Partagez | 
 

 C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Ven 3 Aoû - 22:49

Alexander Shah n'était pas au service exclusif du culte de la Machine. D'ailleurs, Alexander Shah n'était même pas un sympathisant officiel du culte de la Machine. Son alter ego, L'As, fleurettiste masqué, était un sympathisant du culte, mais avant tout un mercenaire. Contre une somme de ducat donnée, l'homme masqué était capable d'à peu près tout. L'argent n'avait jamais été un problème pour lui, les ressources dont disposait sa famille lui permettant d'assurer son futur et celui de sa descendance de manière plus que confortable. Mais lorsqu'on ne veut pas s'occuper des affaires familiales et que les soirées mondaines vous dégoûte, les journées peuvent vite devenir longue. Au fil des semaines, le cadet des Shah évoluait de plus en plus en un animal nocturne. Sans le masque, il passait quelques soirées en bonne compagnie. Avec, il passait la nuit au travail.

Après l'embuscade tendue au Vicaire de la Douleur, Izei Ingenoc, la réputation de L'As avait commencé à se faire. De nouveaux clients cherchaient à le contacter, à lui proposer du travail. C'était le cas de Marianna Blumstein. Un nom qui n'était pas inconnu à Alexander, les Blumstein faisaient dans l'immobilier, s'il se rappelait bien. Marianna était la petite dernière, et sa volonté était simple : le patriarche de la famille était aux portes de la mort, et la jeune femme comptait bien être la seule héritière. Pour cela, il fallait s'occuper du grand frère, qui résidait à quelques encablures du Fort.

En l'espace de quelques contrats, c'était devenu la spécialité de L'As, sans qu'il en soit particulièrement satisfait. Il pouvait protéger, voler, menacer et tant d'autres choses... mais l'immense majorité des demandes consistaient simplement à tuer. A croire que ceux qui pouvaient s'offrir son fleuret admiraient sa tendance à réduire ses victimes en bouillie difforme. Souvent, Alexander se demandait s'il ne devrait pas faire plus pour se diversifier. Mais la bourse bien remplie promise par Marianna suffit, une fois de plus, à obtenir son approbation. Il fonctionnait toujours de la même manière : la moitié de la somme tout de suite, le reste ensuite. S'il échouait, ce qui n'était pas encore arrivé, il rendait l'argent.

Se rendre aussi près du Fort, bastion principal des Prieurs, était une mauvaise idée, son subconscient le lui hurlait. D'autant plus que le mercenaire n'était toujours pas à 100 % de ses capacités. Si sa cheville foulée était parfaitement remise, la blessure par balle subie à l'épaule gauche le faisait toujours souffrir sur les sauts les plus compliqués. Sans oublier que l'impossibilité de maintenir sa posture de garde habituelle gênait la totalité de son équilibre. Pour tuer un homme lambda, ça ne poserait pas de problèmes. Si l'adversaire savait se défendre, alors il devrait sans doute se résoudre à la fuite.

Les rues du district Prioral, centre historique d'Excelsa, étaient belles à voir de nuit. Bien plus lumineuses que les encablures chaotiques de Domus, elles ne favorisaient en revanche pas la discrétion. Passer par les toits était trop risqué, il suffisait qu'un passant lève le nez pour le repérer. Les circonstances ne jouait pas en la faveur de L'As, qui remplissait sa mission à une heure moins tardive qu'à l'accoutumée. Marianna avait insisté : le temps pressait, et le frère devait mourir avant le père. Sinon, une partie de l'héritage serait perdu.

Multipliant les détours, serpentant dans les ruelles, Alexander se demandait pourquoi un représentant d'une famille assez riche ne s'était pas établi dans le district Mercantis. Il y avait plus d'argent là-bas, était-ce une forme de paranoïa qui l'avait poussé à s'installer au plus près du Prieuré ? Se doutait-il de ce qui l'attendait ? Alexander n'allait pas tarder à le savoir. Le visage caché par une large capuche noire, le reste du corps enveloppé dans d'amples tissus sombres, son fleuret harnaché à l'épaule droite, le mercenaire ne passa sa marque de fabrique qu'une fois l'habitation en visuel.

Le Masque du Jour:
 

Sous ces vêtements noirs, il avait opté pour du rouge sur son visage. Il voyait une légère ironie à porter la couleur du Prieuré pour assassiner un innocent vivant si près du Fort.

Il n'avait pas fait dans la discrétion. Il avait frappé à la porte. La femme de sa cible était venue lui ouvrir, et ce fut la dernière chose qu'elle fit, avant que le fleuret d'Alexander ne vienne se ficher dans son oeil. Rapide, le mercenaire posa une main sur la bouche de sa première victime pour l'empêcher de crier. Il lui brisa ensuite la nuque pour abréger ses souffrances. Il laissa le corps s'écraser dans un bruit sourd sur le sol.

Qui c'est ?

La voix de sa cible résonna à l'étage. L'As ne prit pas la peine de répondre. D'un pas calme, sans précipitation, il gravit les quelques marches qui le séparait de sa proie. De la lumière émanait de la chambre conjugale. Ce fut à nouveau avec calme qu'Alexander se présenta et ouvrit la porte. Du sang perlait de la lame de son fleuret, laissant sur son passage quelques gouttelettes d'hémoglobine. Pour le frère de Marianna, il n'y avait aucune issue.

La chambre était de bonne taille. Les murs étaient d'un blanc immaculé, avec deux longues bandes rouges sur les murs nord et sud. Sur la droite d'Alexander, une porte semblait mener avec une salle d'eau, ou une penderie, allez savoir. Sur sa gauche, des rideaux épais venait cacher une fenêtre donnant sur la rue. Le lit était grand, les draps étaient fins à l'approche de la Saison des Forges. Deux tables de nuits étaient disposés, une de chaque côté. Des bougies éclairaient faiblement le visage de la future victime, qui venait littéralement de se décomposer.

Il voulut reculer, mais ne trouva que le mur dans son dos. Il voulut supplier en levant les mains devant lui, mais la pointe aiguisée du fleuret lui transperça la paume gauche avec vélocité. Il voulut hurler, mais l'élan prit par L'As pour atteindre sa main lui servit également pour asséner un violent coup de genou qui lui déplaça la mâchoire. Ensuite, tout fut bref. D'un geste sec, le mercenaire arracha sa lame de la chair de sa proie, ouvrant la main du pauvre homme de sa paume jusqu'à l'espace entre son majeur et son annulaire. Puis, agrippant le visage du frère de Marianna, il l'écrasa contre le mur derrière lui. Les traces de sang apparurent au fur et à mesure des coups répétés. D'un coup de coude sur l'arrête du nez, de plusieurs coups de genoux au visage, Alexander poursuivit le lynchage. Son fleuret vint trouver la chair de sa cible une bonne dizaine de fois. Le sang coulait sur le mur et sur le matelas. Mission accomplie.

Du sang sur le masque et sur les vêtements, L'As se recula de quelques pas pour admirer l'ensemble de son oeuvre. Mais très vite il tendit l'oreille et se retrouva sur le qui-vive : il n'était plus seul dans la villa de Blumstein.
Revenir en haut Aller en bas
Feriel Kiana
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 47
Fiche : Justicière
Vice : Obstinée
Faction : Prieuré
District : Prioral
Influence : 400
Occupation : Enquêtrice
Disponibilité : Tous les jours !

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Sam 4 Aoû - 17:43

L’heure n’était pas encore très tardive quand Feriel entendit le bruit sourd caractéristique d’un corps qui s’effondre sur le sol.

Elle avait établi sa planque pour surveiller la demeure d’un riche héritier dans une guérite dont usaient habituellement les serviteurs.

Un couchage lui avait été gracieusement alloué par l’homme, paniqué à l’idée que sa sœur puisse le tuer. Au prieuré, tout le monde n’avait pas pris ça au sérieux. Et puis il s’agissait d’un gros bonnet, pas forcément le genre auquel on s’attaquait facilement, des affaires de familles compliqués de gosses de la haute.

Pour Feriel, la corruption dans ces cercles était loin d’être étrangère, et elle avait été la seule à bien vouloir accepter cette mission de protection.

Cela faisait des jours que rien ne s’était produit. La prieuse avait fini par renvoyer ses hommes, tôt dans la soirée, tous fatigués d’attendre.

Elle, elle était restée, sur une paillasse dure, à grignoter de la viande séchée et du pain en assez bonne quantité si jamais un incident devait se produire et qu’elle devait foncer dans le feu de l’action. Voilà des détails qu’elle ne négligeait jamais.

Des heures fort peu passionnantes qui lui avaient fourni du repos et du calme, son épée bâtarde appuyée contre son flanc. Prête, en somme, à parer à toute éventualité, mais rien n’était venu, jusqu’à ce que ce son perce le silence.

Elle n’aurait sûrement rien entendu si ses collègues étaient restés, mais elle écoutait son souffle depuis si longtemps que le moindre bruit tranchait trop nettement pour être ignoré.

Feriel sauta sur ses pieds, et redressa son col de mailles avec précautions autour de son cou, veillant bien à garder ses points vitaux protégés, avant de se ruer vers la maison, sans une once d’hésitation.
Le battant, quand elle voulut l’ouvrir, buta dans un poids mort. D’une volée plus puissante, la prieuse le dégagea, ce qui lui coûta pour ne pas être trop indiscrète, une bonne minute, qui fut sûrement fatale à son protégé.

Le faste des lieux lui sauta aux visages, et elle grogna en aparté, écœurée toujours par l’étalage de la richesse. Si ça n’avait pas été sa sœur qui y avait pensé en premier, nul doute que lui l’aurait fait. Ces petites querelles successorales sanglantes, Feriel en avait trop vu pour ne pas en être simplement blasée.

Elle faillit déraper dans le sang de la malheureuse qui était échouée sur le perron. Pas de pouls, Feriel vérifia pourtant, mais le corps n’était même pas tiède : il était chaud. Son meurtrier était donc encore ici, tout du moins avait il agit il y a très peu de temps.

Des échos du de voix qui moururent bien vite lui parvinrent alors de l’étage. L’œil unique de la prieuse se posa sur les environs, et elle dégaina d’un geste, s’assurant une garde solide, des appuis puissants. Il était désormais naturel pour elle de combler son angle mort, un réflexe instinctif, même.

Misant sur le fait que son adversaire était trop occupé par son méfait pour l’entendre, elle se précipita à l’étage, feutrant ses pas autant qu’il lui était possible. Elle n’était pas connue pour sa discrétion, mais son agressivité et sa vivacité en combat, avec une arme aussi versatile, faisaient généralement des ravages.

En pensée, elle révisa chaque profil type d’assassin qu’elle avait déjà eu l’occasion malheureuse de rencontrer. Feriel était une vétérante, il y avait peu de choses dans ces rues qu’elle ne connaissait, peu de situations qu’elle ne savait palier, elle était donc confiante. Mais pas trop. Jamais trop. Quelque chose pouvait toujours aller de travers.

Quelques instants plus tard, elle atteint la chambre de celui qu’elle était censée protéger. Plus un son n’en émanait. La prieuse connaissait quelqu’un qui, le lendemain, aurait de gros ennuis… A savoir la très chère sœur de ce pauvre homme, à qui l’enquêtrice s’empresserait d’aller poser quelques questions – quel que soit, d’ailleurs, son fichu rang social. La Ville savait que ce n’était pas ça qui arrêterait Feriel Kiana.

Ni un peu de sang, ni un cadavre laissé en bas, ni même celui qu’elle pensait découvrir encore : l’assassin ne pouvait pas avoir déjà quitté les lieux, elle avait agi vite, et si tout se jouait en sa faveur, il ne l’avait peut être pas encore entendu.

Une rai de lumière, une porte grande ouverte… Si elle déboulait sans préambules, et qu’il l’avait perçu, alors il pouvait lui tendre une embuscade, surtout s’il était équipé d’une arme à feux. D’un autre côté, il allait avoir le temps de s’enfuir, si elle ne faisait rien, et ça… Elle ne pouvait se le permettre.

Alors, elle se précipita à l’intérieur de la pièce, misant sur sa vitesse pour ne pas se faire malencontreusement tirer dessus, et prendre une position à couvert, contre le lit dont elle voyait l’ombre, idéalement.
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Sam 4 Aoû - 22:39

Trop occupé par ses actes de barbarie, L'As s'était montré négligent. Il réagissait bien trop tard, l'intrus était déjà tout près de la porte. Cette dernière s'ouvrit à la volée, laissant seulement le temps au mercenaire d'esquiver une potentielle charge en sautant sur le lit. Debout sur les draps fins et ensanglantés, il allait devoir agir très, très vite.

Il ne pouvait en être sûr, mais il lui semblait avoir vu passer une forme rouge, synonyme de Prieur. Comment quelqu'un pouvait-il être arrivé aussi vite ?! Quelqu'un avait-il repéré le fleurettiste masqué dans la rue et alerté une patrouille ? Non, c'était peu probable, sinon ils auraient débarqué à plusieurs et n'auraient pas été aussi discret. L'arrogance du surnombre. Non... le plus plausible, c'était que ce cher Blumstein était effectivement conscient de la menace. Mais alors où était caché le protecteur ? La ville était sans doute plus grande que ce qu'il avait observé dans la nuit, les cachettes étaient sans doute nombreuses pour un Prieur.

Toutefois, le Fort avait failli à sa mission. Blumstein était mort, L'As avait remporté la première manche.

Le deuxième round serait autrement plus difficile. Dans l'espace restreint de la chambre, son fleuret n'était pas le meilleur outil. Ses blessures à l'épaule et à la cheville l'handicapait également. La retraite était sa meilleure option. Mais où aller ? Bien évidemment, il ne ressortirait pas par la grande porte. Il ne pourrait même pas emprunter la porte de la chambre, le Prieur lui barrerait la route. Restait un saut par la fenêtre. Pas le meilleur des plans non plus, Alexander n'aurait pas le temps d'écarter l'épais rideau, et serait sans doute aveuglé pendant quelques cruciales secondes. Cependant, cela lui permettait de ne pas craindre d'éventuelles blessures dues aux éclats de verre. Autre gros problème : une fois à l'air libre, où aller ? L'As ne connaissait pas par cœur les rues du district Prioral, contrairement à son adversaire du soir. Les sauts répétés sur les toits finiraient par épuiser sa cheville déjà blessée, et risquait d'ailleurs d'aggraver ladite blessure.

Et il ne savait pas à qui il avait à faire. Homme ? Femme ? Au moins ce n'était pas un manieur d'armes à feu comme le Vicaire de Domus. Alexander n'était pas un spécialiste des tactiques d'interventions du Prieuré, mais il supposait qu'en cas d'attaque dans un espace aussi restreint que la chambre, l'intrus aurait déjà pressé la détente une fois, par prévention. Arme blanche donc. Pouvait-il s'imposer et tuer pour la troisième fois ce soir ? Avec ses blessures, dans un espace qui ne le favoriserait pas, il ne parierait pas là-dessus. Gagner du temps, c'était envisageable, mais gagner du temps pour quoi faire ?

Toutes ces pensées s'entrechoquaient dans son esprit en moins d'une seconde. La forme rouge s'était mise à couvert derrière le lit, lui était debout sur le matelas. Un bond en arrière, voilà une première distance de sécurité. Sa cheville le lance, mais il ignore la douleur. Sur sa gauche, la table de chevet. Trois bougies posées sur un meuble en bois de bonne facture.

*Parfait.*

Il n'a pas eu le temps de rengainer sa lame, et c'est peut-être mieux. De la main gauche, il se saisit des petits bâtons enflammés et les lance sur les draps, en direction de son ennemie. Voilà qui pourrait lui faire gagner une seconde, peut-être deux. Pile suffisant pour attraper le mobilier, cette fois ci à deux mains, et le lancer de toutes ses forces contre la fenêtre. Le rideau ploie, le verre se brise, et le tout s'écrase avec fracas quelques mètres et quelques secondes plus tard. Vu le temps écoulé, le mercenaire estime la hauteur de sa future chute à "trop haute pour ne pas se faire encore plus mal à la cheville".

Alors il hésite. Tout va si vite, et si sa distraction lui offrait une ouverture ? C'est trop présomptueux d'attaquer, il n'est pas dans les bonnes conditions pour se battre. Il doit fuir, mais l'arrogance (et l'appréhension) l'empêche de sauter. Alors il toise la forme rouge de l'autre côté du lit. Le feu commence à s'emparer des draps.

Trop tard... bel effort, mais c'était futile !

Malgré l'étouffement de sa voix, dû au masque, le ton est clairement moqueur. Fleuret positionné dans une garde un peu trop impeccable pour le barbare qu'il est supposé incarné, L'As tente de déceler les mouvements du Prieur. Il cherche à tâtons derrière lui le rebord de la fenêtre, pour commencer à se hisser. Son impulsion est mal maîtrisée à cause de ses deux blessures. Plus qu'à prier pour que l'ennemi n'en profite pas.
Revenir en haut Aller en bas
Feriel Kiana
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 47
Fiche : Justicière
Vice : Obstinée
Faction : Prieuré
District : Prioral
Influence : 400
Occupation : Enquêtrice
Disponibilité : Tous les jours !

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Jeu 9 Aoû - 23:34

Feriel jeta un coup d’œil à l’homme dont elle n’apercevait le visage. Ses railleries ne parvinrent pas à faire perdre son calme à la prieuse, mais lui tira un soupir désabusé.

Encore un fanfaron.

Et armé d’un fleuret, avec ça. Si elle avait su, elle y serait allée plus franchement, une arme pareille ne lui aurait pas opposé grande résistance.

Dans sa cachette, la fumée eut tôt fait de l’entourer. Brûlée sur une bonne partie du corps, l’enquêtrice n’avait pas peur des flammes, mais ce elle ne tenait pas à sentir leur caresse à nouveau de sitôt.

Un regard lui indiqua que celui qu’elle devait protéger était mort. Tant pis. Cela ne fit que renforcer sa résolution de capturer l’assassin, ce guignol masqué qui se baladait avec une arme d’entraînement.

Feriel savait que la maison était haute, la chute risquait d’être rude, et la seule échappatoire de l’homme, c’était la fenêtre. Il n’allait quand même pas tenter de l’attaquer avec un fleuret, s’il ne touchait pas au premier coup, vu l’allonge de son épée bâtarde, et l’incapacité du guignol à parer, elle finirait par l’acculer quoi qu’il puisse esquiver.

Donner la mort n’était pas dans les habitudes de la prieuse, mais un bon coup de pommeau dans la tempe avait tendance à remettre les idées en place de plus d’un imbécile.

Elle décida d’agir vite, après ses quelques secondes d’observation. Son châle prenait déjà feu, alors qu’elle l’arracha de sa tête, misant que ses gants de métal, doublé de cuir, protégeraient quelques instants sa main.

Tassant le tissu désormais incandescent en une boule, toujours à couvert derrière le lit, elle se releva brusquement, se dévoilant à son adversaire, et lui balançant le projectile enflammé dessus.

Ses cheveux de jais étaient désormais libres, chose rare, autour de ses traits durs, et elle fit un large mouvement de son épée bâtarde, se plaçant dans une garde mobile, la lame obligeamment déposée sur sa main droite.

De son œil unique, elle ne voyait plus grand-chose avec la fumée qui montait en paresseuses volutes pour s’accrocher au plafond, et se pencha donc à demi, pour demeurer dans une partie un peu plus respirable de la pièce, tentant d’apercevoir si son tir avait réussi à toucher le trublion.

L’incendie se répandait déjà goulument autour d’eux, faisant un linceul de flammes au cadavre laissé à pourrir dans les draps, mais Feriel garda son attention sur son adversaire : il serait temps de s’occuper sérieusement du brasier quand il tenterait de lécher son armure. Elle avait chaud, certes, mais pas encore assez pour que cela émousse ses mouvements. Ça viendrait.

Pas un mot, l’enquêtrice ne répondit rien après les provocations : elle demeurait près de la porte, barrant le passage à l’homme, et s’avançant de quelques pas vers lui, pour lui indiquer qu’il n’avait qu’une solution, désormais : sauter.
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Ven 10 Aoû - 0:10

Une chose est certaine : Alexander ne s'attendait pas à ce que le feu prenne aussi bien. Les volutes de fumée se font rapidement épaisses, et les draps sont minutieusement dévorés par le brasier. Pourtant, alors qu'il ne parvient pas encore à se hisser à l'air libre, il n'est clairement pas satisfait. Bien sûr, son masque le protège un minimum de l'étouffement, mais si il ne dégageait pas très vite d'ici, c'est lui qui souffrirait le plus du manque d'oxygène. De plus, s'il pouvait toujours distinguer le rouge de son adversaire, à couvert de l'autre côté du lit, sa vision était obstruée, et l'option d'attaquer n'en était plus une.

Il n'avait plus d'autres choix que de sauter.

C'est à cet instant, pour la première fois depuis le début de sa (courte) carrière de criminel, que L'As regretta d'avoir accepté un contrat. Ou plutôt, il se fustigeait de ne pas y avoir imposé ses conditions. Blumstein avait insisté, lourdement, pour qu'il attaque tôt, arguant que le paternel pouvait rendre l'âme d'une minute à l'autre. Mais ce n'était pas le mode opératoire du mercenaire, c'était trop risqué de sortir alors qu'il y avait tant de monde dans les rues. Il ne se montrait qu'au cœur de la nuit, lorsque la Ville était assoupie.

C'était sa première grosse erreur, et si il ne réagissait pas très vite, ce serait probablement sa dernière. Le pire, c'est qu'il savait qu'il y aurait des victimes collatérales si il était démasqué. La honte sur le nom de sa famille, Amélia serait trainée dans la boue, tout son travail de sape pour s'attirer la sympathie d'Otton et de Thalia... toute cette préparation méticuleuse réduite à néant pour un simple contrat passé par une héritière trop avide de ducats.

Soudainement, le jeune homme perçu du mouvement à travers la fumée. Le Prieur était en fait une Prieuse. Il ne voyait pas bien les détails, mais ce qu'il remarquait très bien, c'était la sorte de boule de feu qu'elle s'apprêtait à lui jeter au visage. La tenue d'Alexander n'était pas ignifugée, seul son masque et ses gants pouvaient un peu mieux supporter la chaleur qui grimpait dans la chambre.

Sur un réflexe qui, avec du recul, relevait bien plus de la stupidité que de la survie, L'As baissa la garde, tourna le dos à son adversaire et s'accroupit une seconde. Ou plutôt, il prenait son impulsion. Pas d'alternative possible, il bondit par la fenêtre dont il venait de dégager l'ouverture. La boule de feu, qu'il n'avait remarqué qu'au dernier moment, venait juste de passer devant lui. Désormais, c'était la chute inexorable vers une réception douloureuse qui l'attendait.

L'atterrissage allait piquer. Contraint en forcé d'utiliser la seule sortie à sa disposition, L'As se préparait à souffrir. Déjà blessé à la cheville droite, il ne décida cependant pas d'amortir sa chute uniquement de la jambe gauche : il aurait pris le risque de se briser la jambe à l'impact, ce n'était pas envisageable. Entre la fenêtre et les pavés, il devait y avoir au moins quatre mètres.

Finalement, l'agilité du jeune homme lui permit de limiter les dégâts. Dans un premier temps, il se réceptionna sur ses deux jambes, avant de laisser la force de sa chute le conduire face contre terre. Sa cheville droite n'avait pas tenu, et L'As laissa échapper un cri de douleur, rapidement étouffé. Prise dans les pavés parfois inégaux, sa tenue s'était déchirée en de multiples endroits, et quelques estafilades venaient le faire souffrir davantage. Enfin, son épaule déjà blessée le lançait à nouveau.

Alexander demeura de longues secondes au sol, en proie à la douleur. Il avait beau y être préparé et être capable d'absorber pas mal de coups, ça ne l'empêchait pas de souffrir. L'adrénaline continuait de monter, l'état d'alerte dans lequel il se trouvait lui hurlait de se relever, de se mettre à courir. La Prieuse n'imiterait pas son saut, elle serait obligée de reprendre les escaliers, de contourner le bâtiment. S'il partait maintenant, il avait une chance qu'elle ne le retrouve pas.

Mais il avait trop mal.

Malgré tout, en serrant les dents, le fleurettiste se releva. Immédiatement, il rengaina son fleuret, qui ne lui serait pas utile dans l'immédiat. Il avisa la situation. Il pouvait regagner la rue, se faufiler dans les ruelles, essayer de semer son adversaire... mais la douleur et sa cheville meurtrie le ralentirait trop, et avec le temps perdu, il risquait de tomber nez à nez avec la Prieuse en prenant cette route. Face à lui en revanche s'étendait un grand jardin. Des haies hautes de deux mètres, parfaitement taillées, s'élevait face à lui. C'était comme la porte d'un labyrinthe pour enfant. Claudiquant, mais aussi rapide que possible, il s'y engouffra.

Ce n'était sûrement pas un labyrinthe, à première vue les haies s'organisaient en cercles concentriques. Cependant, c'était plus qu'une aubaine pour Alexander. Avec de la chance, la Prieuse ne l'avait pas vu s'engouffrer dans le jardin. Soit elle penserait qu'il a tenté de fuir dans la foule, et partirait dans la direction opposée, soit elle comprendrait le stratagème et tenterait de le retrouver entre les feuilles et les petits chemins de terre. Avec cet avantage, Alexander pourrait tenter une embuscade.

Pour l'heure, il acceptait avec joie les quelques secondes de répit qu'il lui restait.
Revenir en haut Aller en bas
Feriel Kiana
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 47
Fiche : Justicière
Vice : Obstinée
Faction : Prieuré
District : Prioral
Influence : 400
Occupation : Enquêtrice
Disponibilité : Tous les jours !

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Lun 13 Aoû - 0:46

Comme escompté, le meurtrier masqué creva la fenêtre, et sauta au dehors. La hauteur était vertigineuse, bien trop en tout cas pour les articulations de Feriel, qui ne se fit aucune illusion sur le sort des chevilles de son adversaire.

Ayant espéré ce mouvement, elle se jeta vers la porte, que le feu n’avait pas encore trop atteint, pour dévaler les escaliers à toute vitesse.

Elle ne devait pas le laisser la distancer, il allait avoir une longueur d’avance mais c’était désormais sa proie. La prieuse ne comptait pas lui laisser même le temps de reprendre son souffle.

Quand on se sentait acculé, on faisait plus aisément des erreurs.

Qu’importe que toute la maison brûle, il n’y avait plus âme qui vive à l’intérieur. Et puis c’était le district prioral, les autorités compétentes seraient bien assez vite sur place pour éteindre l’incendie.

Il lui semblait survoler les marches tant elle allait vite, son épée battant sa cuisse à un rythme presque douloureux.

Dans son élan, elle faillit percuter le corps de la femme toujours étendu sur le sol, mais sauta en dessus, et balança le battant sur le côté, pour se retrouver dehors.

Là, une seule solution logique, les années de service avaient rendu ce genre de réflexions comme de véritables automatismes : se rendre en-dessous de la fenêtre, vérifier les traces.

Il y avait plusieurs solutions après le saut qu’avait effectué l’homme, se jeter tout d’un coup vers l’une ou l’autre sans avoir vérifié les environs aurait été stupide.

Feriel avait repéré les lieux plusieurs fois en venant surveiller l’homme qui gisait dans la chambre en flammes, elle voyait sur quel côté de la demeure donnait la chambre, il ne restait plus qu’à s’y diriger.

Les bruits des rues environnantes étaient étouffés par de grandes haies qui clôturaient un jardin plongé dans l’obscurité, où l’enquêtrice promena son regard avant d’aviser enfin des éclats de verre sur la pelouse.

La lumière de la lune s’y reflétait, la Sœur aurait pu les rater, mais ils étaient là, pour certains légèrement maculés de sang à leurs extrémités. Elle se baissa pour effleurer l’herbe de ses doigts, qui avait été aplatie par la chute de son adversaire.

Il était tombé lourdement dans un second temps, ça n’avait pas dû être agréable, mais aucune compassion ne vint éclairer le cœur de la prieuse. Cela la réjouit même davantage.

Feriel releva le nez pour scruter les alentours assombris. Un souffle de vent s’engouffrait dans les frondaisons, qui s’agitaient légèrement dans la torpeur de la soirée.

Elle se concentra ensuite sur le sol à nouveau, après avoir vérifié que personne ne l’observait de derrière les fourrés.

Après quelques instants passés dans le plus profond silence, elle finit par conclure que l’homme avait dû se redresser, et boiter légèrement sur les premiers mètres. Il était léger, mais sûrement blessé, ce qui avait alourdi son pas.

Ensuite, la Sœur perdait la trace, mais celle-ci se dirigeait dans un premier lieu vers le jardin. Peut être avait il bifurqué ensuite, les deux solutions étaient bonnes, l’une pour se perdre dans la foule, l’autre au milieu de la végétation.

L’enquêtrice choisit cependant celle qu’indiquaient dans un premier lieu les maigres indices qu’elle avait, et se dirigea vers le grand jardin.

Feriel était affectée d’un désavantage ici : elle voyait très mal dans le noir, à cause de son handicap, mais les lumières de la cité environnantes arrivaient à rendre encore ce qui l’entourait perceptible pour son œil unique, au moins en contours.

En se faisant le plus silencieuse possible – et c’était loin d’être dans sa nature – elle se meut entre les buissons bien alignés, observant les alentours, tentant de retracer la piste de ce trublion masqué.

Son épée était empoignée fermement dans sa paume, et pas un instant ne se passait sans qu’elle tienne un côté en garde solide, tout en scrutant de l’autre.

L’endroit était idéal pour une embuscade. Elle l’attendait de pied ferme, s’il voulait tenter la confrontation.

Ce serait plus facile que de devoir jouer au chat et à la souris.
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Lun 13 Aoû - 2:02

Il n'y avait rien à dire, Alexander s'était fourré dans un sacré merdier. Un contrat piège, accepté malgré des blessures pas encore totalement guérie, et le voilà qui allait devoir se montrer très malin pour conserver sa liberté.

Il ne pouvait pas quitter le jardin et ses hautes haies sans se mettre complètement à découvert. Pour une fois, l'adversaire ne semblait pas équipé d'une arme à feu. Par contre, son épée bâtarde était une arme très solide, et elle avait l'avantage de vitesse, surtout vu l'état de la cheville de L'As.

Caché dans les grands buissons, le mercenaire avait dans l'idée de s'éloigner le plus possible de la maison, qui serait bientôt en proie aux flammes. Dans un district aussi huppé, de potentiels secours ne tarderaient pas. S'ils établissaient un périmètre de sécurité, et nul doute qu'ils le feraient, L'As était fini. Il devait impérativement quitter la scène de crime avant l'arrivée des renforts.

Et pour cela, il allait devoir tromper la vigilance de la Prieuse.

Il avait perçu les buissons frémir. Ce n'était pas le vent, c'était la femme en rouge qui avait déjà tout compris. Quel allait être son plan ? Traquer le mercenaire, l'arme à la main, prête à appliquer la peine capitale sans jugement ?

Alexander avait beau mobiliser tous ses sens, il ne parvenait pas à savoir si la Prieuse bougeait. Le crépitement des flammes qui prenaient le contrôle de la villa se faisait de plus en plus insistant. Il devait agir vite. La Prieuse pouvait le prendre à revers à tout moment.

Lui aussi aurait pu... mais c'était tenter le diable. Son fleuret, bien que solide et légèrement modifier, notamment au niveau de la coquille, capable d'encaisser plus de dégâts que la normale, ne pouvait pas lutter contre l'épée bâtarde. Pas avec ce corps. Pour combler le déficit de puissance de sa lame, Alexander avait toujours misé sur son agilité. Avec une cheville en vrac et une épaule défectueuse, c'était impossible.

Il continuait à s'éloigner, arpentant le cercle extérieur des haies d'un pas trainant. Chaque haies étaient séparés par des chemins en terre battue, d'environ trois mètres de large. Alexander laissait des traces, surtout en trainant la patte. Pour l'heure, il avait encore un peu de répit.

Que tenter ? Un coup d'éclat, c'était signer son arrêt de mort. Attendre, c'était perdre toute chance de fuir. Il se sentait piégé, plus encore que lorsque le Vicaire avait pointé son énorme pistolet sur son visage. Il devait faire quelque chose.

Bluffer, c'était peut-être sa seule option.

La maison et le jardin était entouré de hauts murs en pierre lisse. La seule issue qui donnait sur la rue, la Prieuse l'arpentait sûrement. Même en avançant prudemment, elle aurait déjà dû rattraper Alexander à ce stade. Le mercenaire décida de jouer la pièce. Il prit une voix paniquée et implora dans le vide :

Vite ! Vite, putain ! Descends l'échelle, le Prieuré a débarqué, on doit se casser !

Est-ce qu'elle l'entendrait ? Plus important, est-ce qu'elle allait mordre à l'hameçon ? Si elle le faisait, suivrait-elle le chemin en terre battue ou opérerait-elle une ligne droite à travers les buissons ? Qu'importe, Alexander devait se frayer un chemin vers la rue, sans engager le combat...
Revenir en haut Aller en bas
Feriel Kiana
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 47
Fiche : Justicière
Vice : Obstinée
Faction : Prieuré
District : Prioral
Influence : 400
Occupation : Enquêtrice
Disponibilité : Tous les jours !

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Jeu 23 Aoû - 11:32

Seul son souffle tenait compagnie à la Sœur enquêtrice.

Ses pas étaient assourdis par les pelouses parfaitement ordonnées, de temps à autre, elle piétinait un massif, avançant prudemment, l’œil plissé autant qu’elle pouvait, gênée par la faible luminosité.

Elle n’y voyait guère, ici, et maudissait une fois encore son handicap, qui, sur le terrain lui avait déjà coûté beaucoup trop.

Elle répugnait à recevoir quelque chose qui n’était pas « à elle » pour remplacer un appendice qui avait jadis été totalement fonctionnel et lui avait rendu de bons et loyaux services. C’était essentiellement pour cela qu’une prothèse, de prime abord, la répugnait profondément.

Mais à ce moment, à tourner en rond dans un labyrinthe végétal qui ne semblait pas vouloir finir, elle aurait réellement aimé posséder un petit bijou technologique qui lui aurait épargné une recherche fastidieuse.

Ce n’était pas la première fois que cette idée lui traversait l’esprit, mais elle ne fit que davantage la piquer au vif : elle se sentait diminuée, et cela la retardait dans son devoir qui avait primauté sur ses états d’âme.

Il faudrait bien que tôt ou tard, elle y vienne.

Les minutes passaient, s’alourdissaient, Feriel tendait l’oreille, et parvenait de temps à autre à trouver l’herbe un peu plus penchée par le poids de sa proie.

Il ne s’était pas remis de sa blessure, ce qui était une bonne chose, mais il était apparemment tout de même relativement vif pour arriver à lui échapper.

Elle avançait lentement, le poids de son épée, toujours en garde mobile, tirant sur ses bras de manière presque agréable, une sensation familière.

Elle aurait pu courir, mais se précipiter comme une imbécile en aurait fait une proie facile, et elle n’était pas connue pour son agilité ou ses talents d’acrobate. Là, elle reposait son souffle, c’était à lui de courir, elle tenait à être en forme pour la confrontation, espérant bien qu’elle aurait lieu.

Aucune pensée n’affleura l’esprit de la prieuse quant à la victime qui se trouvait dans la maison en flammes, tout ce qui préoccupa Feriel fut que l’incendie pourrait atteindre le jardin – et le reste du district. Une équipe serait sur place bien assez tôt pour maîtriser le feu, et alors, elle en était sûre, elle pourrait demander de l’aide dans la traque du fleurettiste masqué.

Elle n’était pas assez fière pour en faire une affaire personnelle, seule comptait l’efficacité, pas les lauriers qu’on récoltait.

Ce fut à ce moment qu’elle entendit, un peu étouffée, la voix du meurtrier, qui résonnait entre les frondaisons basses.

Il ne fallut qu’un instant à Feriel pour se décider à prendre la direction du son, faisant abstraction de ce qu’il pouvait bien signifier.

Des renforts pour aider l’autre guignol ? Qu’importe. Elle en aurait également bien assez tôt.

Elle accéléra le pas, se dirigeant vers la direction d’où avait provenu la voix, entamant une petite foulée.

Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Jeu 23 Aoû - 22:11

Il percevait du mouvement, c'était encore discret et prudent, mais ça se rapprochait de plus en plus vite. Son piège avait marché ! Où peut-être pas, peut-être que la Prieuse était simplement fatiguée d'attendre que L'As sorte de sa cachette. Qu'importe, le fait est que la dame en rouge s'approchait de la position d'Alexander rapidement.

Le mercenaire, en revanche, ne comptait pas l'attendre patiemment. Vu qu'il n'entendait pas les feuilles des buissons bruisser, il en déduit qu'elle prenait le chemin de terre bien délimité. C'était donc à lui de se frayer un chemin à travers les branches. Le plus discrètement possible, les quelques secondes qu'il pourrait gagner sans se faire repérer pourraient bien être décisive.

Il ne pouvait donc pas foncer bêtement à travers le feuillage, tout droit. Enfin si, techniquement il pouvait, mais ça aurait été très con. Il choisit alors de se mettre à terre. Sur le moment, ça lui semblait une bonne idée. En rampant, il passait sous les branches les plus basses et réduisait le bruit. De plus, se déplacer sur quatre points d'appuis plutôt que deux soulagerait énormément sa cheville meurtrie.

Mais dès les premiers pas de la mise en pratique, les deux véritables faiblesses de sa stratégie lui apparurent, claires comme de l'eau de roche. Tout d'abord, il était atrocement lent, tant et si bien que la Prieuse aurait sans doute le temps de faire trois fois le tour du labyrinthe avant que lui en ait atteint la sortie. De plus, avec la cheville droite blessée et l'épaule gauche meurtrie, Alexander ne disposait d'aucune stabilité dans ses mouvements.

Tant et si bien qu'à peine la première barrière de haies traversée, l'homme masqué s'écroula droit sur son épaule gauche, et ne put retenir un gémissement de douleur.

Conscient qu'il venait de commettre une terrible erreur, la panique commença à le gagner. Impossible que celle qui le traquait n'ait pas entendu sa plainte. L'adrénaline fit le reste. Grimaçant de douleur, grognant férocement à chaque pas, le jeune Shah se redressa sur ses deux jambes et commença à courir en claudiquant.

Plus question de discrétion, il voulait simplement fuir au plus vite. Avant que la Prieuse ne le rattrape, avant l'arrivée des secours. Alors il traçait sa route, tout droit à travers les buissons. Les branches coupèrent ses vêtements, l'égratignèrent ici et là, le faisant grogner chaque fois un peu plus fort. Mais la détermination à s'en sortir le poussait à continuer.

Il parvint à atteindre l'entrée du labyrinthe... Mais c'était comme si il sentait le souffle de la Prieuse sur sa nuque... A l'aveuglette, il dégaina son fleuret et fouetta l'air horizontalement, derrière lui. Il n'avait aucune idée de la distance qui le séparait de la dame en rouge, et savait encore moins si son coup avait touché.
Revenir en haut Aller en bas
Feriel Kiana
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 47
Fiche : Justicière
Vice : Obstinée
Faction : Prieuré
District : Prioral
Influence : 400
Occupation : Enquêtrice
Disponibilité : Tous les jours !

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Dim 26 Aoû - 19:05

Dans le silence devenu angoissant des fourrées, elle le perçut, clair comme de l’eau de roche.

Cela faisait quelques temps déjà qu’elle avançant dans la direction de la voix entendue plus tôt, à tourner en bourrique alors que son œil se fatiguait, et lui infligeait quelques maux de têtes au niveau de la tempe forts désagréables qui ne faisaient que renforcer sa mauvaise humeur naturelle.

Et là, un petit cri de douleur perça, étouffé, mais audible.

Elle s’immobilisa peu sûre de ce qu’elle avait entendu, ni de la direction exacte du son. C’était si ténu, étouffé par la végétation, que Feriel se demandait même si elle n’avait pas rêvé.

Elle accéléra le pas, progressivement, jusqu’à courir à demie, les hautes haies l’emprisonnaient, et elle les repoussa d’un geste vigoureux de l’épaule.

Il fallait qu’elle le retrouve. Il ne s’échapperait pas. Ce n’était même pas une option. Ce bruit là était proche, trop proche, trop près également de la sortie de ce labyrinthe qu’elle voyait poindre par le fait qu’on distinguait plus facilement à sa fin les lumières de la cité environnante.

La Sœur jaillit des fourrées, pour se faire intercepter par une lame qui sectionna quelques mèches que les branches basses avaient défaites de son chignon, pour riper par la suite sur la maille de son pourpoint dans un désagréable crissement aigu.

Le fleurettiste était là, à quelque distance d’elle, dans un sale état. La prieuse attestait sans mal de la jambe blessée de l’homme, d’un simple regard.

Elle était légèrement essoufflée, mais rien encore de trop dramatique. Pour l’instant, elle avait bon espoir de mener la danse.

Il avait une grande allonge par rapport à elle, mais la lame souple du fleuret pouvait facilement être déviée, d’autant qu’elle ne pouvait attaquer de taille. La férocité de l’épée bâtarde pouvait être employée à bon escient dans une telle confrontation, surtout contre un adversaire blessé.

Il ne fallait pas qu’elle le laisse encore courir, s’égayer dans les rues et y disparaître, anonyme dans la foule. Non, il était affaibli, acculé, c’était ici que son chemin s’achevait.

Profitant de son élan, Feriel continua sur sa lancée qui l’avait propulsé hors des frondaisons basses pour tenter de percuter d’un coup d’épaule le jeune homme, protégeant sa face de sa propre lame, prête à frapper de taille dès qu’elle serait au contact de son adversaire.
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Dim 26 Aoû - 21:23

Il y avait d'autres pas sur le pavé, si proches... Elle était là, telle une prédatrice fondant sur sa proie blessée. Est-ce que le coup de fleuret avait touché ? Il n'en savait rien. Probablement pas étant donné que ni chute, ni grognement douloureux autre que les siens ne vinrent troubler un peu plus le décors de leur course-poursuite.

Il était sorti du labyrinthe. Une centaine de mètre plus loin, les grands grillages signalant l'entrée de la résidence privée. La villa elle-même était en proie à l'incendie, la lueur rougeoyantes des flammes pouvait être perçue depuis le sol. Certaines braises s'attaquaient à la structure même du bâtiment.

Et si son salut venait de là ? Peu importe quand les secours arriveraient -et ils ne tarderaient pas-, il était trop tard pour vaincre l'incendie. Des morceaux de la villa allaient s'effondrer d'une minute à l'autre. Dans une bien mauvaise posture, L'As devait-il jouer avec le feu, dans un sens bien trop littéral pour être enchanteur ? C'était trop risqué, mieux valait fuir...

Ce fut à cet instant que le coup d'épaule le faucha en pleine course.

Il poussa un cri. La Prieuse avait touché sa propre épaule blessée. Sous son épais bandage, lui-même caché par ses vêtements, le mercenaire sentit sa plaie s'ouvrir. Il trébucha en avant et s'écroula sur le bitume, roulant deux fois sur lui-même avant de se redresser sur un genou. Instinctivement, il déplaça sa garde à la verticale, sur son flanc gauche. Au vu de son arme, son adversaire privilégierait sans doute un coup handicapant, un balayage préventif, plutôt que de jouer gros et de tenter de le tuer d'un coup d'estoc ou d'une attaque de taille au visage. Il anticipait le balayage vertical adverse en espérant avoir choisi le bon côté.

Puis il recula. Avant ou après un coup, il n'aurait su le dire, tout était flou, la douleur broyait sa mémoire et sa capacité de réflexion. Il se releva entièrement, la jambe droite flageolante et l'épaule gauche inerte.

Il voyait la Prieuse, la moitié du visage éclairée par les flammes descendant de la fenêtre. Il ne pouvait pas espérer s'en sortir facilement. Mais il y avait quelque chose : son cache-oeil. Une Prieuse borgne. Il devait exploiter ça.

Il était toujours sur la défensive, reculant pas à pas pour se rapprocher de la rue passante, là où il pourrait espérer semer son ennemie. Mais dans le même temps, il décalait sa garde et l'allonge de sa lame pour viser l'angle mort. Pour forcer la Prieuse à s'adapter, peut-être à laisser une ouverture.

Dans son état, la situation semblait plus que compromise. Il ne pourrait pas semer une Prieuse à la course avec sa cheville blessée. Il ne pourrait pas la vaincre à la loyale, fleuret contre épée bâtarde. Restait donc l'option de L'As : trouver une autre alternative. Il avait repoussé l'inévitable, mais désormais il n'avait plus le choix.

S'il continuait à décaler sa retraite pour rester dans l'angle mort, la Prieuse finirait par se retrouver entre la rue et lui. Il devait l'attirer ailleurs. Alors, poussant comme il le pouvait sur sa jambe encore valide, Alexander lança une attaque d'estoc visant la main, le poignet voire l'avant bras armé de sa rivale. La manœuvre avait un but : briser l'espace entre les deux lames.

Si le fleurettiste trouvait sa cible, tant mieux, il infligerait une blessure handicapante à la Dame en rouge. Si elle parait ou reculait pour esquiver, c'était aussi bien. Emporté dans son élan, Alexander comptait percuter l'ennemie. Ainsi collé à elle, il réduirait l'amplitude de ses coups. Puis, en puisant dans ses dernières ressources, il comptait les emmener tous les deux contre le mur affaibli de la maison en flammes.

Ensuite ? Si il parvenait à arriver jusque là sans mourir, il improviserait...
Revenir en haut Aller en bas
Feriel Kiana
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 47
Fiche : Justicière
Vice : Obstinée
Faction : Prieuré
District : Prioral
Influence : 400
Occupation : Enquêtrice
Disponibilité : Tous les jours !

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Lun 27 Aoû - 23:36

Fermement protégé dans du métal, le poignet de la prieuse reçut tout de même un léger coup contre le cuir en dessous quand le fleuret s’engouffra dans un interstice de l’armure.

Finalement, Feriel avait coincé le fleurettiste, et le combat pouvait s’engager. Il ne courait plus, ne semblait même plus en avoir l’intention. Elle pouvait à présent le contempler de plus près, sa silhouette, sa carrure, son jeu de jambes, autant d’informations primordiales pour réussir à, peut-être, pouvoir deviner qui il était.

Un but habitait la prieuse : retirer le masque de son assaillant pour le percer à jour. Elle détestait ce genre de petites manœuvres pour dissimuler la vérité, et demeurer dans l’impunité quant à des actes d’une telle barbarie.

Le désarmer n’était ensuite que secondaire.

La manœuvre qu’il amorça était très hardie, et malgré le fait que la Sœur sentit son articulation s’échauffer légèrement, la pointe du fleuret ne parvint pas à transpercer tout à fait la sous couche de l’armure.

Elle maintint son arme, plaquée contre elle, tandis qu’il se faisait pressant, affreusement proche. Un geste risqué, parce que son fleuret lui donnait l’avantage de l’allonge, mais si près, elle non plus n’avait même plus assez d’amplitude pour réussir à lui asséner un coup direct de lame sans perdre une grande partie de sa force.

Elle ne savait pas où il voulait en venir, mais elle ne se laisserait pas balader ainsi. Peut être avait il quelque aiguillon dissimulé couvert de poison, ou ce genre d’armes qu’avaient les assassins et qu’il fallait utiliser tout contre sa cible.

Des techniques de lâche, Feriel n’y vit rien d’autre sur le moment, et arma son pied botté d’une gangue de fer, comme ses mains, alors que le reste de son corps s’habillait de mailles et de cuir, pour porter un coup au ventre du fleurettiste, et tenter de le repousser au loin.

Elle n’avait pas vraiment d’espace pour bien armer sa frappe, mais comptait sur son physique sec, et sa force nerveuse, pour donner de la puissance à sa manœuvre.
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Mar 28 Aoû - 20:13

La pointe du fleuret s'était infiltrée sous la couche métallique du gant de la Prieuse, mais faute d'un grand cri de douleur, L'As supposait que sa lame n'avait pas transpercé la peau. En un sens, c'était la pire des nouvelles pour le mercenaire. Sa lame ainsi bloquée, elle pouvait facilement se briser, et laissait le jeune homme sans défense en cas de contre-attaque.

Fort heureusement, il s'était quasiment collé à son adversaire, tandis que la présence de son fleuret devait altérer la mobilité de son poignet. Cependant, avec cet angle, la pression sur la lame était trop forte. De peur de briser son jouet, Alexander n'eut d'autre choix que de le lâcher. Pendant par la pointe, bloquée dans le gantelet de la Dame en rouge, l'arme offrait une sorte de protection (minime) à son propriétaire. Mais il suffisait d'un mouvement de bras pour envoyer valser le fleuret.

Qu'à cela ne tienne, L'As avait son plan. C'était un mauvais plan, au fond de lui il le savait, mais en l'état il n'avait pas mieux. Brisant continuellement les distances d'allonges des deux bretteurs, il tentait de faire reculer son adversaire vers la bâtisse en flamme. Un coup de pied le toucha à l'estomac.

Il se plia en deux, souffle momentanément coupé.

L'adrénaline fit le reste. Avec la volonté de ne pas rester une cible facile, Alexander conserva sa posture, dos rond, et se lança dans l'abdomen de son ennemie. L'enserrant de ses bras, il poussa autant qu'il le pouvait sur ses jambes. Le but premier, c'était de les envoyer tous les deux au sol, pour ensuite pouvoir asséner des coups de poings.

Mais si jamais la Prieuse était trop solide sur ses appuis, Alexander tenterait de gagner autant de vitesse que possible pour la faire reculer, si possible trébucher, et dans le pire des cas lui faire traverser le mur affaibli. Il n'avait clairement pas la force de la porter et de la projeter sur le pavé dans son état.

Le seul point d'inquiétude, c'était son dos, complètement ouvert. Si jamais la Prieuse voulait donner un coup de pommeau ou pire, l'embrocher, Alexander ne pourrait pas se défendre. D'où le besoin pour lui de voir leurs corps heurter le sol rapidement.

Il avait mis tout ce qu'il avait dans sa charge. Mais avec sa cheville meurtrie, serait-ce suffisant ?
Revenir en haut Aller en bas
Feriel Kiana
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 47
Fiche : Justicière
Vice : Obstinée
Faction : Prieuré
District : Prioral
Influence : 400
Occupation : Enquêtrice
Disponibilité : Tous les jours !

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Jeu 30 Aoû - 12:31

Le fleuret demeura coincé dans le gantelet, la lame s’agitant mollement, créant une vive gêne au niveau du poignet de la prieuse. Elle agita la main pour l’envoyer valser cependant que son coup précédent avait porté, mais son adversaire ne recula pas autant que prévu.

Feriel eut à peine le temps de se ressaisir, d’empoigner correctement son arme, que le fleurettiste revenait à la charge.

Décidément, il était coriace. Qu’espérait il accomplir de cette manière, par les Saints ? Voilà qu’il était désormais, en plus de blessé, désarmé. Il se comportait de manière bien hardie, mais il avait un plan en tête, c’était sûr, et comme il ne l’avait pas encore planté d’aucune lame cachée dans son pourpoint, Feriel ne voyait pas bien ce qu’il tentait d’accomplir à essayer de chercher la confrontation directe.

Il la percuta de plein fouet, et elle eut juste le temps, tandis qu’il faisait dos rond, de lui abattre son pommeau, à deux mains alors qu’elle tenait sa lame de manière verticale, au niveau de la colonne vertébrale. Ça, ça ne risquait pas de lui faire du bien.

La suite immédiate fut plus ou moins floue, parce que la prieuse se retrouva au sol, avec son adversaire au-dessus d’elle, et que dans le choc, elle lâcha son épée. Son souffle fut coupé par l’impact, instinctivement, elle mit ses mains devant son visage pour se protéger, ses gantelets de métal tenant lieu de garde.

La Sœur était une grande femme, culminant au mètre soixante-seize, son adversaire n’étant pas beaucoup plus grand qu’elle, il n’avait pas l’avantage de la masse sur elle, mais se trouvait à présent dans une position dominante. Qu’à cela ne tienne…

Ce serait l’occasion parfaite pour tenter de lui retirer son masque.

Avec violence, Feriel se cabra, remontant ses jambes dans un mouvement sec pour tenter de frapper et de déloger le fleurettiste.

Le sifflement continu de l’incendie résonnait tout près d’eux, viciant l’air d’une fumée épaisse. Ils se trouvaient tout à côté du mur que dévoraient les flammes.
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Sam 1 Sep - 18:04

Son plan avait fonctionné, du moins en partie, puisqu'ils étaient tous les deux au sol. Cependant, tout n'était pas parfait. Alors qu'Alexander s'était lancé à corps perdu, littéralement, sur son adversaire, il avait senti le pommeau de l'épée bâtarde percuté violemment son dos. Il poussa un cri de douleur, couplé d'un grognement lorsqu'ils tombèrent lourdement sur le pavé.

Par chance, la colonne n'était pas gravement touchée, sinon c'était la fin. Paralysie, le masque tombait, tout était perdu. Sans doute que son assaut à la limite de la folie avait aidé à atténuer l'impact du coup. Mieux, la Prieuse avait semble-t-il lâché son arme. Mais cela, il ne le vit pas tout de suite.

En proie à une douleur intense, Alexander vit flou quelques secondes. Suffisamment pour se laisser bouter hors de sa position dominante. Les deux genoux de la dame en rouge frappèrent son coccyx et le propulsèrent en avant. Il roula mollement jusqu'au mur de la villa. La chaleur se fit rapidement sentir, la fumée obstruait son champ de vision.

À nouveau, le manque de visibilité jouerait à son avantage. En l'état, ce n'était pas suffisant, il voyait encore assez distinctement son ennemie, qui commençait déjà à se redresser. Il donna un coup de pied dans le mur, avec pour idée de se propulser et de donner un coup de poing, ou de coude, au visage de la Prieuse.

Ce faisant, il ne remarqua pas tout de suite que les fondations s'étaient affaiblies bien plus vite qu'il ne le pensait. La villa, malgré son apparence riche et soignée, était ancienne. Les fondations n'étaient sans doute pas équipées des dernières technologies anti-incendie. Le mercenaire perçut un craquement, mais dans le feu de l'action, il n'y porta pas attention.

En réalité, il venait littéralement de créer une brèche. Un petit trou, d'apparence ridicule, mais c'était suffisant pour fragiliser tout l'équilibre de la villa, qui menaçait désormais de s'effondrer sur elle-même d'une seconde à l'autre. Mieux vaudrait ne pas être directement sous les décombres...

Après sa tentative de coup, L'As avisa les deux armes. Les lames étaient séparées par quelques mètres seulement, quasiment dans le même axe. L'épée de la Prieuse d'abord, son fleuret un peu plus loin. Toujours incapable de se relever à cause de la douleur, Alexander entreprit de ramper. Premier objectif, éloigner l'épée bâtarde le plus loin possible de sa propriétaire. Seconde étape, récupérer son fleuret et filer.

Et si jamais la Prieuse voulait lui attraper les jambes, elle pouvait s'attendre à des ruades. Pas très puissantes, certes, mais le mercenaire ne se laisserait pas stopper de cette manière.
Revenir en haut Aller en bas
Feriel Kiana
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 47
Fiche : Justicière
Vice : Obstinée
Faction : Prieuré
District : Prioral
Influence : 400
Occupation : Enquêtrice
Disponibilité : Tous les jours !

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Sam 22 Sep - 16:23

Le coup atteint sa pommette. De quoi y laisser un méchant bleu, mais pas assez pour sonner Feriel, qui se contenta de pousser un grognement.

Il était bien dommage que la colonne du fleurettiste n’ait pas été plus impactée par sa frappe, un instant elle avait même songé à le paralyser purement et simplement. C’était peut-être un sort moins enviable que la mort, mais elle n’aurait jamais pris les prérogatives d’infliger de ses propres mains la peine capitale.

La fournaise toute proche la faisait suer sous ses protections, et la fumée brûlait son œil, qui larmoyait, tandis que la prieuse le clignait sans cesse.

Elle avisa très rapidement le mur tout proche d’eux. Il y avait fort à parier que la demeure finirait par s’effondrer. A l’intérieur retentissait un bruit du tonnerre, tandis que les poutres craquaient lentement mais irrémédiablement sous la chaleur.

Que cherchait donc à faire l’homme quand il l’avait approché autant de la paroi ? Prévoyait-il de l’enfouir sous les décombres ? Elle s’assurerait qu’il soit le premier à brûler.

Désormais, il rampait vers son fleuret, et elle-même était désarmée. Son épée bâtarde, quand elle en était dépourvue, laissant un drôle de poids mort, comme une impression de membre fantôme.
Heureusement, ce n’était pas le seul moyen dont jouissait Feriel pour infliger des dégâts à sa cible.

Elle attrapa les chevilles de l’homme, se hissa, tentant de mettre la main sur ses cuisses, mais il rua, lui envoyant un coup dans le menton. C’en était trop. Elle n’allait plus se montrer aussi gentille. Il s’agissait d’un meurtrier, et quand sa mâchoire crissa, libérant le goût amer du sang sur sa langue, la Sœur sentit l’adrénaline lui vriller les muscles, déjà saturés de sang, le battement violent de son cœur raisonnant à ses tempes.

Elle leva les mains, et abattit ses gants de métal en massue sur les jambes du fleurettiste, visant la cheville, le creux du genou s’il était à sa portée.

Si elle devait le rapporter au Fort en pièces détachés, alors soit.
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 116
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 651
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Dim 23 Sep - 14:42

Alexander parvenait à atteindre la Prieuse, mais pas à s'en débarrasser. Elle était très solide, sans doute très expérimentée. Ce n'était pas un coup de poing qui allait l'envoyer au tapis, surtout lorsqu'il était administré en bout de course par un mercenaire dont la force brute était loin d'être la spécialité.

Il pouvait sentir l'hématome se former dans son dos. S'il s'en sortait, ça allait laisser un bleu énorme. Mais il n'avait pas le temps de s'en soucier. La douleur était présente, le ralentissait encore plus, mais il ne pouvait pas se focaliser là-dessus. Il fallait rester lucide, suivre cet ersatz de plan qu'il avait mis au point en environ cinq secondes. Ce plan qui était nul, mais qui représentait sa seule chance de s'en sortir.

L'As rampe comme il le peut vers les lames. Il serre les dents, chaque centimètres gagné est à la fois une torture et une petite victoire. Il meurt de chaud, si près du brasier. Le crépitement des flammes menace de démolir la villa, et de projeter des débris brûlants sur eux. Il fallait s'éloigner.

Mais quelque chose le retint. Deux mains se refermèrent sur ses chevilles. La droite était trop meurtrie, c'était presque un poids mort. La gauche en revanche, était encore valide. Avec conviction et détermination, Alexander ruait, mais c'était bien peu efficace. Il sentait le contact avec une partie du corps de la Prieuse, mais l'étreinte ne se desserrait pas.

Et lorsque ce fut le cas, le jeune Shah aurait souhaité qu'elle ne le lâche jamais.

Une masse puissante, lourde et dure s'abattit sur ses jambes. Encore et toujours sa cheville droite. Son mollet, le creux de son genou aussi. Il hurla de douleur, stoppé dans sa course folle et incapable de trouver une solution. Sa jambe lui faisait trop mal, il ne pouvait pas s'éloigner du courroux de la Prieuse. Il tentait de continuer à ramper, il progressa d'environ... cinq ? Dix centimètres ? L'idée de lancer l'épée bâtarde au loin était morte et enterrée. Son seul objectif, c'était de récupérer son fleuret et de filer. Sur une jambe ?

Il ne sentait quasiment plus sa jambe droite, seule la douleur intense lui rappelait qu'elle existait. Que faire ? Comment se défendre ? Comment contre-attaquer ? Il n'avait plus de solution.

Afin de masquer un peu mieux ses points déjà blessés, L'As se retourna sur le dos, stoppant ainsi sa progression. Il avait besoin de voir, d'essayer de déceler un point faible. De sa jambe gauche, il continua à ruer, à donner des coups aux hasards. C'était limite s'il ne se servait pas de la femme en rouge comme point d'appui pour continuer à progresser vers son fleuret. Bon, sa progression se comptait en millimètres...

Chaque coup ne servait qu'à garder la Prieuse éloignée du masque. De son bras droit, encore valide, le fleurettiste tentait de se protéger le visage d'un potentiel assaut. Il n'était plus question de rien, seulement de se défendre, jusqu'à ce qu'un miracle le sauve.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   

Revenir en haut Aller en bas
 
C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Votre horoscope, vous y croyez ?
» que pensez vous de ces sourcils ?
» Vous souvenez-vous de vos quarts à la coupée ?
» Jean-Pierre vous explique la vie en couple
» Dans quelle arme serviriez vous en cas de guerre?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: [RP] Excelsa Intérieure :: District Prioral-
Sauter vers: