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 Maeva O'Fell, l'Amirale

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Maeva O'Fell
Excelsien(ne)

Maeva O'Fell

Messages : 143
Fiche : Fiche
Vice : Fierté
Faction : Marchands
District : Portuaire
Influence : 850
Occupation : Amirale d'Excelsa

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MessageSujet: Maeva O'Fell, l'Amirale   Maeva O'Fell, l'Amirale EmptyVen 23 Mar - 15:03


La fine fleur de l’Océan



L'enfant aux yeux d'or

   Quel comble pour une famille élevée parmi les plus hautes sphères de la société sur une montagne d'or que d'avoir un enfant dont les yeux ont la teinte même de leur ascension. Née durant la saison du Renouveau, Maeva ne naquit pourtant ni lors d'une pluie d'étoiles filantes, ni durant une éclipse solaire. Les charlatans se confondirent pourtant en théories justifiant cette étrangeté biologique, et les théories d'apothicaires s'entendirent sur quelque récurrence d'un trait génétique lointain, apportant quelques théories implicites sur les origines de la famille O'Fell. Ces spéculations d'érudits eurent beau satisfaire la curiosité de ses parents, l'étrangeté de ce trait ne passa jamais inaperçu.

   Brune de naissance, précédée d'un frère de cinq ans son aîné, elle eut la chance de ne porter le fardeau de l'héritage familial qu'en seconde position, et conséquemment de ne se voir attribuer qu'une pression moindre à ce sujet. Ses parents attendaient d'elle qu'elle soit éduquée et droite comme il convenait de l'être dans les hautes sphères de la société Excelsienne, mais leurs espoirs convergeaient plutôt vers son grand-frère qui devait porter le blason des O'Fell en tant qu'héritage et fardeau. Sa petite sœur, quant à elle, écoperait somme toute d'une vie à suivre son frère en tant que faire-valoir. Non qu'elle fut moins aimée que son aîné, les choses allaient simplement ainsi, dans les familles bourgeoises.

   Ainsi, l'enfant aux yeux d'or passa ses premières années à s'éduquer comme convenait aux enfants de sa caste. Isolationniste de crainte d'être repoussée pour sa différence suite à une mauvaise première expérience, Maeva ne se fit aucun ami d'enfance et s'ancra profondément dans les valeurs de sa famille, grandissant à l'écart de la jeunesse du quartier portuaire. Parallèlement, beaucoup d'érudits tendaient à se pencher sur son cas qu'exposaient sans vergogne ses parents, ravis de la publicité que la difformité de leur fille faisait à leur maison. Trop jeune et innocente pour se rendre compte d'être utilisée, Maeva n'en faisait aucun cas, en soi, elle appréciait la compagnie des personnages cultivés et s'en accoutuma bien vite. Elle s'évertuait à leur poser tant de questions qu'elle en recevait, curieuse du monde que la jeunesse la rendait, et ils répondaient avec l'enthousiasme de plaire à la cadette de l'une des familles les plus fortunées de la Cité.

   Toutefois, alors qu'elle approchait de sa huitième année, ses questions se portaient de plus en plus souvent vers cette étendue bleue qui bordait les terres : l'Océan. Irrémédiablement attirée par ce monde paraissant infiniment plus vaste que le sol sur lequel Maeva posait tous les jours ses pieds. Elle apprit à nager pour se déplacer dans cette étendue aqueuse, mais ne fut guère satisfaite d'être conquise plus que conquérante dans cette position. L'Océan avait des allures d'oppresseur et de bête sauvage à la fois, comme s'il la défiait de son reflux. La nuit, elle rêvait de marcher sur l'eau comme elle marchait sur la terre, et une extase profonde l'envahissait alors, suivie d'une déception amère lors de ses réveils. Et tandis qu'elle rêvait au surnaturel, son frère s'en allait de plus en plus souvent en voyages sur de grands navires qui faisaient briller les yeux de sa petite sœur.

   Son dixième anniversaire fut le premier jour de véritable bonheur dont elle se souvient encore, et probablement le second jour de son enfance qu'elle continue de chérir dans sa mémoire. Amusés par l'obsession de leur fille pour l'Océan, ils choisirent ce jour précis pour l'emmener en voyage d'affaire dans un pays étranger. Pour la première fois, Maeva eut la possibilité de réaliser son rêve et de marcher sur l'eau - certes séparée de sa surface par un navire tellement solide qu'elle le croyait à l'époque totalement indestructible -. Émerveillée par le monde marin et la navigation, la jeune fille aux yeux d'or se fit alors un devoir d'accompagner chaque expédition de sa famille, qu'elle fut de plaisance ou d'affaires. Dix-huit mois plus tard, la jeune sœur de Maeva et benjamine de la famille O'Fell venait au monde sans la moindre trace des yeux si particuliers de sa sœur, qui attiraient toujours autant de crainte et de questions.

   Les années passèrent sans que la routine ne changeât. Maeva et son frère partaient fréquemment en voyage avec leur père tandis que leur mère s'occupait de la dernière née, puis leur père commença à les envoyer seuls lorsque l'aîné eut l'âge et l'expérience nécessaires. Ce faisant, les O'Fell voguèrent à toutes les ambassades de la Maison des Navigateurs et parcoururent l'Océan à bien des reprises pour assurer des revenus toujours plus conséquents à Excelsa. Une jeunesse qui ne plut à la cadette que pour le plaisir qu'elle prenait à voguer sur les mers, mais quelque chose manquait, ces navires de bois et de fer laissèrent rapidement à la fille devenue adolescente une sensation de...vulnérabilité. Elle ne se contentait plus d'être transportée sur les océans, et prenant peu à peu conscience d'être citoyenne de la plus puissante nation du monde, elle se questionnait sur le bien-fondé de navires qui se déplaçaient sur un territoire indompté.


La femme aux lèvres de sang


   Tout changea lors d'une expédition vers Sigvar. L'Océan laissait présager une tempête à laquelle les matelots se préparaient tous de leur mieux, et l'adolescente aux yeux d'or observait le crachin qui s'écrasait sur le pont depuis un ciel grisonnant. Tout concentrés qu'ils étaient sur les méandres du climat, ils remarquèrent bien trop tard les pirates venus s'approprier leurs navires. Le raid fut rapide et précis, et tous ceux qui n'eurent pas la chance de se rendre furent envoyés par le fond, égorgés ou coulés, selon le navire qu'ils défendaient. c'était la première fois que Maeva voyait couler le sang et l'acier, qu'elle assistait à la débâcle d'une flotte et au meurtre de ses pairs. La première fois que des vagabonds osaient profaner la puissance sacrée de la Cité.

   Capturée comme d'autres bourgeois et bousculée pour son étrangeté par des hommes à l'érudition bien moindre, la cadette des O'Fell ne dut qu'à sa force de caractère de n'être autre que rançonnée par des pirates plus préoccupés par se remplir les poches qu'autres choses plus disgracieuses. Humiliée et éhontée en tant qu'O'Fell et que citoyenne d'Excelsa, Maeva rentra la tête basse et la rage au ventre, et jura de se départir à jamais de l'une d'entre elles.

   Guère remise du choc causé par sa précédente capture, l'adolescente s'exerça à l'escrime avec les meilleurs bretteurs que sa famille pouvait lui payer malgré ce récent retour de fortune. Parallèlement, Maeva se détourna drastiquement de la voie de marchande qu'elle dépréciait d'autant plus depuis sa capture pour se tourner vers une carrière militaire. Elle s'engagea en tant que membre d'équipage sur l'un des destroyers de la Cité le jour-même de ses dix-huit ans, et vécut plusieurs années durant au rythme des patrouilles.

   Inconsciente du changement qui s'opérait en elle et conséquemment incapable de l'expliquer, la vulnérabilité et l'incertitude de l'adolescente laissèrent bientôt place à une assurance sans bornes. Ses yeux d'or ne lui attiraient plus que des regards curieux, mais jamais n'était-elle mise à l'écart comme autrefois. Bien que l'une des seules femmes à bord, sa rigueur et sa discipline ne la distinguèrent de ses pairs que par le nombre d'éloges que ses supérieurs colportaient d'elle. Elle apprit bientôt à se servir de ces armes novatrices et encore assez peu répandues dans la Cité, mais très utilisées dans l'armée : les armes à poudre. Fascinée par ce que la technologie apportait au monde, ce fut également la période qui marqua les débuts d'un intérêt qui deviendrait un jour sa seconde passion : la mécanique. Pour autant, bien que le bois sous ses pieds ne soit devenu métal, la jeune femme manquait encore de quelque chose, elle se sentait toujours une intruse sur cet Océan que ses pieds foulaient à l'image de ses rêves d'enfant.

   Si son ascension dans les échelons de la Maison des Navigateurs aurait pu se faire à force de pistons et de renommée familiale, il n'en fut jamais ainsi. Après plusieurs années à accumuler l'expérience, d'abord auprès des matelots, puis auprès des gradés aux commandes des navires, la jeune femme fut confrontée à bien des défis. Une bande de pirates sévissait sur l'une des routes commerciales les plus florissantes de la Cité, et sa flottille fut envoyée pour mettre un terme à leurs activités. La supériorité navale d'Excelsa avait beau être écrasante, ses officiers, trop confiants, envoyèrent les navires dans une zone à faible visibilité et, aveuglés par un brouillard d'une densité anormale, furent pris dans une terrible embuscade. Une bonne partie de la flotte fut capturée, certains navires coulèrent, et ce premier engagement fut une débâcle. Les officiers étaient soit morts soit capturés, et quelques navires seulement avaient réussi à réchapper de ce terrible carnage. Poursuivis par les pirates, la jeune femme aux cheveux bruns se rappela alors sa promesse d'enfant, plus jamais ne rentrerait-elle à Excelsa la tête basse.

   Ralliant les navires restants, elle usa de ses années d'apprentissage pour manœuvrer de façon audacieuse et joua de la confiance nouvellement acquise des pirates pour les prendre à leur tour dans un piège. Manœuvres d'abordage, usage d'appâts et de petites barques normalement réservées au secours afin d'infiltrer les navires pirates, la cadette des O'Fell s'attira bientôt le respect inconditionnel de ses hommes ainsi que la crainte de ses ennemis. Titulaire d'une force de cinq fois inférieure à leur effectif de départ, la jeune femme ne terrassa pas seulement les bandits jusqu'aux derniers, mais récupéra également les navires et hommes prisonniers afin de les ramener à la Cité sains et saufs. Ce premier acte de bravoure lui valut d'obtenir le commandement d'une flottille à vingt-trois ans.

   Dès lors, son ascension ne connut plus aucune pause. La veille de ses vingt-quatre ans, elle secourut la flotte d'un diplomate étranger prise en embuscade par des pirates anormalement bien informés. L'année suivante, elle défit un complot d'assassinat à l'égard de l'amiral en charge de la flotte, remonta à la source et écrasa dans l’œuf un raid de pirates établis dans des îlots soi-disant abandonnés. Mais ce qui alimenta surtout sa légende fut la rumeur selon laquelle jamais n'avait-elle connu une seule défaite en mer. Bientôt, les murmures l'idolâtraient et offraient à ses yeux dorés des pouvoirs surnaturels qu'ils ne possédaient que dans l'imagination des enfants, et elle devint une figure majeure de son temps. Mais comme toute reconnaissance a un prix, les hautes sphères d'Excelsa décidèrent qu'il était d'usage d'exploiter un nom si émergent à leur avantage. Ainsi, lors de sa vingt-septième Saison des Vents, elle fut nommée Amirale de la flotte d'Excelsa et arbore depuis ce jour l'ensemble blanc que bien des quidams lui connaissent, incluant la teinture des cheveux.


La Conquérante à quai.


   Si ses nouvelles responsabilités d'Amirale la surprirent, elle se fit pour autant le devoir d'être aussi rigoureuse dans son commandement naval que dans son nouveau poste. Sa promesse d'enfant s'étendait à tout ce qu'elle entreprenait, et sa volonté d'acier lui valut bientôt tant de surnoms sur terre qu'elle n'en avait écopés des ragots de marins. D'abord inexpérimentée aux jeux politiques, elle comprit bien vite qu'elle jouissait d'une position à double tranchant qu'il lui faudrait entretenir d'une image forte. Elle n'appréciait guère la nécessité de rester plus que de raison à Excelsa - toujours amoureuse de l'Océan qu'elle avait enfin la sensation de dompter - mais elle parvint à s'en accommoder de façon relative en développant de nouveaux centres d'intérêt qui maintinrent son moral à flot.

   Ce fut durant cette période qu'elle fit la rencontre de Bénédikt DuFort, certainement le premier homme qu'elle put jamais appeler un "ami". Ayant passé une partie de son enfance aux bottes de lettrés et de précepteurs rivalisant d'intelligence, elle fut naturellement séduite par celle du jeune homme qui en savait, semblait-il, plus long que n'importe qui sur la mécanique. Les commérages ne tardèrent pas à fuser, l'Amirale étant d'ordinaire le genre de femme à ne s'accoutumer d'aucune connaissance, mais s'il était une rumeur dont elle ne se souciait guère de la prolifération, c'était celle-ci. La jeune femme était, tant par ses valeurs familiales qu'en raison de son passé de militaire, d'une loyauté sans failles, et cette dernière s'étendait par définition à son ami.

   Parallèlement à cette amitié naissante, l'amirale dont la rudesse rivalisait avec celle de bien des prieurs fut initiée aux plus hauts cercles décisionnels de la Cité. Côtoyant des personnes dont le commun des mortels n'entendrait jamais parler que dans des communiqués de presse, voire, parfois, dans des livres d'Histoire, la conquérante de l'Océan se rendait peu à peu compte qu'elle était elle-même devenue une figure historique et devrait en être digne. Sa politique personnelle ne changea pas pour autant, sa rigueur l'avait menée où elle était, elle la mènerait bien plus loin. La Cité avait besoin d'êtres implacables, elle en serait.


   Hélas, les mois et parfois les années s'éternisaient avant de pouvoir reprendre la mer, et la gestion des affaires de la flotte d'Excelsa, malgré l'ardeur de la tâche, lui laissait assez de temps libre pour se languir. D'abord réticente à participer aux événements officiels avec plus d'assiduité qu'un colifichet tout juste bon à saluer les bonnes personnes et se tenir droit, à l'image de la discipline qu'elle imposait à tous ses subalternes, elle eut plusieurs fois l'occasion d'entendre des rumeurs fort inquiétantes de la bouche de personnalités haut placées. Des rumeurs sur un Prince de Paille, l'expansion de criminels, et la détérioration de l'ordre public dans sa Cité bien aimée. Incrédule face à cette déchéance qui la laissait sans voix tant elle s'imaginait que la grandeur de sa flotte était le reflet et non l'emblème de celle d'Excelsa. La curiosité la poussa à se rendre à plus de banquets et de réunions des élites, trop envieuse de comprendre comment son monde avait pu en arriver là. Parallèlement, ses relations avec sa famille se réduisaient à un minimum décent mais cordial qui convenait à tout le monde. Elle visitait sporadiquement ses parents, entretenait une correspondance épistolaire avec son frère qu'elle ne voyait que trop rarement, et s'enquérait fréquemment de la jeunesse de sa petite soeur, presque aussi souvent sur les mers que leur aîné.


   Aussi eut-il été inexact de croire que l'Amirale était aussi froide que le montrait son apparence. Outre son amitié avec le Maître Artificier du Prieuré qui paraissait aux yeux du monde la seule preuve de chaleur dont la cadette des O'Fell était capable, cette dernière s'était petit à petit éprise de l'influence artistique d'Excelsa sur le monde. D'abord réticente à s'engager dans un domaine si antagoniste au sien, elle se rendit compte qu'il n'était pas nécessaire de pratiquer quelque chose pour l'aimer. Ainsi fut-elle purement et simplement séduite par les mélodies de Dame Damoroff, dont elle essayait de  rater le moins de représentations possibles. Ces élans de passion rendaient son quotidien à quai moins monotone, qui l'eut cru...


Maeva O'Fell, Amirale d'Excelsa


   Les dernières années de la vie de la cadette des O'Fell furent bien moins calmes que la période de transition de commandante à Amirale. Dorénavant habituée à sa fonction de pouvoir, un puissant désir de progression avait remplacé la nécessité de sécuriser sa position et d'acquérir l'expérience nécessaire pour n'être pas noyée dans les vagues du pouvoir. Un renouveau des activités de piraterie à l'Est la poussèrent à demander des fonds et des troupes supplémentaires pour mener des raids punitifs contre la racaille tandis qu'elle financerait personnellement la construction d'un navire amiral qu'elle superviserait elle-même. De longs mois d'attente s'écoulèrent durant lesquels elle aidait à la formation des troupes et à la construction de son navire personnel. Ironiquement, le monstre de métal fut finalisé le jour de l'anniversaire de sa petite sœur et, en cadeau, Maeva lui permit d'en choisir le nom. Cette dernière le nomma le "Saint Virgile" en l'honneur du premier Amiral d'Excelsa, dont les exploits ne pourraient être égalés, selon elle, que par une femme de la trempe de sa sœur. Les colporteurs de ragots les plus assidus défendent que l'inauguration de son chef d’œuvre fut l'une des rares fois où l'Amirale fut prise à sourire en public.


   Prenant la tête de sa flotte nouvellement fortifiée, Maeva s'en alla punir les malfrats à l'Est et revint détentrice d'une victoire écrasante. Et tandis qu'elle voguait vers le port, debout sur le pont de son démon de métal, les réponses aux questions se bousculant dans son esprit depuis l'introduction à ces réunions mondaines lui vinrent enfin. Depuis des années, ce port était resté le même, cette cité était restée la même, s'enlisant dans sa gloire et sa richesse présente qui deviendraient un jour des artefacts du passé. Comme sa flotte, Excelsa devait avancer, entrer dans un nouvel âge, afin de survivre et de continuer à être le soleil de la civilisation moderne.

   Jusqu'alors trop préoccupée par la portée d'une telle idée pour l'exposer au grand public, Maeva permit toutefois à cette ambition de maturer dans son esprit. Loin de laisser cette position entacher son devoir, elle passa les deux années précédentes à se persuader et dissuader tour à tour de l'acceptabilité d'un tel projet et à préparer le terrain pour le rendu public de ses ambitions.

   Désormais protectrice des eaux territoriales de Florès et figure prééminente des hautes sphères de par son rang et sa renommée, Maeva O'Fell se rend peu à peu compte que si elle désire conquérir d'autres terres comme elle domine l'Océan, elle devra d'abord convaincre les puissants de l'importance de sa cause.

   Les monstres de métal se découpent à l'horizon, pourfendant les vagues et creusant des sillons sur la surface de l'Océan. Leur majesté n'a d'égal que leur résistance, sinon la crainte inspirée aux pauvres hères dont l'infortune amène cette vision d'horreur pour la première fois. Ne manque à ce tableau que la mère à ses enfants, la femme d'acier qui commande à ses conquérants des mers, perchée sur le pont d'un bastion qui fait trembler jusqu'aux cieux.

   Immaculée, elle tranche contre les teintes grisâtres de ses créatures de par son uniforme impeccablement traité, rehaussé de dorures témoignant tant de ses honneurs que de sa prestance. De sa peau n'est visible que son visage, car ses mains, souvent croisées derrière son dos afin d'accentuer l'allure stricte de sa posture, se couvrent des gants venant compléter les uniformes d'amirale confectionnés spécialement pour la jeune femme. Droite dans des bottes aux teintes de cuir, elle observe, défiant vents et marées de son regard d'or. Ses cheveux, coupés courts et teints de la couleur blafarde de son uniforme, soulignent les traits martiaux de son visage fermé, uniquement rehaussé par le rouge sombre de ses lèvres pincées.

   Imperturbable, elle étend une silhouette toute de finesse mécanique, les épaules taillées et tranchantes reflétant la lame pendant à sa hanche. Ses jambes semblent fondues du même acier que la plateforme sur laquelle elle se tient alors que les vagues s'écrasant sur la coque du Saint Virgile envoient des embruns jusqu'aux pieds de sa maîtresse sans que le moindre vacillement ne l'effleure. Son regard se durcit, son navire approche du port.

   Inaccessible, elle souffle avec irritation sur une goutte orpheline écrasée sur sa mâchoire saillante avant d'emplir ses narines de l'odeur changeante de cette cité qu'elle a fait le serment de servir. Son nez aquilin se fronce en réponse aux âcres senteurs des quais tandis que ses sourcils, éternels témoins de la couleur naturelle de son pelage, couronnent le visage de la lionne de leur arc autoritaire. La terre ferme la mande, l'Amirale est de retour.
Nom :  O’ Fell
Prénom : Maeva
Âge :  32 ans, née le 41e jour de la Saison du Renouveau 1094.
Genre : Femme
Titre(s)/Métier : Amirale d’Excelsa
Faction : Marchands
District : Portuaire (appartements)
Vertu : Rigueur
Vice : Fierté
Etranger : Non
Pouvoirs : Arme : Blanche&Tir
Vétéran : Promotion [+]
Mécanique
Richesse : Mobilier

opinions

"-Notre grandeur ne saurait être contenue par nos propres murs !"

Habituée d'être la maîtresse de l'Océan entourant la ville d'Excelsa, l'Amirale ne masque nullement son ambition de mener la flotte de la Cité lors d'opérations plus grandioses que la simple chasse aux pirates ou, plus occasionnellement, les démonstrations offertes pour le bonheur du public. Mécontente de l'état de stagnation d'Excelsa, elle maintient sans le cacher que la supériorité totale de la Cité sur les peuples voisins se gâche en se contenant dans des frontières vestiges d'un temps ancien. Tous auraient à gagner à une suprématie Excelsienne, les étrangers auraient à leur disposition tous les outils qui firent de la ville natale de l'Amirale l'étoile de magnificence qu'elle se targue d'être, tandis que cette dernière s'octroierait les ressources nécessaires au bonheur et à la prospérité de son peuple sur le long terme. Parallèlement, la maîtresse de l'Océan craint que le rayonnement culturel et technologique de sa Cité n'attire plus de vautours que de papillons. Très partisane des manuels militaires prônant l'initiative plutôt que la dissuasion, elle défend l'idée qu'il est plus aisé de paraître agressif et conquérant que de laisser à d'autres cette chance, car ne se le permettent que ceux qui ont la certitude d'en avoir les moyens. Farouche ennemie de la stagnation, Maeva n'est pour autant pas foncièrement opposée au Conservatisme auquel elle reconnaît l'importance de l'ordre.

   Si elle est convaincue que la conquête est la prochaine étape de l'Histoire d'Excelsa et que son désir le plus cher est d'en être le fer de lance, l'Amirale O'Fell méprise les extrémistes vantant les bienfaits d'un Empire où serait couronné un dictateur. L'essor d'Excelsa, défend-elle, repose sur l'équilibre compétitif et coopératif des différentes factions de la Cité et briser cet équilibre reviendrait à détruire les fondements même de leur grandeur, ce qui mènerait, à terme, à la guerre civile.

   En ce qui concerne la plupart des autres idéologies politiques, la matrone de l'Océan tend à réserver son avis, tentant d'isoler le meilleur de chaque situation et de chaque idéologie. Le socialisme ouvrirait de nouvelles opportunités à des gens moins fortunés, permettant un essor de nouveaux talents dans tous les domaines. L'accent mis par la Cité Idéale sur le progrès scientifique aurait des conséquences bénéfiques sur l'ensemble des castes d'Excelsa à long terme, le Culte de la Machine, si équilibré de sorte à taire les voix extrémistes prônant la "faiblesse de la chair", pourrait être un grand pas en avant pour les sciences militaires et mécaniques, à condition de ne pas être refusé d'emblée par les Prieurs les plus fanatiques, défenseurs de la seule Vraie Foi.

   Aussi, ses relations vis-à-vis des différentes factions sont principalement dictées par son poste officiel au sein de la hiérarchie. Tentant de maintenir le masque de la cordialité à l'égard de toutes, elle ne cache cependant jamais son mépris inconditionnel pour les Oisillons et les hors-la-loi en tout genre, dont elle accorde l'existence à la stagnation politique d'Excelsa. Parallèlement, elle cache une affection toute particulière pour les membres du Conservatoire. Incapable de pratiquer quelqu'autre art que celui de la Guerre, elle apprécie secrètement les artistes les plus talentueux de la Cité et fait de leurs représentations son pêcher mignon, n'hésitant pas à inviter les plus volontaires à bord du Saint Virgile pour des performances aux frais de sa Maison.

   En ce qui concerne sa position vis-à-vis de sa propre faction, l'Amirale se sent plus proche des Prieurs de par son rang militaire que des Navigateurs, plus axés sur le commerce. Si son passé a été forgé de voyages et d'expéditions à buts lucratifs, elle décida que son aîné serait plus à-même de poursuivre l'héritage familial, ses désirs se portant plutôt sur ce que les Prieurs avaient à offrir. Toutefois, refroidie par leur fanatisme inconditionnel en leur foi commune et leur rejet quasi unanime des préceptes novateurs du Culte de la Machine, elle maintient une position bâtarde, approbatrice et désapprobatrice des siens comme de ses pairs.

   Enfin, son avis à l'égard des étrangers est aussi disparate que le sont leurs origines. Désintéressée par les politiques marchandes des membres de sa faction, son opinion des Floréens est à la hauteur de celle des Navigateurs, à la différence près que ces premiers sont des étrangers et donc, un peuple dont il est nécessaire de se méfier. Si elle ne s'attend guère à ce qu'ils soient une menace, elle sait qu'ils pourraient être un problème s'ils venaient à diriger leur puissance économique contre la Cité. Profitant de sa position de protectrice des eaux territoriales de cette contrée, elle s'assure ainsi de la docilité des puissants de cet archipel et maintient un allié provisoire tenu par le respect, le profit, et la crainte. Paradoxalement, elle porte un intérêt extrêmement moindre vis-à-vis de Kemeth, une contrée vivant dans un passé spiritualiste et inapte à la croissance dans le monde contemporain. Si les histoires disent que la médecine de Kemeth est de très loin supérieure à celle d'Excelsa, peu lui importent les progrès d'une médecine si traditionaliste qu'elle ne saurait être expliquée par la logique et la raison. Chevaucher des géants d'acier a transformé l'amirale en une femme calculatrice et cartésienne, qui se désintéresse de toutes les bagatelles liées à l'esprit. Considérant le peuple de Kemeth comme des nomades indisciplinés, elle tend à ne rien attendre ni craindre d'eux et, conséquemment, à tourner ses ambitions vers une cible plus accessible et importante.

   Sigvar, en tant que nation aux apparences militaristes, à l'industrie développée, aux hommes puissants et dont la flotte - selon la cadette des O'Fell - pourrait presque rivaliser avec celle de la Cité si cette dernière n'était pas le fleuron de l'ingéniosité militaire mondiale, tend à inspirer tant de respect que d'inquiétude à l'Amirale. Elle loue les Sigvarites pour l'apparente force de leur peuple et l'image qu'ils renvoient d'eux-mêmes malgré leur très faible essor culturel et tend à dire que si tous ses soldats avaient la discipline d'Excelsa et la puissance de Sigvar, nul ennemi ne serait assez grand pour s'opposer à leur majesté. Toutefois, son admiration s'arrête où commencent ses ambitions, car elle voit plus en Sigvar une source de ressources, de marchés et d'hommes qu'un allié fiable. Elle a la certitude qu'un jour, lorsqu'Excelsa sera entrée dans une nouvelle étape de son histoire, un conflit sera inévitable contre cette nation qu'elle préférerait ne pas s'aliéner trop vite.



Descriptions

"-Dressez la tête, par la Cité !"

Les monstres de métal se découpent à l'horizon, pourfendant les vagues et creusant des sillons sur la surface de l'Océan. Leur majesté n'a d'égal que leur résistance, sinon la crainte inspirée aux pauvres hères dont l'infortune amène cette vision d'horreur pour la première fois. Ne manque à ce tableau que la mère à ses enfants, la femme d'acier qui commande à ses conquérants des mers, perchée sur le pont d'un bastion qui fait trembler jusqu'aux cieux.

Immaculée, elle tranche contre les teintes grisâtres de ses créatures de par son uniforme impeccablement traité, rehaussé de dorures témoignant tant de ses honneurs que de sa prestance. De sa peau n'est visible que son visage, car ses mains, souvent croisées derrière son dos afin d'accentuer l'allure stricte de sa posture, se couvrent des gants venant compléter les uniformes d'amirale confectionnés spécialement pour la jeune femme. Droite dans des bottes aux teintes de cuir, elle observe, défiant vents et marées de son regard d'or. Ses cheveux, coupés courts et teints de la couleur blafarde de son uniforme, soulignent les traits martiaux de son visage fermé, uniquement rehaussé par le rouge sombre de ses lèvres pincées.

Imperturbable, elle étend une silhouette toute de finesse mécanique, les épaules taillées et tranchantes reflétant la lame pendant à sa hanche. Ses jambes semblent fondues du même acier que la plateforme sur laquelle elle se tient alors que les vagues s'écrasant sur la coque du Saint Virgile envoient des embruns jusqu'aux pieds de sa maîtresse sans que le moindre vacillement ne l'effleure. Son regard se durcit, son navire approche du port.

Inaccessible, elle souffle avec irritation sur une goutte orpheline écrasée sur sa mâchoire saillante avant d'emplir ses narines de l'odeur changeante de cette cité qu'elle a fait le serment de servir. Son nez aquilin se fronce en réponse aux âcres senteurs des quais tandis que ses sourcils, éternels témoins de la couleur naturelle de son pelage, couronnent le visage de la lionne de leur arc autoritaire. La terre ferme la mande, l'Amirale est de retour.




Dernière édition par Maeva O'Fell le Ven 23 Mar - 18:56, édité 1 fois
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Otton Egidio
Prince Prieur

Otton Egidio

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MessageSujet: Re: Maeva O'Fell, l'Amirale   Maeva O'Fell, l'Amirale EmptyVen 23 Mar - 17:46

Salutations et bienvenue parmi nous !

Alors... Déjà, c'est une bien belle fiche et l'impression générale qui se dégage du personnage est celle que je souhaitais donc c'est très bien parti !

J'ai cependant quelques remarques. En plus, comme ta fiche est assez longue, ça me donne plus d'occasions pour pinailler sur les détails... En tout cas, rien de grave.


1) Description : ok, rien à redire.

2) Opinions : ok aussi, mais j'ai une remarque qui vaut aussi pour l'Histoire ^^

Remarque générale : Sigvar comme cible, c'est attrayant mais difficile à réaliser. Alors la confusion viens de nous, parce que la carte du Continent n'a pas encore été rédigée. Cependant, tel que je vois les choses, Excelsa voulant attaquer Sigvar reviendrait à une Cité du sud du Portugal tentant de conquérir la région de Saint-Pétersbourg. Pas impossible en soi, mais il y a d'autres cibles plus proches et plus menaçantes (on a un projet de contrée plus susceptible de nous causer du tort pour une prochaine mise à jour ^^).
Du coup, ok pour la volonté, à terme, de puiser des ressources là-bas... Même si ce serait difficile par la force, mais Maeva ne l'envisage certainement pas pour un avenir immédiat, même si on se lançait dans une campagne militaire dès demain.

Là, où j'ai plus de choses à souligner, c'est (forcément) dans les Faits Marquants :

3) Pour les yeux dorés, même si ça ne doit pas être courant, l'explication la plus évidente avancée par le premier Apothicaire compétent serait une ascendance de quelque contrée lointaine dont l'héritage ferait surface juste sur cette petite... Je pense qu'il doit y avoir l'une ou l'autre contrée où cela est plus courant.
Mais bon, je ne te demanderai pas de tout changer concernant les yeux non plus. Ça reste un trait physique remarquable.

4) "Bourgeoise aristocratique" - Maeva est supposé venir d'une famille marchande, donc juste bourgeoise. Je ne pense pas qu'un héritage des l'ancienne aristocratie soit nécessaire. Il faut bien garder à l'esprit que les excelsiens ont paratiquement totalement abandonné l'idée de noblesse (au sens aristocratique et féodal du terme). Les hautes sphères n'en comptent plus que très peu et leurs titres sont sans valeur.

5) Dans "La femme aux lèvres de sang" - c'est Maison des Navigateurs et pas Maison de la Navigation ^^

6) Dans la même partie de l'histoire "comme autres nobles" pas de nobles du coup ^^

7) Et enfin

Citation :
Depuis ce jour, Maeva O'Fell devint le porte-parole de la faction des expansionnistes, n'hésitant pas à organiser des démonstrations devant le port d'Excelsa, des discours devant divers cercles, et laisser libre cours à ses hommes pour propager la rumeur jusqu'aux plus pauvres quartiers de la Cité. Deux ans de propagande et d'étalage de convictions enflammées pour celle qui avait réalisé l'exploit de dominer l'Océan. Ceux qui la suivaient se ralliaient tant derrière sa légende que sa personnalité, d'autres, guère négligeables, se fichaient comme d'une guigne de son nom et ne partageaient que ses idéaux. Loin de perdre sa mission de vue, l'Amirale eut pour autant la maturité de ne pas laisser sa prise de position politique entacher son devoir.

Je n'aime pas ce paragraphe parce que je pense que c'est ce que Maeva devrait seulement faire dans un avenir proche. Pour le moment, expansionnisme est encore peu répandu comme concept (même s'il tombera probablement sur un terreau fertile, vu le patriotisme parfois malsain des excelsiens).

Et comme Maeva n'a pas encore de pouvoir "Patrisans" c'est dur dire que ça fait deux ans qu'elle rassemble des fidèles à cette cause. Je propose plutôt qu'on joue (dès qu'on aura au moins une Princesse en plus) un début d'échanges entre le Conseil et l'Amirale qui, après ce qui sera probablement un refus/une remise à plus tard de ses projets de conquête, se lancera dans une campagne plus ou moins secrète pour faire valoir ses idées. Je pense qu'en femme raisonnable, elle tentera de convaincre les puissants qu'elle côtoie, avant de tenter de convaincre la rue.
D'autant plus que dans les rues, il y a des prieurs... ^^ Concernant ces derniers (et les intrigues à venir en général) je vais venir te parler un peu en privé, histoire que tu puisses voir où ce personnage pourrait aller...

Bref... Ça a l'air d'être beaucoup, mais c'est parce que j'aime bien le son de ma propre voix, même quand j'écris. Il n'y a pas des masses de corrections à faire, une fois qu'on fait le compte et, surtout, c'est une très bonne fiche !

Préviens quand tu auras apporté les changements que j'ai listés au-dessus et on va te valider ^^

A bientôt ! 025

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MessageSujet: Re: Maeva O'Fell, l'Amirale   Maeva O'Fell, l'Amirale EmptyVen 23 Mar - 19:01

Double post pour confirmer que tout a été corrigé (et les détails réglés sur Discord ^^).

Ainsi donc : ta fiche est validée /o/


Encore bienvenue et bon jeu !

Tu peux aller gambader dans le RP !

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MessageSujet: Re: Maeva O'Fell, l'Amirale   Maeva O'Fell, l'Amirale Empty

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