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 Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]

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Lyssia Oskario
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MessageSujet: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Sam 11 Aoû - 16:11

Bon… j’avoue… j’ai presque honte de le dire, mais j’en avais bien besoin. J’ai dormi TOUTE la nuit et TOUTE la journée… j’avais plein de trucs vachement plus importants à faire, mais je n’arrive presque pas à culpabiliser. J’me sens vraiment beaucoup mieux maintenant. J’ai toujours super mal, ça c’est pas prêt d’aller mieux de toute façon, mais je me sens mieux de l’intérieur. Plus vive, plus reposée, capable de tout !

Je m’étire précautionneusement en sortant de mon lit, puis je vais faire un brin de toilette. Le seul truc dommage, c’est que j’aurais pu avancer sur mon enquête, même sans forcer physiquement c’est possible ça… j’aurais pu partir directement mener mon enquête sur les lieux du crime aussi… mais Otton veut que je parle avec Izei en premier. Je pense que, tant qu’à être en ville, j’irais poser deux ou trois questions au scientifique qui est inscrit sur la liste aussi… après j’irais.

Je passe un très long moment à m’occuper de la brûlure d’Izei. Alors oui, je sais, c’est sur MON corps qu’elle est, c’est MES côtes qui subissent la douleur de l’infection et tout et tout… mais normalement c’était la blessure d’Izei. J’arrive pas à la voir autrement. Y’a même des moments où je suis presque triste pour elle. T’imagine ? T’es une blessure, et la personne sur laquelle tu te déploie tendrement n’a aucune reconnaissance ? Elle n’arrive même pas à admettre que tu es SA blessure… je sais pas, c’est un peu triste non ? Sur le principe je veux dire… c’pas très gentil en tout cas. J’te jure que je culpabilise à chaque fois que ce genre de pensées me traverse l’esprit. C’est chiant.

Enfin bref… une fois que la brûlure est bien cachée sous un bandage bien serré mais pas trop, je m’habille. Je n’ai rien de spécial à faire ce soir normalement, rien d’officiel en tout cas, du coup je m’habille en civile. Si je sors comme ça dans la rue on va me prendre pour une cinglée, mais ici on est habitué à me voir déambuler dans les couloirs comme ça. Je porte un pantalon bouffant comme pour l’entrainement, et une tunique sans manches toute simple, sans décolleté ni rien. Basique. Rouge… mais basique. Ben oui, comme ça de loin j’ai presque l’air d’être en uniforme. Oui je sais, c’est la nuit… et alors ? J’fais c’que j’veux d’abord !

Je gratte une liste de choses que je ne dois pas oublier avant de partir quand j’aurai parlé à Izei, au scientifique et à deux ou trois autres personnes. De quoi me teindre les cheveux, la garde-robe de mon personnage, des sous… Ben oui, je pense pas vraiment à l’argent moi en temps normal… j’en prends un peu quand je pars en mission pour rapporter des souvenirs à Otton et Izei… sinon, je ne m’en sers pas. A part pour acheter ce qu’il me faut pour mes rôles. Le reste dort sagement sur mon « compte » et sur celui que m’ont laissé mes parents. Ce n’est même pas moi qui suis en charge de la gestion de mon patrimoine financier de toute façon, c’est le Prieuré. Il s’occupe de tout ça depuis la mort de mes parents… et étant donné le peu d’intérêt que je porte à toutes ces choses, je ne vois pas pourquoi je devrais changer quoi que ce soit à la situation. Au contraire… ça m’arrange bien. Donc voilà, faut que je pense à aller demander de l’argent aux Frères qui s’occupent de tout ce bordel de chiffres auquel je ne comprends rien.

Mais pour le moment, faut que je parle à Izei. Je ne l’ai pas revu depuis tout ça… je me suis réveillée dans la salle d’entrainement, seule, je me suis trainée jusqu’à ma chambre, soignée comme j’ai pu, j’ai dormi encore… et après je suis allée m’entrainer comme d’habitude, et puis avec Otton. Après ça, le soir, je me suis endormie… et je ne me suis réveillée qu’il y a une heure ou deux.

Je me glisse hors de ma chambre sur la pointe de mes pieds nus, et je pars à la recherche de mon professeur. J’ai de la chance… il est plutôt nocturne, ça doit être l’heure à laquelle il montre le bout de son nez !

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Dim 12 Aoû - 10:06

Je suis dans la salle d'entraînement, sur la terrasse, en train de fumer une cigarette. J'ai pas dormi depuis deux jours. J'ai la tête de quelqu'un en train de basculer dans la folie.

Je pensais que j'aurais le droit à une petite tape dans le dos pour mon nouveau pouvoir. Au mieux. En plus je voulais pas frimer, j'ai juste glissé dans la conversation, comme ça, que c'était un atout de plus au combat. Peut être qu'effectivement, j'ai beaucoup cherché la conversation, et que l'information a été glissée au pied de biche. Mais c'était pas indécent.

Un petit « bravo » m'aurait suffit. D'ailleurs je l'ai eu, et j'étais content. Les ennuis sont arrivés après. Un vieux vicaire à qui je ne parle jamais est venu me trouver. Pas un vieux genre sénile dont j'ai déjà parlé, un encore un peu frais. L'étape d'avant si tu veux. Il m'a disputé parce que je n'étais pas venu le trouver, lui ou un autre. Et puis après il m'a expliqué, en gros, que j'allais pas m'en tirer comme ça.

Je devais prouver ma maîtrise aux autres vicaires accomplis, via une cérémonie. Dégueulasse et dangereuse, la cérémonie, évidemment. Et si il n'y avait que ça ! Maintenant il faut que je préside des rituels religieux en plus. Je ne savais pas. Évidemment de ces choses là j'en ai fait plein. Si tu veux un gars qui t'apporte un couteau en or à un pas cadencé, ou qui chante des trucs sur la mort dans un chœur, je suis ton homme. Mais dans ces petites fêtes, tu te souviens du vieux barbu avec un chapeau rigolo qui marmonne des trucs et puis qui sacrifie un gus ? Bah maintenant je suis vieux barbu officiel. Si y en a un qui est malade, crac c'est pour moi.

Bon, la plupart des paroles, des machins, de quand il faut se lever, je connais déjà. Après tout, j'assiste aux cérémonies depuis plusieurs années. C'est comme des chants de noël, ça s'apprend pas vraiment. Mais quand même. Faut potasser certains trucs. Et « certains trucs » c'est compilé dans d'énormes tas de manuscrits anciens. Ils sont depuis toujours à la bibliothèque, je les connais, mais on m'avait dit que je n'avais pas le droit de les ouvrir, à l'époque. Ils étaient pourtant assez attirant vu leur taille immense et tout le doré dessus. Je croyais que c'était pour les conserver plus longtemps !

Je t'ai dit les paroles, le reste, je connais. Mais quand j'ai vu les bouquins, rempli de texte écris en tout petit... je me suis rendu compte que je ne pourrais jamais avoir tout dans la tête. Ce n'est pas possible d'en savoir autant. Je vais oublier des trucs. Je crois d'ailleurs que j'ai déjà oublié comment on lit. Ça y est, je sais plus rien...

Ça doit être la cigarette. J'avais arrêté depuis très très longtemps, dans les premières années que j'ai passé au Fort. En même temps que l'alcool. C'est mauvais pour la croissance il paraît. Ça ne me manque pas, d'habitude, je n'y pense jamais. Mais là je me sentais sur les nerfs, peut être que je vais mourir très bientôt, alors qu'est ce qu'on en a à foutre... puis j'ai fini de grandir depuis longtemps.

L'effet relaxant est très discutable, ça pue et ça me brûle la gorge. J'avais oublié. Ça tourne un peu la gueule aussi, comme quand on se lève trop vite. C'est débile, mais ça occupe sans trop fatiguer. Ça me laisse le loisir de regarder la mer éclairée par la lune.

… Y a de bonnes chances que je crève pendant ce rituel. Ça expédierai le problème des gros bouquins. Mais si je survis, je vais devoir aller marmonner devant des tas de gens. Je déteste les tas de gens. En plus j'ai pas une tête à chapeau rigolo. Et ils vont me voir me tromper. Mais si je meurs avant ça règle le problème, néanmoins je crois que je veux pas crever. C'est pas gentil. J'aime bien être vivant. Même si c'est pour foirer un truc religieux hyper important devant un public... euh...
J'ai mal au ventre. En plus de ne pas dormir, j'arrête pas d'aller aux toilettes. Si c'est pas la diarrhée c'est des petits pipis trouille. Je veux aller dormir. J'en peux plus.

Et tiens qui voilà, Lyssia.
Je suis tellement tendu que je me mets à grincer des dents quand je ne fais pas attention. C'est pas le moment pour m'approcher sans danger.

- Ah, tu veux encore t'entraîner ?

Je me téléporte devant ma jeune élève, et je lui mets une claque sur le museau. Puis je retourne sur le jardin en terrasse.

- Perdu. Fallait esquiver. Bon on perd du temps là ! On pourrait... AAAAH BORDEL !

Y a un truc gigantesque qui qui a jailli à droite de mon champ de vision. Dans le vide, le long du Fort. Ça poussait des cris monstrueux. J'avais mon flingue posé sur une table, chargé, j'ai tiré dessus.

Et c'est ainsi qu'une mouette est morte, à trois heure du matin, saison du Renouveau. J'ai aussi dégommé deux trois morceaux du chèvrefeuille au passage. La Ville peut dormir tranquille (enfin si l'énorme bruit de coup de feu l'a pas réveillée).

- Je... putain. Bon attends faut que...

Je pose ma cigarette sur la rambarde en pierre, puis je vais vers le couloir. Je passe la tête par la porte. Deux collègues sont déjà en train d'arriver en courant.

- Désolé, c'est parti tout seul. Y a rien. Pardon.

- Oui bah avec ce qui est arrivé à sœur Julia... c'était y a à peine deux semaines vous pourriez faire attention.

- Pardon. Désolé.

- Mais ça va, hein ?

- Oui oui je... j'ai eu un mauvais réflexe. Le coup est parti vers la mer y a même pas besoin de plâtre. Vraiment pardon.

- Bon... bonne nuit.

- Au revoir.

Je referme la porte. C'est bien normal d'aller voir quand on entend un coup de feu. Et puis ben... j'aime pas en parler, ça me met très mal à l'aise mais... bon, vu l'ambiance du coin, disons que les... suicides, arrivent. Parfois. Maintenant qu'on a bien ri on passe à autre chose hein ?

- Bon, Lyssia, on disait quoi. L'entraînement ? Ouais, donc. Je propose, vu que la méditation, la douleur tout ça on se fait chier, on à qu'à aller dégommer des mouettes dehors. Ça va te faire les bras d'escalader, et puis c'est toujours utile les armes à feu.

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Lyssia Oskario
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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Dim 12 Aoû - 23:00

Pouf, il apparait devant moi, pouf je me prends une claque, et pouf il disparait… ah ouais… belle entrée en matière. Je suppose qu’au moins, comme ça, je l’ai trouvé facilement finalement… Putain mais aïeuh, merdeuh ! Parfois je me demande ce qui lui passe par la tête… tête de déterré d’ailleurs, la vache ! Je l’ai déjà vu dans des états pas possible avec tout ce qu’il s’inflige parfois, mais là… je sais pas… on dirait qu’il est à deux doigts de se mettre à faire la poule en se téléportant dans tous les coins, en criant que le ciel va nous tomber sur la tête à cause des peupliers bleus qui poussent les nuages dans leurs poches de pantalons… Non j’te jure… il a vraiment une sale gueule. Mais bon… comme je suis polie, je vais probablement sortir un truc vachement moins irrespectueux que « Oh putain, mec ! Mais t’as l’air d’un rat crevé à qui on aurait balancé une mauvaise nouvelle ! ».

- Bonsoir Professeur… vous avez l’air un peu fatigué, avez-vous besoin d’un petit quelque chose pour vous aider à vous endormir ?

T’as vu ? Polie et subtile. Un bon « T’es hideux, va dormir espèce de gros con ! » qui ne fait pas mal. Bah oui… je l’aime bien moi mon professeur de magie de la douleur ! Il a des côtés un peu chelous des fois… souvent… mais il est cool et très doué dans ce qu’il fait surtout.

Je masse distraitement la joue qu’il m’a giflée sans raison valable. Je ne vais pas poser de questions à ce propos, il a sans doute fait ça sur un coup de tête, ou pour m’apprendre un truc qu’il sera déçu de voir que j’ai pas compris. Autant ne rien dire.

Pareil pour l’histoire de la mouette. Il est sans doute un poil nerveux. Peut-être à cause de sa blessure dont il m’a gracieusement fait don sans le vouloir. Mouais… voilà un truc dont je me serais bien passée. Cette merde de plaie me fait un mal de chien même quand je ne bouge pas. C’est super infecté en plus, il a dû s’en occuper à l’arrache au début et c’est parti en couille. Et c’est moi qui en hérite… super… j’suis ravie… et j’espère que tu sens bien l’ironie ABSOLUE dans cette dernière portion de phrase parce que en vrai, j’suis dégoutée. Pas par Izei, non, jamais… mais d’avoir cette saloperie. J’ai même pas pu briller à l’entrainement d’hier alors qu’Otton s’est donné la peine de venir me voir. Et même après, quand on est passé à l’entrainement en privé, j’ai pas pu tout donner. J’étais trop crevée, trop vaseuse et j’avais trop mal. Fait chier !

Quand il commence à me parler d’escalade, je sens la couleur quitter mon visage pour aller se réfugier quelque part de bien caché. Je deviens à peu près aussi pâle que le cul d’une pucelle rousse qui ne va jamais se baigner pendant la saison chaude.


- Euh… l’idée est intéressante, Professeur, mais… euh… Est-ce qu’on pourrait repousser ce genre d’entrainement au moment où VOTRE blessure me fera un peu moins mal ? J’suis pas certaine que forcer sur mes bras et sur les muscles qui y sont reliés soit une bonne chose là, maintenant, tout de suite… Surtout que je peux pas dire que la guérison ait beaucoup avancé en deux jours…

Rien que d’y penser j’ai mal. T’imagine ? Grimper un mur de pierre à la verticale alors que t’as une brûlure surinfectée au niveau des côtes ? Sale ! Douloureux ! Non merci ! Sans lui laisser le temps de répondre, le continue. Sinon je pourrais jamais finir.


- Et euh… en fait ce soir je vous cherchais surtout par rapport à ma nouvelle mission…

Je laisse un petit silence pour le côté théâtral, j’aime bien.


- Je dois enquêter sur ce qu’il s’est passé à Viminal, sur le meurtre des quatre Frères… et vous êtes la première personne sur ma liste.


Je souris, je suis un peu nerveuse à l’idée d’interroger mon propre professeur, mais bon… C’est Otton qui a demandé.

- Du coup, si vous pouviez tout me raconter depuis le début avec vos mots ça serait sympa…

Je sors déjà un calepin et un crayon de ma poche, et je m’installe en tailleur sur la rambarde en pierre, caressant distraitement la roche de mon gros orteil nu.

- Après si vous voulez on pourra s’entrainer… mais doucement… d’accord ?
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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Mar 14 Aoû - 9:40

- Ah euh.... oui c'est vrai, il y a ça. Bon, tant pis.

Ah oui j'avais oublié la blessure. Maintenant qu'elle n'est plus sur moi... Et pour que Lyssia s'en serve comme excuse pour ne pas s'entraîner, c'est que ça doit salement la faire douiller. D'habitude c'est moi qui doit lui dire non. Je me gratte la tête. Je ne peux pas admettre une erreur devant une élève, lui dire que je suis stressé et que je fais n'importe quoi. Ce n'est pas dans les habitudes de la maison. Ce qu'il me faudrait c'est... c'est des amis j'imagine. Quelque chose du genre. J'irais bien me plaindre à mes frères et tout ça, mais ils sont en dehors du Fort donc inaccessible.

Du coup, pourquoi Lyssia est là ? Hé bien elle est là à propos de ce qui s'est passé à la Fête de la Vie. C'est vrai qu'il y a cette histoire là tiens. Je l'avais plus en tête, mais pourtant c'est un sacré truc.

- Ah c'est toi qui t'occupe de ça ?

Je balance ma cigarette par dessus bord. De toute façon c'est pas bon et ça me donne la nausée. Lyssia vient s'asseoir en tailleur sur la rambarde, elle n'a pas l'air incommodée par le vide dans son dos. Et voilà, c'est reparti, je dois encore raconter des trucs à l'oral. Je sais qu'un rapport écrit c'est pas aussi bien, on ne peut pas poser des questions en direct et tout. Mais, vraiment, dans mon cas, il faudrait une dérogation. Surtout dans des moments comme ça. Je me masse les tempes. Bon, allez, on réfléchit pas (ça donne jamais rien de toute façon), on cherche pas ses phrases, on se lance. La dame a dit « avec vos mots ».

- Ben euh... j'ai pas tout vu, j'étais pas là au début... y a le village de ma famille dans ce coin là et ils avaient besoin d'un truc vite fait... Et j'étais en permission hein ! Enfin bref. Vers euh... le soir, je suis allé à la Chapelle de Viminal.

L'avantage c'est que ça me fait oublier pendant deux minutes mes préoccupations actuelles, pour les remplacer par d'autres, qui me concernent moins spécifiquement mais qui restent terrifiantes.

- Du coup bah... y avait quatre collègues morts. On avait même eu le temps de les pousser dans des buissons à coté comme des chiens crevés. Y a deux civils qui les avaient trouvé, c'est à cause de ça que j'ai pu les repérer. Franchement j'aurais pu passer à coté, il y avait à peine une botte qu'on voyait dépasser depuis le devant...

Je me ronge l'ongle du pouce. C'était quoi déjà son nom à ce con... ?

- Dans les civils, coup de bol, il y avait un légiste. Wilhelm Zolt. Je le connais je l'ai déjà vu travailler. Tu sais, c'est ces espèces de toubib qui épluchent les cadavres pour te dire ce qu'ils ont mangé à midi... enfin à leur dernier repas, quoi. Bon on faisant sans, dans le temps, et on s'en portait pas plus mal mais bref...

OK ça lance des fions, mais je suis un peu rancunier. Il m'a pris à défaut en me faisant vomir de dégoût devant une « autopsie » (ça s'appelle comme ça, j'ai appris le mot). Non mais voilà, on éventre des mecs et on leur arrache le cerveau, et c'est moi qui a un problème ? Non mais allô !
Et bref, c'est bien gentil de rager, mais qu'est ce qu'il disait le toubib ? Qu'est ce que j'ai retenu ? Parce qu'il a expliqué la cause de la mort devant moi. Mais c'était compliqué...

- Il a dit que les mecs avaient été empoisonnés, puis poignardés. Ou l'inverse. C'était très... bizarre. Désolé, j'arrive pas à me rappeler du détail, j'étais pris de court... J'ai juste récupéré leurs armes et puis un uniforme dans la Chapelle parce que j'avais pas mes affaires, évidemment... j'allais pas venir armé à un repas de famille. Et enfin bref... l'autre civile c'était bizarre, y a plein de gens qui avaient l'air de la connaître... Catherine TrucChose. Smirnoff. Molotov. Je ne sais pas. Peut être une prostituée très célèbre ou un truc comme ça. Je suis sûr que tu remets la main sur celle là, tu retrouves tout le monde. Mais moi j'y connais rien à ces trucs là.

Ne me demande pas pourquoi, mais le lien dans ma tête, c'est les cheveux bizarres. J'ai évité bien des situation gênantes avec cette technique. Cheveux et vêtements bizarres, ça veut souvent dire prostitution. Du coup, en repensant à posteriori à cette jeune dame, je me suis dit que ça devait être pour ça que les gens étaient content de la voir. Effectivement elle était habillée normalement. Mais tout le monde a le droit de fêter la Vie tranquillement non ?

- Mais bon bref... là dessus, y a une autre civile qui arrive en gueulant. Y avait l'Amirale dans le coin ! Putain l'horreur. Juste en reparler ça me stresse.

Et Myre sait que j'ai pas besoin de ça.

- Quelqu'un a essayé de la tuer dans les thermes ! Tu te rends compte ? Une femme, inconnue. Mais elle est morte sans réussir, heureusement. Et puis après l'auberge à coté a pris feu. L'Amirale a voulu qu'on aide les gens là dedans au lieu de se tirer vite fait, alors on est resté un peu. Mais j'ai fini par l'escorter à un autre poste avec des collègues vivants, dans un autre village, et puis je suis venu prévenir ici. Voilà. Y a d'autre civils dans le tas que j'ai reconnu, mais je pense pas qu'ils avaient un rapport avec ça.

J'ai beaucoup parlé. J'ai soif. Je me lève pour faire du thé.

- Je sais que je ne raconte pas très bien les histoires. Il faut que je réexplique quel passage ?

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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Dim 19 Aoû - 16:09

Quand on a pour principale activité la récolte d’informations, on a l’habitude d’écrire vite. Alors non, je ne fais pas de longues phrases à rallonge avec des jolies petites fioritures dans tous les sens et des dessins sur les majuscules qui commencent un paragraphe… on en est pas là. En fait, si quelqu’un d’autre que moi met son nez dans mes notes, il ne comprendrait rien. C’est noté en code, en abrégé, y’a des petits signes qui ne veulent dire quelque chose que pour moi… tiens, tu veux un exemple ? Ben trois petits points en triangle au-dessus d’une croix, ça veut dire « incendie »… Tu t’en serais douté toi ? Non ? Eh ben les types qui pourraient potentiellement me buter et piquer mes notes non plus. T’imagine ? Si jamais je récoltais une information de ouf malade et qu’elle tombait entre de mauvaises mains juste parce que je me suis faite buter naïvement ? Ça serait con quand même…

Enfin bref.

J’écris pratiquement tout ce qu’il dit mot pour mot. Quand il a terminé, je me relis vite fait histoire d’être sûre de n’avoir rien oublié… question de professionnalisme. Ce n’est pas parce que ce type est mon professeur et que je le connais depuis un bail que je dois me laisser aller à faire n’importe quoi. Au contraire en fait… C’est justement à cause de tout ça que je dois me montrer plus pro que jamais… les émotions, quelles qu’elles soient, entravent le jugement. Manquerait plus que je passe à côté d’une info super importante juste parce que je l’aime bien. Ça serait con quand même… non ?


- Mmh ?

Je mets une seconde à capter ce qu’il me demande.


- Réexpliquer ? Ah… non, non, c’était très bien ne vous en faites pas. Je vous ai demandé de tout me raconter avec vos mots, c’est ce que vous avez fait, c’est parfait.

Ça surprend souvent, mais j’ai rarement des questions à poser après qu’une personne m’ait raconté son histoire au début. Genre là, je vais devoir recueillir plusieurs témoignages. Je veux avoir toutes les versions « naturelles » avant de commencer à creuser par-ci par-là. Si j’ai des questions supplémentaires, je pourrais toujours les poser à ce moment-là. Je trouve ça plus pratique de cette manière, me demandez pas pourquoi. Mes professeurs m’ont souvent engueulée à cause de ça au début, et quand ils se sont rendu compte que j’étais mille fois plus efficace comme ça, ils m’ont finalement foutu la paix. Ben oui quoi, chacun son style, non ? Bon ben de toute façon c’est comme ça, si t’es pas content j’t’emmerde, c’est tout. C’est MON boulot, je le fais comme JE veux.

Je mets un peu d’ordre dans mes feuilles et je range le tout dans ma poche.


- Je dois encore voir une ou deux personnes pour écouter leurs versions, et après je pars pour Viminal.

J’ai envie de lui dire à qui je vais parler… j’ai envie de lui raconter le personnage que je me suis créé pour aller arpenter le village ni vue ni connue… mais je ne peux pas. Pas parce que je n’ai pas confiance en lui, seulement parce qu’il y a toujours un risque que quelqu’un nous écoute et en prenne note. Je veux dire… quatre frères ont été lâchement assassinés… c’est pas rien comme histoire, quelqu’un s’attaque au Prieuré… ça veut dire que quelqu’un s’attaque à la Ville et à sa sécurité. C’est grave comme affaire… très très grave… je ne peux pas me permettre de mettre en danger ma couverture de fouineuse et gratteuse d’informations. Maintenant moins que jamais !


- Du coup je pense qu’on ne pourra pas s’entrainer avant mon départ, et j’ignore pour combien de temps j’en ai… vous voulez que je vous rapporte un souvenir particulier cette fois ? Que je fasse passer un message à votre famille ? Quelque chose ?
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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Lun 20 Aoû - 8:55

Des fois, je suis un peu curieux de ce que fait Lyssia. Elle a l'air d'occuper ses journées autrement que nous, avec des méthodes qui lui sont particulières. Mais ça ne me regarde pas. Et là maintenant, on est pas dans la configuration où je suis très attentif à autrui. Je suis juste soulagé de ne pas avoir à raconter toute l'histoire une seconde fois. Puis elle me demande si je veux passer un message à ma famille.

- Bah euh... si je suis vivant, non, j'imagine... Tu crois que je vais mourir ?

J'ai eu un ton un peu affolé, parce que pendant une seconde j'ai cru qu'elle avait des informations que je n'ai pas à propos du fameux rituel. Mais non. Elle ne sait même pas en quoi il consiste. Pourquoi elle le saurait ? Il faut que j'arrête de paniquer. J'en peux plus ; je suis crevé.

J'allume le gaz avec un briquet, pour faire chauffer l'eau dans la bouilloire. Ils ont installé ce truc là aussi y a pas longtemps, le gaz. Ça sert à plein de trucs c'est très pratique, même si j'ai mis du temps à me calmer quand on m'a dit que ça pouvait exploser. Quand j'ai compris que ça dispensait de monter du bois jusqu'ici, j'ai revu mon opinion en fait. Pas fou. Peut être que ce nouveau pouvoir c'est la même chose. Là pour l'instant ça me semble pas très marrant, mais quand ça m'aura sauvé la vie une fois... et le rituel c'est un sale passage, comme quand j'ai fait clic clic avec un briquet pour la première fois à coté d'un truc invisible qui pouvait m'exploser à la figure.
Mais... quand même.

- Bon enfin... si je meurs dis leur que je les emmerde, tous. Et tu peux coller une droite à mon père. T'inquiète pas il a plus de quatre vingts ans il se défendra pas.

Oui je crois que c'est un testament qui me convient. Penser à tous ce tas de cons là maintenant ça m'énerve. Ils ont pas les problèmes que j'ai, jamais. Eux le truc c'est de savoir si ils vont arriver à trouver une bière et une clope après avoir grimpé sur un membre de la famille. Bande de connards. Se rendent même pas compte. Enfin si, ils savent que s'éteindre des cigarettes sur le bras c'est le dernier arrêt avant barjot city, et qu'on doit probablement faire un paquet d'orgie pour oublier ça. Ça ils sont sûrs de le savoir. Pour le reste... je peux bien crever ils s'en foutent hein !

- Oui bon oui je suis un peu tendu là... mais demain ou après-demain faut que je fasse une cérémonie devant les vieux... les grands vicaires je veux dire.

Je me rallume une cigarette, alors que c'est pas bon et que ça fout la gerbe. Mais en fait j'ai une furieuse envie de me remplir de gâteaux, et avec ceux que m'a ramené Lyssia j'ai déjà pris un kilo. Ça suffit. Niveau ventre pectoraux tout ça c'est déjà assez le naufrage de la vieillesse, on peut pas se permettre. As tu seulement idée de ce que ça représente de perdre du poids sans perdre de muscle à quarante six ans ? Bah non, parce que tu es probablement un petit enculé dans sa vingtaine qui fait du sport sans effort avec un métabolisme de colibri. Sale connard. Ils sont partout ces gens là, à m'énerver.

- Bon OK OK se brûler se mordre se retourner un ongle tout seul c'est pas rigolo mais on s'y fait, c'est pas grave... là ils veulent m'égorger ces cons. Faut que je me fasse égorger devant tout le monde. Et si j'arrive à refiler ma blessure à un condamné à mort pendant les quelques secondes avant de perdre connaissance... bah j'ai gagné. C'est con comme tout hein ?

Je tire furieusement sur ma cigarette en regardant dans le vide. Puis je tousse. Je la tiens comme un novice, qui a peur de la lâcher ou de se brûler.

- J'avais arrêté... enfin bref. C'est con de perdre un mec à peu près valide à cause d'une cérémonie non ? Même si il a un coup de mou niveau magie en se faisant égorger... ça a dû arriver ça hein ? Y a un des vieux qui m'a dit qu'on avait pas besoin d'un mec qui peut pas gérer l'urgence... c'est quoi cette raison de merde. Non mais un égorgement. Sérieux. De là à là. On m'a demandé si je préférais le faire tout seul ou que quelqu'un m'aide ! Putain de merde !

J'ai imaginé un type arriver dans mon dos, me tirer la tête en arrière et... et vlan. Ce n'était pas une image mentale agréable, et pourtant c'est mon avenir proche. Franchement je pense pas être capable de me suicider cérémonieusement.

- Et puis maintenant je peux pas dire que je préfère ne pas le faire et en rester là où j'en suis... ça marche pas comme ça. Ils ne vont pas me laisser m'en tirer comme ça. Merde merde merde !

Pourquoi je raconte tout ça à Lyssia ? Parce que je n'ai pas dormi depuis deux jours et que je n'ai pas d'ami. J'ai quand même besoin de parler de temps en temps. La dernière fois c'est un pauvre garçon de cuisine qui m'a écouté me plaindre au milieu de la nuit que je devais aller faire du bateau alors que je déteste le bateau. C'est beaucoup trop densément peuplé et j'ai peur que des requins viennent à l'intérieur (je ne suis pas un expert en biologie, effectivement). Là c'est pareil. Avec un égorgement en plus.

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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Mer 22 Aoû - 23:06

« Si je suis vivant »… Comment ça « si je suis vivant » ? Je hausse les sourcils en dardant sur mon professeur un regard mi intrigué, mi terrifié. Oui, ça me fait peur quand il dit des trucs comme ça. Faut être con pour pas le savoir… Bon, Izei est un peu con parfois, surtout quand il s’agit de relations sociales… mais il devrait quand même savoir qu’il compte pour moi, non ? Quoi que… c’est pas sûr en fait. Otton le sait, lui, mais Otton n’est pas un gros handicapé social. Je me mords la langue pour m’empêcher de crier au scandale et de l’engueuler pour avoir osé supposer une chose pareille. Je pense que si je me mets subitement à me pendre à son cou à larmoyant et en lui faisant jurer de ne pas crever parce qu’il me manquerait trop… il ferait une crise cardiaque. Imagine la scène, tu verras c’est marrant. Nan et puis même… buter quelqu’un en lui disant de ne pas mourir c’est quand même particulièrement stupide, non ?

Bref… je le laisse s’expliquer du coup. Je suis une gentille fille bien polie de partout, donc je ne coupe pas la parole aux gens.

Et là encore, « si je meurs »… putain mais je vais le tuer moi-même à grands coups de pelle s’il continue comme ça bordel ! Gnagnagna… aaaah ça m’énerve ! Par contre je note ses « dernières volontés » quelque part dans ma tête. Ben oui… c’est un vicaire quand même… Un vicaire ça mène une vie dangereuse, même quand c’est tout seul et que ça n’a rien à faire ça vit dangereusement ces bêtes là… Alors oui, je sais, tu vas me dire que c’est quand même spécial de vouloir secouer quelqu’un pour qu’il arrête de parler de sa mort alors que d’un autre côté, je me prépare à ladite mort depuis le jour où j’ai fait sa connaissance… Oui mais c’est pas pareil ! Et puis d’abord t’es pas dans ma tête, tu peux pas comprendre, et si t’es pas content c’est pareil ! Non mais oh ! C’est moi qui raconte, t’as pas ton mot à dire !

En plus, ses « volontés » ne me choquent pas particulièrement… il n’a jamais parlé de sa famille en des termes très élogieux. Enfin… pour les rares fois où il en parle en tout cas.

« Un peu tendu »… Nooooooooon pas du tout voyons ! Le mec il est blanc comme le fond des yeux d’un enfant sobre, il fume comme une cheminée en chaleur, il a l’air aussi frais qu’un gardon pêché il y a six semaines, il parle de sa mort toutes les deux secondes et il a l’air à peu près aussi paisible qu’un océan déchaîné. Le calme personnifié quoi… oui, j’aime le sarcasme. Le sarcasme c’est comme le sucre, l’entrainement et le shampoing : c’est la vie !

Et puis je comprends… je comprends et je pâlis. Je savais que les vicaires avaient des rituels dangereux, mais je n’ai jamais assisté à l’un d’eux, et on ne m’en a jamais parlé en détail. C’est… euh… disons que si je n’étais pas celle que je suis, j’aurais hurlé que ce sont des méthodes inhumaines que seuls des crétins finis à la pisse avariée pouvaient s’amuser à inventer… Mais je suis quelqu’un de poli… et je respecte tout ce merdier aussi, ça joue. Du coup je ne dis rien, je le laisse parler en essayant d’imaginer un monde sans Izei et ses manies bizarres… Je frémis… c’est une vision bien triste. T’imagine ? Personne à faire chier en pleine nuit pour m’entrainer, personne pour supporter mes accès de rage quand je m’énerve toute seule… nan et puis je sais pas… sa tête a quelque chose de rassurant, sa présence aussi. Je l’aime bien… Otton et lui sont les deux seules personnes à compter pour moi, pour de vrai je veux dire… ils ont un peu remplacé mes parents. Otton l’a fait volontairement… Izei… Izei non. Il n’en a même pas conscience. Je pense que si je le lui disais, il bredouillerait bêtement pendant un moment, et puis il disparaitrait dans sa chambre pour se rouler en boule dans son lit en se balançant d’avant en arrière, marmonnant des « Non… non… non… non… non… non… non… » sans fin. Trop de responsabilités.

Je hoche la tête, je grimace, je prends un air pensif… bref je réponds physiquement aux questions qu’il ne me pose pas vraiment, et quand il a fini, la seule chose que j’arrive à sortir c’est :


- Je suis désolée…


J’ai l’impression que c’est de ma faute tout ça… ben oui, ce « nouveau pouvoir », il a commencé avec moi, quand il m’a refilé sa brûlure (de merde) sans le faire exprès. Oh putain… « sans le faire exprès »… c’est vrai ça, il n’a pas fait exprès !!! Ils vont le tuer ! J’ouvre la bouche pour lui faire part de ma presque-certitude… mais je la referme. Il est déjà assez stressé et convaincu de crever comme ça, pas la peine d’en rajouter. Mais en même temps c’est vrai, il ne voulait pas le faire, en fait il ne voulait probablement rien faire du tout… et ça s’est fait d’un coup, comme ça, sans prévenir… genre « pop »… il ne va jamais s’en sortir vivant !

Je réfléchis à toute vitesse à un moyen d’empêcher ce rituel. Sauf qu’il n’y a rien à faire… quand les vicaires ont une idée en tête, ils ne l’ont pas ailleurs… et puis il a probablement déjà essayé de se dérober quand on lui en a parlé. Si ça se trouve, c’est même Otton qui a demandé cette démonstration sanglante. En même temps ça se comprend, mais bon…

Ce qui me fait bizarre, c’est que normalement j’ai pleinement confiance en Frère Izei. Dans ma tête, c’est le mec qui sait tout faire et qui le fait bien (à part les relations sociales, on en a déjà parlé mille fois… suis un peu !). Et là j’ai pas confiance… mais alors pas du tout…


- Euh… sinon…

J’avale ma salive. L’idée que je vais proposer ne me plait pas des masses et me fait un peu flipper, mais c’est la seule que j’ai.

- Frère Otton m’a interdit de m’entrainer et d’essayer de pratiquer la Magie de la Douleur jusqu’à nouvel ordre… mais vous, vous faites ce que vous voulez, non ?


Je me racle la gorge en triturant une mèche de mes cheveux, mal à l’aise.


- Si vous voulez, vous pouvez vous entrainer sur moi cette nuit… je veux dire… c’est sur moi que vous avez transféré votre première blessure, sans le vouloir en plus, donc c’est moi qui ai déclenché tout ça… alors c’est le moins que je puisse faire…

Je lui souris.

- Pas un trop gros truc hein, je pars en mission… mais si vous vous entrainez à m’envoyer des blessures, même bénignes, à mon avis vous allez passer le rituel haut la main !

Je sais pas si t’as remarqué, mais j’essaye à la fois de trouver une solution et d’être rassurante. Je suis quand même une élève vachement attentionnée je trouve…

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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Dim 26 Aoû - 13:28

Effectivement je suis perdu très loin dans l'espace, mais quand Lyssia me propose de m'entraîner sur elle ça me fait descendre un peu.

- Euh... non non... je crois que frère Otton ne serait pas très content que je contourne son interdiction comme ça.

Je grimace. Tout occupé à mes malheurs personnels je m'étais un peu sorti de la tête que je l'avais blessée. En fait je crois pas en avoir parlé avec elle, ou même m'être excusé. Peut être qu'elle est en train de crever de septicémie sous mon nez, là, maintenant. J'ai tendance à oublier que les autres peuvent souffrir aussi, y en a que pour moi.
L'eau frémit dans la bouilloire, alors c'est qu'elle est prête (on est pas du genre patient dans le coin). De toute façon c'est le même thé bas de gamme que l'autre fois. On s'en fout que ça soit tiède. J'en pousse une tasse devant Lyssia.

- Le sucre il est dans le placard derrière... mais il faut pas déplacer le... non en fait y va pas, je vais le faire.

J'aime pas quand les gamins touchent à des trucs dans ma salle parce qu'ils bordelisent tout. C'est des cochonnets. Elle incluse. Genre quand ils se servent du sucre, qu'est ce qu'ils font ? Bah ils en mettent la moitié à coté déjà. Ils nettoient pas après. Ils referment pas le paquet avec la pince à linge et ils foutent ça en vrac dans le placard. Moi j'aime bien que ça soit tout bien aligné là dedans, qu'on voit le nom des choses. Tout rangé. Le sucre je le remets dans un équivalent local du tupperware en plus (parce que le sac il est trop fragile après y a des petits grains partout et c'est immonde). Enfin voilà je vis entouré de gorets, et le dernier rempart face au chaos et l'anarchie c'est le temps que je passe à ranger mon royaume.

Bon en plus je l'ai déjà dit mais Lyssia a un passif de bordélisation gênant. Déjà elle m'a pété ma théière préférée. Mais en plus elle zone dans le coin depuis qu'elle est gamine. Il n'y a pas grand monde qui a eu l'occasion de m'envahir l'espace vital aussi longtemps. Est ce que ses parents l'amenaient ici ou est ce que c'était après leur mort ? En tout cas je me souviens avoir marché sur un jouet à elle. Et être tombé. Comme il m'arrive pas grand chose dans la vie, le moindre truc me traumatise. J'ai classé depuis longtemps la gamine dans la catégorie « sanglier terrifiant ». Elle n'en sortira jamais.

- Dis... des fois tu te dis pas que... ben...

Des fois on a pas dormi pendant très longtemps, ça brasse beaucoup trop niveau pensées et mémoire et on ouvre sa bouche quand on devrait la fermer. Mais quitte à avoir commencer une phrase, il faut la finir sinon je vais devoir improviser autre chose en cours de route, et c'est beaucoup trop compliqué.

- Ben tu sers déjà la Ville en faisant des trucs... des trucs que tout le monde sait pas faire. Voilà. Doooonc... est ce que t'as vraiment besoin de la magie ? Enfin j'veux dire... je dis pas ça parce que t'y arrives pas, mais...

C'est quand même une bonne vie de merde.

- Les autres trucs c'est déjà bien non ?

Pour faire vraiment la mère poule il faudrait que je me mette à pleurer, mais personne peut faire pitié à ce point là. En vrai il faut que je change de sujet. J'embête tout le monde avec mon égorgement. Lyssia elle s'en fiche elle s'intéresse pour être polie. Et puis c'est probablement hérétique de dire à quelqu'un que la magie c'est pas si bien que ça. On a jamais assez de vicaires. Si on pouvait faire des classes avec des hangars plein de gamins on le ferait. Alors hein. Changement de sujet. Absolument n'importe quoi. N'importe quoi.

- Ah tiens à propos de Viminal...

Je me frotte le visage. Je suis crevé et je te jure que pour me raccrocher aux branches comme ça, ça me pompe toute mon énergie.

- Je sais même pas si y a un rapport... Y a un gars qui a essayé de me tuer l'autre jour. Mais pas normalement tu vois. M'a juste sauté dessus alors que je revenais de chez mon frère. Faisait nuit et tout, y m'a surpris ce con alors je l'ai pas attrapé.

C'était vexant d'ailleurs. J'aurais bien aimé ne jamais en reparler, si seulement j'avais pas un autre truc honteux à couvrir.

- Mais il était masqué tu vois... 'fin j'ai encore le masque, c'est un sacré truc. Honnêtement je sais pas bien quoi foutre de ça. Il m'a pas dit son nom, je sais pas pour qui il bosse... j'en ai même pas parlé aux frères et sœurs, ça fait limite agression de taverne. Sauf que le gars, il avait une rapière et un déguisement de fou. Tu veux voir ?

Je l'ai rangé loin, le masque. Dans le placard à linge de l'aile au dessus, précisément. Il me fait peur. Je voulais pas avoir ça dans ma chambre ou dans ma salle. Cet espèce de machin tout noir avec des gros yeux...

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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Jeu 6 Sep - 2:27

Je lève les yeux au ciel. C’est à moi qu’on a interdit de pratiquer la magie de la douleur… Otton n’a jamais dit que je ne pouvais pas aider Izei à s’entrainer… Mais bon. Étant donné que je suis déjà plutôt mal en point et que je suis sur le point de partir en mission, je n’insiste pas. Ça m’emmerde un peu d’ailleurs, je devrais insister. S’il se fait la main sur moi, il n’aura aucun mal à… euh… transférer une plaie béante de sa gorge à celle de quelqu’un d’autre… Pas du tout inquiétant comme délire. T’imagine ? « Ah merde, je me suis coupée entre deux doigts avec une enveloppe… tiens, si je refilais cette insupportable souffrance au connard qui a eu l’idée stupide de me dépasser dans la file quand j’achetais des pommes il y a six mois ? ». Je reste un instant les yeux dans le vague, m’imaginant avec délice le chaos sensationnel dans lequel le monde plongerait si tout le monde avait accès à un talent pareil. J’en suis d’ailleurs toujours là quand il revient d’avoir maniaquisé comme un malade avec le sucre.

Non mais si, j’te jure, en vrai, ce mec est un grand malade. Oui bon, tout le monde dit ça, mais ils le disent parce qu’il est asocial, flippant et qu’il est toujours en train de se blesser volontairement comme un gros autiste pour tester ses propres limites… mais ça, ça fait longtemps que ça ne m’impressionne plus étant donné qu’il a toujours fait partie de mon paysage. Non, ce qui m’impressionne par contre, c’est la minutie qu’il met à récolter systématiquement chaque petit grain de sucre à la con qui a eu l’AUDACE de chercher à prendre son indépendance. Quand Izei se sert un thé, une tisane ou toute autre boisson chaude, et qu’il prend du sucre, c’est tout un ballet…

Je le regarde, et subitement je suis obligée de me retenir de lui éclater de rire à la gueule. Attends… Imagine si il se met à la pâtisserie, avec la farine et tout… je le visualise très bien avec sa petite pince à épiler, le nez presque collé contre la table, un petit bout de langue sorti à cause de la concentration, des gouttes de sueur sur le front pour la même raison… occupé à récupérer chaque grain de farine en les comptant avant de les remettre dans le paquet, puis d’enfermer le tout dans un bocal en verre, et de mettre le bocal dans une boîte en fer forgé scellé et cadenassé comme si c’était des diamants rangés dedans. Juste au cas où.

Franchement, si je ne m’étais pas mordu la langue, je pense que je serais partie dans un fou-rire incontrôlable pendant un bon moment…

Et puis il se remet à parler… et toute mon hilarité disparait instantanément. Comme la flamme d’une bougie qu’on aurait soufflée avec un bon petit cyclone, le genre de ceux qui vous arrache la flamme, la bougie, la table, la maison et les vaches qui ruminaient paisiblement dans le champs d’à côté…

Les Frères et Sœurs qui ont déjà essayé de me dissuader de pratiquer la magie de la douleur sont légion. Entre ceux qui respectaient mes parents et veulent que je vive le plus longtemps possible, ceux qui se moquent, ceux qui me trouvent débile, ceux qui pensent que s’acharner ne sert à rien, ceux qui préfèreraient que je pousse davantage dans un domaine pour lequel je suis déjà douée histoire de devenir géniale etc… Bref, tout ça pour dire que je suis familière du sujet, pas de soucis…

Mais Izei ne m’avait jamais parlé de ça. Jusqu’à présent, même quand je suis parfaitement nulle à chier, que j’avance pas et que j’arrive à rien, il a toujours eu un mot encourageant, un « c’est pas grave, un jour peut-être »… Jamais il n’avait réellement essayé de me dissuader de continuer. Je ne dis rien, je serre les dents pour ne pas faire comme avec tous les autres et l’envoyer chier comme la dernière des sous-merdes… je devrais l’enfermer dans une pièce avec du sucre renversé partout pour la peine. C’est pas gentil ! Je pense qu’il a compris très vite en voyant mon regard que le sujet n’était pas exactement le truc qui allait me passionner le plus, alors il change bien vite de sujet. Tant mieux. Le mal est fait… mais au moins je peux me concentrer sur autre chose.

Je l’écoute me parler de son agression. Je prends ça au sérieux, même si j’ai un peu envie de me pendre. Un type masqué qui essaye de tuer des prieurs, c’est pas bien. Surtout après ce qui s’est passé à Viminal. Je prends en compte, je note dans un coin de ma tête… mais j’ai du mal à me sentir vraiment compatissante en fait, j’suis encore trop chamboulée par ce qu’il m’a dit. Je ne devrais pas, je le sais, surtout que je sais depuis quatre ans qu’il a raison. Mais je m’en fous. Un jour j’y arriverai, et je balancerais ça à la gueule de tous ceux qui n’ont pas cru en moi. Je deviendrai plus forte, beaucoup plus forte, et je pourrais enfin être réellement utile à Otton et à la Cité. C’est tout, c’est comme ça. C’est pas seulement parce que j’en ai envie, c’est parce que c’est mon devoir de protéger cette ville… et comment on fait ça si on ne sert pas à grand-chose, hein ?


- Non, ça ira… si ce type vous a laissé emporter son masque, il en a probablement acheté ou confectionné un autre de toute façon. Vous avez vu son visage ? Ses vêtements ? Vous avez noté son style de combat ? Quelque chose qui pourrait nous donner un indice ou nous mettre sur une piste ?

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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Ven 7 Sep - 11:58

J'écoute à peine ce que Lyssia me répond, je suis préoccupé par l'expression de son visage. Il y a de la colère là dedans. J'ai fait une bêtise. Elle a froncé les sourcils dès que j'ai suggéré qu'elle pourrait se reconvertir dans quelque chose de plus agréable, et ils ne se sont pas relevé pendant que je parlais de l'assassin masqué. C'était pourtant un changement de sujet très habile. J'essaye de faire comme si de rien n'était. Je roule le papier du sachet de thé entre mes doigts. Ça me perturbe beaucoup quand les gens sont en colère (et Myre sait que j'ai pas besoin de ça). Lyssia va sans doute plus jamais venir, aller voir un autre vicaire pour apprendre ce qu'elle a besoin d'apprendre et raconter à tout le monde que je suis un con d'hérétique. Et on va me cracher dessus quand je passerai dans les couloirs. Les enfants vont me jeter des pierres. Peut être la peine de mort. Non ? Ça mériterait de me renseigner avant d'envoyer les avis de décès. La menace est confuse, mais elle existe certainement. C'est impossible de s'inquiéter autant pour rien.

- Bin euh... il était jeune, habillé comme un croque-mort un peu, j'ai pas trop vu... S-s-sombre quoi.

Je me ronge l'ongle du pouce en fixant Lyssia avec de grands yeux injectés de sang. Je crois qu'il a repoussé d'un micron ou deux depuis la dernière fois que j'ai tenté de l'éradiquer, y a dix minutes. C'est l'ennemi. Je me suis déjà fait opérer deux fois pour un panaris, mais je m'en fous je l'aurais.

- Mais c'était vraiment bizarre j'arrive pas à expliquer...

Frère Izei se dépatouille avec la criminologie moderne. Ne fais pas de bruit, ça serait dommage de louper ça.

- 'fin puis c'est comme l'arme, c'était une espèce de rapière tu vois mais... Différent quoi. Puis il t'agitait ça dans tous les sens comme un taré... Une lame toute fine, tout fine, comme ça :

Je fais la taille avec mon pouce et mon index.

- Je me demande comment il la pète pas contre un mur. Des fois elle se pliait un peu et tout. Genre c'était... c'était bizarre. Je connais pas ce style là. 'fin moi j'aimerais pas tenir une épée qui frétille comme un saumon.

Je crache un éclat d'ongle vers la mer. Les bonnes manières, tout ça... j'ai fait de très gros efforts mais y a deux trois détails encore... On peut retirer le consanguin de son village qui pue la pisse, mais on peut pas retirer le village qui pue la pisse du consanguin.
Je sais pas pourquoi mais Lyssia s'est mise à faire une drôle de tête quand j'ai parlé de l'épée frétillante de l'assassin masqué. Ben quoi. Ça m'a marqué. Ses vêtements ? Qu'est ce que tu veux que je te dise, je suis pas couturière moi. Elle trouve probablement ça con et mal expliqué. Elle est encore plus en colère là. Je suis sûr qu'elle se retient de hurler. Ouais. Je suis tellement tendu que j'ai l'impression que mes couilles vont remonter jusqu'à ma gorge.

- Attends ! Je vais chercher le masque, je vais mieux expliquer si j'ai le bidule sous les yeux.

Ça prend pas très longtemps d'aller chercher des trucs quand on se téléporte. Je reviens avec le curieux objet. Un masque en métal qui couvre tout. Il y a un petit grillage devant les yeux et les trous pour respirer. L'artiste a façonné un curieux museau au visage. Moi je le trouve très angoissant ce truc. Cela dit je trouverait une chaise angoissante (tout ce vide en dessous, qu'est ce qu'on fait si elle pète, ça doit être pointu quand les pieds cassent ça peut couper, et puis c'est du mobilier moderne moi je préfère quand on se met à genoux par terre comme ici, et si on me demande de m'asseoir sur une chaise un peu cassée qu'est ce que je fais, et si on me demande de rester dessus six heures, hein, est ce que ça va arriver d'ailleurs ? Si je l'ai imaginé c'est pas pour rien donc ça va arriver au secours) alors il ne faut pas trop m'écouter.

- Chépa 'fin tu vois c'est pas de la cagoule en laine qui gratte. Regarde tous les p'tits machins en métal dessus... ça doit coûter cher... ou ils font des machines pour ça aussi maintenant ?! Enfin, c'est toi qui t'y connais en déguisement... enfin il avait l'air d'avoir de l'argent à disposition, quoi, je veux dire, en fait... Puis il m'a dit qu'il avait des chefs, alors... enfin ça c'était à la fin.

Je fais des gestes avec mes mains pendant que je parle, c'est pour que ça fasse plus confus.

- Bon je reprends du début : y me saute dessus avec son épée qui gigote là, je.. bin j'étais un peu pris de cours tu vois, alors une chose en entraînant une autre beeen je suis allé sur un toit pour être au calme et il a pété et... enfin c'était pas glorieux quoi. Mais il bondissait partout ce type ! Un vrai putain de chat. Et à un moment il a gueulé un truc genre « je suis Lasse et j'ai un message pour ton chef ». Ça et l'autre truc sur ses chefs à lui que j'ai dit avant, c'est tout. Me regarde pas comme ça y a rien eu d'autre après. Le message ça devait être de me zigouiller, j'imagine.

Je bois du thé. Et puis j'élargis les yeux devant une révélation subite.

- Ah mais l'as comme dans les cartes. Non ? Lasse c'est pas un prénom... je sais pas remarque, les gens ils font n'importe quoi maintenant. Au moins des Izei et des Lyssia y en a partout et on comprend.

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MessageSujet: Re: Pauvre plaie... elle est triste ! [PV Izei]   Dim 9 Sep - 7:39

Je note ces informations supplémentaires dans mon calepin, la description de l’épée de l’assassin masqué, une description brève mais efficace du masque qu’il agite sous mes yeux… tout. Et puis je range tout ça et je me lève. En temps normal, je pourrais le squatter tout le reste de la nuit pour parler de tout et de rien en le regardant être mal à l’aise, ou alors je pourrais le harceler pour un entrainement… mais là, y’a plusieurs choses qui m’en empêchent :

- Je dois partir en mission le plus rapidement possible, et cette mission va me demander un certain effort vestimentaire ainsi qu’un déplacement important… ça va me prendre du temps.
- J’ai une brûlure de taille et de gravité conséquentes dont je dois sérieusement m’occuper… et puis ça fait putain de mal, accessoirement…
- Il m’a blessée… en plus, maintenant, on peut dire qu’il m’a blessée moralement ET physiquement. Bien joué Professeur… toi au moins tu sais t’occuper de tes élèves, y’a pas à dire.

Du coup, à cause de tout ça, pour la première fois depuis que je le connais… j’ai envie d’écourter notre entrevue. Il m’a mise de mauvaise humeur… ça passera, mais là tout de suite je suis triste et en colère en même temps. Si je pète les plombs ça va encore me retomber dessus et il va me le reprocher pendant des années, comme quand j’ai cassé sa foutue théière préférée. Sérieusement… il avait une théière préférée. Qui a une théière préférée franchement ? A part peut-être les vieilles bourges sans enfants qui se contentent d’être « cette vieille tante avec ses chats et son odeur de menthe poivrée ».


- J’ai tout noté… on ne sait jamais, je pourrais tomber sur lui par hasard… Je le chercherais si il n’a pas été attrapé quand je rentre de Viminal, je vous le promets.

Même si il m’a énervée ce soir, Izei reste un Vicaire… et même s’il n’en était pas un, c’est un Citoyen de la Citée que j’ai juré de protéger. C’est mon devoir. Et c’est surtout mon devoir, là tout de suite maintenant, de remplir la mission que m’a donné Otton : enquêter sur Viminal. Et ça doit être ma priorité. Et de toute façon, Izei a d’autres chats à fouetter pour le moment lui aussi. Même si cet « As » a été mandaté pour le tuer lui spécifiquement, il est à l’abri au Fort, et ses supérieurs ne permettront pas qu’il lui arrive quoi que ce soit avant leur cérémonie de tranchage de gorge. Pfff… ça s’engage à se faire trancher la gorge et ça se tape juste une petite crise de panique alors que ça vous reproche des années durant la destruction d’une cruche à eau chaude parfumée. Y’a des gens comme ça, ils sont pas logiques.

- Je dois vous laisser Professeur.

Je me lève en glissant mon calepin dans une poche, et je m’avance vers lui en faisant suivre le même chemin à mon crayon.


- Allez pas crever bêtement pendant votre cérémonie, d’accord ? Vous avez probablement encore plein de choses à m’apprendre, et je détesterais apprendre votre décès à mon retour de Viminal. Alors déconnez pas…

Je le salue d’un signe de tête et me détourne. Juste avant d’être hors de vue, je me tourne vers lui le temps d’ajouter :

- Et reposez-vous… vous avez une tête à faire peur…

Et je disparais… maintenant, Viminal…
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