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 Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)

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Wilhelm Zolt
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MessageSujet: Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)   Dim 13 Mai - 1:48

Les couloirs de l’Apothicariat sont bondés d’étudiants en cette mi-journée, de même que les jardins à la pelouse entretenue sur laquelle les jeunes têtes blondes se plongent avec avidité dans la consommation de livre sur les savoirs médicaux ou alchimiques. Une vision qui arrache à Wilhelm Zolt un froncement de sourcil désapprobateur, les bancs et autres tables d’étude présentes dans la bibliothèque n’ont pas vocation à accueillir les mouches, tout comme ces pelouses n’ont pas à accueillir les chaussures et les derrières des étudiants, surtout en cette saison. Par la cité !

Le Docteur secouera la tête, avant de reprendre sa marche d’un pas lent, transportant son éternelle mallette dans laquelle se trouve son matériel de travail, le long des immenses corridors du bâtiment de l’Apothicariat, surplombés d’arche à la clé de voûte haute, suffisamment pour donner cette impression d’espace, mais sans excès, pour éviter toute impression d’écrasement par la pierre.

Alors que le Légiste traverse une énième alcôve, ses talonnettes claquant sur le carrelage bien entretenu du repère des médecins et autres alchimistes, le temps, déjà bien couvert, laisse place à une pluie fine, dont les gouttes viennent s’écraser sur les fenêtres du couloir que Wilhelm Zolt emprunte en une myriade de tapotements, rythmant ses pas d’une symphonie lancinante.

La certaine théâtralité de la scène, dont l’homme en blouse blanche prend conscience, lui arrache un mince sourire satisfait, tandis qu’il suspend sa route, observant par la vitre proche quelques étudiants en retard courir sur les pavés de l’Apothicariat et, plus loin, les rues du District Pharma, dans lesquelles les petites-gens s’affairent, protégeant leurs biens comme ils le peuvent des caprices d’un ciel ambivalent en cette saison. Le regard du Légiste s’assombrit alors qu’il se pose sur l’imposante forteresse surplombant la ville au loin. Et l’esprit du Docteur s’égard à nouveau dans les méandres de la réflexion alors que celui-ci reprend sa route, comme mu par une force invincible en direction d’un lieu précis, bien que son allure ne semble lui accorder aucun but.

Là réside toute la difficulté pour Wilhelm Zolt, en cette heure proche de la pause du déjeuner, tandis que celui-ci s’avance, peinant à masquer un certain empressement, essayant de garder un pas leste, tandis que son esprit est au diapason de son activité, obnubilé par la nouvelle que le Légiste a reçu un peu plus tôt dans la matinée.

Alors que le Docteur expliquait avec passion à de jeunes gens, qui n’étaient déjà plus des débutants, l’intérêt et la dangerosité des reins, un missionnaire du Prieuré avait fait irruption dans son cours, chose insensée en soi, pour lui faire parvenir une nouvelle, qui a défaut de l’excuser pour cette interruption inopportune, avait su captiver l’intérêt du Légiste, tout particulièrement certains détails.

Alors qu’il atteint finalement la salle souhaitée, l’excitation quitte l’esprit de Wilhelm Zolt, se transformant en une crainte viscérale. En effet, celui-ci espérait être le premier sur place, une affaire comme celle-ci attire inévitablement les rapaces en quête de gloire présents dans les murs de l’Apothicariat. Ceux pour qui les sciences médicales et alchimiques ne sont que des moyens pour briller dans la haute société, impressionnant par quelques tours de passe-passe ces charmantes dames n’ayant jamais vu une planche anatomique.

La salle de dissection présente était commune, quelque peu en retrait dans le couloir, il faut bien une « dernière salle » dans un couloir après tout, mais elle présente tout l’appareillage nécessaire que l’on attend d’une telle pièce dans un lieu comme l’Apothicariat. Divers chariots à roulettes permettant d’exposer les outils de dissection sont ranger en rang, au fond à droite de la salle, tandis que les sièges et pupitres permettant aux étudiants d’assister aux grandes expositions de dissection recouvre tout le mur de gauche. Au centre, trône la table, en marbre blanc, recouverte d’un carrelage de la même couleur, dont les rigoles donnent sur des seaux, entreposés et fixés grâce à des cales, présentes dans le sol.


Sur la table, l’objet des convoitises du Légiste, qui deviendra bientôt, le Docteur le craint, l’objet de toutes les convoitises de ce bâtiment. L’homme est somme toute banal, un homme d’âge mur, une quarantaine d’années ? Peut-être même cinquante. De larges bras ainsi que des mains épaisses, le tout surplombé par des épaules musclées et un buste sculpté Une barbe de trois jours mal entretenue et des cheveux en bataille. L’homme, était sûrement un travailleur manuel. D’où ? Et pourquoi ? Le Légiste n’en a cure.

Non, bien sûr que non, tout ceci n’a pas d’importance- telle est la réflexion qui traverse l’esprit du médecin alors qu’il dépose sa mallette sur l’un des chariots présents dans la salle, l’ouvrant avec une hâte enfantine, celle des bambins lorsqu’on leur offre l’une de ces friandises emballées au goût sucrée. Le Légiste se dépêche d’étaler ses instruments, caressant certaines lames presque timidement, comme un amant retrouvant sa douce.

L’information, l’unique chose à retenir de toute l’affaire en cours, et qui stimule autant le docteur, est la cause de la mort. L’homme s’accorde un immense sourire, alors qu’il incline la tête en faisant face à l’homme allongé, gardant dans le coin de l’œil la porte d’entrée de la salle.

-Bonjour mon cher ! Wilhelm Zolt, Légiste.

Un tressautement secoue les épaules du médecin, alors qu’il survole de ses doigts ses instruments, ne prenant plus la peine de cacher son excitation tandis que la voix du Docteur s’élève, bien trop forte pour son propre bien.

-Alors comme ça… Un Kemethie vous aurait tué ?!

Pas de sources officielles là-dessus, bien évidemment. Le Prieuré reste discret en ce qui concerne les meurtres, l’Apothicariat n’étant consulté qu’en cas d’incapacité pour les prieurs d’avoir des réponses satisfaisantes. Et si cet homme est là, sur cette table… Un soupçon d’inquiétude saisit les entrailles du médecin.

L’acheminement d’un cadavre ne se fait pas sans accord du Directeur. Sauf cas exceptionnels, ce qui arrive relativement souvent ? L’on ne saurait dire, il n’y a pas de preuves. Mais si le Directeur est au courant, d’autres le sont tout autant, ce qui signifie que la solitude tant aimée par le Légiste n’est que précaire et, ne se sachant pas seul intéressé par cette affaire, il aura rapidement de la compagnie.

Ce qui lui arrache une moue mi- satisfaite, mi- contrite.

Tout risque de devenir bien vite très intéressant.
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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)   Lun 21 Mai - 12:28

Ma matinée s'était déroulée sans accroc notoires. Les différentes leçons, dispensées aux différentes classes, s'enchaînaient par tranche de deux heures. Midi arrivait, et avec lui la pluie commençait à tinter aux vitres de la salle de classe, distrayant certains élèves qui réfléchissaient déjà plus avec leur estomac qu'avec leur cerveau. Sans doute devrait-on inventer un élixir coupe-faim pour ceux-là. Un autre projet à inscrire sur la longue liste des recettes qui amélioreraient mon quotidien sans changer la face de la Ville.

Je sens bien que j'ai perdu l'attention de mes étudiants. Si la faim ne me tiraille pas encore, je ne peux pas en dire autant des élèves devant moi. Avec dix minutes d'avance, je leur fais une fleur et les libèrent, sans oublier de les mettre en garde : un examen arrivera bientôt. Tandis que je rassemble mes affaires, le brouhaha des chaises sur le sol me vrille les tympans. Les discussions entre petits groupes s'entremêlent dans un charabia incompréhensible et la salle se vide peu à peu.

Que faire désormais ? Il n'est pas encore midi, je n'ai pas vraiment faim, mais trois heures s'offrent à moi avant ma dernière leçon du jour. Je pourrais bien en passer une dans mon petit laboratoire, mais mes recherches sont au point mort. L'élixir de stase organique, que j'ai testé en compagnie du Directeur Palmer, est revenu à la phase des calculs et des hypothèses. Quant à ma volonté de récréer la drogue du docteur Olgh... et bien je suis toujours dépendant du bon vouloir d'une criminelle. Autant dire qu'avec plus d'une semaine sans la moindre dose, et un sommeil toujours aussi aléatoire, je suis à fleur de peau.

Je ne souhaite pas non plus me lancer dans d'autres projets farfelus. Me disperser n'est pas une bonne idée, je manque déjà assez de sommeil comme ça. Alors finalement, après un bref détour par mon bureau pour y déposer ma sacoche, je décide d'imiter mes étudiants, et de devancer la foule qui se massera bientôt aux portes de la cantine de l'Apothicariat. Sans me presser, je descends les escaliers. Ces derniers débouchent sur un long couloir, fait de salles de dissections, et d'autres bureaux.

-Alors comme ça… Un Kemethie vous aurait tué ?!

Je me fige, tends l'oreille. C'est une voix que je ne reconnais pas, mais elle provient de la salle d'autopsie. Une victime d'un kemethi ? Ces derniers sont supposés posséder des pouvoirs magiques, de ce que je sais. Forcément, cela attise ma curiosité. Est-ce qu'il y a des traces sur le corps ? La magie a-t-elle simplement fait cesser les battements du cœur ? La magie est-elle seulement à l'origine du décès ? Au diable mon repas, je suis bien trop intrigué pour ne pas entrer dans la salle.

Excusez-moi ? J'ai cru entendre kemethi...

On a vu mieux comme entrée en matière. Le docteur déjà présent est seul, face à un corps sans vie. Un homme, d'âge mur. La salle est d'un blanc immaculé. Le contraste est assez saisissant. De là où je suis, on dirait simplement que l'homme est assoupi dans une chambre d'un palace. Bien sûr, il n'en est rien. Le docteur se retourne, et je lui tends instinctivement la main.

Sigmund von Einzbern. Je suis alchimiste.

Bien sûr, je ne voulais pas me disperser, mais mon cerveau n'avait pu s'empêcher de fonctionner à plein régime. Si la magie kemethi ne laissait aucune trace visible, l'incorporer à mon élixir de stase organique serait évidemment une hypothèse à envisager. C'était... extrêmement tiré par les cheveux, car ça supposait qu'il était possible d'extraire de la magie d'un organisme, sous une forme tangible. Mais peut-être que la composition alchimique des organes touchés contenait des traces d'une substance inconnue ?

Loin de moi l'idée de vous interrompre dans votre besogne... mais pourrais-je rester quelques instants, pour observer ?

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Eidrich Palmer
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MessageSujet: Re: Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)   Lun 21 Mai - 20:47

Le bruit des feuilles qui se tournent, de la plume qui gratte le papier d'un rythme effréné, des discussions des étudiants à travers la fenêtre entre-ouverte du bureau d'Eidrich Palmer, et pour conclure ce prélude, un gargouillement des plus effrayants. Le directeur regarda sa montre, et soupira. Il était tellement concentré depuis ce matin avec toute cette paperasse qu'il en avait oublié de petit déjeuner. Il cessa son activité, et s'étira de tout son long, accompagné de divers bruits de craquement d'articulations en manque d'activité. Mais ces yeux se posèrent sur une lettre dans la gargantuesque paperasse. La lettre n'était en elle même était pas spécialement étrange, mais c'est le sceau à la fin qui fit réagir le Directeur. Le sceau du Prieuré.

Il parcouru la nouvelle lettre avec une concentration extrême. Le contenu était clair, ils avaient envoyé un corps dans les chambres d'autopsie de l'apothicariat, tout en remerciant le Directeur de sa coopération avec des formules polies, mais sans excès.

Il allait attendre encore un peu avant de manger, cette nouvelle lui avait ouvert un nouvel appétit, cette faim ou seules des réponses peuvent combler. Il se leva et sortit de son bureau à la hâte, sans prendre soin de fermer sa fenêtre, ranger ses papiers ou prendre son manteau.
Il avait déjà reçu une lettre avec le même sceau quelques jours plus tôt. Cette lettre expliquait qu'ils avaient trouvé le corps d'un citoyen d'Excelsa victime d'un Kemethi. Le corps est tel qu'ils n'ont pas réussi à déterminer la réelle cause de la mort. Pour Eidrich, c'était une aubaine. Le fait d'aider le Prieuré était relativement secondaire, mais procéder à l'autopsie d'une victime d'une probable magie étrangère, c'est quelque chose de rare, une occasion à ne pas rater. C'est pourquoi il répondu favorablement à la première lettre.

Le directeur s'empressa dans les couloirs, le bruit des ses talons jouant le rôle d'avertissement pour les étudiants qui ne prêtaient pas attention ou qui faisaient les idiots dans les couloirs. Les jeunes laissèrent passer Eidrich accompagné de "Pardon", "Bonjour monsieur de directeur" ou "Excusez moi monsieur Palmer".
Il pénétra alors dans un couloir ou il vit au loin la silhouette d'un homme qui connaissait plutôt bien maintenant : Sigmund. Ce dernier entra timidement dans la dernière salle du couloir, qui était la salle d'autopsie. Au loin et grâce à l'écho de ce couloir vide contrairement aux autres, Eidrich entendit la voix de Sigmund et la voix d'un autre homme.
Le Directeur ralenti sa marche pour camoufler le bruit de ses talons et ferma les yeux pour se concentrer sur ce qui se dit dans cette fameuse salle. Il reconnu alors la voix du docteur Zolt. Une homme pragmatique et obstiné, mais c'était loin d'être un fainéant. Malheureusement, le directeur n'eut pas vraiment l'occasion d'échanger avec lui, les légistes et les chirurgiens ne se croisent pas souvent, malgré la similitude dans la précision de leur travail.

Un médecin légiste, un alchimiste et un chirurgien dans la même salle. Ça commençait comme une mauvaise blague d'étudiant, et pourtant cette rencontre s'annonçait bien plus intéressante que prévue.

Eidrich pénétra alors dans la salle, regarda le cadavre sur la table, et sourit de manière satisfaite.

- Bonjour messieurs. Content de voir que vous n'avez pas encore commencé..
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Wilhelm Zolt
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MessageSujet: Re: Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)   Dim 27 Mai - 3:34

Alors que la porte s’ouvre, pour le plus grand désarroi du Légiste, et à sa plus grande surprise, il doit se l’avouer, Wilhelm Zolt se renfrogne, le grand ciel bleu de son humeur joyeuse, voilé par la présence de cet homme intéressé par le cas de son cadavre. Le Docteur lui sert la main en souriant poliment. Faire preuve d’état d’âme entre confrères de l’Apothicariat est mal vu, et bien que cet intrus se présente comme étant un alchimiste, une branche de la médecine toute particulière, que Wilhelm observe de loin, gardant un œil sur les évolutions et découvertes de chercheurs en sciences qu’il ne se gêne pas de qualifier d’occultes, le Légiste se doit d’admettre que leurs savoir-faire est une donnée précieuse.

Observer… ? Le Docteur ne peut retenir un mince froncement de sourcil, avant de soupirer, secouant la tête et haussant les épaules, redressant dans le même geste ses lunettes.  Von Einzbern, un nom que le Légiste a déjà entendu, connaissant le père, grand médecin pour son époque, hélas terrassé par une maladie dont on ne sut trouver l’origine. Le drame d’une vie, pour ce jeune homme à n’en point douter, le drame d’une carrière, pour ce brillant praticien, et le drame d’une expertise, Zolt n’ayant, post-mortem, pas réussi à découvrir la cause de cette mort regrettable pour l’Apothicariat, les bons médecins étant une denrée rare selon le Légiste.

Et donc son fils souhaite… Observer ? L’Art de la dissection n’est pas affaire de spectacle, allons ! Mais le Docteur en blouse se doit d’être pragmatique, le regard d’un alchimiste peut très certainement lui être profitable, après tout, si les Kemethis peuvent tuer quelqu’un par… On ne sait quel procédé, tous les arts peuvent s’y confronter, afin de permettre une étude poussée et ainsi obtenir plus rapidement une réponse.

Car Zolt se questionne, et cela depuis quelques temps déjà, un questionnement que certains qualifierait de fantasque, de préoccupation d’illuminé. Soit. Mais le questionnement que le Légiste étudie dans son laboratoire, avec ses dissections, tient en une simple et unique question.

Si la vie quitte le corps humain, si des hommes réussissent à manier pareil pouvoir, pareil… Énergie ? S’agit-il alors, comme l’électricité alimentant les machines, d’une force que l’homme peut manipuler… ?

Une question, simple, dont en découle une cascade d’autres, mais dont le Légiste cherche la réponse, en vain. Et voici que s’offre à lui une victime de magie de Kemethi. Pour le bien de la Cité, le Docteur se doit de trouver des preuves, des pistes, lui donnant un début d’hypothèse.

Alors que Zolt s’avance auprès du cadavre, exposé sur la table de dissection, le légiste pose ses mains à plat sur le carrelage immaculé, observant à tour de rôle l’objet de toutes ses convoitises, et le jeune alchimiste, curieux pour l’on ne sait quelle raison. Le questionner implique un retour d’interrogation, et le Docteur est un piètre menteur, c’est là l’un de ses moindres défauts. Aussi, éludons là les questionnements hors de propos, agissons en homme adulte et responsable.

« Observer… ? Humpf ! Allons, un peu de respect pour le noble Art de l’autopsie jeune homme, bien que cela ne soit pas aussi impressionnant que les opérations réalisées par nos grands médecins, l’étude de cadavres n’a rien d’une… Distraction, que l’on s’accorde avant d’aller souper. »

Le ton semble neutre, déclarant une remarque qui ne se veut pas cassante, mais qui cherche à déstabiliser un peu le jeune apprenti-sorcier. Mélanger des plantes pour réaliser des potions est une chose. Savoir où ces plantes agissent, et comment, en est une autre. Ses yeux sombres se posent sur Von Einzbern, alors que ses sourcils se haussent, attendant une remarque ou même une justification que le Légiste balaye de la main.

« Approchez donc, vous avez bien entendu, il s’agit d’une victime de Kémé... »
La porte s’ouvre à nouveau, et l’énervement gagne le Légiste aussi vite que la surprise. Qui ose ENCORE le déranger alors qu’il n’essaye que de réaliser son travail ? Le directeur. Pour ne pas commencer, ils n’ont en effet pas commencé, ce qui arrache, à cette remarque, un froncement de sourcils soucieux de la part du Docteur en blouse.

« Monsieur le Directeur. » Bien que l’homme soit plus jeune que lui de quelques années, le Légiste se doit de reconnaître son talent médical, ce qui, Zolt doit bien se l’avouer, est assez rare pour être souligné. Un discret signe de tête tiendra lieu de salut, le Docteur s’apprêtant devant la table de dissection, ses doigts pianotant sur ses différents instruments alors qu’il saisit un scalpel, venant faire tinter la lame d’une pichenette, les lumières de la pièce se reflétant sur l’appareil de découpe, ou de mort.

Une réflexion qui arracherait un ricanement au Légiste, s’il était seul. Il ne l’est pas. Silence donc.


« Et nous devrions en effet nous y mettre, avant que l’état du cadavre ne se détériore, ou que d’autres curieux… ! » Le Docteur accorde un regard lourd de sous-entendus à l’alchimiste. « Ne viennent nous déranger. Un Kéméthi donc, disais-je, est à l’origine de la mort de cet individu. Pas de traces de coups, ni de coupures. » Le docteur se permet de montrer l’évidence, pure habitude. « Les circonstances du décès sont vagues, monsieur le Directeur pourra certainement nous éclairer, mais les faits sont devant nous. Cet homme est mort, l’on ne sait comment. Sinon, je ne serais hélas pas ici. »

Le Légiste souffle un rire, une présentation sommaire prévaut devant les fastes et les paillettes des paroles inutiles, Zolt est un homme de terrain, les détours et autres semis-vérités ne sont pas pour lui. Il est là pour étudier un cadavre et trouver des réponses. Et Wilhelm espère y parvenir avec l’aide de ces jeunes gens, pour plus de rapidité.
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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)   Sam 2 Juin - 17:06

Manifestement, Wilhelm Zolt n'est pas vraiment ravi de me voir faire irruption dans son antre. Qui n'est pas sa propriété exclusive, mais en tant que légiste renommé, le Docteur est amené à fréquenter la pièce plus souvent que d'autres. Peut-être qu'il aime la solitude et travailler en silence et que par conséquent, ma présence le dérange. Chose que je peux comprendre, mais ce n'est pas pour autant une raison suffisante pour me faire partir.

Alors qu'il me réprimande, d'un ton neutre certes, mais ses mots sonnent comme une critique, sur ma simple volonté d'observer, je lève un sourcil circonspect. A quoi s'attendait-il ? Pensait-il me voir débarquer la fleur au fusil dans SON antre, pour lui apprendre à faire SON travail ? Que j'allais l'écarter d'une manchette pour lui voler son cadavre ? Rien de cela évidemment, et je m'empresse de développer le fond de ma pensée.

Je crois que nous nous sommes mal compris, Docteur. Par observer, je n'entends pas simplement rester assis dans un coin sans rien dire. Je signifiais simplement que je ne comptais pas toucher au corps, puisque c'est là votre travail. Cependant, ce que j'aurais l'occasion d'observer me permettra de participer activement à la formulation d'hypothèses sur la cause du décès.

Et il s'agira bien d'hypothèse. A première vue, le corps ne présente aucune traces de lutte, aucune plaie, aucune coupure, aucun bleu. Les mains sont calleuses, mais ce sont des mains de travailleur, donc c'était à attendre. Les marques sur le corps de la victime sont majoritairement dû à l'effet du temps ou du travail. Mais rien qui puisse tuer. Je me place au chevet du mort, à l'opposé de Zolt. Séparés ainsi par le cadavre, allongé sur la table de travail, nous ressemblerions presque à deux collègues. C'est alors que la porte s'ouvre à nouveau, pour laisser paraître une silhouette que j'ai déjà croisé plusieurs fois.

Monsieur le Directeur. Saluais-je, quasiment en cœur avec Wilhelm.

En tant que directeur de l'Apothicariat, Eidrich Palmer devait sans doute être mieux informé sur le pourquoi du comment. La rumeur faisait état de magie kéméthi, et il sera sans doute très intéressant de voir si nos trois esprits sont capables de prouver cela. Bien que le légiste se montre clairement hostile à ma présence. Avec une pointe d'amusement, je lui lance :

Vous avez l'air tendu, Docteur. Faites attention à ne pas trembler au moment de pratiquer la coupe. Ce serait difficile de faire des déductions sinon.

Content ou non, il va devoir se faire à l'idée que je ne compte pas partir. Prenant place autour de la table, nous observons d'abord le corps, sans y toucher. Un Kéméthi est à l'origine de la mort. La rumeur hurle "magie", mais cela ne doit en aucun cas écarter d'autres théories, surtout à un stade aussi peu avancé de l'autopsie.

Monsieur le Directeur, en sauriez-vous plus sur les circonstances du décès ? Notre homme est-il mort en pleine rue ? A son domicile ? Sur son lieu de travail ? Je marque une légère pause. Dans ce dernier cas, peut-être que savoir le métier de monsieur nous serait utile. Après tout, pour ce que j'en sais, un Kéméthi peut très bien être à l'origine du décès par le biais d'un sabotage quelconque. L'incident aurait provoqué, disons une infection pulmonaire qui aurait conduit à une suffocation, puis au décès. Sans aucune trace externe.

Bien sûr, c'est extrêmement hypothétique, mais c'est une option à explorer. De plus, elle pourrait être rapidement éliminée. Quelques résidus de sang dans la barbe, des organes respiratoires irrités ou endommagés, et nous serions vite fixés. A moins évidemment qu'Eidrich ne soit en possession d'informations préliminaires qui rendrait ma théorie obsolète.

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Eidrich Palmer
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MessageSujet: Re: Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)   Dim 3 Juin - 14:58

L'ambiance était déjà pesante. Au vu des tons sarcastiques et des regards échangés, le visage d'Eidrich se transforma peu à peu en un visage las, fatigué. Ils avaient devant eux un cadavre d'une extrême valeur, et ils semblaient prendre presque plus de plaisir à se balancer des remarques. Mais malgré ça, le directeur resta silencieux. Le fait que le Prieuré vienne demander de l'aide à l'Apothicariat n'est pas rare, mais toujours inattendu. Et cette fois ci, c'est une affaire de la plus haute importance, car elle concerne tout le monde, citoyens d'Excelsa comme étrangers, en particulier les kemethis.

Eidrich observa le cadavre. Le bougre n'avait parait-il, même pas eu le temps de souffrir. Il s'est effondré, raide mort, comme les deux autres victimes. Le suspect à été arrêté et enfermé, en attendant que l'Apothicariat émette un jugement sur l'état du corps.

La victime n'avait aucune marque, aucune blessure, du moins, visible pour l'instant. Ce qui n'étonna pas le directeur. Eidrich était peut être jeune pour son statut, il connaissait beaucoup de monde. Et il savait de source sûre, que si cette personne avait bien été assassiné par un kemethi, ils ne trouveraient rien de cohérent avec ce qu'ils ont l'habitude de voir. Mais, c'est une chose que lui sait, mais pas sûr que ses deux collègues soient au courant..

- Monsieur le Directeur, en sauriez-vous plus sur les circonstances du décès ? Notre homme est-il mort en pleine rue ? A son domicile ? Sur son lieu de travail ?

Eidrich resta silencieux quelques secondes. Il préféra garder pour lui ses connaissances sur les kemethis. Du moins pour l'instant. Il ne veut pas que cette annonce entrave le travail d’orfèvre du docteur Zolt.

- Ce que l'on sait, c'est qu'il est mort en pleine rue, devant des témoins, comme deux autres personnes, un autre homme et une femme. Ils se sont effondrés, sans vie, après que le kemethi ait bougé de manière étrange. Ça s'est passé, parait-il après une altercation entre ces personnes. D'après le Prieuré et les témoins, aucun éléments extérieurs serait venu provoquer la cause du décès, surtout pour trois personnes en simultané.

Le directeur savait bien qu'ils n'étaient ici que pour certifier le décès, pas pour trouver des preuves ou des explications logiques à cette affaire.

- Mais peu importe réellement tous ces détails. Nous devons agir de manière neutre et ne pas prendre en compte les éléments externes à cette autopsie. Nous ne cherchons rien, et tout à la fois. Et si pour ça, on doit le dépecer, le désosser, prélever ses organes et extraire sa moelle osseuse, ça se fera.

Peut être était-ce du zèle, sachant que si, de toute manière, ils ne trouvaient rien, cela prouverait bien que le cadavre soit victime du kemethi, mais Eidrich n'aime pas le travail à moitié fait. Si le cadavre finira exposé dans les bocaux pour prouver cela, qu'il en soit ainsi. La prochaine fois, le Prieuré sera peut être plus précis dans ces demandes.

Eidrich senti sa tension monter et la colère le gagna peu à peu. Peut être était-ce dû au fait qu'il n'avait pas mangé depuis longtemps ou qu'il étais las de la tournure que prenaient les choses. Quoi qu'il en soit, il respira un coup et garda son calme.
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Wilhelm Zolt
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MessageSujet: Re: Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)   Dim 17 Juin - 1:56

Wilhelm Zolt observe le cadavre disposé sous ses yeux, écoutant d'une oreille attentive les informations dont dispose le Directeur de l'Apothicariat. Le questionnement du jeune alchimiste est pertinent, mais inutile, et caractéristique d'un manque de connaissance médicale... Ou d'analyse de cadavres, le Légiste ne sait pas se positionner. Il ne peut pas lui en vouloir, qui le pourrait ? Tout le personnel de l'Aphotichariat n'est pas familier avec la mort, et les effets des diverses réactions du corps après le trépas. Zolt se fait la réflexion qu'après cette autopsie, il faudra qu'il propose au Directeur des cours d'autopsie, ça pourrait être utile.

La suffocation est écartée dès lors que l'on pose le regard sur le corps, les muscles respiratoires supérieurs ne sont pas tendus, les extrémités ne sont pas violettes, preuve du manque d'oxygène, et... Le Docteur, négligemment, relève les paupières de l'homme, comme pour vérifier un détail... Blanche. L'homme présent n'a pas suffoqué, du moins en apparence.

Les preuves que le trio de cerveaux trouvera en dépeçant ce cadavre peuvent être nombreuses, ou tout le contraire, et prouver tout et l'inverse. Un même signe pouvant s’apparenter à diverses pathologies il faudra faire preuve de logique et de déduction pour comprendre le pourquoi du comment de la mort de cet homme.

Le discours du Directeur laisse le Légiste pensif, trois personnes mortes en même temps, après qu'un homme ait gesticulé dans la rue ? Un signal pour un passage à l'acte peut-être... ?

Wilhelm Zolt s'empresse de se placer sur le côté de la table d'autopsie, saisissant les épaules et les hanches du cadavre présent sur la table, avant de le faire basculer sur le côté, observant ainsi le dos de la victime.

"Comme nous pouvons le voir, pas de traces de coups, d'entailles, de griffures, de piqures. Les gesticulations de notre Keméthi ne sont donc pas un signal pour un éventuel complice qui aurait agi à l'insu de tous..."

Alors que le Légiste manipule à nouveau le cadavre pour allonger la victime sur le marbre de la table il hausse un sourcil. Saisissant le poignet du mort, Wilhelm Zolt remonte celui-ci afin de redresser le bras, semble-t-il sans forcer. Après avoir redresser le bras à hauteur d'épaule, le Docteur en blouse blanche lâche le poignet, qui retombe mollement, dans un bruit mat sur la table de dissection.

Souriant largement, le Légiste s'empresse d'effectuer le même test auprès des autres membres, avant de se poster au niveau de la tête de la victime, saisissant le crâne à deux mains, avant de manipuler celui-ci rapidement, sans aucune résistance semble-t-il.

"Humpf." Le docteur remonte ses lunettes, inspectant à nouveau le cadavre présent dans la salle d'autopsie. "La mort est très récente. J'oserais presque dire que le cadavre est frais, mais il est encore tiède." Le Légiste s'accorde un léger rire, l'humour et le théâtre, ses deux moyens de ne pas perdre la tête, alors qu'il s'apprête à ouvrir celle d'un innocent.

"Il se peut même surement que l'homme soit décédé en arrivant ici."

Observant les deux hommes, le Légiste déclame calmement, comme une vérité inaltérable, et ne pouvant être remise en cause.

"Du moins, c'est ce que laisse supposer l'aspect extérieur du corps." Méthodiquement, par la démonstration, le Légiste avance ce qui lui permet de poser son diagnostic.

"Aucune rigidité cadavérique, le corps est encore tiède et..." Wilhelm Zolt pointe du doigt les endroits où il a saisi le cadavre. "Les points de pression sont visibles et ont une bonne rémission. Tout ceci me laisse perplexe."
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Un meurtre presque parfait. (Pv Sigmund, Eidrich)
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