est que la valorisation aveugle de la liberté, à Excelsa, cause également ses ravages et apparaît souvent comme un véritable privilège de classe, à choisir, Elikia préfère ce vice-là à l'assujettissement sur lequel repose le prétendu esprit communautaire atlasi. Là-bas, il faudrait une révolution pour faire sauter un pareil carcan et un petit bonhomme comme lui n'aurait jamais pu prétendre changer les choses de l'intérieur. Ici, il est monstrueusement difficile d'y parvenir et les moyens à employer pour gravir les échelons sont sordides, mais au moins sa naissance ne rendait pas son ascension rédhibitoire par principe.

En somme, c'est avec un doux scepticisme, séduit par la formule, et moins par l'esprit, que le Prince accueille les aimables salutations de son hôte. Il lui rend néanmoins un très large sourire, sans pouvoir, ni vouloir dissimuler l'excitation de môme qui l'étreint si fort, depuis le saut du lit.

« Bonjour à vous, Monsieur Hei. »

Il lui tend la main, par dessus son bureau, et lui serre vivement la sienne, rêche et caleuse. C'est bien une main de forgeron. Quant à la prononciation de ce nom, aux sonorités singulières, elle n'est pas parfaite, mais elle est respectueuse – car Elikia a l'oreille fine, et probablement fréquenté plus d'étrangers au Conservatoire parmi ses élèves et ses collègues que la plupart de ses concitoyens, même sans avoir mis un seul pied hors du territoire excelsien. Il s'applique, en tout cas, inspiré à la fois par sa rigueur et sa discipline ordinaires, et sa volonté de bien disposer l'artisan.

Et pendant ce temps, son pouvoir empathique pointe curieusement le bout de son nez, comme cela arrive souvent, quand on est sorcier à la Cabale, mais Elikia la retient assez scrupuleusement, toujours réticent à empiéter trop loin dans l'intimité d'un inconnu. Il se contente d'effleurer son âme, presque involontairement, et tombe sur le trouble amusant qui émeut le jeune homme à l'endroit du genre qu'il doit attribuer à son client. Le Prince rit sous cape, en faisant dodeliner sa tête, ainsi que les glycines parfumées de son chapeau.
Il réalise également que la présence des deux Prieurs, restés à l'entrée de la boutique, perturbe également le frêle forgeron retranché derrière son bureau. Évidemment, ce genre de réactions sont aussi regrettables que prévisibles... Comme il déplore le temps où il pouvait aller et venir en tout lieu sans susciter tant d'alarme ! Mais il faut bien régler une affaire à la fois.

« Je suis Maître Lutyens, Directeur du Conservatoire d'Excelsa, compositeur, musicien, et... bien d'autres choses encore, mais elles importent peu aujourd'hui. »

Il sourit avec douceur, et une petite pointe d'espièglerie. Il arrivait encore qu'on ne le reconnaisse pas immédiatement et que malgré la présence des soldats en rouge à ses côtés, on ne se doute pas de sa fonction princière. Il aimait en profiter, le temps que cela pouvait durer, mais maintenant qu'il s'est présenté en bonne et due forme à ce Monsieur Hei, un simple sous-entendu suffisait à dissiper tous les doutes.

« En fait, je me présente à vous moins pour me faire servir que pour vous proposer une collaboration, poursuit-il en gonflant sa poitrine d'espérance, le visage radieux. Avec mon école, mais avec moi surtout, si vous voulez bien, et avec mon luthier qui n'a pas pu faire le déplacement. »

Chaque instant qui s'écoule dans cette boutique étrange, qui murmure, stridule et cliquette de tout côté, démange plus intensément la curiosité d'Elikia. Il se mord discrètement la lèvre, en laissant vagabonder un regard furtif sur les vitrines qui exposent de part et d'autre des montres dignes d'un grand joaillier, aux mécanismes minuscules, exquisément précis et ciselés, et des technologies subtiles dont il ne connaît même pas le nom. Il a envie de poser mille questions sur tout ce qui l'entoure ici – à l'exception peut-être des armes, en particulier des silhouettes menaçantes qui se dressent derrière le bureau du forgeron lui-même et qui ne remportent de sa part que quelques sueurs froides.
Ses doigts tapotent sur son large carton de dessin, pour apprivoiser son impatience, et il poursuit à l'attention de Hei Huoyao :

« Une de mes élèves est venue récemment solliciter vos talents et me les a vantés avec beaucoup d'enthousiasme, en particulier quand elle a pu bénéficier personnellement d'une de vos œuvres. Une matraque déguisée en aumônière, je crois ? »

Il lui sourit. A vrai dire, la décision que Zaïra avait prise de s'armer, après son agression, lui appartenait et il ne pouvait pas la blâmer d'en être arrivée à ces extrémités. Mais il avait pour sa part été davantage intéressé par l'ingéniosité déployée dans la conception d'un tel mécanisme – et avide de la comprendre, comme tout ce qui tombe, opaque et secret, devant son esprit turbulent sans cesse à la poursuite de nouvelles sources d'étonnement.
Cette introduction, ceci dit, lui permet d'en venir au fait.

« En somme, nous travaillions à l'élaboration d'un nouvel instrument de musique, avec mon collègue, quand nous avons compris que nous ne pouvions nous passer ni du savoir-faire ni de l'outillage moderne d'un ingénieur pour ce projet. » Cette fois-ci, il s'autorise à couvrir l'ensemble de la boutique d'un regard beaucoup plus contemplatif, avant d'en revenir au forgeron, les yeux plus brillants que jamais. « C'est pourquoi j'ai pensé à vous ! Évidemment, j'ai pris en compte que vous n'étiez pas spécialisé en lutherie, c'est pourquoi j'ai amené avec moi quantité de croquis pour vous guider... Enfin, dans la perspective où vous seriez intéressé. »

Son sourire tourne à la grimace, alors qu'il soulevait un peu son gros carton pour faire signe à l'artisan qu'il contient tout le travail dont il lui parle, et qu'il réalise qu'il va peut-être un peu vite en besogne. Il faudrait encore que ce Monsieur Hei témoigne un intérêt quelconque pour son projet pour s'avancer plus avant. En attendant, il esquisse un petit geste vers les deux Prieurs qui attendent sagement au fond et adresse une moue navrée au commerçant.

« Ah, et... je vous prie de bien vouloir m'excuser si je vous impose la présence de Sœur Arun et de Frère Jawad. » La jeune Arun qui n'avait pas pu s'empêcher de s'approcher d'une des vitrines pour en observer les articles d'un œil rond, les bras bien rangés derrière son dos, sursaute en entendant prononcer son nom et se campe au garde à vous, le dos bien droit et la mine interdite. Elikia lui sourit avec une indulgence teintée d'amusement, puis il revient à son hôte. « Leur fonction ainsi que la mienne les obligent à me suivre partout comme mon ombre. Ordinairement, je les fais attendre à l'extérieur par respect pour la vie privée de mes hôtes, mais par cette chaleur, j'aurais du remords à les laisser faire le pied de grue dehors... »

Ce n'est pas encore la Saison de la Forge, mais en fin de matinée, le zénith est pesant et il ne tient pas à ce que quiconque attrape une insolation pendant qu'il parle affaire bien à l'abri dans cet agréable moulin en pierre. C'est qu'il leur a fait assez de souci pour l'année, à ces braves Prieurs, depuis son accident de voiture à la Borée, quelques décades plus tôt. Les ecchymoses se sont à peu près effacées, sur son visage – on ne perçoit plus çà et là que quelques nuances de coloration inquiétantes en se concentrant sur le grain foncé de sa peau, mais le malaise est encore palpable dans les rangs de son escorte.
Et puis, rien ne sera dit ici qu'ils doivent ignorer. Une fois n'est pas coutume, la politique restera poliment éloignée de cette nouvelle rencontre ainsi que de ses pensées : pour aujourd'hui, il n'y a de place que pour la créativité et la curiosité.
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Huoyao Hei
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MessageSujet: Re: All that Jazz! ♔ Huoyao   Mer 17 Oct - 8:24

Je n’ai encore jamais vue d’homme comme lui, ni de femme en vérité bien qu’il me fasse pensé à quelques de ces jeunes nobles tout bien sur elle qui ont le regard qui ballade d’homme en homme et qui joue parfois de leur beauté et de leur odeur pour attirer celui ou celle qui les intéresse sans jamais faire mine de quoi que ce soit … Ce sont des gens dangereux car ils savent ce qu’ils font. Une belle fleur aux odeurs de sucre. Mais qu’importe si je devais imager je dirais que mon esprit secoue la tête alors que la mienne reste fixe et écoute le discourt de l’homme après avoir senti sa main.
C’est un main qui correspond parfaitement à celle que j’ai vue, une main de passé qui promet un avenir, une main qui se sert bien verticalement, en égale, comme si son titre n’avait pas d’importance, il ne cherche pas à s’imposer ni à se faire dominer, c’est simplement quelqu’un qui vient échanger et sans que vraiment cela me rassure, je rappelle qu’il a fait entrer un colosse et demi et une furie dans ma boutique, qui portent des vêtements rouge probablement pour faire leur lessive moins souvent. Donc il vas en falloir plus que ça pour me rassuré mais disons simplement que c’est ainsi.

Alors j’ai donc le prince dont j’ai entendu parler, à vrai dire je ne suis pas la politique, elle a quelque chose de plus pourrit encore ici que chez moi, et chez moi elle est très loin de tous les êtres que nous pouvons être alors si c’est pour avoir des odeur d’alcool de plus près fort peu pour moi. J’admets donc rapidement en classant ça dans un des coins de ma pensé, la seul chose qui m’importe c’est que c’est un des hommes les plus important de la cité, j’ai donc bien fait de m’adresser à lui ainsi.

Et puis mon cerveau classifie une autre information, alors la petite danseuse/voleuse était une de ses élèves ? Avec une relation directe avec un prince ? Elle m’a donc bien eux avec son histoire de manque de fond. Qu’importe je lui ai fait une petite réduction mais à première vue elle m’a fait de la publicité plus que viable, disons que l’échange est viable. Pourquoi armé une petite voleuse alors qu’il a des hommes de mains comme les deux pillés là ? Voilà une meilleur question, mais soyons franc je n’ai aucune envie de savoir, le savoir tue, c’est le cas chez moi, je n’ai aucune envie d’avoir fait autant de route pour mourir sur une question idiote.

"Oui c’était bien ça, charmante demoiselle si il en est question, je ne m’attendais pas qu’elle fasse mes louanges mais c’est un plaisir.

Pour votre requête, je l’accepte bien volontiers dans l’idée même si je ne sais exactement de quoi il est question et si j’en suis capable, à vrai dire j’aurais préféré fournir une arme à vos hommes car je sais que c’est dans mes compétences et que j’aime mieux travailler seul mais j’aime aussi les défis alors dites m’en plus … En attendant si vous le souhaiter je peux proposer un verre ou quelques armés pour qu’eux aussi ai quelque chose à faire si ce n’est attendre. Enfin comme chacun préfère."


Je me penche avec assiduité sur les croquis que ce noble ne tardera pas à me montrer tout en sortant des tiroirs de quoi dessiné ainsi que quelques feuilles de lourds papier assez solide pour que le compas ne ripe pas et que les feuilles puissent être après amener à la forge sans risque de perdre les dessins dans les manipulations. En bas il fait souvent chaud, facilement humide et quelques étincelles échappes parfois surtout quand je m’amuse avec du titane -spoiler, ne forger pas du titane sans savoir ce que vous faite, le petit bout de choux adore prendre feux.

Avant si il en est question je vais chercher quatre verres d’eau ainsi que possiblement quelques de mes plus belles armes, la plus part sont dans des damas longuement travailler ainsi que des acier doux tremper après dans l’acide pour révéler des effets de bois qui apportent aussi leur lots de circonvolutions. En vérité je n’apporte que des produits finit et non des produits d’entrainement comme j’ai pu montrer certain à la demoiselle avant eux, car ici il est question d’un prince et c’est, d’après ce que je sais, ni plus ni moins qu’un des quelques empereur du coin …
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Elikia Lutyens
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MessageSujet: Re: All that Jazz! ♔ Huoyao   Mer 17 Oct - 23:24

Le souvenir de Zaïra fait refleurir un sourire tendre sur les lèvres d'Elikia et il opine devant le forgeron avec un éternel enthousiasme. Cette petite violoniste est tout particulièrement chère à son cœur, avec son courage de lion, sa gentillesse admirable et ses grands yeux d'enfant émerveillée. C'est une précieuse jeune personne et une artiste promise à un avenir remarquable, dont il avait pris la décision de prendre soin et de défendre farouchement face aux embûches que la vie avait le mauvais goût de placer sur son chemin. Quand on lui en parlait en bien, il rayonnait de fierté comme si c'était sa propre fille – et pourtant, il n'avait qu'une poignée d'années de différence avec elle. C'est une drôle d'expérience, d'enseigner et de diriger une école à vingt-six ans à peine. Par moments, il se croyait l'âme d'un vieux sage, à d'autres, celle d'une mère veillant avec attention sur ses petits, mais il n'est encore guère qu'un garçon très ambitieux et fort soucieux de son prochain.

« Oui. » répond-il à Hei Huoyao, en posant une de ses mains aux ongles vernies sur le bureau. Il pouffe, amusé, en se rappelant affectueusement du tempérament intense de son élève. « On ne s'attend pas nécessairement à ce que des œuvres d'armurerie trouvent tant de grâce aux yeux d'une musicienne, mais vous avez toute son admiration. Elle semble avoir décelé en votre personne et en votre travail un amour de l'art, ou un esprit artistique qu'elle a en partage. En tout cas, vous lui avez rendu un fier service et je vous en suis reconnaissant pour elle. »

Cette affreuse histoire d'agression est du passé, maintenant, cependant il s'emploie personnellement et très activement à faire en sorte que les salauds qui avaient mis la main sur elle restent à l'ombre pendant de longues années de leurs vies. Officiellement, il n'a aucune prise sur le pouvoir judiciaire (en tout cas, pas encore), mais pour le moment, il murmure assez habilement à l'oreille du Premier Prieur pour obtenir ce qu'il veut.

Quant à l'artisan atlasi, bien qu'il ne lui garantisse évidemment pas son entière compétence en la matière, il se montre très courtois et peut-être même intéressé. C'est un premier soulagement pour Elikia qui n'a toujours pas pris l'habitude que l'assentiment des gens puisse lui tomber tout cuit dans le bec. Avec toute la civilité du monde, l'homme propose même de leur servir à boire et un coup d’œil sur son escorte qui souffre déjà de la chaleur dans leurs uniformes épais, suffit au Prince pour accepter d'un signe de tête très obligé. Décidément, ce que l'on dit de l'exquise politesse des Atlasis n'est pas une réputation usurpée.

« Vous êtes bien aimable, merci. Je vous montre tout de suite nos croquis. »

Pendant que l'ingénieur s'éclipse pour aller chercher ses verres d'eau, le compositeur en profite pour investir le bureau. D'abord, il y pose son carton, puis défait l'épingle de sa coiffure et abandonne là également son chapeau orné de glycines. Il n'est pas très convenable de rester couvert chez votre hôte quand il le devient. Bientôt, il déploie de larges feuilles couvertes de dessins techniques très propres, précis et détaillés, tracés par la main sûre de son luthier. La première page présente un plan d'ensemble des éléments de l'instrument, composé d'une grosse caisse, d'une caisse claire, de toms et de cymbales (chaque nom figure scrupuleusement dans la nomenclature). Des idées d'assemblage y sont également présentées, mais elles sont provisoires, nécessairement, car elles ont laissé les deux associés très insatisfaits.
Un problème a néanmoins été déjà résolu : la grosse caisse est désormais équipée d'une pédale, qui permettra au futur musicien d'en jouer avec son pied et d'avoir les mains libres pour animer le reste de cette chimère pétaradante.

Lorsque son compère revient dans la boutique et qu'il a distribué des armes impressionnantes à Arun et Jawad, Elikia l'accueille d'un sourire, les bras dans le dos, très filiforme dans son habit de soie qui appuie la finesse de sa taille. Il délace ses mains pour prendre son verre en lui glissant de nouveau un remerciement, puis il attend civilement que le jeune homme se penche vers ses dessins. Son profil délicat disparaît sous une cascade fluide de cheveux noirs – il se laisserait presque distraire. A la place, il prend une gorgée d'eau, puis une profonde inspiration avant de se lancer dans ses explications.

« Alors, je ne sais pas si vous avez quelques notions en musique – ou même en musique excelsienne, à la réflexion – mais au fond, si on en reste à la conception de l'instrument, ce n'est rien de révolutionnaire. » annonce-t-il, sans prétention et d'un ton rassurant. En même temps, il pointe du doigt tout ce dont il parle, assez lentement pour être compris. « Comme vous le voyez, c'est un ensemble de percussions : des métaux, des peaux et des bois. Les principaux éléments qui le composent, c'est-à-dire les fûts et les cymbales, existent déjà au sein des orchestres classiques et des fanfares militaires. En fait, tout le défi consisterait à les assembler afin de les mettre entre les mains d'un unique musicien. Dès lors, cet instrument pourrait faire son entrée dans de petites formations qui jouent déjà en intérieur, dans les cabarets, les clubs ou les salons de danse. »

L'excitation l'a rattrapé à mesure qu'il a mis son projet en paroles et il se mordille la lèvre quelques secondes, le cœur en fête et les yeux pétillants comme les braises d'un fourneau. Il relève cependant le nez de ses plans pour retrouver le regard fort sérieux de l'artisan.

« Mais outre le problème de l'assemblage, j'ai un autre motif d'embarras, car, eh bien, je ne doute pas que vous ayez déjà entendu résonner une grosse caisse... Dans un endroit clos, j'ai peur qu'une telle puissance n'écrase le jeu du reste de l'orchestre... Sans compter que je ne tiens pas à ce qu'on m'accuse de perpétrer de sanguinaires massacres de tympans à travers la Ville. »

Un petit rire clair agite son grelot dans sa gorge d'oiseau chanteur. Puis il pousse la première page sur le côté pour la laisser à l'examen de Hei Huoyao si besoin, et dévoiler une autre feuille qui figure cette fois-ci de multiples croquis de baguettes, diversement façonnées, et dont le concept, en somme, semble encore à l'état de recherche. Le garçon la fait également glisser de côté et dévoile encore d'autres modèles, de pédales, à présent, dont les mécanismes sont assez brouillons. Il plisse des lèvres d'un petit air contrarié.

« C'est pourquoi il est aussi impératif d'obtenir de ces fûts un son plus doux. Comme on jouerait assis, à l'aide de baguettes et de pédales, c'est à mon avis là que se jouent les innovations les plus cruciales. »

Ces simples mots lui causent un plaisir infini. Il sourit jusqu'aux oreilles et se laisse conduire par sa passion en agitant sa main libre et en poursuivant son exposé dans des termes moins techniques :

« Quoi qu'il en soit, je crois que l'apparition d'un tel instrument permettrait l'épanouissement de nouvelles formes musicales, qui ont déjà germé avec la pratique du ragtime dans les salles de concert populaires... Mais, hm, s'interrompt-il, soudain, en rougissant légèrement. Je m'emballe peut-être, il faudrait encore que vous voyiez de quoi je parle, désolé... »

Une petite mine confuse effleure les traits réjouis de son visage et il boit à son verre pour la dissimuler tant bien que mal, et s'assurer que sa gorge ne s'assèche pas au milieu de la conversation. Derrière lui, les deux Prieurs examinent les articles qu'on leur a exposés et bavardent à mi-voix, ponctuant leur échange de quelques exclamations admiratives (et savamment étouffées). C'est qu'ils n'ont probablement jamais eu l'opportunité d'avoir entre leurs mains d'armes aussi raffinées. Tous deux sont originaires de la garde urbaine – Arun de la Borée, et Jawad de Domus – et il est vrai que si leurs supérieurs le leur accordaient, un bel équipement de parade pourraient être sur eux du plus bel effet.
Elikia le note dans un coin de sa cervelle. Il transmettrait cette idée un jour ou l'autre à Sœur Isabela, peut-être...
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Huoyao Hei
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MessageSujet: Re: All that Jazz! ♔ Huoyao   Hier à 10:57

Je regarde ces plans, et mis à part un assemblage d’objet destiné à faire autant de bruit que mon marteau pilon en bas je ne vois finalement pas grand-chose. Malheureusement ces derniers ne feront pas des étincelles et un objet au final mais juste un bruit qui par définition est lui éphémère. Je suis moins sensible à ces choses-là, l’éphémère à une beauté mais je l’aime moins que la beauté brutal et perpétuelle d’une arme un d’un objet qui reste par-delà le temps. Je pense que l’éphémère doit être bien plus beau pour avoir quelque chose qui retient l’âme que la création dure qui elle à l’espoir de rencontré un jour une âme qui lui fera écho. Mais là n’est pas la question du jour et si je m’en voudrais sans doute toute ma vie si j’habitais en ville d’avoir créé cette chimère de bruit quand le voisin du dessus décide que ça sera son instrument, je vie dans un moulin et en compagnie d’un marteau pilon qui fait bien plus de bruit que ne le fera jamais cette chose alors au diable les citadins.

Je souris et je regarde les assemblages. Rapidement je me dit qu’il y a deux moyens de jouer de cette chose, debout, quitte à la mettre sur le dos comme un gras sac, ou assis, mais l’homme me donne déjà la réponse, il doit être jouer assis et longtemps, dans un orchestre, il faut donc qu’il soit bien réparti, bien posé que l’ensemble soit facilement accessible, que tout le soit … Je me doute rapidement que tout doit l’être à portée rapide mais cela reste l’assemblage de quatre caisses différentes, d’une grosse à mettre à première vue au sol sur le flanc, et d’un tas de disque.

L’assemblage est donc logique, c’est l’assemblage d’un bureau, en rotation légère autour du siège, sur deux ou trois étages, et avec la grosse caisse au milieu, il suffit après de chercher un semblant de symétrie pour être joli et le tour est joué … Mais je ne suis pas musicien et ces instrument ne me disent vraiment rien car si le tambour existe partout chez moi il ne ressemble pas du tout à cela. De plus en vérité je ne comprends pas leur problème de pédale, c’est un système bien simple mon marteau pilon par exemple comprend un déclencheur à pédale qui est relier à variateur et avec la pression cela me permet de contrôler le niveau de descente de ce dernier … Autant dire que c’est bien plus complexe qu’un simple entrainement coupler à quelques engrenages … Voir même plus simple, un pédalier coulé à un ressort qui remonte seul avec une batte et le tour est jouer.

Il me manque maintenant à pouvoir entrainer les disques de cuivre mais c’est finalement le même système, un simple entrainement qui vient embarquer depuis le centre celui du dessus …

Il reste donc surtout des questions simples mais des vrais question d’ingénierie :

"Combien d’instrument voulez-vous pouvoir jouer en même temps ? Vous avez deux mains, avec lesquelles voulez-vous la finesse des mains ? Lesquelles peuvent se permettre d’être entrainer au pied ? Mais surtout il vas être nécessaire de travailler l’emplacement … Vous aller jouer de celui-ci ? Vous voulez que tous les instruments soit identique ou que l’on puisse les déplacer l’une des caisses d’un endroit à un autre en fonction de ce que vous voulez jouer.

Le plus simple serait … Si vous voulez bien vous assoir sur ce tabouret ? De mettre devant vous la caisse, sur le plan qui serait actionnable avec un pied"


Je me met à croquer la chose en même temps poussant des tabouret autours pour représenter les caisses ainsi que des plateaux de présentations pour les autres, ça me permet de vérifier mes idées de hauteur rapidement avec quelqu’un dont les mains sont habituer à jouer.

"Si je mets donc la caisse ici sur le flanc, j’imagine qu’elle monopolise l’un des deux pieds, mais vous pouvez échanger …Vous avez besoin ici d’un premier niveau, un peu haut, pour être fasse au public, ce que vous allez le plus utiliser puisqu’il est important de regarder la scène surtout dans des petits orchestres, donc ça serait plutôt ?... Ensuite il m’en reste deux, autour de vous, mais pour ne pas vous démener les bras je propose un cran plus bas ce qui me permet de mettre ceux-ci ici à cette hauteur, si vous faites jouer vos épaules ?
Je n’ai pas l’habitude de travailler avec un corps assis je vous laisse donc voir à quelle point vous pouvez l’atteindre. Laquelle est la plus agréable ? Le plus simple reste toujours de se mettre en situation, le principe restant quand même de faire quelque chose de réglable, si c’est vous ou votre garde du corps les réglages ne seront pas les mêmes mais dans l’idée ils doivent être proche. Sinon ça n’as pas de sens.

Pour les baguettes je peux en fabriquer mais je doute d’être meilleur que votre luthier, par contre j’ai des matériaux avec lesquelles vous pourrez jouer pour avoir différentes puissances de son car ils absorbent plus ou moins l’énergie."


Je tourne un peu autour de lui, jouant rapidement avec ses distances regardant ses bras comme si c’était des machines, les limites de ce qu’ils sont capable, les zones qui vont les fatiguer. Et puis rapidement je propose un croquis, assis, le système en arc de cercle que l’on peut étendre si l’ont veux rajouter des instrument, la ou les caisses en front car cela pose les formes, et entre trois ou quatre niveaux possibles pour que tout soit facilement atteignables, des système pour les régler facilement télescopique avec un petit serrage munie d’une noix oblongue pour une prise en main simple. Quant aux pédales plutôt que les systèmes à engrenage je reste sur l’idée du ressort pour rabattre plus simple à changer et à entretenir.

Heureusement que je n’ai pas de magie d’empathie ceci dit sinon en entendant l’idée qu’il traite les armes que je présente d’arme d’apparat je lui aurait montrer comment un damas massacre un acier classique et à quelle point je travaille l’acier de mes armes pour qu’elles restent avant tout des armes. Pourquoi les gens veulent-il séparé apparat et utilité alors que le damas, bien que plus long et plus cher fait les deux avec grâce ?
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