Partagez | 
 

 Masque et pierre précieuse [PW Jakab]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 79
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 306
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Masque et pierre précieuse [PW Jakab]   Mer 1 Aoû - 0:04

Le culte de la Machine ne disposait pas encore d'un repère, d'un quartier général attitré. Ses membres n'avaient pas de moyen bien définis de se reconnaître entre eux dans la rue. Bien sûr, on pouvait s'attendre à ce que les gros des sympathisants résident dans le district Manufacturier, mais il y avait aussi des amis ailleurs. Ceux-là, en général, se référaient à Incus Castellum s'ils avaient besoin de quelque chose. Le Grand Machiniste, était un homme occupé, il ne pouvait pas gérer chaque petit problème. Mais au fil du temps, des problèmes similaires refaisaient surface et étaient résolus de la même manière que les précédents.

Justement, Marcus Schirmer avait un problème. Propriétaire d'une petite entreprise, fabriquant du mobilier à base de composants métalliques, il tentait de se faire une place sur le marché, malgré la concurrence rude des fabriquant de marchandise en bois, plus populaires dans les quartiers moins aisés car moins cher. Dans ces conditions, faire son chiffre d'affaire n'était pas simple, alors quand un -ou plusieurs- petits voyous s'amusent à vandaliser la marchandise, des mesures devaient être prise. Le Prieuré n'était pas d'une grande aide, les attaques se faisant de nuit. Alors Marcus s'était tourné vers le Culte. Avec une demande simple : quiconque était à l'origine de ces attaques devait être éliminé.

Pour ce genre de problème, il fallait s'adresser à L'As. Garde du corps personnel d'Incus, c'était surtout un mercenaire capable de tuer homme, femme et enfant, pour peu qu'on y mette le prix. Derrière le masque, Alexander Shah, le petit-fils cadet de feu le Prince Denvis, mais cela, personne ne pouvait le savoir. Le jeune mercenaire était très prudent lorsqu'il s'agissait de préserver sa double identité. Incus savait sûrement, mais il ne l'avait jamais appelé par son vrai nom.

Après une première entrevue avec l'industriel, L'As avait accepté de surveiller l'usine de production, pendant une nuit. Il était environ quatre heures du matin lorsqu'une demi-douzaine d'individus, masqués, s'étaient introduits dans le bâtiments. S'ils avaient été désarmés, Alexander n'aurait eu aucune pitié, mais face à des outils rudimentaires tels que des gros bâtons cloutés ou des pioches, le surnombre évident des attaquants dissuada le jeune homme d'intervenir. Optant pour plus de subtilité, le cadet des Shah suivit silencieusement ses proies sur le chemin du retour. Cette traque le mena jusqu'au district Domus, et apporta un nouveau problème.

En effet, les six casseurs vivaient dans l'une de ces grandes résidences que la Ville avait fait construire. Des complexes d'habitations sur trois ou quatre étages, aux fondations solides, qui pouvaient accueillir des dizaines de familles. A partir de là, la question se posait : est-ce que les cibles du culte de la Machine vivaient dans l'un des appartements, auquel cas il fallait trouver lequel et faire le travail proprement ? Ou bien la totalité du bâtiment appartenait-elle à un gang plus nombreux, auquel cas non seulement l'endroit se transformerait en bain de sang, mais Alexander ne pourrait pas y aller seul. Même de nuit, avec l'effet de surprise, c'était trop risqué.

Dans la catégorie des points positifs, L'As c'était entièrement remis de ses blessures, dues à son altercation avec un Prieur, quelques blocs plus loin. Il était temps de reprendre du service, mais plus question de commettre la même erreur que précédemment. Il ne foncerait pas tête baissée, en solitaire, en espérant que l'effet de surprise suffirait à lui garantir une victoire facile. Alors il retourna voir Marcus, et il lui demanda de trouver des alliés potentiels. Extérieurs au culte, il fallait quelqu'un qui connaisse Domus. Il régnait dans ce district une loi différente de celle du Prieuré. Alexander avait besoin de quelqu'un qui connaisse les codes de ce district, et qui puisse le guider dans le complexe d'habitation. Si d'ordinaire il n'acceptait jamais de travailler avec quelqu'un, la situation l'exigeait et il était prêt à coopérer. Tant que son "partenaire" ne posait pas trop de questions. Quelques jours plus tard, Marcus Schirmer revint vers lui, avec le nom d'un groupe : Les Concubines.

Tant qu'ils sont prêts à m'aider et qu'ils n'ont pas peur de se salir les mains, ils peuvent bien s'appeler comme ils veulent.

Ils sont basés dans une taverne, pas trop loin du complexe d'habitation dont tu m'as parlé. Normalement, si on y met le prix, ils aident.

Alors rendons leur visite.

La nuit suivante, peu avant minuit, Marcus Schirmer et Alexander Shah, anonyme sous le masque de L'As, s'avançaient vers La Carie du Crocodile, une taverne du district Domus. Pour l'occasion, le mercenaire avait opté pour un masque entièrement noir, sans trop de fioritures. Le reste de sa tenue était habituelle, noire et ample, avec une large capuche. Son fleuret reposait dans son dos, harnaché de sorte qu'un simple mouvement de balancier suffisait à faire tomber la poignée dans la main droite d'Alexander.

Le Masque:
 

L'ambiance de la taverne était festive. L'heure relativement avancée laissait penser que l'alcool avait déjà bien coulé. La salle était bien plus coloré que les deux intrus qui venait d'y pénétrer. Beaucoup de clients portaient des bijoux en pierres précieuses, chose qui aurait pu sembler curieux si Marcus n'avait pas prévenu L'As qu'il s'agissait d'un signe d'appartenance aux Concubines. D'un pas mesuré, l'Industriel s'avança vers le comptoir, le mercenaire sur ses talons, tandis que les regards se tournaient vers eux. Indifférent, Schirmer s'adressa à la patronne :

Bonsoir. Désolé du dérangement, mais je souhaiterais savoir où vous avez acheté votre bague.

Sans sourciller, la jeune femme rétorqua qu'il s'agissait d'un bijou de famille. Il s'agissait bien sûr d'un code pour signifier de ses intentions.

Il nous faudrait une chambre avec vue sur la mer. Demanda ensuite Marcus.

Sur ces paroles, la tenancière leur fit signe de la suivre, tandis qu'elle les invitaient à monter à l'étage. Elle frappa trois petits coups, avant d'ouvrir et d'inviter les deux inconnus à entrer.
Revenir en haut Aller en bas
Jakab Tangara
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 9
Fiche : Par là.
Vice : Vanité
Faction : Oisillons
District : Domus
Influence : 82
Occupation : (co) Chef de gang
Disponibilité : DM me ~

MessageSujet: Re: Masque et pierre précieuse [PW Jakab]   Sam 4 Aoû - 15:53

Ma foi la soirée s’annonçait bonne.

Déjà parce que j’étais dans mon bain, au moment des faits, et ensuite parce que je n’y étais pas seul.

D’ordinaire, j’évite de faire monter les petites poules de la Maison de passe des Dunes jusqu’à l’étage qui me sert de quartiers, mais là c’est Esteban.
Esteban je l’aime bien. Il sait faire plein de trucs de ses mains, il a de jolies poignées d’amour très confortables au-dessus des hanches, et en plus de ça il n’est atteint d’aucune maladie vénérienne, ce qui est toujours un atout non négligeable dans sa branche professionnelle.

Je suis dans mon bain, donc, confortablement installé entre les cuisses dodues de mon Esteban, qui me fait la conversation. Quelque chose à propos du changement de saison, ou bien du cours du prix du savon. Je ne sais pas vraiment. C’est que j’ai d’autres choses à faire que la conversation quand je me lave en bonne compagnie.
Pourtant, le destin décide de se payer ma pomme quelque part entre le shampoing et le dessert, parce que quelqu’un vient toquer à la porte avant que les choses ne deviennent sérieusement intéressantes.

Je n’ai même pas le temps de grogner (ce qui est un comble), en me redressant dans mon eau chaude, que la porte s’ouvre sur le visage de ma sœur. Evidemment. Pour tambouriner comme ça à l’entrée de ma salle de bain, il ne peut y avoir qu’elle. Elle où un assassin, éventuellement, mais alors là je pense qu’il ne se serait pas emmerdé à frapper.
Ma sœur, donc, avec ses lorgnons relevés sur la tête, sa chemise des jours de boulot et sa longue jupe noire, qui me toise depuis l’entrée avec un air de profond déplaisir dans le fond des yeux. C’est le comble, ça, c’est moi qu’on interrompt et c’est elle qui est outrée. Mais à la façon dont elle referme la porte derrière elle, pour s’avancer vers mon baquet, je devine qu’elle veut parler boulot.

Je soupire.

« Ça pouvait pas attendre vingt minutes ?
- Non. C’est important.
- Ah. »

Là, c’est mon tour d’être dépité ; ça sent le roussi pour mon dessert. Je renifle. La frangine, elle, se contente de me tendre une serviette.

« C’est pas ton tour, ce soir ?
- Si. Mais ceux-là ils sont pour toi.
- Ils viennent avec mon nom marqué dessus maintenant ?
- Quand ils se pointent avec des cagoules en cuir de fétichistes ? C’est tout comme. Moi je ne m’en approche pas. »

Comme elle a l’air d’insister, je m’extirpe de mon baquet, pour me sécher, abandonnant avec regret les bras accueillants d’Esteban, qui me regarde, un peu confus. Avec un soupir, je pose ma main sur son épaule et le gratifie d’un sourire aussi rassurant que je le peux, faisant briller mes chicots dorés à la lumière des bougies.

« T’en fais pas. Reste l’heure, j’ai déjà payé de toute façon. T’as qu’à… profiter un peu et euh… Je dirais à Nour de te mettre un verre sur ma note.  
- Laisse, Jak’, ça ne sera pas la peine.
- Hein ? »

Ouais, je sais. L’éloquence incarnée. Mais quand je me retourne pour éclaircir la question comme un grand garçon avec du vocabulaire, je tombe sur ma frangine qui commence à déboutonner sa chemise, et ça me bloque. Pas à cause des nibards, hein ? Soyez pas louches non plus. C’est ma frangine, ce qu’il y a à voir je l’ai déjà vu un millier de fois, et vice versa depuis qu’on est tout mômes, et très franchement ça suffit très bien à ne rien m’évoquer du tout. En revanche, j’ai beaucoup de mal à comprendre l’objectif de sa manœuvre.

« Bah v’là autre chose. Pourquoi qu’tu t’déshabilles, toi, maintenant ? »

Là-dessus, elle rigole. On dirait une pie quand elle rigole, ma frangine. Une pie coincée dans une cheminée. Moi je sautille dans un slip et j’ai l’air beaucoup moins digne.

« Tu connais la politique de la maison concernant le gaspillage. »

Et là ça percute.

Putain de harpie voleuse de baignoire. Elle a de la chance que je l’aime, mine de rien, parce que mon Esteban, je ne le prête pas à n’importe qui, gaspillage ou pas gaspillage. Quand je pense que je lui troque mon eau bien chaude pour un connard qui a confondu les romans d’aventures et ceux sur le sadomasochisme… Mais bon.
Si il faut mettre quelqu’un dehors, elle a raison : il vaut mieux que ce soit moi qui m’y colle. Je soupire.

« Très franchement, tu m’en dois une belle, sur ce coup-là. »

Drapant ce qu’il me reste de dignité dans une lourde robe de chambre à motifs de petits poissons, je traîne mes pantoufles jusqu’à ma chambre, pour me changer, laissant Djilla barboter à sa guise. Glissant dans des vêtements un peu plus appropriés (juste une chemise et un pantalon noir, rien de trop… excentrique), je plaque mes cheveux vers l’arrière en profitant qu’ils soient mouillés, et je ne décore ma tenue que de quelques béryls ; un à mon oreille et deux autres autour de mon cou, accrochés à leurs fines chaînes d’or blanc.

Je n’ai pas le temps de commencer à faire mes trucs de coquettes, alors je laisse mon visage tel qu’il est ; tant pis pour les rougeurs et les cicatrices. Ces messieurs devront se contenter de mes pores et de mon mépris. Et j’espère bien qu’ils s’en contenteront parce que se faire donner des conseils beauté par des fétichistes, ça pourrait bien faire redescendre ma soirée au rang de « soirée de merde », et ça ça me ferait bien chier.

Dans le couloir, j’intercepte Malka, une des filles de Nour, qui monte l’escalier avec un plateau chargé de Whisky. Notre bon Whisky, en plus. Visiblement c’est pour les clients, alors je lui prend des bras avant de la remercier, direction le ‘bureau’.

De bureau, en fait, les Concubines ne possèdent qu’une ancienne chambre d’auberge réaménagée pour l’occasion. Au dernier étage du bâtiment, et pourvue d’une minuscule fenêtre qu’obstrue un vitrail épais et parfaitement opaque. La blague, c’est que justement on voit pas du tout la mer depuis cette pièce. On est marrants, ici, hein ?

L’ameublement est assez simple, lui aussi. Un vieux bureau grinçant, quelques chaises, une bibliothèque dont je n’ai jamais lu le moindre bouquin, et la seule applique au gaz de toute la baraque. Une histoire que comme quoi mettre des bougies et du papier dans la même pièce c’est pas très prudent. Mais moi je ne me plains pas. On y voit mieux, et ça fait tout de suite plus professionnel que les rendez-vous romantiques aux chandelles avec les clients.
Sur le parquet, on a étalé le grand tapis tissé à motifs de Trius, qui était dans la « suite nuptiale », avant notre arrivée et sur lequel un paquet de gens ont déjà du se rouler dans le stupre. Mais ça on évite d’en faire la publicité. Mis à part les MST potentielles qui traînent peut-être dessus, il fait drôlement chaleureux, ce tapis.

Voilà pour le tableau dans lequel je retrouve mes deux hôtes de la soirée, tranquillement assis sur leurs chaises à m’attendre, quand je débarque, plateau en main. Hochant la tête dans leur direction, je m’avance pour poser tout ça, avant de leur flanquer sur les genoux, et reconnaît au passage le visage contrarié de l’un des deux hommes. Le seul que je puisse identifier, en réalité, parce que l’autre n’est présentement qu’une grosse… masse noire dont le cuir brille bizarrement à la lueur de la lampe.

« Ah. Monsieur Schirmer, bonsoir ! Et monsieur… ? »

Je m’efforce très fort de ne pas lui pouffer au visage, parce que ce serait probablement malvenu. Après tout, qui suis-je pour critiquer les choix en matière d’associés d’un ancien client (bon payeur, pas trop emmerdant, dans mon souvenir) de la maison.

Avisant les verres sur le plateau, j’en sers un à Marcus, un autre pour moi, et arrivé au troisième, j’ai un moment d’hésitation. Est-ce que je suis censé la servir, la momie, là ? Le silence tombe au milieu de nous trois comme un pigeon crevé, et moi je reste comme un con avec mon verre dans la main.

Finalement, au bout d’une vingtaines de secondes à écouter les puces sauter, et comme personne ne se décide à venir à mon secours, je sers son Whisky à monsieur et le laisse s’en débrouiller. Qui sait il a ptet des p’tits trous pour faire passer l’air, là dedans. Et si il a besoin il demandera une paille.

«Bien. » Je toussote, comme tout bon mec gêné qui se respecte, et passe une main dans mes cheveux mouillés.  « Je vous dirais bien d’excuser ma tenue, mais je sens comme une indulgence pour l’excentricité dans votre… »

Regard ? Non, de toute évidence, non. Sourire ? Non plus. Allure générale… ? Trop de risque que cela soit mal interprété. Je dois bien l’admettre, je sèche un peu, arrivé là, et j’en viens à regretter amèrement cette aimable tentative de plaisanterie.

« Sorte… d’aura générale. Hm. »

Après tout je ne suis pas homme à me laisser décontenancer facilement. Je suis professionnel, et en tant que professionnel, je me dois de traiter mes clients avec respect, sans égard pour leur situation financière, leurs origines farfelues ou bien leur… surface de visage visible. Tous méritaient mon respect, ma patience, et ma plus imperturbable attention.

« Pardon, mais vous ne transpirez pas un peu, là-dessous ? Ça a l’air épais, votre histoire, quand même, et... »

Bon, pour le professionnalisme, on repasserait. Mais à ma décharge, il doit être fichtrement inconfortable, son machin. Surtout en cette saison.

« Oubliez ça. Qui suis-je pour juger, après tout, hein ? Dites-moi plutôt ce qui vous amène, messieurs. »
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 79
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 306
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: Masque et pierre précieuse [PW Jakab]   Sam 4 Aoû - 19:39

La première chose à laquelle Alexander a pensé en entrant dans le bureau, c'est qu'on ne voyait pas du tout la mer. Puis il avait avisé l'installation des lieux, sa moue circonspecte évidemment cachée sous son masque. Un bureau, des chaises, une bibliothèque et un tapis. Minimaliste, dirait-on, surtout quand son alter ego aux cheveux toujours impeccables était habitué à plus de luxe. Mais il se ressaisit vite. Il s'attendait à quoi ? Il se trouve à Domus, pas à Mercantis. C'est déjà un miracle que la pièce ne soit pas éclairée à la bougie.

Minimaliste, c'est aussi l'accoutrement du type qui entre peu après, un plateau avec du whisky dans les mains. Une chemise, un pantalon. Baraqué, c'est une certitude. Le visage marqué par quelques coups, c'est un poil rassurant pour L'As. Si c'est avec lui qu'il doit travailler, au moins il est sûr qu'il peut encaisser quelques coups. Il risque d'y avoir du remue-ménage cette nuit.

L'homme en chemise blanche hésite à servir un troisième verre. Alexander, lui, n'a pas retenu un claquement de langue désapprobateur. Un verre de whisky avant un potentiel travail ? Dans leur domaine, mieux valait avoir les idées limpides si on voulait durer. Il laissait le bénéfice du doute, mais il commençait à jeter quelques œillades à Marcus. Bien sûr, sous le masque, personne ne pouvait s'en douter. Pour se rassurer, le jeune Shah se disait que son acolyte était trop attaché à son business pour faire appel à des amateurs.

Appelez-le L'As. Intervint Schirmer pour répondre à la première question de leur hôte. Bonsoir Jakab. Personnellement je vais plutôt bien, mais si je suis là, vous vous doutez bien que ça pourrait aller mieux.

Sur le chemin, Marcus avait insisté auprès d'Alexander pour mener les négociations. Alors pour l'instant, le masque préférait se taire. Il n'avisa pas le verre de whisky. Il ne s'était même pas assis, et demeurait debout les bras croisés, derrière le siège occupé par son client. Jakab, puisque c'est son nom, s'excuse pour sa tenue, tente de se justifier vis-à-vis de l'accoutrement d'Alexander. Il ne se retient pas.

Pas vraiment.

Le ton était sec, cassant, mais surtout légèrement étouffé par le masque. Au fond, L'As se fichait bien de comment l'autre était habillé. Mais en l'état, il n'était pas vêtu pour aller massacrer des petites frappes. Il ne pouvait pas savoir, pas encore. Il se changerait sûrement avant de partir. En attendant, le chef du gang continuait avec les questions, ce que le mercenaire n'appréciait pas vraiment.

C'est mon problème.

Bien sûr qu'il avait un peu chaud. C'était le principe de porter un masque. La pratique de l'escrime, c'est surtout pratique quand il fait frais. Pendant les saisons chaudes, c'est plus compliqué à vivre, ça sens moins bon quand on se désape. Mais Alexander a bien appris à vivre avec ces contraintes. C'est aussi pour ça qu'il ne sort que la nuit, il fait bien moins chaud.

Enfin, on commence à discuter business. Marcus a laissé le semblant de conversation se faire, mais en tant qu'homme d'affaire et client principal dans cette histoire, il reprend fermement la main.

Bien sûr. J'ai affaire à des casseurs, depuis plusieurs semaines. Je mène une affaire déjà compliquée, ces gêneurs m'empêchent de travailler dans de bonnes conditions. L'As, ici présent, a accepté de m'aider à m'en débarrasser une bonne fois pour toutes. Il a repéré leur planque, à quelques rues d'ici. Nommez votre prix, je ne veux aucun survivant.

De la simple explication, le discours introductif de Marcus c'était fait de plus en plus véhément. C'était celui d'un industriel fatigué de voir son affaire retardée par des interventions extérieures, et qui n'avait aucune envie d'être indulgent. De la poche intérieure de sa veste, il sortit une petite carte de Domus, et indiqua à Jakab la cible à atteindre.

Ils vivent ici, ou du moins s'y cachent-ils. Comme c'est un grand immeuble, on ne sait pas si il y a des familles innocentes ou si c'est un QG pour un groupe de plus grande ampleur. C'est pour cela que nous avons besoin de vous. Vous connaissez le district, vous saurez nous guider. Enfin, surtout le guider lui. Si vous souhaitez garder les mains propres, ce ne sera pas un problème. Mais je veux que ce problème soit réglé ce soir.

Pour Marcus, cette mascarade n'avait que trop durer. Pour Alexander, l'envie de faire couler le sang se faisait plus pressante. Restait désormais à savoir si Jakab serait d'accord pour se mêler à cette affaire.
Revenir en haut Aller en bas
Jakab Tangara
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 9
Fiche : Par là.
Vice : Vanité
Faction : Oisillons
District : Domus
Influence : 82
Occupation : (co) Chef de gang
Disponibilité : DM me ~

MessageSujet: Re: Masque et pierre précieuse [PW Jakab]   Jeu 9 Aoû - 2:06

Mon index s’égare sur le relief de ma boucle d’oreille, tandis que je regarde Marcus déplier sa carte, pensif. Y’a des choses d’écrites que je ne parviens pas vraiment à déchiffrer, mais fort heureusement je connais la tronche de mon District. J’arrive sans trop de problème à situer l’endroit qu’il me montre, et je comprends aussitôt pourquoi c’est moi qu’il est venu voir avec son problème.

Le bâtiment en question, je l’ai déjà visité pour un boulot. Il a dû en entendre parler d’une manière ou d’une autre. Ceci dit, ça m’arrange. De mon côté, je sais déjà que ce qu’on me demande ne sera pas excessivement compliqué. A l’exception, peut-être, de la partie où il faut collaborer avec son pote l’As du déguisement subtil et discret.

D’une manière générale, je n’aime pas trop travailler avec les indépendants. Déjà parce qu’on ne sait jamais sur qui on va tomber, et que des bras cassés qui se prennent pour le nouveau Rocambole, par ici, il y en a probablement un de plus par semaine. Ceux-là ne font pas long feu, et il en va de même pour les abrutis qui leur font confiance. Pour tenir, dans la rue, c’est le nombre qui compte. Le nombre, et la loyauté du nombre. Le reste, sincèrement, ça relève du détail.

Et quand on travaille avec des guignolos qu’on ne connait pas, cette loyauté-là, on peut se gratter pour l’avoir.

Cela étant, Schirmer n’est pas n’importe qui. Quand on a un nom et une réputation de mec qui sait à peu près faire tourner son entreprise, on ne se laisse pas berner par la première branque en collant qui nous tombe sous la main. Si Marcus a confiance en son… As ? Alors probablement que le type est solide, malgré son absence totale de répartie.

Dans un soupir, j’ouvre un des tiroirs du bureau, pour chercher les cigarettes de ma sœur.

« Mes tarifs vous les connaissez, Marcus. Vous savez aussi que ce qui coûte, vraiment, ici-bas, c’est la discrétion. »

Au-delà de ça, et dans un tout autre genre de considérations, il y a le boulot lui-même. Qu’est-ce qu’ils demandaient, au juste ? Une escorte ? Le nombre de cible n’est pas très clair, mais visiblement cette partie-là du job serait à déléguer à coco l’As-ticot ici présent. Moi, si le type se sent prêt à tout faire tout seul, je ne vais pas me plaindre.

Mais ça ne m’empêchera pas de négocier.

« Un incendie bien placé, des représailles d’un gang anonyme, ce genre de petites choses très efficaces sont beaucoup plus abordables, quoique malencontreusement bruyantes. Mais puisque vous avez amené Monsieur ici présent… je crois comprendre que vous désirez quelque chose d’un peu moins brouillon. »

Je retrouve enfin les allumettes, qui avait glissé tout au fond de leur tiroir, puis, la clope au bec, j’en craque une et me remplit les poumons d’un bon nuage de fumée. Oui, bon, gnagna, fumer dans une bibliothèque, j’ai compris, mais calmez-vous. J’ai juste à pas me servir des bouquins comme cendrier et tout va bien se passer. Puis en ce qui concerne mes interlocuteurs, le premier je lui ai déjà fumé à la tronche, et l’autre il a la tête mieux emballée que les fesses d’un bébé. C’est pas la fumée qui va le déranger.

Je prends une longue taffe, ménageant un peu mon effet.

« Ma foi je serais même prêt à m’en occuper personnellement, si ça vous fait plaisir. Escorter votre sympathique ami jusqu’à l’endroit où il doit se rendre, lui tenir la porte et m’assurer qu’il ne se prend pas les pieds dans un tapis en partant. »

La vérité, c’est que je n’ai pas du tout envie de m’y coller. Une soirée à me cailler les miches sur un balcon pendant que l’autre zouave sans humour décime la marmaille urbaine à tour de bras, ça n’est pas exactement la soirée que j’avais prévu, moi, à la base. Mais comme c’est moi qui connait les lieux, je n’ai pas exactement le choix. Et puis, il faut rester positif : les clients sont toujours prêts à cracher un peu plus si on les fait se sentir spéciaux.

« Ce n’est pas très… conventionnel, mais ma foi, c’est quelque chose qui peut être fait. »

Oh oui, tu la sens ma grosse exception comme elle est belle ? Comme je la fais juste pour toi ? Tu te sens… privilégié ?

La bouche pleine de fumée, je bats des cils, considérant les rayonnages de bouquins dans le fond de la pièce.

« Et… parce que vous êtes un client sur le retour, nous dirons… Le double de la dernière fois ? Avec bien sûr la garantie que le travail sera terminé avant l’aube, et mon engagement personnel à voir la chose menée à bien dusse-t’il arriver quelque chose à votre… As. »

Que le saint patron des grandes gueules me viennent en aide : j’ai peur de ne pas réussir à passer la soirée sans accidentellement balancer un sobriquet à la tronche de mon futur collègue. Enfin la relative direction de sa tronche, parce que c’est difficile de bien savoir où sont les choses exactement là-dessous. Peut-être bien que ce sera ça, le plus grand défi de cette mission.

« Avons-nous un accord ? »

Ou puis-je tranquillement retourner à ma baignoire et à mon Esteban ?
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 79
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 306
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: Masque et pierre précieuse [PW Jakab]   Jeu 9 Aoû - 19:25

Silencieux, L'As se contente de suivre les instructions de Marcus, qui consistent pour le moment à rester debout bien droit et à le laisser négocier. Mais à l'heure actuelle, le plus dur pour le mercenaire n'est pas de ne pas piétiner pour se dégourdir les jambes, c'est plutôt de ne pas soupirer très fort. Alexander Shah n'est peut-être pas très impliqué dans les affaires familiales, mais il est resté suffisamment proche de son grand-père ou de sa sœur pour savoir comment gérer une entreprise. Engager des Oisillons pour faire le sale boulot à votre place, c'était un bon plan. Mais là...

*Le type boit, le type fume... putain dans deux minutes il va sortir de l'opium ou quoi ? C'est qui cet amateur ?*

Fort heureusement, le masque bloque le gros de l'odeur de la fumée. Quant à l'alcool, si Alexander est friand de champagne, son alter ego masqué est très à cheval sur la maîtrise de son corps au travail. En clair, il n'apprécie pas trop de voir ce Jakab profiter de ce que la vie peut lui offrir avant d'aller retirer la vie à des petites frappes. Il suggère même des alternatives, comme un incendie, quand bien même Marcus a signifié clairement qu'il attendait des cadavres. D'ailleurs, l'industriel balaye ces hypothèses d'un revers de main.

Mes volontés sont très claires, Jakab. Je ne veux prendre aucun risque. L'As a identifié six casseurs, je veux qu'il me confirme six morts au lever du soleil.

Schirmer est quelqu'un d'intelligent, L'As le sait, il l'a vu monter son affaire d'une main de maître. Avec une concurrence aussi rude, on ne survit pas plusieurs années sans un minimum de talent. Mais là, face à ce Jakab, il est en train de se faire escroquer comme un bleu. L'autre n'a pas besoin d'avoir inventé l'eau chaude pour voir que son client est exaspéré par les casseurs. Il a raison d'en profiter, d'essayer de faire payer plus cher. Le mercenaire, lui, se contente de regarder, toujours aussi inexpressif.

*Et il lui fait même le coup de l'exception. Te fais pas avoir Marcus...*

Le double de la dernière fois. Marché conclut.

*Tu t'es fait avoir, Marcus...*

Vous escortez L'As jusqu'à cet immeuble, vous l'aidez à contourner d'éventuels pièges et à éviter les pertes inutiles. Il se charge des six petites merdes. C'est un job simple, vous entrez, lui il tue, vous ressortez. Si ça ne vous dérange pas, je resterais boire un verre en bas ce soir. Vous ne devriez pas en avoir pour trop longtemps.

Une poignée de main et l'opération se met en branle. Retour au rez de chaussée, puis dans la rue nauséabonde de Domus. Les effluves d'alcool qui émanent de la Carie du Crocodile masquent légèrement la puanteur ambiante. C'est la chaleur qui veut ça, et les choses ne vont pas s'arranger avec la Saison des Forges qui arrive.

L'As et Jakab se retrouvent face à face, à l'entrée du bar, quelques minutes plus tard. A partir de là, il avait été convenu au préalable, entre Marcus et Alexander, que ce dernier menait sa barque comme il l'entendait. Bien sûr, il ne fallait pas abîmer l'autre type et collaborer avec lui... bref, être professionnel. Ça ne signifiait pas qu'il fallait devenir amis.

Bien. Jouons franc-jeu tout de suite : j'ai pas nécessairement envie de bosser avec toi, et je suis pas convaincu que l'inverse t'enchante réellement. Mais tu connais le coin, j'ai besoin de toi, et Schirmer paye bien. Alors on va régler ça vite fait.

Jakab étant le guide, Alexander attend patiemment qu'il annonce la direction à emprunter. Il n'a pas spécialement envie de faire la conversation, mais il préfère s'assurer de l'essentiel.

Normalement t'auras pas à te salir ce soir. Mais juste au cas où, t'as apporté de quoi te défendre ?

Le ton étouffé de sa voix est on-ne-peut plus neutre. Toutefois, il y a ce besoin d'être professionnel. D'asseoir sa réputation. Alexander sait qu'il est relativement nouveau dans le monde du crime, et son agression d'un Vicaire quelques rues plus loin ne suffit pas à faire de lui une pointure. C'est un long chemin pour arriver en haut de la liste des criminels recherchés. Et L'As ne veut pas se précipiter. Il a aussi conscience que des alliés dans ce genre de quartiers défavorisés seraient très utiles. Pas besoin d'être amis, juste de savoir ce que chacun vaut, et qui peut être fiable. C'est pour cela qu'il se permet des mots plus durs.

A moins que tu sois le genre d'attardé qui aime se ramener cul nu dans une mêlée où tout le monde sera armé ?
Revenir en haut Aller en bas
Jakab Tangara
Excelsien(ne)

avatar

Messages : 9
Fiche : Par là.
Vice : Vanité
Faction : Oisillons
District : Domus
Influence : 82
Occupation : (co) Chef de gang
Disponibilité : DM me ~

MessageSujet: Re: Masque et pierre précieuse [PW Jakab]   Lun 13 Aoû - 23:56

L’affaire se conclut rapidement (ce qui m’arrange, je ne vais pas vous mentir, j’ai connue compagnie plus charmante) et après quelques derniers détails à régler, nous nous retrouvons dehors, dans les bonnes vieilles rues de Domus et leur odeur de vomi salé. J’essaie très fort de ne pas repenser à mon bain, parce que je pourrais bien en pleurer.

Qu’est-ce qu’on ne fait pas pour le pognon, je vous le demande…

Entre temps, j’ai enfilé une veste noire (et sobre), par-dessus ma chemise, et attrapé une sacoche élégante au cuir un peu rapé pour la passer à mon épaule. Je n’ai besoin de rien plus, au vu de ce que l’on attend de moi, n’en déplaise à monsieur l’as de la répartie.

« Je te trouve bien prévenant, l’ami. Moi qui croyait que ton truc c’était plutôt les silences de brutes taciturnes… je suis touché. »

Heureusement pour nous deux, je ne suis pas de cette race de petits chiots qui aiment à montrer leurs dents au premier pet de panique. Je sais maîtriser mes instincts virilistes, quant à l’occasion il m’arrive d’en attraper.

« Mais ne t’en fais pas, je suis un grand garçon. »

Avisant l’arme à sa ceinture, je me retiens de hausser un sourcil surpris, peinant à en identifier tout à fait la nature. Je ne savais même pas qu’on faisait des épées comme ça, et encore moins qu’on en trouvait par ici. Mais là encore, ça dépend probablement des amis qu’on a, et l’Asperge masquée semble en avoir des sympa. Je hausse nonchalamment les épaules, avant de me mettre en marche.

« Et puis je n’ai pas besoin d’une… grosse épée pour me sentir, hm… disons, en sécurité. »

Un petit couteau dans la botte et beaucoup de copains, ça restait ma méthode de prédilection. Ou bien encore une boîte d’allumettes. C’était imparable, ça une boîte d’allumettes. Et si on s’y prenait correctement, les risques de se manger un pommeau en fer dans les dents étaient quasiment nuls.

Là, en l’occurrence, on allait entrer par effraction. Discrètement. En marchant dans la rue avant et après. Alors monsieur l’Assistant Assassin devra me pardonner de privilégier la légèreté et l’aisance de mouvements à la surcharge d’artillerie.

Arrivé au bout de la rue de la Gorge, je bifurque sur la droite, contournant la grande place pour m’engager dans une longue ruelle en arc de cercle. Ça n’est pas du tout la bonne direction, en réalité, mais il me reste encore un accessoire ou deux à récupérer, histoire d’assurer nos (enfin surtout mes) arrières. Et puis ces rues-là possèdent également le net avantage d’être beaucoup moins fréquentées, ce qui, je vous ne le cache pas, m’arrange pas mal, vu la dégaine de mon escorte.

« Nous allons nous permettre un détour, si tu veux bien. Il y a encore des gens dehors, à cette heure, et je préfèrerais ne pas être vu avec… eh bien toi, pour être tout à fait honnête. »

Je fais un petit geste innocent, levant le nez vers le ciel nocturne et ses nuages effilochés, en lambeaux noirs sur fond étoilé.

« Il y a déjà suffisamment de rumeurs qui trottent concernant ma vie sexuelle. »

Et accessoirement, si jamais l’autre clown se foire, je préfèrerais qu’on ne laisse pas derrière nous une traînée de vinht-huit témoins affirmant m’avoir vu me balader avec le principal suspect. Je suis un mec sensible aux détails, vous voyez ? Et la pleine lune me rend prudent.
Tandis que ça grommèle, derrière moi, mon pas nonchalant nous guide, mon As-socié et moi, jusqu’à une petite porte verte, enfoncée dans une discrète façade de briques. Il n’y a pas de numéro, ou de plaque, simplement un dessin de coquillage tout écaillé, peint à même le bois, au-dessus du heurtoir.

« On va faire un arrêt ici si tu permets. Planque-toi un peu plus loin j’en ai pour une minute. »

Sans plus de considération ni d’avertissement pour mon partenaire, je me saisit du gros anneau de bronze pour le fracasser lourdement contre sa plaque assortie. Je frappe trois coups lents, puis remet mes mains dans mes poches, attendant que la vieille Abbondanza daigne se lever de son fauteuil pour me répondre.
Elle n’a pas l’air tout à fait ravis, emballée dans sa vieille robe de chambre miteuse, mais elle ne proteste pas lorsqu’elle me voit. C’est qu’elle commence à avoir l’habitude de mes horaires de truand, à force…

« Bonjour Abbie, je viens vous emprunter Pinar. »

Je n’ai absolument aucun visuel sur mon collègue, qui a disparu dans une ombre quelque part, mais je peux sentir son exaspération  me dresser les poils du dos meme à cette distance. Peut-etre qu’il s’imagine que je suis en train de me prendre à boire pour la route ? Allez savoir.
La vieille ronchonne un peu, pour la forme, à ma demande (forcément, il est tard) mais là encore, elle est sait bien qui lui paye le loyer, de quoi nourrir les gamins, et réchauffer son vieux cul à la saison fraîche. Elle n’a pas vraiment d’autres choix que celui d’accéder à ma requete.

Dans un tremblement de menton, elle s’en retourne brièvement à l’intérieur, où résonnent quelques chuchotements étouffés, puis elle reparaît, une fillette à la peau brune sur les talons. Je souris de toutes mes dents qui brillent.

« Bonsoir, Pinar. Tu vas bien ?
- Oui monsieur Jak !
- En forme pour un petit jeu ?
- Toujours ! »

La petite a enfilé un pantalon par dessous sa chemise de nuit, coincée sa touffe de cheveux bouclés dans un petit bonnet de laine, et lorsqu’elle s’aventure sur le porche, quittant le giron d’Abbondanza pour le mien, je peux voir ses yeux pétiller à la lueur de la lune. Elle a toujours aimé ça, les escapades nocturnes, la petite Pilar. J’avoue, ça m’attendrit toujours un peu : elle me rappelle moi, au même âge.

Qui sait d’ici quelques années, si elle continue dans cette voie, elle pourrait bien se faire une petite place parmi nos recrues…

« Alors viens, tu peux prendre ma main si tu veux. Je te présente… Lassie. C’est mon ami, et il va jouer avec nous ce soir.
- Pourquoi il a un sac sur la tête ton ami ?
- Euh… bah parce qu’il aime bien se déguiser. C’est un petit farceur.
- Ah. »

La gamine est sceptique, mais elle ne me contredit pas. Maintenant que la vieille gardienne est partie se recoucher, et que mon Astucieux ami revient dans la lumière, elle prend le temps de l’examiner, un long moment, avant de faire un pas vers lui, sa petite main toujours dans la mienne.

« T’es déguisé en quoi au juste monsieur Lassie ? »

Oh, peut-être que finalement la soirée ne serait pas si ennuyeuse, au juste…
Revenir en haut Aller en bas
Alexander Shah
Fleurettiste Masqué

avatar

Messages : 79
Fiche : Le Fleuret
Vice : Cruauté
Faction : Oisillons
District : Manufacturier
Influence : 306
Occupation : Gosse de riche / Mercenaire

MessageSujet: Re: Masque et pierre précieuse [PW Jakab]   Mar 14 Aoû - 20:38

Le trajet commence. Alexander s'est simplement contenté de secouer la tête avec dédain. Alors comme ça, il a affaire à un grand garçon qui pense pouvoir se débrouiller avec ses poings ? C'est son choix... Pas le bon choix selon L'As, mais c'est un choix comme un autre. Après tout, peut-être que ce Jakab apprécie les cicatrices partout sur la gueule ?

En tout cas, il n'a pas l'air de comprendre que c'est un fleuret que le mercenaire se trimballe sur le dos. Sinon il n'aurait pas dit "grosse épée". Mais qu'importe la taille, le plus important c'est comment on s'en sert. Et Alexander, malgré quelques déboires avec le Prieuré, savait bien se servir de son jouet.

Sans broncher, il suit les pas du local de l'étape. Après la rue animée du bar, les petits coupes-gorges s'enchaînent sans que L'As n'y trouve à redire. Il n'est pas encore minuit, il y a encore pas mal de poivrots qui traînent, et le duo qu'il forme avec Jakab ne transpire pas l'innocence. Alors lorsque l'Oisillon tente de se justifier, le mercenaire ne prends pas outrage.

Je comprends bien. Tu voudrais pas que tes potes croient que tu t'es embourgeoisé... Je suis pas vraiment dans ta gamme de prix.

Ça, on lui avait jamais proposé, mais L'As se disait que si un ou une illuminée voulait lâcher quelques ducats pour une nuit avec un mec masqué, ça ne lui coûterait pas grand chose d'accepter. Il n'avait pas besoin d'argent, étant donné ses origines sociales. Mais ce serait un contrat plus relaxant qu'un assassinat doublé d'une course poursuite avec le Prieuré.

Ils parviennent devant une vieille bâtisse, comme il doit y en avoir des centaines dans Domus. Sans vraiment attendre les instructions de son acolyte, Alexander a pris de la hauteur. Accroupis sur un toit voisin, il observe le court échange. Sa position lui rappelle son combat contre le Vicaire, et lui arrache une grimace. Une blessure par balle, même quand c'est soigné correctement, ça traine toujours pour être entièrement rétabli. Mais à l'heure actuelle, après son petit voyage loin d'Excelsa, Alexander n'a plus de douleurs, et plus de problèmes pour bien équilibrer ses attaques.

Il perçoit le nom de Pinar, et se dit qu'il traine vraiment avec un alcoolique. C'est dangereux quand on abuse de ces choses-là, faudrait penser à consulter. Mais finalement, c'est une gamine qui débarque, encore en chemise de nuit et habillée à l'arrache. Franchement, réveiller des gosses à cette heure-ci pour ce genre de travail, c'est pas joli joli. Redescendant de son perchoir, L'As lance à Jakab.

Détournement d'enfant ? C'est du propre.

La gamine lui arrive à peine à la taille. Elle le regarde avec des yeux qui ne trahissent ni fatigue, ni même peur. Ça l'énerve un peu. Ces gosses de pauvre, orphelins condamnés à trainer dans la merde toute leur vie... ils ne craignent pas vraiment les mercenaires. Parce qu'à 8 ans, ils ont déjà tout vu, tout entendu, tout connu. Donc forcément, c'est pas un mec masqué avec un fleuret qui va l'impressionner.

Alexander n'est pas trop à l'aise avec les enfants. Malgré sa propension à enchaîner les conquêtes (en civil, restons sérieux un instant), il ne s'imaginait pas une seconde père de famille. Peut-être un jour, un petit Shah junior, ça lui ferait plaisir. Mais il faudrait se poser, coucher toujours avec la même personne, ça semblait un peu chiant. Puis comme il n'était pas l'aîné, ce n'était pas vraiment à lui de fournir les héritiers directs à la fortune familiale. Il ferait un môme au pif quand il en aura marre de papillonner.

En attendant, le boulot.

Je suis déguisé en panda cannibale. T'es un peu jeune pour comprendre la subtilité.

Bon, à tout moment la gamine allait lui dire qu'elle avait déjà manger du mollet de pouilleux, faute de mieux, mais tant pis. Alexander reporta son regard sur Jakab. Il pouvait pas lui donner un nom aussi ridicule que "Lassie" et espérer qu'il joue le jeu.

C'est pour faire diversion qu'elle vient avec nous ? Demanda L'As avec une pointe d'impatience.

Plus vite il quittait ce quartier de bouseux, mieux il se portait. Son envie de tuer, de se dégourdir les bras après son retour de "vacances", ne faisait qu'augmenter.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Masque et pierre précieuse [PW Jakab]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Masque et pierre précieuse [PW Jakab]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ami(e)s du jour:"BONJOUR"!!! Aujourd'hui, date fatidique, VENDREDI 13...
» Le Carat
» Ruby Lucas comme la pierre précieuse ☾
» Jean-Pierre vous explique la vie en couple
» Pierre Chaunu (1923-2009).

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: [RP] Excelsa Extérieure :: District Domus :: Bars & Tavernes-
Sauter vers: