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 C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]

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Alexander Shah
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MessageSujet: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Ven 3 Aoû - 22:49

Alexander Shah n'était pas au service exclusif du culte de la Machine. D'ailleurs, Alexander Shah n'était même pas un sympathisant officiel du culte de la Machine. Son alter ego, L'As, fleurettiste masqué, était un sympathisant du culte, mais avant tout un mercenaire. Contre une somme de ducat donnée, l'homme masqué était capable d'à peu près tout. L'argent n'avait jamais été un problème pour lui, les ressources dont disposait sa famille lui permettant d'assurer son futur et celui de sa descendance de manière plus que confortable. Mais lorsqu'on ne veut pas s'occuper des affaires familiales et que les soirées mondaines vous dégoûte, les journées peuvent vite devenir longue. Au fil des semaines, le cadet des Shah évoluait de plus en plus en un animal nocturne. Sans le masque, il passait quelques soirées en bonne compagnie. Avec, il passait la nuit au travail.

Après l'embuscade tendue au Vicaire de la Douleur, Izei Ingenoc, la réputation de L'As avait commencé à se faire. De nouveaux clients cherchaient à le contacter, à lui proposer du travail. C'était le cas de Marianna Blumstein. Un nom qui n'était pas inconnu à Alexander, les Blumstein faisaient dans l'immobilier, s'il se rappelait bien. Marianna était la petite dernière, et sa volonté était simple : le patriarche de la famille était aux portes de la mort, et la jeune femme comptait bien être la seule héritière. Pour cela, il fallait s'occuper du grand frère, qui résidait à quelques encablures du Fort.

En l'espace de quelques contrats, c'était devenu la spécialité de L'As, sans qu'il en soit particulièrement satisfait. Il pouvait protéger, voler, menacer et tant d'autres choses... mais l'immense majorité des demandes consistaient simplement à tuer. A croire que ceux qui pouvaient s'offrir son fleuret admiraient sa tendance à réduire ses victimes en bouillie difforme. Souvent, Alexander se demandait s'il ne devrait pas faire plus pour se diversifier. Mais la bourse bien remplie promise par Marianna suffit, une fois de plus, à obtenir son approbation. Il fonctionnait toujours de la même manière : la moitié de la somme tout de suite, le reste ensuite. S'il échouait, ce qui n'était pas encore arrivé, il rendait l'argent.

Se rendre aussi près du Fort, bastion principal des Prieurs, était une mauvaise idée, son subconscient le lui hurlait. D'autant plus que le mercenaire n'était toujours pas à 100 % de ses capacités. Si sa cheville foulée était parfaitement remise, la blessure par balle subie à l'épaule gauche le faisait toujours souffrir sur les sauts les plus compliqués. Sans oublier que l'impossibilité de maintenir sa posture de garde habituelle gênait la totalité de son équilibre. Pour tuer un homme lambda, ça ne poserait pas de problèmes. Si l'adversaire savait se défendre, alors il devrait sans doute se résoudre à la fuite.

Les rues du district Prioral, centre historique d'Excelsa, étaient belles à voir de nuit. Bien plus lumineuses que les encablures chaotiques de Domus, elles ne favorisaient en revanche pas la discrétion. Passer par les toits était trop risqué, il suffisait qu'un passant lève le nez pour le repérer. Les circonstances ne jouait pas en la faveur de L'As, qui remplissait sa mission à une heure moins tardive qu'à l'accoutumée. Marianna avait insisté : le temps pressait, et le frère devait mourir avant le père. Sinon, une partie de l'héritage serait perdu.

Multipliant les détours, serpentant dans les ruelles, Alexander se demandait pourquoi un représentant d'une famille assez riche ne s'était pas établi dans le district Mercantis. Il y avait plus d'argent là-bas, était-ce une forme de paranoïa qui l'avait poussé à s'installer au plus près du Prieuré ? Se doutait-il de ce qui l'attendait ? Alexander n'allait pas tarder à le savoir. Le visage caché par une large capuche noire, le reste du corps enveloppé dans d'amples tissus sombres, son fleuret harnaché à l'épaule droite, le mercenaire ne passa sa marque de fabrique qu'une fois l'habitation en visuel.

Le Masque du Jour:
 

Sous ces vêtements noirs, il avait opté pour du rouge sur son visage. Il voyait une légère ironie à porter la couleur du Prieuré pour assassiner un innocent vivant si près du Fort.

Il n'avait pas fait dans la discrétion. Il avait frappé à la porte. La femme de sa cible était venue lui ouvrir, et ce fut la dernière chose qu'elle fit, avant que le fleuret d'Alexander ne vienne se ficher dans son oeil. Rapide, le mercenaire posa une main sur la bouche de sa première victime pour l'empêcher de crier. Il lui brisa ensuite la nuque pour abréger ses souffrances. Il laissa le corps s'écraser dans un bruit sourd sur le sol.

Qui c'est ?

La voix de sa cible résonna à l'étage. L'As ne prit pas la peine de répondre. D'un pas calme, sans précipitation, il gravit les quelques marches qui le séparait de sa proie. De la lumière émanait de la chambre conjugale. Ce fut à nouveau avec calme qu'Alexander se présenta et ouvrit la porte. Du sang perlait de la lame de son fleuret, laissant sur son passage quelques gouttelettes d'hémoglobine. Pour le frère de Marianna, il n'y avait aucune issue.

La chambre était de bonne taille. Les murs étaient d'un blanc immaculé, avec deux longues bandes rouges sur les murs nord et sud. Sur la droite d'Alexander, une porte semblait mener avec une salle d'eau, ou une penderie, allez savoir. Sur sa gauche, des rideaux épais venait cacher une fenêtre donnant sur la rue. Le lit était grand, les draps étaient fins à l'approche de la Saison des Forges. Deux tables de nuits étaient disposés, une de chaque côté. Des bougies éclairaient faiblement le visage de la future victime, qui venait littéralement de se décomposer.

Il voulut reculer, mais ne trouva que le mur dans son dos. Il voulut supplier en levant les mains devant lui, mais la pointe aiguisée du fleuret lui transperça la paume gauche avec vélocité. Il voulut hurler, mais l'élan prit par L'As pour atteindre sa main lui servit également pour asséner un violent coup de genou qui lui déplaça la mâchoire. Ensuite, tout fut bref. D'un geste sec, le mercenaire arracha sa lame de la chair de sa proie, ouvrant la main du pauvre homme de sa paume jusqu'à l'espace entre son majeur et son annulaire. Puis, agrippant le visage du frère de Marianna, il l'écrasa contre le mur derrière lui. Les traces de sang apparurent au fur et à mesure des coups répétés. D'un coup de coude sur l'arrête du nez, de plusieurs coups de genoux au visage, Alexander poursuivit le lynchage. Son fleuret vint trouver la chair de sa cible une bonne dizaine de fois. Le sang coulait sur le mur et sur le matelas. Mission accomplie.

Du sang sur le masque et sur les vêtements, L'As se recula de quelques pas pour admirer l'ensemble de son oeuvre. Mais très vite il tendit l'oreille et se retrouva sur le qui-vive : il n'était plus seul dans la villa de Blumstein.
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Feriel Kiana
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MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Sam 4 Aoû - 17:43

L’heure n’était pas encore très tardive quand Feriel entendit le bruit sourd caractéristique d’un corps qui s’effondre sur le sol.

Elle avait établi sa planque pour surveiller la demeure d’un riche héritier dans une guérite dont usaient habituellement les serviteurs.

Un couchage lui avait été gracieusement alloué par l’homme, paniqué à l’idée que sa sœur puisse le tuer. Au prieuré, tout le monde n’avait pas pris ça au sérieux. Et puis il s’agissait d’un gros bonnet, pas forcément le genre auquel on s’attaquait facilement, des affaires de familles compliqués de gosses de la haute.

Pour Feriel, la corruption dans ces cercles était loin d’être étrangère, et elle avait été la seule à bien vouloir accepter cette mission de protection.

Cela faisait des jours que rien ne s’était produit. La prieuse avait fini par renvoyer ses hommes, tôt dans la soirée, tous fatigués d’attendre.

Elle, elle était restée, sur une paillasse dure, à grignoter de la viande séchée et du pain en assez bonne quantité si jamais un incident devait se produire et qu’elle devait foncer dans le feu de l’action. Voilà des détails qu’elle ne négligeait jamais.

Des heures fort peu passionnantes qui lui avaient fourni du repos et du calme, son épée bâtarde appuyée contre son flanc. Prête, en somme, à parer à toute éventualité, mais rien n’était venu, jusqu’à ce que ce son perce le silence.

Elle n’aurait sûrement rien entendu si ses collègues étaient restés, mais elle écoutait son souffle depuis si longtemps que le moindre bruit tranchait trop nettement pour être ignoré.

Feriel sauta sur ses pieds, et redressa son col de mailles avec précautions autour de son cou, veillant bien à garder ses points vitaux protégés, avant de se ruer vers la maison, sans une once d’hésitation.
Le battant, quand elle voulut l’ouvrir, buta dans un poids mort. D’une volée plus puissante, la prieuse le dégagea, ce qui lui coûta pour ne pas être trop indiscrète, une bonne minute, qui fut sûrement fatale à son protégé.

Le faste des lieux lui sauta aux visages, et elle grogna en aparté, écœurée toujours par l’étalage de la richesse. Si ça n’avait pas été sa sœur qui y avait pensé en premier, nul doute que lui l’aurait fait. Ces petites querelles successorales sanglantes, Feriel en avait trop vu pour ne pas en être simplement blasée.

Elle faillit déraper dans le sang de la malheureuse qui était échouée sur le perron. Pas de pouls, Feriel vérifia pourtant, mais le corps n’était même pas tiède : il était chaud. Son meurtrier était donc encore ici, tout du moins avait il agit il y a très peu de temps.

Des échos du de voix qui moururent bien vite lui parvinrent alors de l’étage. L’œil unique de la prieuse se posa sur les environs, et elle dégaina d’un geste, s’assurant une garde solide, des appuis puissants. Il était désormais naturel pour elle de combler son angle mort, un réflexe instinctif, même.

Misant sur le fait que son adversaire était trop occupé par son méfait pour l’entendre, elle se précipita à l’étage, feutrant ses pas autant qu’il lui était possible. Elle n’était pas connue pour sa discrétion, mais son agressivité et sa vivacité en combat, avec une arme aussi versatile, faisaient généralement des ravages.

En pensée, elle révisa chaque profil type d’assassin qu’elle avait déjà eu l’occasion malheureuse de rencontrer. Feriel était une vétérante, il y avait peu de choses dans ces rues qu’elle ne connaissait, peu de situations qu’elle ne savait palier, elle était donc confiante. Mais pas trop. Jamais trop. Quelque chose pouvait toujours aller de travers.

Quelques instants plus tard, elle atteint la chambre de celui qu’elle était censée protéger. Plus un son n’en émanait. La prieuse connaissait quelqu’un qui, le lendemain, aurait de gros ennuis… A savoir la très chère sœur de ce pauvre homme, à qui l’enquêtrice s’empresserait d’aller poser quelques questions – quel que soit, d’ailleurs, son fichu rang social. La Ville savait que ce n’était pas ça qui arrêterait Feriel Kiana.

Ni un peu de sang, ni un cadavre laissé en bas, ni même celui qu’elle pensait découvrir encore : l’assassin ne pouvait pas avoir déjà quitté les lieux, elle avait agi vite, et si tout se jouait en sa faveur, il ne l’avait peut être pas encore entendu.

Une rai de lumière, une porte grande ouverte… Si elle déboulait sans préambules, et qu’il l’avait perçu, alors il pouvait lui tendre une embuscade, surtout s’il était équipé d’une arme à feux. D’un autre côté, il allait avoir le temps de s’enfuir, si elle ne faisait rien, et ça… Elle ne pouvait se le permettre.

Alors, elle se précipita à l’intérieur de la pièce, misant sur sa vitesse pour ne pas se faire malencontreusement tirer dessus, et prendre une position à couvert, contre le lit dont elle voyait l’ombre, idéalement.
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Alexander Shah
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MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Sam 4 Aoû - 22:39

Trop occupé par ses actes de barbarie, L'As s'était montré négligent. Il réagissait bien trop tard, l'intrus était déjà tout près de la porte. Cette dernière s'ouvrit à la volée, laissant seulement le temps au mercenaire d'esquiver une potentielle charge en sautant sur le lit. Debout sur les draps fins et ensanglantés, il allait devoir agir très, très vite.

Il ne pouvait en être sûr, mais il lui semblait avoir vu passer une forme rouge, synonyme de Prieur. Comment quelqu'un pouvait-il être arrivé aussi vite ?! Quelqu'un avait-il repéré le fleurettiste masqué dans la rue et alerté une patrouille ? Non, c'était peu probable, sinon ils auraient débarqué à plusieurs et n'auraient pas été aussi discret. L'arrogance du surnombre. Non... le plus plausible, c'était que ce cher Blumstein était effectivement conscient de la menace. Mais alors où était caché le protecteur ? La ville était sans doute plus grande que ce qu'il avait observé dans la nuit, les cachettes étaient sans doute nombreuses pour un Prieur.

Toutefois, le Fort avait failli à sa mission. Blumstein était mort, L'As avait remporté la première manche.

Le deuxième round serait autrement plus difficile. Dans l'espace restreint de la chambre, son fleuret n'était pas le meilleur outil. Ses blessures à l'épaule et à la cheville l'handicapait également. La retraite était sa meilleure option. Mais où aller ? Bien évidemment, il ne ressortirait pas par la grande porte. Il ne pourrait même pas emprunter la porte de la chambre, le Prieur lui barrerait la route. Restait un saut par la fenêtre. Pas le meilleur des plans non plus, Alexander n'aurait pas le temps d'écarter l'épais rideau, et serait sans doute aveuglé pendant quelques cruciales secondes. Cependant, cela lui permettait de ne pas craindre d'éventuelles blessures dues aux éclats de verre. Autre gros problème : une fois à l'air libre, où aller ? L'As ne connaissait pas par cœur les rues du district Prioral, contrairement à son adversaire du soir. Les sauts répétés sur les toits finiraient par épuiser sa cheville déjà blessée, et risquait d'ailleurs d'aggraver ladite blessure.

Et il ne savait pas à qui il avait à faire. Homme ? Femme ? Au moins ce n'était pas un manieur d'armes à feu comme le Vicaire de Domus. Alexander n'était pas un spécialiste des tactiques d'interventions du Prieuré, mais il supposait qu'en cas d'attaque dans un espace aussi restreint que la chambre, l'intrus aurait déjà pressé la détente une fois, par prévention. Arme blanche donc. Pouvait-il s'imposer et tuer pour la troisième fois ce soir ? Avec ses blessures, dans un espace qui ne le favoriserait pas, il ne parierait pas là-dessus. Gagner du temps, c'était envisageable, mais gagner du temps pour quoi faire ?

Toutes ces pensées s'entrechoquaient dans son esprit en moins d'une seconde. La forme rouge s'était mise à couvert derrière le lit, lui était debout sur le matelas. Un bond en arrière, voilà une première distance de sécurité. Sa cheville le lance, mais il ignore la douleur. Sur sa gauche, la table de chevet. Trois bougies posées sur un meuble en bois de bonne facture.

*Parfait.*

Il n'a pas eu le temps de rengainer sa lame, et c'est peut-être mieux. De la main gauche, il se saisit des petits bâtons enflammés et les lance sur les draps, en direction de son ennemie. Voilà qui pourrait lui faire gagner une seconde, peut-être deux. Pile suffisant pour attraper le mobilier, cette fois ci à deux mains, et le lancer de toutes ses forces contre la fenêtre. Le rideau ploie, le verre se brise, et le tout s'écrase avec fracas quelques mètres et quelques secondes plus tard. Vu le temps écoulé, le mercenaire estime la hauteur de sa future chute à "trop haute pour ne pas se faire encore plus mal à la cheville".

Alors il hésite. Tout va si vite, et si sa distraction lui offrait une ouverture ? C'est trop présomptueux d'attaquer, il n'est pas dans les bonnes conditions pour se battre. Il doit fuir, mais l'arrogance (et l'appréhension) l'empêche de sauter. Alors il toise la forme rouge de l'autre côté du lit. Le feu commence à s'emparer des draps.

Trop tard... bel effort, mais c'était futile !

Malgré l'étouffement de sa voix, dû au masque, le ton est clairement moqueur. Fleuret positionné dans une garde un peu trop impeccable pour le barbare qu'il est supposé incarné, L'As tente de déceler les mouvements du Prieur. Il cherche à tâtons derrière lui le rebord de la fenêtre, pour commencer à se hisser. Son impulsion est mal maîtrisée à cause de ses deux blessures. Plus qu'à prier pour que l'ennemi n'en profite pas.
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Feriel Kiana
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MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Jeu 9 Aoû - 23:34

Feriel jeta un coup d’œil à l’homme dont elle n’apercevait le visage. Ses railleries ne parvinrent pas à faire perdre son calme à la prieuse, mais lui tira un soupir désabusé.

Encore un fanfaron.

Et armé d’un fleuret, avec ça. Si elle avait su, elle y serait allée plus franchement, une arme pareille ne lui aurait pas opposé grande résistance.

Dans sa cachette, la fumée eut tôt fait de l’entourer. Brûlée sur une bonne partie du corps, l’enquêtrice n’avait pas peur des flammes, mais ce elle ne tenait pas à sentir leur caresse à nouveau de sitôt.

Un regard lui indiqua que celui qu’elle devait protéger était mort. Tant pis. Cela ne fit que renforcer sa résolution de capturer l’assassin, ce guignol masqué qui se baladait avec une arme d’entraînement.

Feriel savait que la maison était haute, la chute risquait d’être rude, et la seule échappatoire de l’homme, c’était la fenêtre. Il n’allait quand même pas tenter de l’attaquer avec un fleuret, s’il ne touchait pas au premier coup, vu l’allonge de son épée bâtarde, et l’incapacité du guignol à parer, elle finirait par l’acculer quoi qu’il puisse esquiver.

Donner la mort n’était pas dans les habitudes de la prieuse, mais un bon coup de pommeau dans la tempe avait tendance à remettre les idées en place de plus d’un imbécile.

Elle décida d’agir vite, après ses quelques secondes d’observation. Son châle prenait déjà feu, alors qu’elle l’arracha de sa tête, misant que ses gants de métal, doublé de cuir, protégeraient quelques instants sa main.

Tassant le tissu désormais incandescent en une boule, toujours à couvert derrière le lit, elle se releva brusquement, se dévoilant à son adversaire, et lui balançant le projectile enflammé dessus.

Ses cheveux de jais étaient désormais libres, chose rare, autour de ses traits durs, et elle fit un large mouvement de son épée bâtarde, se plaçant dans une garde mobile, la lame obligeamment déposée sur sa main droite.

De son œil unique, elle ne voyait plus grand-chose avec la fumée qui montait en paresseuses volutes pour s’accrocher au plafond, et se pencha donc à demi, pour demeurer dans une partie un peu plus respirable de la pièce, tentant d’apercevoir si son tir avait réussi à toucher le trublion.

L’incendie se répandait déjà goulument autour d’eux, faisant un linceul de flammes au cadavre laissé à pourrir dans les draps, mais Feriel garda son attention sur son adversaire : il serait temps de s’occuper sérieusement du brasier quand il tenterait de lécher son armure. Elle avait chaud, certes, mais pas encore assez pour que cela émousse ses mouvements. Ça viendrait.

Pas un mot, l’enquêtrice ne répondit rien après les provocations : elle demeurait près de la porte, barrant le passage à l’homme, et s’avançant de quelques pas vers lui, pour lui indiquer qu’il n’avait qu’une solution, désormais : sauter.
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Alexander Shah
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MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Ven 10 Aoû - 0:10

Une chose est certaine : Alexander ne s'attendait pas à ce que le feu prenne aussi bien. Les volutes de fumée se font rapidement épaisses, et les draps sont minutieusement dévorés par le brasier. Pourtant, alors qu'il ne parvient pas encore à se hisser à l'air libre, il n'est clairement pas satisfait. Bien sûr, son masque le protège un minimum de l'étouffement, mais si il ne dégageait pas très vite d'ici, c'est lui qui souffrirait le plus du manque d'oxygène. De plus, s'il pouvait toujours distinguer le rouge de son adversaire, à couvert de l'autre côté du lit, sa vision était obstruée, et l'option d'attaquer n'en était plus une.

Il n'avait plus d'autres choix que de sauter.

C'est à cet instant, pour la première fois depuis le début de sa (courte) carrière de criminel, que L'As regretta d'avoir accepté un contrat. Ou plutôt, il se fustigeait de ne pas y avoir imposé ses conditions. Blumstein avait insisté, lourdement, pour qu'il attaque tôt, arguant que le paternel pouvait rendre l'âme d'une minute à l'autre. Mais ce n'était pas le mode opératoire du mercenaire, c'était trop risqué de sortir alors qu'il y avait tant de monde dans les rues. Il ne se montrait qu'au cœur de la nuit, lorsque la Ville était assoupie.

C'était sa première grosse erreur, et si il ne réagissait pas très vite, ce serait probablement sa dernière. Le pire, c'est qu'il savait qu'il y aurait des victimes collatérales si il était démasqué. La honte sur le nom de sa famille, Amélia serait trainée dans la boue, tout son travail de sape pour s'attirer la sympathie d'Otton et de Thalia... toute cette préparation méticuleuse réduite à néant pour un simple contrat passé par une héritière trop avide de ducats.

Soudainement, le jeune homme perçu du mouvement à travers la fumée. Le Prieur était en fait une Prieuse. Il ne voyait pas bien les détails, mais ce qu'il remarquait très bien, c'était la sorte de boule de feu qu'elle s'apprêtait à lui jeter au visage. La tenue d'Alexander n'était pas ignifugée, seul son masque et ses gants pouvaient un peu mieux supporter la chaleur qui grimpait dans la chambre.

Sur un réflexe qui, avec du recul, relevait bien plus de la stupidité que de la survie, L'As baissa la garde, tourna le dos à son adversaire et s'accroupit une seconde. Ou plutôt, il prenait son impulsion. Pas d'alternative possible, il bondit par la fenêtre dont il venait de dégager l'ouverture. La boule de feu, qu'il n'avait remarqué qu'au dernier moment, venait juste de passer devant lui. Désormais, c'était la chute inexorable vers une réception douloureuse qui l'attendait.

L'atterrissage allait piquer. Contraint en forcé d'utiliser la seule sortie à sa disposition, L'As se préparait à souffrir. Déjà blessé à la cheville droite, il ne décida cependant pas d'amortir sa chute uniquement de la jambe gauche : il aurait pris le risque de se briser la jambe à l'impact, ce n'était pas envisageable. Entre la fenêtre et les pavés, il devait y avoir au moins quatre mètres.

Finalement, l'agilité du jeune homme lui permit de limiter les dégâts. Dans un premier temps, il se réceptionna sur ses deux jambes, avant de laisser la force de sa chute le conduire face contre terre. Sa cheville droite n'avait pas tenu, et L'As laissa échapper un cri de douleur, rapidement étouffé. Prise dans les pavés parfois inégaux, sa tenue s'était déchirée en de multiples endroits, et quelques estafilades venaient le faire souffrir davantage. Enfin, son épaule déjà blessée le lançait à nouveau.

Alexander demeura de longues secondes au sol, en proie à la douleur. Il avait beau y être préparé et être capable d'absorber pas mal de coups, ça ne l'empêchait pas de souffrir. L'adrénaline continuait de monter, l'état d'alerte dans lequel il se trouvait lui hurlait de se relever, de se mettre à courir. La Prieuse n'imiterait pas son saut, elle serait obligée de reprendre les escaliers, de contourner le bâtiment. S'il partait maintenant, il avait une chance qu'elle ne le retrouve pas.

Mais il avait trop mal.

Malgré tout, en serrant les dents, le fleurettiste se releva. Immédiatement, il rengaina son fleuret, qui ne lui serait pas utile dans l'immédiat. Il avisa la situation. Il pouvait regagner la rue, se faufiler dans les ruelles, essayer de semer son adversaire... mais la douleur et sa cheville meurtrie le ralentirait trop, et avec le temps perdu, il risquait de tomber nez à nez avec la Prieuse en prenant cette route. Face à lui en revanche s'étendait un grand jardin. Des haies hautes de deux mètres, parfaitement taillées, s'élevait face à lui. C'était comme la porte d'un labyrinthe pour enfant. Claudiquant, mais aussi rapide que possible, il s'y engouffra.

Ce n'était sûrement pas un labyrinthe, à première vue les haies s'organisaient en cercles concentriques. Cependant, c'était plus qu'une aubaine pour Alexander. Avec de la chance, la Prieuse ne l'avait pas vu s'engouffrer dans le jardin. Soit elle penserait qu'il a tenté de fuir dans la foule, et partirait dans la direction opposée, soit elle comprendrait le stratagème et tenterait de le retrouver entre les feuilles et les petits chemins de terre. Avec cet avantage, Alexander pourrait tenter une embuscade.

Pour l'heure, il acceptait avec joie les quelques secondes de répit qu'il lui restait.
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Feriel Kiana
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MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Lun 13 Aoû - 0:46

Comme escompté, le meurtrier masqué creva la fenêtre, et sauta au dehors. La hauteur était vertigineuse, bien trop en tout cas pour les articulations de Feriel, qui ne se fit aucune illusion sur le sort des chevilles de son adversaire.

Ayant espéré ce mouvement, elle se jeta vers la porte, que le feu n’avait pas encore trop atteint, pour dévaler les escaliers à toute vitesse.

Elle ne devait pas le laisser la distancer, il allait avoir une longueur d’avance mais c’était désormais sa proie. La prieuse ne comptait pas lui laisser même le temps de reprendre son souffle.

Quand on se sentait acculé, on faisait plus aisément des erreurs.

Qu’importe que toute la maison brûle, il n’y avait plus âme qui vive à l’intérieur. Et puis c’était le district prioral, les autorités compétentes seraient bien assez vite sur place pour éteindre l’incendie.

Il lui semblait survoler les marches tant elle allait vite, son épée battant sa cuisse à un rythme presque douloureux.

Dans son élan, elle faillit percuter le corps de la femme toujours étendu sur le sol, mais sauta en dessus, et balança le battant sur le côté, pour se retrouver dehors.

Là, une seule solution logique, les années de service avaient rendu ce genre de réflexions comme de véritables automatismes : se rendre en-dessous de la fenêtre, vérifier les traces.

Il y avait plusieurs solutions après le saut qu’avait effectué l’homme, se jeter tout d’un coup vers l’une ou l’autre sans avoir vérifié les environs aurait été stupide.

Feriel avait repéré les lieux plusieurs fois en venant surveiller l’homme qui gisait dans la chambre en flammes, elle voyait sur quel côté de la demeure donnait la chambre, il ne restait plus qu’à s’y diriger.

Les bruits des rues environnantes étaient étouffés par de grandes haies qui clôturaient un jardin plongé dans l’obscurité, où l’enquêtrice promena son regard avant d’aviser enfin des éclats de verre sur la pelouse.

La lumière de la lune s’y reflétait, la Sœur aurait pu les rater, mais ils étaient là, pour certains légèrement maculés de sang à leurs extrémités. Elle se baissa pour effleurer l’herbe de ses doigts, qui avait été aplatie par la chute de son adversaire.

Il était tombé lourdement dans un second temps, ça n’avait pas dû être agréable, mais aucune compassion ne vint éclairer le cœur de la prieuse. Cela la réjouit même davantage.

Feriel releva le nez pour scruter les alentours assombris. Un souffle de vent s’engouffrait dans les frondaisons, qui s’agitaient légèrement dans la torpeur de la soirée.

Elle se concentra ensuite sur le sol à nouveau, après avoir vérifié que personne ne l’observait de derrière les fourrés.

Après quelques instants passés dans le plus profond silence, elle finit par conclure que l’homme avait dû se redresser, et boiter légèrement sur les premiers mètres. Il était léger, mais sûrement blessé, ce qui avait alourdi son pas.

Ensuite, la Sœur perdait la trace, mais celle-ci se dirigeait dans un premier lieu vers le jardin. Peut être avait il bifurqué ensuite, les deux solutions étaient bonnes, l’une pour se perdre dans la foule, l’autre au milieu de la végétation.

L’enquêtrice choisit cependant celle qu’indiquaient dans un premier lieu les maigres indices qu’elle avait, et se dirigea vers le grand jardin.

Feriel était affectée d’un désavantage ici : elle voyait très mal dans le noir, à cause de son handicap, mais les lumières de la cité environnantes arrivaient à rendre encore ce qui l’entourait perceptible pour son œil unique, au moins en contours.

En se faisant le plus silencieuse possible – et c’était loin d’être dans sa nature – elle se meut entre les buissons bien alignés, observant les alentours, tentant de retracer la piste de ce trublion masqué.

Son épée était empoignée fermement dans sa paume, et pas un instant ne se passait sans qu’elle tienne un côté en garde solide, tout en scrutant de l’autre.

L’endroit était idéal pour une embuscade. Elle l’attendait de pied ferme, s’il voulait tenter la confrontation.

Ce serait plus facile que de devoir jouer au chat et à la souris.
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Alexander Shah
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Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]   Lun 13 Aoû - 2:02

Il n'y avait rien à dire, Alexander s'était fourré dans un sacré merdier. Un contrat piège, accepté malgré des blessures pas encore totalement guérie, et le voilà qui allait devoir se montrer très malin pour conserver sa liberté.

Il ne pouvait pas quitter le jardin et ses hautes haies sans se mettre complètement à découvert. Pour une fois, l'adversaire ne semblait pas équipé d'une arme à feu. Par contre, son épée bâtarde était une arme très solide, et elle avait l'avantage de vitesse, surtout vu l'état de la cheville de L'As.

Caché dans les grands buissons, le mercenaire avait dans l'idée de s'éloigner le plus possible de la maison, qui serait bientôt en proie aux flammes. Dans un district aussi huppé, de potentiels secours ne tarderaient pas. S'ils établissaient un périmètre de sécurité, et nul doute qu'ils le feraient, L'As était fini. Il devait impérativement quitter la scène de crime avant l'arrivée des renforts.

Et pour cela, il allait devoir tromper la vigilance de la Prieuse.

Il avait perçu les buissons frémir. Ce n'était pas le vent, c'était la femme en rouge qui avait déjà tout compris. Quel allait être son plan ? Traquer le mercenaire, l'arme à la main, prête à appliquer la peine capitale sans jugement ?

Alexander avait beau mobiliser tous ses sens, il ne parvenait pas à savoir si la Prieuse bougeait. Le crépitement des flammes qui prenaient le contrôle de la villa se faisait de plus en plus insistant. Il devait agir vite. La Prieuse pouvait le prendre à revers à tout moment.

Lui aussi aurait pu... mais c'était tenter le diable. Son fleuret, bien que solide et légèrement modifier, notamment au niveau de la coquille, capable d'encaisser plus de dégâts que la normale, ne pouvait pas lutter contre l'épée bâtarde. Pas avec ce corps. Pour combler le déficit de puissance de sa lame, Alexander avait toujours misé sur son agilité. Avec une cheville en vrac et une épaule défectueuse, c'était impossible.

Il continuait à s'éloigner, arpentant le cercle extérieur des haies d'un pas trainant. Chaque haies étaient séparés par des chemins en terre battue, d'environ trois mètres de large. Alexander laissait des traces, surtout en trainant la patte. Pour l'heure, il avait encore un peu de répit.

Que tenter ? Un coup d'éclat, c'était signer son arrêt de mort. Attendre, c'était perdre toute chance de fuir. Il se sentait piégé, plus encore que lorsque le Vicaire avait pointé son énorme pistolet sur son visage. Il devait faire quelque chose.

Bluffer, c'était peut-être sa seule option.

La maison et le jardin était entouré de hauts murs en pierre lisse. La seule issue qui donnait sur la rue, la Prieuse l'arpentait sûrement. Même en avançant prudemment, elle aurait déjà dû rattraper Alexander à ce stade. Le mercenaire décida de jouer la pièce. Il prit une voix paniquée et implora dans le vide :

Vite ! Vite, putain ! Descends l'échelle, le Prieuré a débarqué, on doit se casser !

Est-ce qu'elle l'entendrait ? Plus important, est-ce qu'elle allait mordre à l'hameçon ? Si elle le faisait, suivrait-elle le chemin en terre battue ou opérerait-elle une ligne droite à travers les buissons ? Qu'importe, Alexander devait se frayer un chemin vers la rue, sans engager le combat...
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C'est pas ce que vous croyez ! [PW Feriel]
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