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 C'est pas parce qu'on aime pas les gens qu'on doit aimer les chiens. [Dagmar]

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: C'est pas parce qu'on aime pas les gens qu'on doit aimer les chiens. [Dagmar]   Mer 11 Avr - 23:36

Je suis pas très à l'aise. C'était pourtant une bonne idée de donner rendez vous à Dagmar ici. C'est tranquille, les Oisillons ne le sauront jamais. Je connais le territoire comme ma poche. C'est normal j'y ai grandi. Ça a beaucoup changé au fil des années, mais on m'emmerde suffisamment avec des histoires de famille pour que je sois obligé de revenir régulièrement.

Tout le monde a été très surpris quand j'ai dit que je pouvais demander à un informateur qui a tué le convoyeur de fond. On ramait, on avait aucune piste, on en était au stade de lire des feuilles au hasard si jamais ça donnait une idée, voire de s'orienter au doigt mouillé pour trouver le coupable (c'est pas encore au point tout ce qui est police scientifique). La plupart des meurtres tu retrouves l'auteur trois pas plus loin avec un couteau à la main en train de marmonner tout seul. Ou alors c'est des gros cons que tout le monde connaît. C'est pas facile le meurtre de sang-froid, méthodique, sans trace. Ça arrive pas si souvent. Et y a vraiment un gros tas de fric qui a disparu. Pas bon ça.

Donc diverses personnes sont allé chercher au hasard le début de l'espoir d'une piste. Dont moi. J'en suis le premier surpris mais on ne peut pas tout résoudre avec la magie. J'ai pas de réseau d'informateur, je connais vaguement une personne que je sais occupée à nettoyer des scènes de crime. C'est pas techniquement interdit de déplacer un cadavre. Je crois pas. Tout le monde s'en bat les couilles en tout cas. Puis c'est payé une misère. Ça ne m'intéresse pas de faire la chasse aux petites mains de la mafia.

En fait, le problème avec les indic du modèle standard, c'est qu'ils me baladent complètement pendant la conversation. La plupart ont beaucoup trop de bagou, trop l'habitude de parler avec des Prieurs. Je ne contrôle rien. C'est pas comme des prisonniers complètement à ta merci.
Dagmar a l'avantage de ne pas me couler complètement. Elle parle comme un être humain normal, sans brailler.

Mais bon voilà du coup je me retrouve à la Ferme. C'est ça mon prétexte alors j'y suis allé. Mes parents sont morts, mais il y a encore deux de mes frères qui y vivent, avec leurs femmes, certains de leurs enfants et même les petits-enfants. Ils perpétuent la passion familiale : le fromage de brebis. Il faut aussi compter l'un ou l'autre des membres de ma fratrie qui vient de temps en temps squatter pour des prétextes lamentable, la belle-famille qui fait pareil, une cousine ou un neveu qui s'ajouter au reste comme un chat de gouttière et ça fait... ben ça.
Un cauchemar de tôle, de vieux morceaux de ferraille et de merde de moutons, architecture pure jus de l'ère industrielle. On ne discerne pas la maison originelle sous les extensions et les réparations successives. Les choses cassée sont simplement abandonnée devant, dans l'attente d'un recyclage en morceau de toit ou en jouet pour enfant. Parce que des enfants il n'y a que ça, partout. Ils font du bruit, ils sont sales, ils me sautent dessus. Un endroit hostile je te dis.

Bon je me plains beaucoup des épreuves horribles qu'on m'inflige. Genre sortir du Fort et parler à des inconnus. Mais c'est du pipi de chat face à l'ambiance délétère de la Ferme. Hm. Là je suis devant, les bottes dans une flaque de pisse de mouton, un quelconque membre de mon arbre généalogique est en train de se battre avec un corniaud pelé pour un morceau de nourriture et j'ai quarante six ans de névrose en travers de la gorge. Voilà tu vois l'ambiance.
Donc moi je ressens un mélange de dégoût et de crainte, pour des raisons qui demanderaient un divan et de longues heures devant toi pour que je te les explique, mais eux de leur coté ne sont pas très à l'aise non plus. J'ai pas un boulot qui se raconte bien. « Alors, on s'automutile toujours ?  » n'est pas une phrase que les gens aiment dire (sauf mes frères qui ont l'air de se nourrir de mes sentiments négatifs, dont le malaise). Je ne bois pas d'alcool, surtout pas le leur. Et puis je suis célibataire, je ne grimpe pas sur mes cousines comme un bonobo. Du coup je passe pour quelqu'un d'austère et glauque. C'est vrai, mais le voir dans les yeux de vingt personnes ça pique. Des fois je regarde tout ce petit monde là, je me demande ce qui serait arrivé si je n'étais pas allé au Fort et j'ai des pensées bizarres qui me donnent une légère envie d'aller me pendre à l'arbre derrière la réserve à bois. Ah oui c'est vrai ils l'ont coupé l'année dernière. Zut. Les arbres c'est pas ce qui manque mais est ce que j'aurais envie d'improviser en me baladant pour chercher une branche à la bonne hauteur, avec ma corde sous le bras ? Il faut se simplifier l'existence, peut être que... oui bon bref, courage fuyons. Chaque minute passée ici me fait régresser.

Je suis discipliné. Si je dis que je vais rendre visite à ma famille je le fais, vu que j'ai beaucoup trop peur d'eux pour couper les ponts, mais là j'ai eu un élan de dissidence. J'ai fait dire à Dagmar de me retrouver au château d'eau, du coup je fais demi tour et j'y vais directement. C'est un endroit qui m'oppresse légèrement moins que le reste. J'ai des souvenirs horribles partout. Je passe devant une ferme, une rue ou n'importe quoi, je me dis « tiens, c'est là que j'ai dit à une fille que je l'aimais bien et qu'elle m'a enfoncé la tête dans un seau de purin ». L'histoire de meurtre et de convoyeur de fond, elle me paraît loin, loin.

Je me suis entaillé la paume de la main pour pouvoir me téléporter. Ce n'est pas un excellent endroit, mais j'étais nerveux et pressé. Hors de question que j'y aille avec mes pieds, et que je croise des gens que je connais. Quelle horreur. C'est là que je regrette qu'on ait pas un uniforme gris ou quelque chose pour se camoufler quoi. Donc je suis arrivé en premier. Je ne me suis pas caché, c'est indigne d'un adulte de quarante six ans. J'ai juste euh... bin je me suis mis derrière, dans l'ombre. Mais c'était pour les coups de soleil. Ça fait mal un coup de soleil tu sais.

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MessageSujet: Re: C'est pas parce qu'on aime pas les gens qu'on doit aimer les chiens. [Dagmar]   Sam 14 Avr - 22:29

C'est pas parce qu'on aime pas les gens qu'on doit aimer les chiensFeat Izei
I made it through the darkest part of the night. And now I see the sunrise. Now I feel glorious, glorious. ( Macklemore → Glorious )
•••

Latifundia, périphérique d'Excelsa et longue étendue sauvage de verdures. Sois, un synonyme d'emmerde.
Dagmar, c'était une femme profondément insensible. La nature l'avait toujours indifféré. Jusqu'à ce qu'elle se découvre une violente allergie au pollen. Alors, son désintérêt s'était transformé en une haine viscérale pour tout ce qui touchait de près ou de loin à la nature. Il est donc vrai qu'elle n'était pas particulièrement comblée à l'idée de se promener dans un coin perdu d'Excelsa, remplie de consanguins.

Pourtant, il fut un jour où elle était profondément amoureuse de la nature. Elle voyait en elle un guide qui serait la menait n'importe où. Elle croyait trouver toujours plus que ce qu'elle cherchait, dans les bois. Elle pensait la voir comme une enseignante, comme une mère.
Bref, elle était simplement naïve. Pure, certainement. Lorsque son regard s'assombrit, elle ne vit plus rien d'autre qu'elle-même.

Enfin, c'est donc ainsi que l'on retrouve cette dame, les pieds dans la merde, le regard rouge, et le nez enrhumé.

Un énième éternuement déchira la quiétude du silence tandis qu'elle insultait - dans sa barbe - pour la centième fois ce Prieur qui l'avait amené dans ce gouffre de souffrances. Elle marchait rapidement, les mains dans les poches, en lançant des regards menaçants à quiconque auraient le malheur de le croiser.
Cela faisait environ une heure qu'elle cherchait le château d'eau où elle devait retrouver Izei. Son sens de l'orientation étant complètement inexistant, elle commençait nettement à s'impatienter, déjà de très mauvaise humeur.
Elle s'attendait à ce qu'il lui donne quelque chose en retour de ses précieuses informations. Comme à chaque fois. Mais, elle redoutait de tomber dans un piège mortel. Comme à chaque fois.
Comme coincée dans un dilemme, elle savait qu'elle n'avait pas d'autre choix que de lui donner son entière confiance. Car, ou il la faisait plonger, ou son patron se ferait un malin plaisir à s'occuper de son cas.
Enfin, Dagmar avait l'habitude de se retrouver dans les emmerdes. Alors, une de plus ou une de moins…

Après qu'elle ait compris qu'elle ne faisait que tourner en rond, elle se décida enfin à ravaler sa fierté ; elle demanda alors son chemin au premier péquenaud qu'elle trouva.

« Tu ne saurais pas, par hasard, où se trouve le château d'eau ? » Le paysan releva sa tête vers elle. « C'est par là, ma p'tite dame. »

Une grimace fendit alors son visage orné d'un sourire faux. Elle se contenta de le remercier d'un signe de main avant de s'en aller à pas-de-géant, tandis que l'homme lâcha quelques injures face à son impolitesse.

Enfin, elle aperçut le lieu de rencontre et se précipita pour chercher le Prieur.
Elle le retrouva rapidement cachée dans l'ombre. Sous le coup de la colère, elle n'avait certainement pas remarqué qu'ils devaient se faire discrets, qu'il voulait se faire discret. Même, elle s'en fichait royalement de connaître son avis.
Elle posa alors une main ferme sur son épaule afin qu'il se retourne vers elle. Si elle avait pu, elle aurait écrasé son petit crâne entre ses mains : c'était la dernière fois où il fixait un rendez-vous dans ce genre d'endroit.

« Qu'est-ce que tu veux, maintenant ? » Elle tentait de cacher sa colère, mais son ton ferme semblait certainement l'avoir démasqué. « J'ai d'autres affaires à régler, je te rappelle. »


Et, c'était totalement vrai. Un meurtre aurait lieu dans quelques heures, et son patron lui avait précisé qu'elle devait se dépêcher avant que la nuit tombe : les Prieurs semblaient les avoir à l’œil. Ironique, d'une certaine façon.

C'était exactement ce genre d'impasse, ce genre de sentiments contraires qui la bloquaient émotionnellement.
Elle se rendait compte de la velléité de ses pensées, en cet instant. De cette rancœur dégoûtante. De cette haine incompréhensible qui la poussait à détester tout le monde. De sa lâcheté écœurante qui expliquait la présence de son masque.
Bref, elle avait besoin de rien d'autre qu'une cigarette. Elle devait porter fièrement ses armes pour pouvoir tenir tête à cet homme, et elle le savait très bien. Son bouclier, pour se défendre de toute attaque extérieur. Son marteau, pour exploser le crâne des personnes qui frappaient trop fort sur son bouclier. Et, son masque, pour être n'importe qui. Ceux qui parviendrait à voir ce qu'elle portait continuellement sur elle, était pour l'instant introuvable. Ou, il y avait seulement beaucoup d'aveugles…
La dame roula le papier, y glissa le tabac, et fit craquer l'allumette. L'odeur de la fumée qui commençait à s'échapper de la cigarette lui arracha un sourire, et enfin, elle la porta à ses lèvres. Inhalant, exhalant, laissant son cerveau se détendre.

La dame retira alors sa main de l'épaule d'Izei et se recula, un sourire collé aux lèvres. Elle croisa les bras et leva un sourcil ; elle était redevenue calme, sereine
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MessageSujet: Re: C'est pas parce qu'on aime pas les gens qu'on doit aimer les chiens. [Dagmar]   Mar 17 Avr - 15:18

Un monstre masqué avec une hache m'a posé la main sur l'épaule. J'ai violemment sursauté. Je me suis téléporté en arrière, par réflexe. Si je suis dans les bonnes dispositions pour utiliser la magie (c'est-à-dire que j'ai mal), j'en abuse. Bondir partout c'est aussi facile qu'éternuer.

- Tu as sorti tout le costume ? Tu m'as fait peur !

Je suis xénophobe par habitude, je n'ai pas de haine personnelle contre chaque étranger qui existe. C'est juste que je leur prête pas de pognon, que je ne les embaucherais pas au Prieuré si ça devait se présenter et j'aurais tendance à les trouver « impulsif » et « émotif ». Des grands enfants. Ils viennent dans la ville pour sniffer de la colle et pratiquer la délinquance légère (la plupart du temps entre eux). Je ne les attaque pas à vu dès que j'en vois un, quoi. J'avoue que Dagmar est la seule étrangère avec qui j'ai eu une conversation de plus de deux minutes (hors interrogatoire au Fort bien entendu). J'ai du mal avec son look. Ce n'est pas... courant. Personnellement j'ai un uniforme religieux parfaitement respectable, des pistolets aux hanches et des tas de trucs coupants et pointus accrochés à mon baudrier – pour me faire mal tout seul principalement.

- Je... bin... je savais pour tes affaires je voulais pas... enfin bref.

Il faut de sacrées burnes pour dire à un mage noir sadomasochiste qu'il vous fait perdre votre temps. Heureusement pour Dagmar mon complexe d'infériorité est à son niveau maximum et je ne songe même pas à m'en offusquer. La vie en dehors du Fort est mystérieuse, difficile à mes yeux, et je ne doute pas que chaque habitant de cet affreux Dehors est toujours à deux minutes de l'extinction. Puis ça rend les gens brusques. Regarde ma famille : consanguine, con tout court et complètement soumise à la moindre de ses pulsions animales. C'est ça la normalité. Je te le dis, Dagmar reste plus calme et plus compréhensible que la plupart des maboules. Même avec une hache.

Elle s'allume une cigarette. Quand j'étais petit je ramassais des mégots par terre pour les refumer, mais j'ai laissé tomber tous les trucs débiles en rentrant dans les ordres. Je n'aime pas beaucoup l'odeur, je fronce le nez. A vingt mètres de là, un vieux est en train d'étendre son linge, et il nous regarde. Je le connais, il s'appelle un truc genre Dig ou Dug et il est bien pénible dans le genre voisin qui se mêle de tout. M'a collé une baffe une fois. Ils ont que ça à foutre ici de scruter les gens qui passent. J'en garde un mauvais souvenir de ce tribunal permanent.

- Attends, recule juste là, y a... un autochtone qui nous fixe.

Je me décale de deux mètres pour boucher la ligne de vue à l'autre con. Si il bouge pour continuer à nous observer, je me sentirais légitime pour aller lui tirer l'oreille. C'est clairement malveillant de se déplacer pour fixer la police. Ou peut être juste... juste un peu froncer les yeux de loin. Parce que bon quand même se rapprocher des gens pour leur parler...
Oh merde hein.

- Je suis venu parce qu'on coince sur un meurtre. Un homme, du coté du chantier naval. C'est surtout ce qu'il transportait... C'était un convoyeur de fonds, mais c'était pas de l'argent qu'il avait, c'était des papiers importants.

J'arrête de détailler ici, je ne préfère pas dire à Dagmar ce que sont précisément ces papiers. A l'observateur dans ma tête, je peux le dire : Ce sont les archives du fret des plus grosses compagnies de transport. Sur les deux derniers mois. Ils contiennent l'emplacement de tout ce qu'ils ont pu transporter de précieux à droite à gauche dans la ville. Leurs mesures de sécurité. Tout. Un joli catalogue pour cambrioleur prévoyant. Il n'y avait pas de copie de ce document – par sécurité – ce qui empêche de prévoir la future vague massive de vol.

- Il était à pied, habillé normalement, avec une sacoche. Le cadavre a été caché après le meurtre, alors je me suis dis... même si ce n'était pas toi, tu connaissais peut être...

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MessageSujet: Re: C'est pas parce qu'on aime pas les gens qu'on doit aimer les chiens. [Dagmar]   Ven 27 Avr - 13:37

C'est pas parce qu'on aime pas les gens qu'on doit aimer les chiensFeat Izei
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Le goût et l'odeur de la fumée blanche qui s'échappait de sa cigarette rendait un peu plus son esprit vagabond et calme. Mais, quand la nature nous offre une chose, elle nous arrache toujours une autre. Elle l'avait emmené dans un paradis artificiel qui la faisait sourire bêtement et qui la rendait légèrement stupide. Heureusement pour Izei, elle avait tendance à être plus productif dans ce genre de moment… Fragile. Car, elle était coupée de la société et ainsi de ses problèmes.
Le monde n'avait jamais été aussi parfait à ses yeux. Et Dieu seul sait à quel point elle le haïssait. Après tout, il était celui qui avait engendré chaque créature. Dont les Hommes. Dont les emmerdes. Alors, il est vrai que sa haine n'était peut-être pas complètement infondée. En tous les cas, en cet instant, il était aussi innocent qu'un nouveau-né.

La dame s'enivrait de ces sentiments déjantés ; elle fumait beaucoup plus pour l'aimer un peu plus. Mais aussi stupide était-elle, elle n'avait étrangement pas oublié l'essentiel.

« Eh bien, mon beau, je vois que tu n'as rien appris de toutes nos entrevues. » Elle tira une bouffée de son air. « Rien est gratuit dans mon paradis. » Elle frotta son pouce et son index entre eux. « En quoi ça va me servir de te donner ces potentiels renseignements ? Hein ? » Elle frotta ses yeux en baillant, visiblement pas complètement réveillée. « Donc, pour l'instant, je ne sais rien. »

La dame croisa aussitôt ses bras en fixant le Prieuré. Les gens pensaient réellement qu'un contrat signé – même imaginaire – leur conféré tous les droits. Mais, ils oubliaient souvent qu'ils s'adressaient à une Oisillon. Au fond, elle était aussi corrompue qu'eux. La seule différence entre eux et elle résidait uniquement dans ses ambitions. La plupart de ses confrères n'avait pas complètement choisi d'être ce qu'ils étaient. Contrairement à Dagmar.

Son but était ce qui la maintenait en vie. Alors, il est vrai qu'elle pouvait faire preuve d'une grande cruauté pour pouvoir survivre. Sa bienveillance était certainement le seul obstacle face à ses grandes ambitions. Après tout, elle était prête à tout. Prostitution. Viol. Vol. Escroquerie. À peu près tout. Sauf le meurtre. Assez ironique lorsqu'on y pense, il faut croire. Elle qui cherchait ardemment une place dans le monde des Oisillons pour justement tuer.

Enfin, là n'était pas la question.

« Tiens, tu n'aurais pas omis quelques détails ? Par exemple, ce que contenaient ces papiers. » Elle fit tourner sa cigarette dans sa main comme si ce n'était qu'un vulgaire stylo. « Je ne fourre pas mon nez dans n'importe quelle affaire, Izei. Et, ça, tu le sais. C'est pour ça que tu ne me dis pas tout ? Je me trompe ? » Certainement faux. Elle fourrait son nez dans n'importe quelle affaire. La curiosité, certainement. Et peut-être la fumée qui brouillait ses pensées. « Le temps tourne, mon ami. Tu devrais choisir soigneusement tes mots. »

Un sourire malsain déchira son visage glacial. La dame aimait se sentir supérieure. Lorsqu'elle le pouvait. Et, comme n'importe quel Homme. Mais, elle n'en abusait jamais. Bien sûr… Elle était trop faible pour lécher le goût alléchant de la puissance.
Mettons ça sur le dos de l'hallucination de sa fumée blanche, mais cette fois-ci, elle voulait s'amuser. Pour oublier, dirait-on. Une preuve de sa faiblesse, d'ailleurs.

N'importe quel rat se sentirait supérieur face à une fourmi ! Seulement, Izei n'avait rien d'une fourmi. Il n'était peut-être pas un lion. Mais, il n'était pas une fourmi. Il était quelqu'un d'assez mystérieux pour que la dame ne puisse le définir totalement. Alors, elle le prenait pour une fourmi. Le rien faisait peur, après tout.
Se mentir à soi-même est plus facile. Mais, elle ne devait peut-être pas trop jouer avec le feu. Au risque de se brûler. Après tout, la patience des Hommes a ses limites.
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MessageSujet: Re: C'est pas parce qu'on aime pas les gens qu'on doit aimer les chiens. [Dagmar]   

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