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 Exercice d'acrobatie ♔ Elisabeth & Artemis

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Elikia Lutyens
Prince Compositeur

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Fiche : Stay Focused & Extra Sparkly ★
Vice : Acharnement & Intransigeance
Faction : Conservatoire
District : Balnéaire
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Occupation : Prince Compositeur. Premier Maître du Conservatoire et sorcier de la Cabale.

MessageSujet: Exercice d'acrobatie ♔ Elisabeth & Artemis   Mar 11 Sep - 15:39


Il est près de sept heures et demi du matin, déjà, mais la journée a démarré de bon train depuis l'aube pour le jeune Prince Compositeur. Ce n'est certes pas contre ses habitudes, mais plus que n'importe quelle autre période de l'année, la Saison de la Forge impose de s'activer avant que le soleil ne touche son zénith. Comme tout Excelsien frappé au coin du bon sens et du privilège, Elikia avait pris parti de se mettre au travail à quatre heures et de se ménager une pause vers dix ou onze heures, jusqu'à quinze ou seize heures. Parfois, cependant, ses responsabilités le contraignaient à ne pas quitter son office de l'après-midi, c'est pourquoi il avait fait installer des volets en moucharabieh qui préservaient son bureau comme l'ultime bastion de fraîcheur face à la fournaise urbaine. Que voilà un élégant petit miracle de l'existence pour un dispositif antique !
Bien sûr, outre le précieux atout naturel que représente ici le fait d'être noir, Elikia avait su glaner bien des combines, et même en inventer certaines (dont il n'était pas peu fier) pour lutter contre la chaleur. Il ne pousse pas encore l'excentricité jusqu'à porter de longues jupes fluides – pourtant si confortables – pendant des négociations d'une telle importance, mais dans d'autres circonstances, il ne se serait pas gêné. Pour l'instant, une connaissance précise et méticuleuse des variétés de textile le garde admirablement de ces taches de sueur fort disgracieuses qui ont la méchante habitude de venir se nicher sous les aisselles. Vraiment, quand on a les moyens, c'est une sérieuse faute de goût de ne pas commencer à se pencher sur le problème. Transpirer dans des habits si chers, vraiment, non, c'est une honte, c'est impensable.

Ce jour-là, il a revêtu un ensemble aux tons marins, alliant une chemise blanche aux coutures et aux ombrages bleu pastel, en mousseline de soie, avec un pantalon vert mousse en voile de coton. Le détail de cet habit qui fait la différence, c'est son col découpé et conçu comme des ailes de papillon, brodées en camaïeu bleu paon, noir et bleu fumé. La brise légère qui passe par la fenêtre entrouverte les soulève délicatement et fait comme frémir leurs écailles dans un poudroiement coloré. Son pantalon est parfaitement cintré, taillé sur mesure, et sa taille haute souligne la finesse de ses hanches et de ses jambes – dont on devine, à leur agilité et leur souplesse, qu'elles ont été sculptées pour l'art de la danse. Sa chemise, quant à elle, est légère et aérienne, elle adopte le même mouvement que le flot calme de la mer. Ses manches sont bouffantes, nouées par de petites manchettes bleues qui surmontent des mains sveltes et racées, que le travail à l'usine a néanmoins très cruellement usées. D'ordinaire, il dissimule ces blessures de guerre sous des gants à l'étoffe raffinée mais aujourd'hui, il a décidé de jouer cartes sur table. Nul besoin de faire oublier à ses invités qu'il venait du peuple et qu'il avait travaillé comme un esclave pour leurs semblables, par le passé. Personne ne serait assez hypocrite pour ignorer ici les enjeux de leur rencontre.
Ces vêtements épanchent un parfum aux accords végétaux et marins, un souffle frais où on décèle la présence du lotus, enrobée de freesia, de pivoine et de lys blanc, et relevée d'un œillet plus épicé. Un fard à paupières turquoise, très vif, presque effronté, rehausse l'intensité de ses yeux noirs derrière ses lunettes. Enfin, des pendants d'oreille en subtiles chaînes dorées complètent habilement sa parure, émaillés de pierres opaques aux reflets aquatiques, agates, jades et lapis.

Tout dans son apparence est à la fois impeccablement soigné et disposé à une certaine féerie, à la façon d'un philtre qu'on a concocté pour quelque exquis enchantement. C'est la première fois qu'il s'apprête à mener de réelles négociations dans ce bureau au Palais des Princes, et pour compenser l'austérité de son ameublement (la famille Shah s'était assurée qu'il ne lui reste pas même un bureau pour travailler, à la mort du vieux Denvis), il n'a négligé aucun de ses atouts. S'il fallait battre des cils pour distraire ses hôtes de la mauvaise facture de son mobilier, il le ferait plutôt deux fois qu'une. La pièce, d'ailleurs, a toujours l'air trop vaste pour son propriétaire notamment dans le fond, où elle s'élargit franchement, illuminée par de grandes fenêtres donnant sur une cour fleurie et ensoleillée. Le seul aménagement que sa bourse lui a autorisé pour le moment concerne le changement du papier peint que ces deux affreux siamois (Alexander et Amélia) n'avaient évidemment pas pu emmener avec eux – une tapisserie hideuse, couleur bistre ou marronnâtre, qui absorbait toute la lumière à la Saison du Repos  – ce n'était donc une perte pour personne. Elikia l'avait troquée contre une œuvre d'un de ses amis au Conservatoire, une grande fresque végétale sur un fond vert très pâle, agrémenté ça et là d'hibiscus incarnats et sur l'un d'un murs, d'étonnants flamants roses en groupe, au plumage velouté, qui paressent entre de somptueuses feuilles de palmier.
Il n'y a bien que le parquet qui a subsisté au grand chambardement de son élection : des boiseries à bâtons rompus, en chêne huilé, dont les contrastes parfois très foncés donnent un aspect moderne à la pièce. Pour le reste, le bureau a été trouvé chez un vieux brocanteur, et les fauteuils, au nombre de trois (deux, à l'origine, mais le maître de cérémonie a cédé le sien en faveur d'un de ses invités, car Monsieur Mac Alister viendrait accompagné de Mademoiselle sa fille) ne sont pas loin d'être inconfortables. En tout cas, ils sont usés jusqu'à la corde. Elikia se contenterait d'une chaise en bois, derrière le bureau. On compte également la présence vénérable d'une bibliothèque, où se bousculent des livres de droit, d'études sociales, d'économie, de philosophie et de théorie musicale – en plissant des yeux, il est possible de rencontrer un titre de recueil de poésie, de roman ou de pièce de théâtre, échoués là dans un océan de lectures sérieuses. Enfin, des plantes épanouies côtoient des piles de dossiers ficelés, amoncelés contre les murs comme autant de tours ambitieuses et branlantes, un petit meuble cabossé accueille un phonographe, fier bijou de la technologie, et, surtout, on trouve dans cette pièce un bon piano, un violon déposé sur sa caisse, et une harpe aux finitions en acajou, à laquelle le petit jeune homme est installé depuis deux bonnes heures maintenant.

Il avait pris pour habitude de tenir son esprit occupé, plutôt que de le laisser en proie à l'attente qui le réduisait souvent à une espèce d'insupportable petit paquet de nerfs gigotant sans but entre deux collègues à importuner. Ce n'est pas une mince affaire qu'il a à traiter, aujourd'hui, il est vrai. Il y a des décades qu'il prépare cette rencontre, qu'il descend régulièrement à Domus ou au District Manufacturier pour interroger des ouvriers, à l'heure où la cloche sonne la fin de leur labeur quotidien, et qu'il planche sur le droit excelsien aux archives du Palais, où il ne trouve que des bribes éparses, confuses, parfois inachevées de législation sur le travail. Tout reste encore à construire et Elikia ne poserait la première pierre de ce chantier titanesque qu'après avoir fait la paix avec les Industriels. Disons, avec certains industriels. Pas question d'avoir les yeux plus gros que le ventre quand on discute d'alliances, on risquerait fort de compromettre quelques idéaux en chemin. De toute façon, rien ne trouve grâce aux yeux de la plupart des grands magnats que la Machine, tenue en laisse par son petit roquet capricieux et braillard, le Profit, qui la traîne partout où il lui chantera de lever la patte. Et rien ne les rendra plus prolixes au monde que ce noble et glorieux tableau. Nul besoin de s'interroger plus longtemps sur les goûts du vieux Denvis en matière de tapisserie.
Toutefois, Elikia devra s'efforcer de laisser ses formules tapageuses au placard pour cette fois. Elles lui ont régulièrement valu la haine des patrons, rugissant au sommet de leurs fortunes fabuleuses, davantage que ses arguments sur lesquels ils ne prennent jamais la peine de se pencher. On aime ne retenir du socialisme qu'une caricature brutale, contre laquelle il est plus aisé de combattre. Aussi, les piques dont le scandaleux petit directeur du Conservatoire avait bardé ses écrits autrefois – pas plus de deux ans plus tôt, en vérité – lui desserviraient très probablement à l'heure des pourparlers. Il faudra polir soigneusement son langage pour ne heurter la sensibilité de personne, en ce jour, et s'interdire tout débat partisan en faveur d'un discours éminemment pratique. Sans quoi il ne convaincrait personne.

D'autant qu'il a su assez bien choisir ses interlocuteurs pour espérer que la discussion se déroule sans accroc. Artemis Fletcher, tout d'abord, propriétaire de la Verrerie Zarzycki, avait donné assez de son temps à tourner autour de la meule comme une bête de somme pour être considéré comme un partenaire potentiel, d'après ses informateurs. Les circonstances de son ascension sociale, en revanche, restent encore floues – et ce point noir, peut-être, faussera tous les pronostics. Edmont Mac Alister, de son côté, détient une manufacture d'armement sans grande prétention encore et aurait beaucoup à gagner d'une telle campagne publicitaire. Elikia les a tous deux convoqués là pour sept heures et demi et il tâchera de les chouchouter jusqu'à ce qu'à la façon de fruits trop mûrs, leurs signatures tombent d'elles-mêmes sur le Contrat qu'il leur a mijoté.
Quelques minutes plus tôt, un membre du personnel est d'ailleurs venu à sa demande glisser dans le bureau un chariot de rafraîchissements et de viennoiseries, qu'il a rangé à proximité des trois fauteuils.

Dans l'un d'entre eux repose Sœur Isabela, l'officier du Prieuré commandant à la garde personnelle d'Elikia, qui se repaît de musique comme une sirène profite du chant de ses semblables, allongée lascivement sous la caresse du soleil. A vrai dire, la jeune femme est plus affalée que lascive, à cet instant précis, écrasée sous le poids d'un chat énorme, ventripotent, mais superbe – un Maine Coon blanc et crème, aux oreilles cendrées et aux yeux bleu électrique, du nom de Cyrano. Balançant lentement dans les airs sa queue lourde et touffue, l'impressionnante créature ronronne de concert avec les cascades bondissantes que le Prince tire de son instrument et parfois, de plaisir, il sort ses griffes et laboure savamment l'uniforme d'Isabela. Elle le laisse faire, patiemment, et c'est sûrement ce pourquoi le redoutable animal la choisit régulièrement comme trône ou perchoir.

Elikia, de son côté, est trop concentré pour le gronder : ses doigts dansent avec une précision diabolique entre les cordes de sa harpe. Ses lunettes sont coincées dans ses cheveux et son visage juvénile n'exprime rien d'autre qu'une dévotion absolue à son jeu, à son morceau, ainsi qu'à l'instant présent. Seul le son que rend son instrument et les vibrations dont il frémit, entre ses bras, guident son esprit éperdu de sensations sur le fil ondoyant de sa mélodie. Des thèmes vont et viennent, comme la mer qui respire, la marée qui gonfle chaque jour et se retire, mais ils ne sonnent jamais à l'identique et surprennent parfois même l'oreille de son auteur, qui s'essaie à quelques expérimentations, extirpant parfois de sa harpe des envolées étrangement percussives. Les cordes claquent d'un bruit très inhabituel, qu'on ne s'attendrait pas à associer un jour à ce vieil instrument qui se mue magiquement en vaisseau pris dans la tourmente. Et puis, à nouveau, le flot s'apaise sous ses mains caressantes qui régissent à la douceur comme à la brutalité inattendue du tempo. Ses gestes sont tendres, amoureux, et pourtant c'est avec une application précise et méticuleuse qu'il maintient l'intensité. Le plan de cordes frémit longuement sous ses glissandos et soupire comme une fontaine jaillissante et chantant les accords les plus cristallins, tandis que le poing fermé du musicien s'abat de quelques petits coups secs sur la table d'harmonie, pour imprimer à la mélodie un rythme plus saccadé.
Par moments, il fait curieusement riper ses cordes, ou réalise un glissando du bout de ses ongles vernis, appelle des échos mystérieux en sourdine, et les sonorités qu'il découvre, au timbre très pur, semblent dériver d'un monde lointain, céleste et lunaire, où règnent des harmonies inentendues.

Quand il achève un de ces mouvements très inspirés, il s'interrompt quelques instants et attrape un petit carnet ou une feuille de partition pour griffonner hâtivement ses idées. Il avait achevé son dernier opéra la saison dernière, et chanteurs et musiciens étaient en répétition depuis lors. La première aurait lieu à sa prochaine fête d'investiture, qui approche à grands pas, et en attendant, l'esprit turbulent du compositeur vaque déjà à d'autres projets. Quelques jours plus tôt, il avait écrit cette pièce dédiée à la harpe – instrument qui le fascine depuis une bonne dizaine d'années, et pour lequel il expérimente sans cesse de nouvelles techniques. Il l'avait fait écouter à Maître Doherty, son collègue chorégraphe, qui lui avait immédiatement commandé de développer le morceau et de lui produire une entière musique de ballet. L'argument n'est pas encore tout à fait fixé, mais il serait à peu près question, sans doute, d'un voyage en mer. Eli n'a de toute façon pas besoin qu'on lui fournisse un thème pour composer.
Après avoir noté fébrilement des remarques sur l'utilisation possible d'un hautbois ou d'une trompette, il retourne à son jeu en suivant un vif élan d'enthousiasme. Les sonorités étroitement arrangées de sa harpe bondissent à nouveau dans son bureau et se répercutent dans les couloirs du Palais en se faufilant par la porte entrouverte.

Ses invités ne tarderont pas à faire leur entrée.
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Artemis Fletcher
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MessageSujet: Re: Exercice d'acrobatie ♔ Elisabeth & Artemis   Mar 11 Sep - 19:08

Tu reçois toute sorte de missive, certaines n’ont aucune importance mais tu te plais dans la tâche simple des lires personnellement et de passer au travers chacune d’entre elles. Comme c’est un geste machinal que tu fais tous les matins, ça ne s’accumule pas sur le coin de ton bureau déjà très désordonné. Ce matin-ci l’unes d’entres elles étaient différente et particulière. Un beau papier, un doux parfum ainsi… que le sceau princier. Sur le coup, tu pensas qu’il s’agissait d’une blague ou même d’une arnaque. Mais tu te risquas à l’ouvrir. Il s’agit réellement d’une missive princière. Tu peux sans mal lire la convocation. Une très belle main d’écriture, du moins, toujours mieux que la tienne qui fait quasiment des fautes à tous les mots. C’est pratique une secrétaire.

C’est donc ainsi que quelques jours plus tard après avoir envoyer une réponse à la machine mais signé personnellement tu te retrouve à te rendre au palais. Au petit matin tu as bien veillé à faire raser cette barbe qui commence décidément à prendre trop d’ampleur. Tu as même demandé conseil à ta secrétaire en matière de vêtement, si bien qu’elle t’a trainé dans les boutiques pour remédier à la situation. Rien n’est trop beau ou trop chic pour une telle rencontre. De plus, la majorité de tes vêtements sont pas mal usés, excepté ceux que tu porte en réception qui commence plus à moins à gagner la poussière dans ton placard. La jeune femme qui t’accompagne prend d’ailleurs beaucoup trop plaisir à te taquiner quand tu essai les différentes chemises et vestons. Tu pense pratique avant tout mais elle semble vouloir que tu porte quelque chose de plus « officiel ».

Tu te présente donc en ce jour à l’entrée du palais princier avec l’invitation du prince compositeur à la main. Cette fois, ta secrétaire a jugé bon de t’empêcher de marcher jusqu’à là. Demandant un petit fiacre pour ton déplacement. Cette femme prend soin plus de toi que tu ne le fais toi-même. Prétextant que la poussière ne fait pas bon ménage avec la nouvelle paire de chaussure propre qu’elle t’a fait acheter la veille. Une chemise blanche propre, un veston sans manche gris foncé avec quelques reflets verts dans son imprimé lignée, un pantalon de la même couleur, ajusté, propre et repassé. Des tissus aussi naturels que possible pour éviter la suffocation de la température actuelle. Sous son conseil tu as aussi opté pour un parfum très subtile et masculin, une odeur boisée et épicée. Rien qui puisse te rendre mal à l’aise si l’on venait à fourrer son nez dans le creux de ton cou. Tu n’as d’extravagant que ton chapeau haut de forme et les boucles sombres qui orne ta tête. Ta seule crainte est que l’on ne remarque trop la touche féminine de ta secrétaire en termes de vêtements.

Tandis que tu passe les premières portes, tu ne peux pas t’empêcher d’entendre une mélodie. Sur le coup, tu pense que tu délire sous le stress mais tu comprends très vite qu’il ne s’agit pas de ton imagination. Guider par un membre du personnel, tu arrive enfin dans ce hall trop grand et beau pour être vrai. Qu’est-ce que tu fiche là ? Amélia aurait raison de vouloir t’arracher la tête, tout comme bon nombre d’industriel qui n’hésiterons sans doute pas à te lapider pour avoir rencontrer celui qui a pris la place qui aurait dû revenir à l’industrie. Le souci, est que tu tends à croire que tu pourras profiter d’une telle rencontre.

Ton arriver est donc annoncée lorsque l’employer du palais toqua à la porte et entra sous la permission.

« Monsieur de la verrerie Zarzycki est arrivé votre Altesse. »

Tu fais preuve de patience et de calme alors que ton chemin va croiser celui d’un prince. Machinalement, tu as retiré ton couvre-chef et tenter maladroitement de replacer quelques boucles sauvages du sommet de ton crâne bien garnis. Rien à faire, tu as eu un peu chaud sous le chapeau et la forme est resté. Une fois à l’intérieur du bureau, tu ne pus que dénoter les lieux. Tout se semble élégant et travailler à quelques détails près. Il ne reste quasiment rien de son prédécesseur, du moins c’est ce que tu suppose d’après les paroles d’Amélia sur le sujet, elle aurait vidé la place au maximum de sa capacité. Puis ton attention se tourna rapidement vers les individus déjà dans la pièce. Une femme, un chat et… le prince. Ce dernier est d’ailleurs très joliment vêtu. Tu ne saurais être aussi élégant que ce dernier. Ce genre d’accoutrement ne t’ira pas le moins du monde.

« Votre Altesse. »

La fierté ne faisant pas parti de tes priorités en ce moment, tu courbe l’échine en guise de salutation plus que poli. Tes semblables n’auraient peut-être pas fait autant en matière de courbette.

« Artemis Fletcher propriétaire de la Verrerie Zarzycki. »

De la gauche tu tiens ton haut de forme avec une certaine forme de nervosité. C’est un mauvais tique que tu as de jouer avec son rebord quand tu n’est pas à l’aise.
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Elisabeth Mac Alister
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MessageSujet: Re: Exercice d'acrobatie ♔ Elisabeth & Artemis   Sam 15 Sep - 19:15

Il était de plus en plus courant que son père l’associe aux longues discussions d’affaires qu’il était amené à avoir… Lyzie s’en était bien rendue compte car si, avant, elle avait le temps d’allier soirées mondaines et temps dans son précieux atelier, ce n’était presque plus le cas maintenant. Et ce n’était pas quelque chose qu’elle appréciait vraiment. Toute cette partie formelle, administratrice et guindée avait tendance à l’ennuyer. Elle préférait, et de bien loin, passer ses journées à l’usine, entourée par les ouvriers et la chaleur des forges. Cela n’avait peut-être rien de glamour mais c’était encore la vie qu’elle préférait mener.

Aujourd’hui, elle se retrouvait à devoir lutter contre une toute autre chaleur.  A l’usine elle pouvait parfaitement se permettre de suer à grosses gouttes dans sa tenue de travail, on en attendait pas moins d’elle après tout. Mais ici, en pleine attaque mondaine, elle se devait de présenter une apparence impeccable. Pas de transpiration, pas de cheveux qui dépasse, pas de trace de graisse étalée sur sa joue par inadvertance. Il lui avait suffit de voir l’invitation posée sur le bureau de son père pour comprendre qu’elle n’aurait pas le droit à l’erreur… Pendant un court instant elle avait même un peu paniqué à l’idée qu’il ne cherche à l’envoyer seule au Palais. Fort heureusement ce n’était pas le cas…

Profitant de l’ombre dispensée par son élégante ombrelle de dentelle noire, la jeune femme laissa son regard balayer le Palais. Dans son dos le claquement des sabots du cheval de la voiture que son père avait loué semblait s’éloigner en emportant ses derniers espoirs de pouvoir se soustraire à ses devoirs. Elle ravala déception et désespoir pour afficher le personnage plaisant et abordable qu’elle était lors des soirées auxquelles elle était obligée de participer. Elle n’avait même pas pu rester dans l’une de ses tenues quotidienne, devant troquer ses pantalons terriblement pratique contre jupons et corsets. La jeune femme ne doutait pas que cela devait mettre certains de ses atouts en valeur pour la gente masculine mais elle trouvait souvent la mode féminine bien peu pratique. Comme lorsqu’il fallait naviguer des escaliers, jupe dans une main, ombrelle dans une autre.

Peut-être que le nouveau Prince n’aurait pas été échaudé par son apparente frivolité si elle était venue avec son tablier de cuir et des traces de poudres un peu partout ? Cela aurait été un bon moyen de tester son caractère… Et peut-être que des observateurs extérieurs aurait pu le prendre contre une pique directe concernant son arrivée au pouvoir au détriment d’une certaine personne qui ne semblait pas l’avoir très bien vécu… Son arrivée au pouvoir n’avait pas été sans provoquer quelques vagues, surtout dans leur milieu. Lyzie ne s’intéressait pas suffisamment à la politique pour pouvoir affirmer qu’elle comprenait tous les tenants et les aboutissants de ces jeux de pouvoir. Cela ne la touchait qu’indirectement, au travers l’entreprise de son père. Du moins jusqu’à maintenant… Le fait qu’elle soit en train de gravir les marches du Palais Princier en prenant garde de ne pas trébucher sur ses jupons laissait sous-entendre que son père commençait à estimer qu’il était temps pour elle de prendre un peu plus de responsabilités. Même si elle n’en voulait pas…

Elisabeth était une bricoleuse dans l’âme, une bidouilleuse, une jeune femme qui n’était vraiment heureuse que lorsqu’elle était laissée seule dans son atelier à dessiner, créer, inventer. Travailler pour son père lui permettait, jusqu’à maintenant, de pleinement assouvir ces passions. Maintenant, elle commençait à comprendre qu’elle ne faisait pas vraiment partie de la fourmilière qu’était l’entreprise d’Edmond Mac Alister… Elle n’aurait jamais l’audace de se comparer à la reine de la colonie mais elle faisait partie du haut du panier. Plus une outsider qu’elle ne le pensait initialement puisqu’elle aurait peut-être à diriger la dite fourmilière un jour.

C’est sur cette dérangeante pensée que la famille Mac Alister fut accueillie puis dirigée vers le bureau du Prince Lutyens. Lyzie était heureuse d’avoir son ombrelle, cette dernière se transformant aisément en occupation pour ses mains, masquant ainsi parfaitement sa nervosité. Elle laissa l’employé les annoncer avant d’entrer et de découvrir qu’ils ne seraient finalement pas seul avec le Prince. Son père et elle ne laissèrent rien paraître de leur surprise, mais Lyzie sentit immédiatement que son père commençait à reconsidérer ses premières assomptions concernant cette rencontre.


-Votre Altesse, Edmont Mac Alister, pour vous servir.

La salut qu’il adressa au Prince était très formel et fort rigide, laissant entrapercevoir une nervosité qu’il cachait habituellement bien mieux. Nuls doutes que la présence surprise de Fletcher l’avait déstabilisé. Mais il parvint tant bien que mal à se rattraper aux bonnes manières, tenant son haut de forme avec poigne comme si cela pouvait l’aider à conserver sa contenance.

-Et voici ma fille Elisabeth.

La jeune femme, elle, se contenta d’une petite révérence… Lutyens était un Prince après tout, quelle que soit ses origines ou sa façon d’être arrivé là. Elle n’était certainement pas en mesure de juger si c’était une bonne ou une mauvaise chose. Elle savait juste qu’il serait formidablement imprudent de lui manquer de respect maintenant…

-Votre Altesse… Monsieur…

L’homme au haut de forme lui disait quelque chose… Mais, elle n’étant pas certaine de son identité, elle avait préféré garder une attitude prudente plutôt que de lui manquer de respect par inadvertance en se trompant de nom ou, pire, en le saccageant. L’inclination qu’elle lui adressa n’en était pas moins respectueuse, juste un peu moins formelle… Elle n’en oublia pas pour autant la femme au chat qui eut droit à un sourire et un mouvement du chef. L’inconnue semblait être un membre du Prieuré et devait probablement là pour assurer la sécurité du Prince malgré l’énorme félin qui semblait presque l’immobiliser.
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Elikia Lutyens
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MessageSujet: Re: Exercice d'acrobatie ♔ Elisabeth & Artemis   Lun 17 Sep - 22:50

Quoi qu'on pense de l'humilité des gens du peuple qui ont accédé au pouvoir, il est drôlement plaisant pour Elikia de recevoir une profonde révérence de la part d'un grand propriétaire. Il jubile silencieusement, un grand sourire aux lèvres, sa harpe encore inclinée entre ses bras. Un enthousiasme flatté palpite dans sa poitrine, tandis qu'Artemis Fletcher se redresse, un peu raide, mais élégant, son chapeau haut-de-forme à la main. Il en gigoterait presque sur son tabouret de piano, mais par bonheur, il se maîtrise assez pour ne pas en arriver là. De toute façon, aussi agréable ce spectacle soit-il, il devra bientôt y mettre une halte : Excelsa n'est pas Atlas et les Princes ici n'exigent pas tant de flagorneries et de ronds-de-jambes. Du moins, il ne lui semble pas franchement raisonnable d'en exiger.
D'autant que le pauvre Artemis, dont le bout du nez a à peu près balayé toute la surface du sol pendant l'opération, n'a sans doute fait preuve de tout ce zèle que par inexpérience ou par appréhension. Un léger mouvement de son Empathie en direction du Verrier suffit à Elikia pour se rendre compte de l'étendue de sa nervosité. Aussi, fort déterminé à mettre son invité à l'aise, le Prince lui adresse son sourire le plus large et le plus sincère en se levant de son tabouret. Ses yeux noirs crépitent d'une énergie lumineuse, il s'avance vers lui d'un pas vif.

« Ah, Monsieur Fletcher ! »

Il lui tend la main et serre fermement la sienne, malgré la finesse de ses doigts, subtilement ciselés par ses activités artistiques. En face, Artemis arbore un regard inquiet dont la clarté ressort cependant très avantageusement, assortie à son costume. Le gris, c'est un choix prudent, très formel, mais les reflets verts donnent à l'ensemble une originalité quelque peu impertinente et à la fois de très bon goût qu'Elikia apprécie d'un coup d’œil. Sa gourmandise pour la mode vestimentaire se réjouit allègrement de ce petit spectacle, confortée surtout par le sentiment que l'Industriel s'est donné du mal pour lui faire bonne impression.
En effet, l'homme lui-même est un peu raide dans son habit qu'il étrenne aujourd'hui pour la première fois à l'évidence – il l'a probablement acheté pour l'occasion. Ces quelques maladresses, à la façon de ce chapeau haut-de-forme à chasser impérativement de sa garde-robe en pareille saison, sont somme toute pardonnables. Son costume fait tout à fait honneur à sa silhouette : une taille fine et de larges épaules, qui font oublier que l'âge pèse discrètement sur ses traits, et qui en d'autres circonstances auraient pu le laisser rêveur. Enfin, une poigne solide, un parfum chaleureux, assez de bonne volonté pour contrevenir aux caprices d'enfant gâtée de l'héritière Shah... C'est une ébauche prometteuse.

« Bonjour, ajoute Elikia de sa voix enjouée et chantante, c'est une joie de vous accueillir en ces lieux ! Mais, je vous en prie, ne... »

C'est alors que la porte du bureau s'entrebâille et que d'un toussotement respectueux, Cédric, le majordome, annonce les derniers invités. Edmont et Elisabeth Mac Alister font donc à leur tour leur entrée. Ils s'accordent tous deux sous le signe de l'austérité, dans des habits sombres qui pour la fille cèdent même le confort à la rigidité des mœurs. Elle a l'allure élégante et sévère d'une femme d'affaires, mais un corset, pendant la Saison de la Forge... c'est une torture qu'Elikia frissonne d'envisager. Quoi qu'il en soit, ces deux-là sont venus moins dans l'intention de plaire que de parler de choses sérieuses : autrement dit, ce seront peut-être des interlocuteurs plus intransigeants. Cela n'empêche pas le fabricant d'armes de s'incliner à son tour, avec la grâce d'un croque-mort.
Elikia lui offre un très large sourire en relâchant la main d'Artemis. Elisabeth, pendant ce temps, le salue également d'une révérence – c'est que décidément, ils se sont tous passé le mot. Il lui sourit à son tour, en trahissant finalement un peu de gêne pour tout ce cérémoniel. Mais il remarque aussi au passage que si les traits de son père sont très fermés, elle présente une figure plus avenante et il médite aussitôt sur les raisons pour lesquelles Edmont a sollicité de venir accompagné. La jeune femme a le visage étroit, délicat et rieur, un port altier et en même temps une taille imposante ainsi qu'une constitution robuste qui laisse penser qu'elle n'est pas étrangère aux travaux manuels. Voilà peut-être l'atout séduction de leur entreprise.

Néanmoins, s'ils prennent bien soin de cacher leur déconfiture, il n'échappera pas à un sorcier cabaliste que le père est gagné par un sentiment de méfiance et de déception face à Maître Fletcher, et que son héritière n'est pas ravie d'avoir été traînée ici. Leur mécontentement flotte mollement dans l'air et rejoint l'appréhension nerveuse d'Artemis pour peser sur les épaules d'Elikia, avec toutes les responsabilités qui lui incombent en cette heure. Il est temps de motiver les troupes !
Alors, il bombe le torse, lève le menton et leur serre la main à l'un et à l'autre avec un sourire d'une grande assurance.

« Enchanté, Monsieur Mac Alister. Mademoiselle... Mais comme je m'apprêtais à le dire à Monsieur Fletcher ici présent, nul besoin de révérence, vous ne me devez pas la dévotion. » Ses yeux pétillent d'un éclat complice. « Vous êtes ici en qualité de partenaires potentiels, et non par la volonté d'un despote ombrageux. S'il vous plaît, prenez place. »

Il leur désigne les trois fauteuils destinés à accueillir leurs heureux postérieurs. Sœur Isabela, pendant ce temps, a chassé le monstre qui trônait sur ses genoux et s'est relevée, dominant chaque occupant de la pièce de toute sa stature. S'approchant d'Eli, elle se penche à son oreille et lui fait entendre qu'elle va se poster à la porte, dans le couloir, pour écarter quiconque pourrait venir déranger leur réunion en cercle restreint. Il opine et la remercie aimablement, tandis qu'elle se retire.
Le Palais est suffisamment pourvu de gardes pour qu'il soit nécessaire à un Prince de s'entourer aussi de son escorte, mais la compagnie de cette géante au bon cœur met toujours le compositeur dans d'agréables dispositions.

Cyrano, l'énorme matou qui tenait autrefois la gente souricière sous un règne de terreur, quand Elikia vivait encore sous les combles, dans un appartement miteux, monte sur le tabouret de piano et s'y assoit pour toiser les invités d'un air impérial. En passant à grands pas, son maître le flatte légèrement le long de son échine et contourne son bureau pour faire front aux trois Industriels.

« Je voudrais à la fois vous remercier et vous féliciter d'avoir accepté mon invitation, même s'il n'est pas encore certain que nous tombions d'accord sur quoi que ce soit. Il est toujours plus judicieux de saisir les opportunités quand elles se présentent, comme vous le faites, plutôt que de prendre le train en marche. » Une reconnaissance sincère se peint sur son visage et il s'appuie à deux mains sur la table pour les regarder chacun dans les yeux. « Car certains changements s'amorcent et je suis heureux d'avoir deviné que vous, Messieurs – et Mademoiselle – auriez assez d'audace pour y faire face. »

Il se sent vaillant, Eli, devant ces puissants propriétaires qu'il surplombe pour le moment de sa courte taille. Vaillant et prêt à en découdre. Ces négociations, il les avait espérées, puis attendues toute sa vie, depuis que son jeune esprit avait conçu une indignation balbutiante, à l'usine, et peu à peu, dans le taudis où il habitait avec sa sœur et ses parents, dans les rues infâmes et puantes de Domus jusqu'à celles, magistrales et somptueuses, du District Virtua, sa révolte s'était élaborée et en se développant avait mûri en des théories pointues et en un plan, surtout, d'ambition colossale.
Ces changements qu'il veut apporter au monde de l'Industrie, c'est la raison essentielle pour laquelle il est devenu Prince. Et il est là, désormais, avec le pouvoir d'engendrer un monde neuf et plus juste. Il a l'air presque exalté en observant ses invités puis, il finit par leur sourire de nouveau avec une parfaite courtoisie.

« Navré de vous avoir fait lever aux aurores, cependant. Je vous offre un rafraîchissement ? »

Il semble incapable de s'asseoir ou même de tenir en place. Rapidement, il se détourne et se dirige vers le chariot de boissons pour leur présenter un choix assez étendu de jus froids, de citronnades, de limonades aux fruits variés, de thés et même une théière de café encore fumant, auprès des viennoiseries qu'ils sont invités à goûter. Après tout, à sept heures et demi du matin, pour beaucoup, c'est encore l'heure du déjeuner. Sans se préoccuper des convenances de son rang, il sert chacun selon leur souhait, très civilement, avant de se verser quant à lui un grand vert moussant de limonade à la menthe. Il y fait tomber un peu de glace pilée, puis, enfin, il va s'installer sur son inconfortable chaise en bois depuis laquelle il scrute tout ce beau monde avec intérêt.

« Bien, avant toute chose, je tiens à m'assurer que nous partons sur de bonnes bases. » Il prend une longue gorgée de limonade, que son corps accueille dans un frisson de bien-être. Un peu d'air passe à travers le moucharabieh. Il sourit, s'accoude à sa table et croisant les doigts sous son menton, il demande d'un ton conciliant : « C'est pourquoi je serai direct, quoique j'ai tâché de m'informer préalablement : comment vont vos affaires ? »

La question peut sembler purement protocolaire, mais elle a en réalité plus de portée qu'il n'y paraît. Il a choisi ses interlocuteurs en grande partie pour la stabilité de leurs recettes et pour le renouvellement moyennement dynamique des capitaux de leurs entreprises. Il aurait pu s'adresser à de grands magnats de l'industrie, mais ils n'auraient pas eu grand-chose à gagner à collaborer avec un socialiste de son espèce. En ce qui les concerne, Artemis Fletcher et Edmont Mac Alister peuvent encore trouver du profit à signer un contrat avec lui, tout en restant à l'abri de la banqueroute, dans le cas où le pari qu'il veut leur proposer devait mal tourner. Et Elikia serait, par la même occasion, à l'abri d'un scandale financier d'où il ne pourrait jamais revenir. Il imagine déjà les gros titres dans les journaux : « Une expérience socialiste liquide la productivité de deux entrepreneurs honnêtes et travailleurs et les met sur la paille ! »
C'est hors de question.
Autant s'assurer en bonne et due forme qu'ils ont les moyens de s'engager dans cette aventure.
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Exercice d'acrobatie ♔ Elisabeth & Artemis
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