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 Hot isn't it?

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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Hot isn't it?   Dim 9 Sep - 8:45

« J’attends quelqu’un… »

Salwa Hawabazzi haussa les sourcils et esquissa un petit sourire qui réclamait l’indulgence de la serveuse qui venait prendre sa commande.

« Fort bien je repasserai. »

La soubrette de « l’Âme du Titan » tourna les talons tandis que la journaliste tirait doucement sur la chaînette qui plongeait dans son profond décolleté imposé par les chaleurs de la saison de la Forge et retenait sa fidèle montre camais, ancien cadeau de son père.

La saison de la Forge tenait toutes ses promesses de chaleur mais fort heureusement, Son contact du jour avait choisi un lieu qui se prémunissait de la canicule par des fenêtre étroites et préservait sa fraîcheur_ si tant est que vingt-cinq degrés au jugé puissent être apparentés à de la fraîcheur_ par des courants d’air transitant sans doute par une cave. La décoration jouant avec des azulejos blancs et bleus sur fond de murs blanchis gardait un peu du peu de clarté qui pénétrait. Bien sûr il fallait faire quelques concessions à la lumière du jour et en pénétrant dans le bar on papillonnait pour habituer ses yeux à la demie lumière bleutée quitte à se donner en spectacle aux déjà présents qui en avaient de toute façon fait autant lors de leur propre arrivée.

Ce n’était pas que la journaliste déteste la chaleur mais elle et le soleil avaient des effets indésirables sur sa nature de rousse. Coups de soleil et rougeurs tracassaient sa coquetterie, sans parler de cette transpiration moite dans laquelle le corps semblait devoir s’engluer. Et encore ne pouvait-elle se plaindre par rapport au commun des mortels qui menait une vie plus laborieuse que la sienne. Comme à chaque fois que les températures montaient et surtout que le soleil trônait fier dans le ciel, elle avait choisi sa tenue pour sa légèreté et la fluidité des formes et des tissus. Elle aurait volontiers jeté son dévolu sur une robe de fine soie et dentelle mais la réponse à sa demande de rendez-vous le fixait dans le quartier Domus. S’il n’était pas aussi mal famé que la Borée, il n’était pas besoin de tenter les démons des nécessiteux et des malhonnêtes.

Evidemment le blanc était de rigueur afin de réverbérer le rayonnement solaire, mais adieu le blanc uni trop voyant. Elle avait donc revêtu une robe de fine cotonnade blanche (tout de même) à fine rayures bleues verticales, sans manche. Proche du corps au niveau de la poitrine, elle jouait avec toutes les échancrures possibles compte tenu de l’endroit et tout en restant dans le bon goût, même si cette notion était personnelle à chacun. Elle aurait aimé un dos nu jusqu’au milieu de sa cambrure mais c’était à peine s’il découvrait ses omoplates. Ses petits seins par contre s’accommodaient très bien du décolleté en V qui plongeait jusque sous le sternum. Comme les rideaux de baldaquins la robe s’ouvrait à l’avant par un empiècement jaune pâle à chaque pas qu’elle faisait. En fait à mie cuisse les drapés étaient déjà suffisamment ouverts sur ses jambes pour les laisser apparaître et l’air s’infiltrer.

Accroché au montant du dossier de sa chaise de rotin, son chapeau de paille à large bord ceinturé d’un ruban noir, rappelait qu’elle évitait ainsi de rougir sous les feux du ciel. Enfin, une minaudière de vieux cuir un peu crouté lui permettait de transporter sans faire étalage d’un luxe ostensible, ses accessoires de première nécessité, en premier lieu son matériel de prise de notes.

En parlant de luxe, c’était pour elle un vrai luxe que de pouvoir se vêtir en s’adaptant à toutes les circonstances. Sa garde-robe pouvait témoigner qu’elle pouvait tout aussi bien paraître à un cocktail que passer inaperçue dans les quartiers les plus populaires ou mal fréquentés. Son métier l’exigeait et cela revenait à y engloutir une partie de son salaire. Heureusement, elle ne pouvait nier que c’était une exigence qui lui convenait parfaitement, jusqu’à parfois se déguiser en d’autres Salwas bien différentes que ce que sa coquetterie tolérait d’ordinaire. Par bonheur aujourd’hui, elle se sentait à son aise et attendait patiemment l’arrivé de son contact.

Quatorze heure vingt-sept. Cela faisait cinq minutes qu’elle était là et son rendez-vous ne devait arriver qu’à trente. Elle avait pris l’habitude d’arriver toujours quelques minutes à l’avance à ses rendez-vous professionnels. Il était hors de question pour elle de faire attendre ceux qui acceptaient de la rencontrer et d’autant plus lorsqu’il s’agissait de personnages aussi importants que celui qui ne devait plus tarder. En effet c’était non moins que le Directeur de l’Apothicariat qui avait bien voulu lui accorder une entrevue. Cela faisait un petit moment qu’elle désirait enquêter ou pour le moins questionner les hautes études d’Excelsa et cette première rencontre avec Eidrich Palmer était, elle l’espérait la première de trois puisqu’il s’agissait pour elle de faire le tour et de comparer ce que proposait les vénérables institutions de formation de la cité. Elle avait pu vérifier que si elle avait pu bénéficier des enseignements du Conservatoire, d’autres se voyaient refuser l’entrée ici ou là pour des raisons encore mal connues. Rien que ce genre de différences méritaient d’être connues et pourquoi pas d’évoluer mais ce n’était pas de son ressort.

Elle jeta un regard alentour dans la salle peu fréquente du bar. Elle ne savait trop ce qui avait motivé le choix de cet endroit plutôt que le bureau du « Directeur », mais elle ne doutait pas qu’ils seraient plutôt tranquilles pour cette entrevue. Evidemment, avant de se présenter devant le Directeur de l’Apothicariat, elle s’était penchée sur sa biographie et le moins que l’on puisse dire était que l’homme gardait une grande part de mystère. Même pour en trouver des photos, il fallait bien chercher ce qui était plutôt étonnant pour une personne de son rang.  Ce qu’elle avait retenu était qu’elle aurait à faire à un esprit et des mains brillants si elle en jugeait l’âge de ses diplômes de médecine et de ses premières opérations sur les organes de tout sorte. En revanche on savait peu de chose sur son entourage, ses relations hormis celle de l’Apothicariat qu’il dirigeait avec méticulosité. Le dernier point qui était sûr est qu’il n’avait que très peu goûté sa défaite face au Prince Compositeur et qu’il valait mieux qu’elle évite le sujet en tout cas aujourd’hui sauf s’il le faisait lui-même… Ses photos laissaient présager d’un caractère austère et méfiant. Il serait sans doute à prendre avec des pincettes.

Lorsqu’elle reporta son regard sur l’entrée du bar une haute silhouette mince se découpait à contrejour. Elle plissa des paupières avant de le reconnaître et se leva pour l’accueillir le plus poliment possible. Elle se décala de la table pour pouvoir lui serrer la main.

« Docteur Palmer ?... Salwa Hawabazzi… Ravie de vous rencontrer »

Son ton en effet trahissait en effet le plaisir de rencontrer le médecin spécialiste des greffes d’organes qui faisait la réputation d’Excelsa.

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Eidrich Palmer
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MessageSujet: Re: Hot isn't it?   Sam 15 Sep - 12:14

Cela faisait presque deux semaines qu'Eidrich n'était pas sorti de l'Apothicariat. Mais au vu de la chaleur qu'il faisait dans le district Domus, il se demandait s'il n'aurait pas préféré y rester une semaine de plus. L'hôpital et les couloirs de l'académie ne disposaient que de peu de fenêtres, et les couloirs étaient pour la plupart longs et sombres, ce qui permet de garder une certaine fraîcheur. Par conséquent le changement de température assez brusque est assez dur à encaisser.

Longeant les murs et évitant au maximum les zones de lumières dans les rues relativement vides en ce début d'après midi, Eidrich lutta pour avancer dans cette chaleur. De plus, le déjeuner copieux à base d’œufs et de fromage n'était peut être pas une bonne idée. Une salade légère aurait été bienvenue, mais ces derniers temps, le directeur est tellement occupé qu'il n'a des fois même pas le temps d'avaler ne serait-ce qu'une bouchée de pain.

Palmer sorti une montre à gousset de sa poche de pantalon, surveilla l'heure, et ralenti le pas. Il était en avance et n'avait pas envie d'arriver éreintée à cette interview. Il profita de son rythme de marche plus calme pour réajuster sa veste légère couleur cachou qu'il avait juste déposé sur ses épaules, histoire de ne pas finir brûlé par les rayons du soleil. Il avait en dessous une chemise blanche tout ce qu'il y a de plus banal et un gilet de costume noir, assorti au pantalon. Eidrich s'était autorisé à sortir sans cravate ni nœud papillon cette fois ci, ne serait-ce pour éviter de mourir étouffement avec cette chaleur, mais avait quand même mit ses mocassins en cuir, histoire de réajuster l'équilibre vestimentaire. Même si une petite partie de ses habits finissent à la poubelle ou dans la cheminée tâchés par quelques gouttes de sang lors d'une opération "surprise", le directeur reste quelqu'un d'élégant et le choix de ses habits n'est pas laissé au hasard.

Finalement arrivé à destination, Eidrich poussa la porte du bar, et senti comme une léger courant d'air de fraîcheur lui caresser le visage. il poussa un léger soupir d'apaisement et passa la porte.
Le bar était comme à son habitude à cette heure là : très calme. Situé proche de la mer, c'était le choix numéro un des dockers et des pêcheurs après une dur journée de labeur à l'heure de la débauche.
Le directeur fit un petit signe de la main au tenancier du bar, qu'il connaissait depuis quelques temps déjà, et donna un rapide coup d'oeil aux alentours. Une homme mal habillé lisait le journal devant son café, la serveuse, elle, était en train de prendre la commande d'un autre jeune homme assis plus loin, et une femme rousse presque trop propre sur elle pour l'endroit semblait fixer le directeur. Il ajusta ses lunettes et s'approcha tandis qu'elle se leva.

- Docteur Palmer ?... Salwa Hawabazzi… Ravie de vous rencontrer

- De même. J'espère ne pas vous avoir fait patienter trop longtemps.

Eidrich tandis la main vers la journaliste du nom de Salwa.

- Désolé pour avoir choisi ce lieu plutôt que quelque chose de plus officiel, mais j'avais besoin de changer d'air. Puis-je vous offrir quelque chose à boire ?

Le ton de la voix d'Eldrich, comme à son habitude, était assez sec, mais pas dénué de bienveillance.
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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Re: Hot isn't it?   Sam 15 Sep - 18:09

La journaliste apprécia la poigne du Directeur de l’Apothicariat et son ton direct. Elle comprit immédiatement que même pour dire « je t’aime » à quelqu’un il devait avoir le ton d’un métronome très peu sensible aux vibratos du violon qui joue à côté de lui. De son côté cela ne la dérangeait absolument pas elle qui avait appris à calquer son ton sur ce qu’elle identifiait comme les attentes des interlocuteurs. Elle pouvait tout aussi bien se montrer timide, assurée, énergique, soumise, grave ou enjouées du moment que cela pouvait l’aider à obtenir ce qu’elle voulait, elle n’avait cure des jugements de son amour propre ou de son égo qui se nourrissait bien mieux des ses succès, professionnels ou pas, que de l’image qu’elle renvoyait aux autres.

Le spécialiste des greffes d’organe semblait être quelqu’un qui allait droit au but et ne s’encombrait pas de simulacre de politesse même s’il paraissait maîtriser un minimum les conventions sociales. Elle afficha donc un visage ouvert mais sans le sourire que la plupart semblait apprécier chez elle. Seul un battement de cil voulait indiquer qu’elle était flattée de rencontrer Eidrich Palmer et était déjà toute prête à l’écouter et à en apprendre plus sur lui est ses occupations même si le système éducatif développé par l’apothicariat devait être le centre de leur entrevue.

La réputation de ce personnage était celle de quelqu’un d’un homme méticuleux jusqu’à la manie et peu enclin aux relations interpersonnelles. Pourtant l’absence de cravate à son costume trois pèce dont la veste pendait à son épaule gauche, montrait qu’il pouvait faire des concessions à ses manies surtout quand al chaleur torturait le genre humain comme aujourd’hui. Il devait donc posséder un minimum de sens pratique et de capacité à s’adapter au principe de réalité ce qui était pour la rouquine une grande qualité. L’homme n’est pas un athlète loin s‘en fallait, mais bénéficie d’une prestance un peu raide que sa tenue du jour privée de nœud, vient un peu décontracter et ses lunettes ajoute un air lunaire à son regard aiguisé bien qu’un peu fatigué. Le mélange peut se vanter d’avoir un certain charme.

La première urgence était de rassurer le nouveau venu sur son temps d’attente. Elle lui avait montré qu’elle était désireuse de ne pas le faire patienter, elle devait aussi faire en sorte qu’il ne ressente aucun malaise en pensant qu’il avait été pris en défaut de ponctualité.

« Je viens d’arriver… »

En outre, elle apprécia à sa juste valeur l’offre de consommation du praticien d’une légère inclinaison de tête, qui dédouanait en même temps le praticien du choix de cet endroit. Qu’ils fassent ça ici ou ailleurs, du moment que leur entrevue se déroule de manière sincère et propice à un article qui tienne la route. Elle aurait ça sur le toit du monde si cela avait pu le lui garantir. C’était un peu présomptueux de sa part, elle qui n’avait jamais quitté le niveau de la mer et dont les activités sportives se limaient à arpenter les rues d’Excelsa et puis il y a d’autres façon de faire monter son rythme cardiaque…

« Et bien, c’est si aimablement offert. Si ce n’est pas profiter de la situation, un granité de citron serait parfait pour lutter contre cette chaleur. »

Ce n’était certes pas sa boisson préférée bien qu’elle l’apprécie, mais un thé aurait eu le don de la faire transpirer au bout de trois gorgées et elle n’avait cure de l’adage imbécile qui voulait que les boissons chaudes finissent au bout du compte, par mieux désaltérer et refroidir le corps, si c’était pour dégouliner de ses propres sucs et sentir ses vêtements lui coller au corps, pire encore, se demander ce que le médecin en face d’elle pouvait penser de cette femme en nage.

Elle attendit que le médecin s’assoie pour en faire autant en lissant d’un rapide passage de mains derrière elle, sa robe sous son séant afin d’éviter les faux plis et lui laissa le soin de faire signe au serveur qu’ils désiraient passer commande. Etant donné que c’était lui qui avait proposé cette première consommation. Autour d’eux les gens semblent entrer dans une moite léthargie et ils sont apparemment les seuls à se contraindre au dynamisme. Même le tintement des verres, derrière le comptoir, se fait entendre comme assourdie par l’atmosphère.  La rouquine a fait le nécessaire pour que la saison ne la transforme pas en écrevisse dans son bouillon de cuisson mais elle a une certaine admiration pour la tenue de son vis-à-vis qui lui permet tout de même faire bonne figure.

En attendant l’arrivée de leurs boissons qui ne devaient pas tarder, elle sortit son carnet de notes et son fidèle crayon déjà taillé. Le carnet lui-même était tout à fait ordinaire, mais était recouvert d’une couverture de cuir couleur terre de sienne aux motifs en creux sombre art-nouveau. Au centre, une pièce d’acier à l’effigie d’un arbre millénaire laissait s’échapper une lanière de cuir qui permettait de maintenir le précieux cahier fermé, une fois enroulé autour. Elle posa ses deux outils devant elle, légèrement sur la gauche pour ne pas paraître impatiente, les mains posées l’une sur l’autre sur la table.

« Je vous remercie encore de m’accorder un peu de votre temps qui doit être précieux et nous pourrons commencer dés que vous le désirez. »

Elle savait par où elle allait commencer, ce qui était bien normal dans sa situation et avait déjà le corps de ses questions à la fois en tête et déjà couchées sur la dernière page annotée de son pense-bête. On ne savait jamais, il était toujours préférable d’avoir préparé ses interviews, même s’il fallait aussi être capable d’improviser en fonction des réponses et de la tournure de la conversation. Le but était d’être efficace et de ne faire perdre du temps, ni à l’invité de son article ni à elle-même quoique cela fît partie de son métier.

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Eidrich Palmer
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MessageSujet: Re: Hot isn't it?   Sam 15 Sep - 21:16

Juste après l'annonce de ce que voulait boire Salwa, Eidrich se tourna vers le tenancier du bar qui acquiesça instantanément au regard du directeur. Sans un mot, il cessa alors son activité et commença alors à préparer la boisson de la journaliste, ainsi qu'un café. Palmer posa alors sa veste sur le dossier de sa chaise, et s'assit confortablement, les jambes croisées, de dos appuyé sur le dossier, les mains superposées sur son bas ventre.

- Je vous remercie encore de m’accorder un peu de votre temps qui doit être précieux et nous pourrons commencer dés que vous le désirez.

La journaliste avait une certaine assurance dans son regard. Ce regard qui donne l'impression d'être déjà pris au piège, et de perdre le contrôle, le tout mêlé à un charme à peine dissimulé. Eidrich commença déjà à se méfier - comme à son habitude - alors qu'aucune question n'avait encore été posée.

- Il n'y a aucun problème. J'imagine que le fait d'éclaircir le système éducatif ainsi que de présenter un peu plus l'Apothicariat ne peut nous être que bénéfique. D'autant plus que le district Pharma dans son ensemble est assez vaste et possède une multitudes de bâtiments aux fonctions diverses.

Au moment ou Eidrich finit sa phrase, la serveuse apporta les deux boissons. La première était un grand verre de glace pilée jaune accompagnée d'une cuillère et d'une paille en métal, et décoré avec une rondelle de citron vert ainsi que d'une feuille de menthe posé sur le dessus.
La seconde était un café chaud servi dans un haute tasse en verre avec 3 couches distinctes : Tout en bas, un liquide ambré hypnotisant de par sa couleur et la lumière qu'il renvoie. Le whisky soutient alors une couche de café noir à la manière d'un dégradé artistique. Et pour finir en beauté, une légère couche de crème fouettée saupoudré de cannelle, le tout accompagné d'une paille paille en métal et d'un biscuit.
A la vue de son Irish cofee, Palmer eu du mal à cacher un soupir de satisfaction. Cela faisait si longtemps qu'il ne s'était pas accordé ce petit plaisir que s'il était plus émotif, il sauterait de joie. Malheureusement, un "Merci" sec et sans saveur à la serveuse fut la seule réaction du directeur.

Eidrich rapprocha le café vers lui, se redressa sur sa chaise et prit la paille entre ses doigts. Il tapa machinalement la paille sur le bois de la table et commença à jouer avec, à la faire tourner et glisser dans une valse fluide et hypnotisante.

- Commençons, voulez-vous ?
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Salwa Hawabazzi
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MessageSujet: Re: Hot isn't it?   Dim 16 Sep - 16:21

Visiblement le directeur de l’Apothicariat s’était lui aussi préparé à leur entrevue et ce n’était pas parce qu’il avait choisi un endroit plutôt informel qu’il prenait ce rendez-vous à la légère. Sa position faussement décontractée annonçait un interlocuteur attentif mais sans doute aussi critique. D’ailleurs le regard qu’il posait sur elle ne lui laissait guère de doute là-dessus et seules ses mains pouvaient quelque peu la rassurer : il aurait pu croiser les bras sur la poitrine ce qui aurait auguré d’une méfiance bien plus grande encore. Aucune maladresse ne lui serait sans doute pardonnée et elle se trouva heureuse ne pas être venue en faisant confiance à ses talents d’improvisatrice. D’ailleurs dans tout art, si improvisation il y a, elle est toujours basée sur un thème ou un canevas sur lequel s’appuyer.

Eidrich Palmer se déclarait partant pour le début de l’interview et la rouquine lui adressa un petit sourire reconnaissant. Non seulement il était partant mais semblait même convenir que cela pouvait être utile. Elle ne pouvait demander entame de discussion plus positive. A elle de maintenir les bonnes intentions du spécialiste des greffes d’organes au beau fixe.

Mais la serveuse arriva sur ces entrefaites comme pour différer une conversation qui s’annonçait en tout cas pour le journaliste, des plus passionnantes. Elle suivit du regard le trajet des consommations du plateau à la table et remercia un petit hochement de tête accompagné d’un battement de paupière approbateur. De son côté, le maître du district Pharma sembla manifester fugacement une certaine satisfaction dont son remercîment sec eut le don de faire douter la rouquine qui l’observait. De son côté, elle posa sa main droite sur le verre pour en apprécier la fraîcheur. Doucement elle écarta du bout de la paille la feuille de menthe sans la sortir toutefois du verre. Le médecin, par contre, paraissait hésiter à goûter à son irish coffee qu’il semblait pourtant avoir appelé de ses vœux.

Elle regarda un instant la paille de métal valser entre ses doigts et sur la table se demandant s’il attendait qu’elle commence à se désaltérer pour s’autoriser à y goûter. Elle posa donc son crayon et attira donc le verre à elle pour permettre à ses lèvres avides de fraîcheur d’aspirer, sans quitter l’amateur de café des yeux, la boisson citronnée glacé grâce à tout la glace pillée qui avait déjà commencé à y fondre. Elle laissa avec délice la fraîcheur glisser de sa bouche à sa gorge.

Ainsi satisfaite, et sur l’injonction d’Eidrich Palmer, elle reprit le cours de ses préoccupations un instant interrompues sans que d’ailleurs le haut personnage n’ait encore touché à son breuvage. Comme souvent, resituer le personnage que l’on interrogeait dans le contexte de l’entretien était à la fois courtois et donnait un point de départ qui permettait de mettre en perspective l’homme et ses fonctions. Elle baissa machinalement les yeux, une fraction de seconde vers ses notes qu’elle connaissait, à ce stade de la rencontre, par cœur avant de les planter avec franchise dans l’acier des prunelles directoriales.

« Pour les lecteurs qui ne vous connaîtraient pas, corrigez-moi si je me trompe, vous devenez médecin très jeune à l’âge de dix-huit ans et cela n’étonnera personne que vous deveniez Directeur de l’Apothicariat très tôt en 1119. »

Elle marqua une pause, ses yeux de jade aussi ouverts que son attention était grande aux signes qui laisseraient supposer que son vis-à-vis voulait ajouter une précision. Puis elle poursuivit.

« On peut donc dire sans se tromper que vous connaissez cette institution mieux que personne. Pouvez-vous en redéfinir la ou les spécificités du point de vue de ses domaines d’études et de la façon d’envisager leurs enseignements ? »

La question était très ouverte et peut être n’aurait-elle pas immédiatement une réponse exhaustive mais cela permettait à son interlocuteur de poser les bases qu’il souhaitait quitte à lui demander de préciser certains points. De toute façon, elle n’était pas là pour monopoliser la parole mais bien pour susciter celle de l’homme de sciences et de pouvoir qui lu faisait face. Il pouvait donc développer autant qu’il le voulait, charge à elle de prendre les notes qui s’imposaient.

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