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 Vous êtes perdu. [Wilhelm]

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Vous êtes perdu. [Wilhelm]   Mer 9 Mai - 23:15

J'avais le choix entre éplucher un cadavre et surveiller un événement mondain quelconque. J'ai choisi le cadavre direct. Faire le guet à des petites fêtes c'est très pénible, ils y foutent juste un sorcier ou deux pour faire bien parce que c'est des gens riches, voilà. C'est la seule petite pointe de rébellion en mode « ils se font quand même pas chier, ces pourris » que j'ai jamais eu de ma vie, mais c'est parce que ça me touche personnellement. On se fait balader de la bonne nourriture sous le nez toute la soirée et on est enfermé avec plein de monde, même la pire scène de crime est moins oppressante que ça.

Enfin là c'est pas une scène de crime proprement dit, c'est la morgue de la caserne Ouest. On allait pas laisser le cadavre dans le fossé en attendant le légiste, ça fait désordre. Maintenant ça arrive de temps en temps, de demander à un mec de l'Apothicariat de venir voir un mort. C'est tout récent. Quand je suis rentré dans le métier on ne le faisait jamais.

Quelqu'un a demandé à un novice qui traînait là d'aller chercher le Docteur (ils servent à ça). Le macchabée a été trouvé il y a douze heures, mais il a fallu le temps qu'on comprenne que c'était compliqué et important, tout ça. Il a fallu le temps que je vienne, aussi – mais quand on utilise la magie pour se téléporter par petits bonds d'une dizaine de mètres ce n'est pas très long. Je suis allé voir d'abord où le type a été trouvé. Près du chantier naval, dans la fosse pleine de détritus le long des docks. C'est pas là qu'il est mort, il a été déplacé après coup pour nous faire perdre du temps. En réalité il est passé de l'autre coté près de la maison des Navigateurs, la sacoche pleine de registres importants. Qu'il s'est fait fauché, évidemment. Donc voilà, tu auras compris que c'est moins le mec mort que ce qu'il transportait qui nous préoccupe. Tout un planning pour cambrioleur consciencieux, avec l'emplacement de tous les trucs de valeurs qui ont circulé en bateau ces deux derniers mois. C'est embêtant.

Je me suis vite pointé à la morgue, pour le prix d'une brûlure au bras – parce que pour me téléporter je dois avoir mal, c'est le prix à payer, moi aussi j'aimerais bien que ça soit « la magie des rêves et des câlins », mais non ça s'appelle « la magie de la douleur », on est chez des gens sérieux. La morgue ressemble bah... à un endroit pour entreposer les cadavres qui encombrent. C'est à la cave – pour le frais – et il y a des tas de tables. Pas de casier avec des couloirs coulissants – on en est pas à ce genre sophistication. Ça pue les produits chimiques et la mort – la ventilation est d'époque aussi. C'est pas prévu pour les scientifiques, donc il n'y a pas spécialement de matériel adapté. Cette pièce existe à la base parce que des mecs crevés sur la voie publique ça fait crado. C'est en attendant que la famille réclame, si elle daigne venir. Il n'y a pas que les meurtres dans la vie, il y a les suicides, les accidents. On a un beau noyé tout frais péché du jour, dans un coin – c'est surtout lui l'odeur. Un enfant qui semble avoir eu le visage à moitié mangé par un chien. Deux autres qui sont juste bah... morts et pourris de partout. C'est dur à dire au bout d'un moment.

Pour le cadavre qui nous intéresse, il est tout nu sur une table devant moi. Entre deux âges, brun, un peu moisi. On sait même pas comment il est mort. Pas de blessure. Évidemment on fait pas de la science ici, on est des gens vulgaires, mais si il avait eu la bouche tout verte ou un truc comme ça on aurait quand même su quoi dire. Là il est juste mort de rien pile quand il se baladait avec un truc important sur lui.
Et puis ben... j'attends le docteur. Je reste ici parce que ça va me mettre mal à l'aise de remonter avec les autres. Ils me foutent les foies les prieurs normaux. Que les gens du dehors me trouvent bizarre je m'en fiche, mais quand c'est des mecs du même camp c'est dérangeant. Genre s'automutiler c'est aller un peu loin dans le fanatisme religieux. Oh là là. Mais bref. Après un moment à m'ennuyer tout seul au milieu des morts, le docteur arrive.

- Ah euh bonjour monsieur euh... Zolt.

Je lui sers le malaise habituel. Je suis obligé de parler à des gens de temps en temps mais c'est vraiment pas le domaine où j'excelle. J'aimerais plutôt rester dans mon coin au Fort et expliquer la magie à des gens dans le même délire. Je ne me souviens plus si j'ai déjà vu ce docteur là ou pas. J'en croise des tas.

- Le gamin vous a dit d'amener du matériel ? Il n'y a rien ici, à chaque fois on doit faire des aller-et-retour... enfin bref. C'est celui là.

Je lui pointe du doigt le gars. Moi je suis là pour écouter ce qu'il découvre et répondre à ses questions. On m'a pas dit de faire d'exposé au début. J'en fait un ? Il va peut être me répondre qu'il est déjà au courant. D'un ton méprisant.

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Wilhelm Zolt
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MessageSujet: Re: Vous êtes perdu. [Wilhelm]   Jeu 10 Mai - 16:12

Les lueurs du jour épousent l’horizon, nimbant dans un kaléidoscope de rouge, d’orange et de jaune la ligne séparant le ciel de la mer, quelques nuages offrent leurs formes arrondies à ce déluge couleur feu, à l’apparence de ce que certains fous auraient pu nommer « la fin du monde ». Les pavés de la ville sont encore bondés, le début de soirée est une période charnière dans toutes les cités, et le Docteur maudit intérieurement le Prieuré de le faire venir à cette heure : il déteste la foule.

Le novice était arrivé un peu plus tôt, toujours le même charabia pour les mêmes problèmes. On avait trouvé un cadavre, et les signes n’étaient pas suffisamment visibles pour permettre aux membres de cette élite de combattants et de croyants de réussir à poser un diagnostic.

Dit d’une manière moins polie, ces gens sont trop occupés à prier et à s’entraîner pour comprendre les rudiments du fonctionnement de leur propre corps. Un état de fait qui désole le docteur, bien que lui permettant un avantage secondaire plutôt agréable, il a en effet accès à bon nombre des cadavres apparaissant chaque jour dans la cité.

Les Légistes n’étant pas légion, les allers-retours que Zolt effectue entre l’Apothicariat, sa salle de dissection, et les différentes casernes où se trouvent des morgues sont nombreux. Il a d’ailleurs investi dans de nouveaux mocassins récemment, plus confortables, facilitant ainsi la marche sur les pavés de la rue qu’il arpente d’un pas vif, sa mallette fermement tenue dans sa main droite.

Alors que celle-ci percute, dans la précipitation toute relative de sa marche, sa jambe, le Légiste peste une fois de plus intérieurement contre celui qui l’a fait venir. Allons ! Il n’est pas compliqué d’expliquer un meurtre, le corps humain n’est qu’un alliage d’organes, d’os, nerfs et autres tendons, permettant à l’ensemble de tenir debout et de réaliser des projets plus ou moins ambitieux.

Dans cette mallette, le nécessaire du Docteur pour son travail du jour. Scalpels, pinces, ciseaux, écarteurs, scies… Une bagatelle d’outils avec quelques linges propres et une bouteille d’eau. Le tout pèse son poids, à n’en point douter, mais le Légiste apprécie cette charge relativement lourde. Il ne pratique pas d’activité physique comme les soldats et autres mercenaires, mais il doit avouer que toutes ces balades le maintiennent en forme.

Redressant ses lunettes, Wilhelm Zolt arrive au niveau de la caserne Ouest. Rapidement on lui indique le chemin, sa blouse blanche ne laissant guère place au doute. Le médecin s’avance, satisfait de ce petit effet que l’habit offre sur les gens. Il s’accorde un maigre relent d’autosatisfaction personnelle, avant de secouer la tête, arrivant devant les portes de la cave, il a bien évidemment subi les regards interrogateurs de certains, voire craintifs. L’étiquette de l’Apothicariat lui colle à la peau après tout.

Pénétrant dans la morgue, le Docteur repère rapidement le Prieur présent, avant de poser son regard sur les morts exposés dans la salle.

« - Ah euh bonjour monsieur euh... Zolt. »

Le Docteur accorde un signe de tête à l’homme présent, le respect est la base des rapports sociaux semble-t-il. L’uniforme ne trompe pas le légiste sur l’identité de la personne qu’il a en face de lui. Il faudra faire preuve de professionnalisme dans son expertise, et d’une prudence quant aux termes utilisés. Les exécutants sont toujours bas de plafond lorsque l’on parle de science médicale.

« - Le gamin vous a dit d'amener du matériel ? Il n'y a rien ici, à chaque fois on doit faire des aller-et-retour... enfin bref. C'est celui-là. »

Non le gamin n’a rien dit. Mais le Légiste a l’habitude depuis le temps. Dans un geste qui semblerait être théâtral, à raison, il pose sa mallette sur un petit chariot qui traîne dans la pièce, sûrement prévu à cet effet, et l’approche de la table sur laquelle repose le mort.

Au vu de l’état, le décès remonte déjà à plusieurs heures, ce qui arrache au Docteur une moue désapprobatrice. L’étude de cadavre fraîchement découvert… Un exercice rare de nos jours.

Ouvrant sa mallette, le Wilhelm Zolt saisit un scalpel de grande taille, s’approchant d’un homme entre deux-âges, brun. A sa musculature il doit s’agir d’un ouvrier, le tain halé de sa peau laisse présager un paysan ? Ou un homme travaillant au port peut-être ? Qui sait.

-Enchanté mon brave ! Wilhelm Zolt, Légiste de l’Apothicariat. Je suis ici car l’on ne sait pas comment vous êtes mort…

Son ton redescend dans les grave à la fin de sa phrase, comme un reproche silencieux aux instances qui l’ont fait se déplacer ? Ou un mince espoir de curiosité scientifique, espérant peut-être avoir face à lui quelque chose de nouveau… ?

Silence. Le Légiste hausse les épaules, bien évidemment qu’un cadavre ne parle pas, et cette phrase de présentation est tout autant adressée au macchabée qu’au membre du Prieuré face à lui, du moins en apparence. Le visage du Docteur s’illumine d’un grand sourire radieux, alors que la lame plonge et coupe dans un geste ample. La table change de couleur rapidement, alors que le docteur met à nu son simple diagnostique, d’un ton ne souffrant aucun critique.

- Oh. Et bien mon cher, la chute a été dure. 

Saisissant la scie à os présente dans sa mallette, le Légiste commence sa dissection dans la rythmique morbide et sonore d’une lame ripant et coupant une matière dont la vocation est de rester en place, et non d’être torturée de cette manière barbare. La table déborde désormais d’un liquide ressemblant à de la confiture de myrtille bien trop mure, alors que le Légiste, soufflant par le nez sous l’effort, plonge les mains dans un mélange de sang et d’organes transformés en une mixture poisseuse, écartant les os qu’il vient de trancher pour mettre à nue le haut du buste du cadavre.

Pointant la zone de son scalpel.

-Nous avons ici, et là, les restes des poumons semble-t-il… Et là…

Le Docteur plonge la main dans la mixture, dans un bruit de succion ressemblant à s’y méprendre à celui que l’on produit lorsque l’on retire sa botte d’une boue trop grasse.

-Là le cœur. Je pencherai pour un choc parfait. Notre homme est tombé de haut, parfaitement à plat sur le sol. L’enveloppe corporelle n’a pas était dérangée. Comme l’on peut le voir, mais l’intérieur…

Le Légiste pointe la bouillie d’organes et de sang, souriant comme s’il exposait une œuvre de maître. Son ton est morne, presque blasé, mais professionnel, toujours. Les chocs parfaits sont rares, le résultat toujours surprenant, et le médecin se régale toujours autant de l’effet que provoque la mise à nue d’un corps humain sur les spectateurs de son art. Les visages palissent, les yeux tournent, et même parfois, les ventres se soulèvent.

-Étonnant cependant que les os n’aient pas subi le même traitement. C’est une curiosité…

Pour la première fois depuis qu’il est entrée dans cette pièce, le Légiste pose son regard sur l’homme du Prieuré, haussant légèrement les sourcils, les lèvres finement rehaussées en un sourire de circonstance. Wilhelm Zolt se redresse alors, posant la question par laquelle il aurait dû commencer son analyse, celle-ci pouvant tout remettre en cause.

-Vous l’avez trouvé où ?
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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Re: Vous êtes perdu. [Wilhelm]   Mar 12 Juin - 7:22

Le légiste dit bonjour au cadavre, se présente à lui, et commence son petit travail de bricolage. Les scientifiques, tout ça, c'est un peu un autre monde, alors j'imagine que c'est un comportement normal. Ils font des trucs difficiles, faut pas leur en vouloir.
Le mec se met à ouvrir le sternum du cadavre à la tenaille, après avoir fait une belle incision en Y sur son torse. Ce n'est pas la première fois que je vois ça mais mon avis reste le même. C'est dégueu. J'aimerais pas qu'on me profane comme ça, même si j'étais mort. Moi quand je tombe sur un macchabée, au pire je le retourne du bout de la botte, mais ça reste respectueux dans l'approche. Je fais pas de l'épluchage avec des outils pour tailler les haies.

Bon d'accord moi je torture des gens. Mais ils sont vivants, donc utiles. J'ai déjà constaté les effets du trifouillage de charogne, elle nous a déjà aidé pour des trucs, mais je te jure que ça demande une sacrée souplesse mentale au Prieur moyen pour y croire quand même. J'ai quelques connaissances en anatomie mais, comment dire, elles n'ont aucun intérêt d'un point de vue scientifique. C'est plutôt point de vue meurtre et souffrance que ça me parle. Je sais qu'il y a un très très long tuyau dans le bas du ventre qui pue la merde quand on le perce – et souvent ça coule partout. Je sais arrêter de tabasser quelqu'un avant qu'il meurt – avec un petit taux d'échec quand même. Je sais aussi que quand un corps fait une trop longue chute, il a tendance à avoir les bras et les jambes en bordel. Ce qui n'est pas le cas ici.

Je me hausse sur mes orteils pour regarder ce que le médecin fait. Je n'ose pas trop m'approcher. Ils sont très sensibles les scientifiques. Une fois il y en a un qui m'a giflé quand j'étais novice parce que j'ai déplacé un flacon. Un flacon de quoi ? Je ne sais pas, c'était transparent, j'ai dû me dire sur le moment que ça encombrait et que ce n'étais pas grave si on le déplaçait. Enfin j'en ai gardé un respect légèrement saupoudré de terreur. C'était une très bonne gifle. Une main de bonhomme, l'élan bien dosé. Mais bref. Je suis un grand maintenant. J'ai même carrément l'âge d'avoir des trucs comme de l'arthrose ou une prostatite (quoique ça veuille dire). Mais quand même.

Quand même, ce toubib il ne parle que au cadavre et c'est perturbant. Enfin ça me laisse me concentrer pour prendre des notes. Comme j'ai déjà dit, l'alphabétisation c'est arrivé tard dans ma vie et écrire me demande beaucoup de concentration (stade « je tire la langue »). Là, je bloque sur la formulation la plus adéquat pour dire « il est tout en bouillie crado à l'intérieur ». Le toubib donne trop de détail, les détails je m'en fiche (et surtout : l'orthographe des-dits détails est épineuse). En plus y a pas de table. Sois j'écris en appuyant la feuille sur le mur – qui n'est pas régulier – sois sur la table d'examen du gamin qui s'est fait manger par le chien et elle est trop basse pour moi. En plus d'être sale. A chaque fois que je viens ici j'ai toujours le même putain de problème et je pense jamais à descendre une putain de table. Quand je te dis que tout ce qui est à l'extérieur du Fort est oppressant !
Et puis je remarque que le scientifique me regarde avec insistance, les mains enfoncées jusqu'aux poignets dans la cage thoracique d'un être humain.

- Hein ? De quoi ? Moi ? … ah euh pardon comme vous parliez avec euh... enfin, c'était quoi la question ?

Comme mon cerveau s'est mis à automatiquement ignorer les petites remarques qu'il fait au cadavre de temps en temps pour se concentrer sur les vraies problèmes (comme : combien de l et de p dans « enveloppe »?), j'écoutais pas. Voilà. J'enlève mes lunettes pour me masser le coin des yeux avec l'index et le pouce.

- Oui hm... vraiment désolé. Et puis bin en fait on l'a trouvé dans un fossé, mais il lui est probablement arrivé une bricole devant la maison des Navigateurs – parce que c'est de là qu'il venait en fait avant de mourir j'ai oublié de le dire enfin voilà – parce qu'on a retrouvé une de ses grô... enfin chaussures, je veux dire chaussure, et une de ses molaires sur la pelouse devant.

Je suis du genre à pas savoir raconter les blagues, il n'y a pas de raison pour que ça marche mieux avec les meurtres. Mais j'ai pas de complexe à avoir. Je suis avec un éplucheur de cadavre qui parle tout seul. Enfin c'est ce que j'essaye de me dire pour ne pas me tirer une balle dans la bouche immédiatement.

- Je n'ai pas trop compris pourquoi... pourquoi il est dans cet état, quoi.

Il a marmonné un truc genre « choc parfait », et ça ne me parle pas comme cause de la mort. J'ai besoin qu'on m'explique les choses.

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Wilhelm Zolt
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MessageSujet: Re: Vous êtes perdu. [Wilhelm]   Jeu 28 Juin - 16:30

« Devant la maison des Navigateurs, car vous avez trouvé une de ses grôles et une de ses molaires devant ? » Le Légiste hausse un sourcil à cette annonce, retirant ses mains de la bouillie d’organes et de fluides tenant désormais lieu de cage thoracique à ce pauvre homme, pour lui ouvrir la bouche dans un craquement osseux sonore.

L’énervement gagne Wilhelm Zolt, une précipitation digne d’un jeune étudiant lui cause le tort de passer à côté de preuves évidentes, et cette comparaison lui arrache un sursaut d’humeur. « Les assassins ne jettent plus les cadavres dans le fleuve ? Mais où allons-nous ! »

Le Docteur observe la dentition de l’homme et repère en effet plusieurs dents manquantes. L’hygiène buccale déplorable du cadavre autrefois vivant pourrait en être la cause, mais certaines dents sont trop entamées pour que cela semble naturel à l’expert des morts. Ou à quiconque ayant l’habitude de regarder des dents.

« Humpf, rigidité cadavérique… Laissez-vous faire par la Ville ! » Le Docteur n’aime pas que son premier diagnostic soit réfuté par quelques preuves et une situation géographique. Les bâtiments du secteur portuaire bordent le fleuve, pourquoi ne pas simplement jeter le cadavre et pourquoi le déplacer ? Un message ? Et comment cette bouillie a pu se retrouver ici ? Un poison ?

La suspicion du message se fraye un chemin dans les méninges du Légiste, les Oisillons ne sont pas connus pour leur finesse dans certains quartiers, une affaire du monde souterrain donc ? Le Docteur fronce les sourcils et redresse ses lunettes du dos de la main, avant de saisir le macchabé par le côté et de le renverser, observant son dos.

« Hum... » L’intense réflexion du Légiste n’est pas troublée par l’écoulement en flot des restes d’organes et d’os du cadavre, débordant de la table pour venir recouvrir le sol du liquide carmin, tachant ses bottes sans que cela ne semble l’affecter, pour l’instant, et colorant la blouse blanche immaculée du Docteur du rouge si caractéristique de l’hémoglobine, le tout dans un bruit de succion infecte.

Le trou béant du thorax n’est désormais plus habité que par quelques organes partiellement intacts, le plus fragile s’étant étalé sur le sol. L’odeur de la mort se fait sentir, ce qui arrache un mince tressautement des lèvres du Légiste. L’on ne pourrait pas dire que cette odeur lui manque, Wilhelm Zolt ne minimise pas la mort au point de souhaiter en sentir les effluves, mais les vapeurs d’hémoglobine couplée à une nuance plus subtile ne sont pas désagréables pour les narines du médecin.

« Pas de marques visibles sur la peau. Sinon d’anciennes cicatrices dues au travail et à une vie d’ouvrier. » Tout ceci questionne le médecin. Et bien qu’il se soit trompé, Wilhelm Zolt sent poindre le frémissement léger de l’excitation des nouvelles affaires. Trouver les causes d’une mort peut désormais se résumer en un jeu pour le Légiste. Un jeu de cache-cache entre lui et l’assassin.

« Dites-moi mon brave ? Pouvez-vous me passer une balance je vous prie ? Nous allons observer le cerveau de ce charmant jeune homme. » L’homme adresse un regard au seul homme vivant dans cette pièce à part lui, s’assurant que celui-ci a bien compris sa demande, avant de se tourner à nouveau vers le cadavre, saisissant un scalpel et une scie.

Le légiste laisse retomber le cadavre sur le marbre, exposé poitrine ouverte, dans un « splotch » épais, alors qu’il s’avance en direction du haut de la table, se postant au-dessus de la tête du macchabé ainsi présent. La lame trace ainsi un long sillon rouge le long du crâne, avant que le Légiste ne saisisse le scalp ainsi coupé pour le retourner sur la face du mort, dans un bruit d’escalope flasque.

Saisissant la scie, le Docteur observe le Prieur, un sourire aux lèvres, essayant d’être plus avenant que moqueur dans sa phrase, au vu de l’âge de l’homme lui faisant face.

« C’est souvent à ce moment que vous tournez de l’œil. Évitez de tomber tête la première, je m’en voudrais de devoir vous faire la même chose. »

La scie entre en mouvement, le crissement de l’acier sur l’os raisonnant dans la salle, suivie par les tressautements d’un os tombant sur les pavés.
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MessageSujet: Re: Vous êtes perdu. [Wilhelm]   Jeu 28 Juin - 19:05

J'ai haussé les épaules l'air de dire « vous me prenez pour qui » quand il m'a conseillé de m'évanouir en arrière, mais en vrai j'ai reculé d'un pas. Ça arrive à tout le monde, pas forcément de façon prévisible. Et puis je viens d'assister à un épluchage consciencieux de tous les organes du gars, j'avoue que je commence à me sentir fragile. L'odeur, surtout. Bordel. Entre ça et le noyé je grimace pas mal. Je dois avoir le teint un peu vert. Ça dure pas aussi longtemps d'habitude non ? Le macchabée est quasiment vide, avec tous les morceaux dehors. Ça doit faire une heure que je suis là dedans à prendre des notes. En plus il est pas délicat l'autre, ça porte malheur de se mettre à parler d'évanouissement comme ça.

Le Légiste sort une scie. Elle est plus courte que le modèle courant, et plus épaisse. Il s'attaque au crâne. C'est absolument dérangeant et dégueulasse, mais je ne m'évanouis pas. Je reste stoïque et professionnel (même si quelques fois je mets ma main devant ma bouche pour étouffer des rôts de mauvais augure). Les fois d'avant, ils n'avaient pas fait ça non plus. Enfin, j'en ai déjà vu des trucs dégueulasses dans ma vie, type « meurtre à la bétonnière ». Ça allait ('fin je dis pas qu'il y a pas eu une ou deux galettes les premières fois). J'aurais plutôt tendance à avoir des réactions disproportionnées devant des violences sexuelles ou... ouais, hein, on va changer de sujet. Tant que le toubib se met pas à éclater le fion du mort, ça devrait aller.

Un crâne, c'est du solide, ça ne se scie pas comme une planche d'agglo. J'imagine que les autres Prieurs se sont évanouis sur la durée. Putain, que c'est long. J'essaye de penser à des trucs apaisants comme ma cellule au Fort, le bruit de la mer, n'importe quoi. Le monde semble parfois très vide niveau relaxation quand on en aurait besoin.

- Ah mais du coup la balance c'est pour lui peser le... oh bordel.

Il va lui retirer le cerveau avec ses petites mimines. Il veut pas juste regarder. Déjà quand le « couvercle » est tombé par terre à la fin c'était... disons qu'il y a de quoi se mettre à s'ébahir à voix haute. Putain ce pauvre macchabée, j'ai jamais vu un mec se faire éplucher aussi fort. J'hésite franchement à ranger ça dans la catégorie des sévices sexuels là. En même temps, ça a un coté très propre, très précis. Je crois que c'est ça le plus dérangeant.
Je cherche un quelconque récipient du regard.

- Non mais franchement si vous mettez les mains aussi... oh ben tiens, voilà un seau. Vous en avez pas un où y a pas de...

On ne saura jamais ce qu'il y avait dans ce premier seau, si c'était utile ou non, parce que j'ai vomi par dessus. Perte sèche de virilité sur ce coup là. Et va trouver une serviette propre dans ce bordel. J'espère qu'on est bien bien renseigné maintenant. Le légiste sait se tenir, mais j'ose pas trop croiser son regard à ce moment là. D'autant que j'ai probablement toutes les veines des yeux qui ont éclaté. C'est vraiment merveilleux la science.

- Bon alors c'était instructif ?

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Wilhelm Zolt
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MessageSujet: Re: Vous êtes perdu. [Wilhelm]   Dim 15 Juil - 23:51

Entendre un Prieur vomir alors que Zolt est en train de réaliser son Art a toujours pour le Légiste une saveur particulière. Bien que ceux-ci soient très proches de la douleur, voir ses instruments naviguer et éplucher un corps humain doit avoir sur eux un certain effet. L’examen du cerveau de la victime est souvent inutile, à part pour les gros chocs, et pour essayer d’en récupérer les yeux, mais l’ouverture de la boîte crânienne n’explique pas grand-chose dans les temps qui courent. Les lésions cérébrales sont souvent expliquées bien avant d’ouvrir la coquille…

Mais tout ceci a toujours son petit effet, et Zolt s’en contente tout à fait. Se redressant, le Légiste offre au Prieur un sourire désolé, avant de secouer la tête.

« Non, rien de récupérable et d’intéressant dans cette charmante tête. Sauf si vous aimez la cervelle, bien sûr ! Vous pouvez toujours le prendre pour le cuisiner. » Le Docteur hausse les épaules. Pourquoi pas ? Il doit bien y avoir en ville des gens pour réaliser ce genre de… Choses ? Excelsa est énorme après tout.

« Mais passons. La réponse se trouve dans les restes du ventre de notre ami ici présent. »

Le Docteur plonge les mains dans le bruit de succion correspondant à celui avec lequel l’on retire sa botte d’une boue bien trop collante. La salle s’emplit de l’odeur d’une mort violente, et non naturelle, l’hémoglobine pourrie et coagulée se mêle à un liquide collant et poisseux, s’écoulant en goutte à goutte régulier sur le planché de la morgue.

D’un coup sec, le Légiste sectionne deux tubes et retire une masse difforme de l’amas de chair trônant sur la table. Sa blouse blanche, immaculée, s’est nimbée d’un liquide carmin et de divers fluides, le tout donnant au Docteur un aspect fort peu ragoutant, alors que ses mains, jusqu’aux coudes, luisent d’un sang coagulé tandis qu’il tend, en se retournant vers l’homme du Prieuré, ce qui ressemble aux restes d’un estomac.

« Vous avez affaire là, mon brave, à un poison très rare dans notre noble Ville, celui-ci dissous les chairs. » Il pointe de son scalpel le trou béant dans les parois de l’organe « L’on a empoisonné ce pauvre homme, à n’en point douter. Pour qui ? Pourquoi ? C’est à vous de la savoir… Voilà ce que je peux dire pour l’instant. »

Il est regrettable de voir que le corps, à cause du poison, est dans un état déplorable, aucun échantillon n’est récupérable pour l’Apothicariat. Ce qui désole d’avantage Wilhelm Zolt. La soirée ne s’annonce pas prolifique pour le Légiste.

« Un tel poison n’est réalisable que suite à l’obtention de nombreux composants fort chers il me semble… Mais je ne verse pas dans les trav… Dans l’alchimie. » Inutile de dire au prieur ce qu’il pense de cette branche de l’Apothicariat. Zolt n’y croit pas, et il n’envisage pas d’y croire de si tôt.

Déposant l’estomac sur la table d’autopsie, le Docteur saisit son scalpel et commence à lentement ouvrir les restes, étalant le tout, avant de saisir un mince récipient en verre et d’y verser un liquide épais et marron. Après avoir récuré l’estomac de la victime, Zolt tend la mince fiole au Prieur, souriant.

« Voici les restes du poison que j’ai pu avoir en récurant l’estomac de la victime, comme vous venez le de voir. » Le Légiste hausse les épaules, se frottant les mains, étalant par la même les restes de sang séché présent sur celles-ci.
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MessageSujet: Re: Vous êtes perdu. [Wilhelm]   Dim 29 Juil - 12:57

Le Légiste ne s'émeut pas de me voir vomir, il a l'air de trouver ça amusant en fait. Et pas de serviette en vue. Pendant qu'il est occupé avec ses trucs machins, j'utilise la technique usuelle pour ce genre de cas : m'essuyer la bouche avec ma manche. Franchement, y a rien ici que j'ai envie de porter à mon visage. Même en ne touchant rien dans la pièce je me sens poisseux et sale. C'est l'odeur. Elle est très envahissante. Je sens des miasmes de cadavres me remonter les sinus, limite. Probablement que ça va aller pourrir jusque dans mon cerveau, avec les quelques miettes de vomi qui sont aussi remontées par là. Je déteste la science, en fait. Je m'en étais jamais rendu compte mais là ça me semble frappé au coin du bon sens comme raisonnement.

Et euh... hein ? Quoi ? Ah oui, la raison de ma présence. La cause de la mort. Du poison qui dissout le bide ? Ouuuuh, vilain. Je suis pas médecin, mais j'ai bien remarqué que se faire ouvrir les boyaux ça donne une mort longue, douloureuse, qui sent très fort la merde et le vomi.
Le Légiste me rempli une petite fiole de substance dégueu. J'aimerais pas prendre l'apéro chez lui (si je sortais prendre l'apéro quelque part, évidemment). Qu'est ce que je vais foutre de ça maintenant ? J'ai juste un porte document en cuir pour les papiers et le crayon. Je prends un bout de feuille qui sert à rien, j'emballe le flacon glauque dedans en la chiffonnant autour, puis je range ça avec répugnance dans la bourse qui me sert à mettre mon matériel religieux à la valeur spirituelle inestimable. Merci bien. Et quel intérêt ? Un autre scientifique va regarder cette mixture avec des appareils ridicules en faisant « ouh là là que je m'amuse » ? J'aurais mieux fait de vivre à l'époque où la Ville c'était un fort en bois avec des cabanes en bouse construites autour, j'aurais pas vomi.

- Et, du coup, y a un mec qui a balancé son cadavre par le toit ? Ou bien il était encore vivant et il aurait pu se suicider à cause de la douleur ? Vous l'avez probablement déjà dit mais euh... on a du mal avec toutes ces nouvelles méthodes, quand même.

Et il faut dire que « ces nouvelles méthodes », c'est frère Izei avec une feuille et un crayon qui tire la langue de concentration en écrivant. Y en a qui s'en tirent mieux, avec la science, les enquêtes, les reconstitutions minutieuses des faits, mais moi j'ai beaucoup de mal à suivre les histoires où un toubib arrive à te dire si un mec était gaucher ou droitier en lui regardant les entrailles. Mais ça serait quand même pratique de savoir si il y avait obligatoirement un assassin sur place ou pas.

- Et le poison, vous avez vraiment pas quelques idées de l'endroit où ça se trouve ? Y a pas des bidons de saloperie comme ça qui traînent à l'Apothicariat quand même ?!

Le niveau de langue a vachement baissé depuis le début, mais on m'en demande beaucoup trop.

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Wilhelm Zolt
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MessageSujet: Re: Vous êtes perdu. [Wilhelm]   Ven 3 Aoû - 21:19

« Oh oui. Le toit »

Zolt réfléchis en observant le cadavre. Il est vrai que les prieurs aiment savoir l’ordre des faits. Seulement obtenir la cause de la mort n’est guère suffisante la plupart du temps. Pour interroger les témoins, faire une enquête…Le légiste ne cherche jamais trop à connaître le pourquoi du comment des affaires. On l’appelle, il arrive avec sa mallette, ouvre les corps, et généralement pose un diagnostic qui est bon. Avec un taux d’échec de 0,01 % mine de rien.

Cette affaire de cadavre découvert en petit morceau… L’état des membres n’a jamais permis au Docteur de savoir le pourquoi du comment… Sale affaire.

Loin de celle-ci bien entendu. Le poison n’est globalement pas difficile à réaliser. Quelques réactions chimiques en alliant les bons composants, et l’on obtient un acide suffisamment fort pour dissoudre les chairs, mais pas les conteneurs les plus basiques, comme le verre. L’homme a dû être empoisonné par une boisson. Pauvre gus. Crever en sirotant son verre de vin… Il n’y a plus de respect de nos jours.

Le légiste retourne avec rapidité le cadavre sur la table, le reste de ses entrailles encore intactes venant s’écouler lentement sur le marbre. À l'aide de son scalpel, une mine soucieuse sur le visage, Zolt ouvre lentement la colonne vertébrale du sujet, utilisant la cicatrice tracée dans le dos par les prieurs qui ont enquêté sur le meurtre, mettant à jour les os des vertèbres et les cassures, bien nettes, dues à la chute.

« Après. » De son scalpel l’homme en blouse blanche pointe du doigt le sillon sanglant qu’il a tracé dans la chair du cadavre.

« Comme vous pouvez le voir, les fractures n’ont pas provoqué d’hémorragie trop importante. Le cœur était donc déjà à l’arrêt lorsque le cadavre a été balancé du toit. Pour faire penser à un suicide je suppose . N’importe qui aurait supposé ça. »

Le légiste hausse les épaules, retournant le corps alors qu’il plonge les mains à l’intérieur, à la recherche d'organes encore intacts. « Mais je ne suis pas n’importe qui… Vous auriez une glacière ? »

Un rein, la vessie, ainsi que quelques os et muscles ont réussi à survivre à l’acide. Ainsi que tous les organes de la tête et de la sphère ORL, si l’on ne compte pas le larynx et l’œsophage… Bien sûr.« Je vais réaliser quelques prélèvements sur les organes présents. Je vais donc tout apporter à l’Apothicariat. Dans mon laboratoire je serais plus à l’aise pour faire de plus amples analyses. »

Le Légiste se redresse, souriant au Prieur, confiant dans son mensonge. Inutile pour lui de ramener des échantillons. Mais l’Apothicariat est toujours en manque d’organes. Et son projet piétine, il faut à Zolt davantage de matière à travailler.

« Pour répondre à votre question, mon chère. » Le Docteur redresse d’une main dégoulinante de sang séché ses lunettes, souriant froidement par la suite.

« Nous avons dans certains de nos laboratoires bien pire. Mais c’est pour ça que nous sommes payés. Comprendre et réguler la présence de telles choses au sein de la grande Ville. Ces bidons sont scellés, et aucuns ne manquent à ce jour. Mais vous devriez aller voir le Directeur si vous avez quelques doutes... »
L’homme hausse un sourcil, une question rhétorique : le Directeur est bien trop occupé pour s’occuper de pareilles affaires.

« Une personne avec de bons moyens peut réaliser ce poison. Les composants, bien que chère, ne sont pas hors de propos dans une ville comme la nôtre… Mais vous devriez vous rapprocher des industriels. Ça ressemble beaucoup à l’un des produits utilisés dans leurs batteries… »L’acide Sulfurique, grand amour des industriels dans la création des batteries, si facilement recyclable, si mortel…

Après ça, le Légiste range les organes prélevés dans une glacière, avant de s’avancer près du lavabo pour se laver les mains, avant de rincer puis ranger son matériel en silence.« Votre pauvre gus est bien trop amoché pour être reconstruit. Dites à la famille qu’il a disparu et brûlez le corps, ou que sais-je. Ce n’est pas le premier de la ville à disparaître. »

Et ça n’en sera pas le dernier… Mais le Légiste se garde bien d’énoncer pareille pensée, les disparitions dont l’Apothicariat est l’auteur ne sont guère reconnue dans la Ville. Des suspicions, des « on-dit »… Pourvu que ça dure.
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