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 Qui que l’on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes. [Hildred]

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Qui que l’on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes. [Hildred]   Mar 20 Mar - 19:27

Ben là je suis chez moi. C'est la nuit. Ma cellule est dans les parties anciennes du Fort, à un endroit qui ressemble à une espèce de volière. Quelqu'un sans magie a besoin d'un grappin et d'une corde pour circuler ici, du coup c'est plutôt abandonné. Ça date d'une époque où on rigolait pas, avec une espèce de philosophie à base de « on ne peut pas se reposer sans souffrir ». Après on s'est aperçu que les novices ne pouvaient pas faire le ménage à notre place dans des endroits comme ça, et l'idée a été un peu abandonnée. Moi je continue parce que c'est très tranquille, j'ai investi les lieux y a quinze ans de ça sur une initiative personnelle et personne m'a jamais rien dit. Même si il faut passer un petit coup de balais sur les plate-formes de temps en temps ça me va.

De l'autre coté du mur il y a des chambres normales, de plein pied. C'est là qu'on met les vicaires retraités. C'est très embêtant d'avoir un vieux sénile qui a mal partout avec des pouvoirs en train de gambader dans la nature. Du coup on les range là. J'aime bien parce que tout le monde évite ce coin comme la peste (soit disant c'est glauque et ça sent le pipi).
Juste derrière y a ma salle d'entraînement préférée, et encore derrière il y a une cantine. Quand je le dose bien, je peux passer une semaine ou deux sans approcher des ascenseurs qui vont en bas. Là on est plutôt dans une période comme ça.

On est vraiment au milieu de la nuit, l'heure du crime, alors j'ai volé de quoi grignoter dans la cuisine. Puis là ben je vais me faire vomir dans les toilettes de la salle d'entraînement (depuis que je ne fais plus du sport tous les jours j'ai beaucoup de mal à ne pas grossir à toute vitesse merci de t'inquiéter). Elles sont très bien parce que c'est qu'un trou dans la pierre qui débouche au dessus de la mer, les odeurs ne remontent pas.
Mais qu'est ce que...

- C'est quoi ce bordel ?

Je suis rentré dans le noir, normal, puisqu'on est au milieu de la nuit dans l'endroit le plus calme de la ville, et du coup j'ai allumé, et y a une prisonnière beaucoup trop vive dans une des geôles. D'habitude, les gens qu'on met là c'est pour les entraînements et ils sont drogués. Il n'y a que deux cellules. L'autre est aussi vide qu'hier après-midi. Bon, certes j'accorde pas beaucoup d'importance à la vie humaine, mais j'en suis pas non plus à entreposer des êtres vivants comme des balots de paille sans me poser de question. Puis j'ai besoin de m'organiser en fonction des arrivages, quoi, merde.
Je plisse les yeux pour voir si ça ne porte pas un uniforme rouge, genre une idiote qui s'est enfermée toute seule. Visiblement non. Et elle a pas trop l'air très religion. Je la vois pas très bien de loin dans le noir au milieu de la nuit, mais vu l'allure je l'imagine bien arracher des oreilles avec les dents. Ou peu importe ce que les tarés en ville aiment bien faire. Je pourrais lui demander ce qu'elle fout dans ma salle, mais je peux être à peu près sûr qu'elle va me dire une connerie. Est ce que j'ai vraiment envie de résoudre ce problème là maintenant ? Non. Alors je poserai la question demain matin. Là je vais aller vomir dans les toilettes de la bibliothèque et me recoucher. Merde.

*
**

- C'est qui la jeune fille dans la salle d'entraînement là haut ?

Beurk voilà j'ai dû me rapprocher des endroits peuplés et maintenant je parle à un type. Je ne le connais même pas ! Il y en a tout le temps des nouveaux, de plus en plus jeunes chaque année. Celui là il a une tête à avoir mangé ses parents en plus. On me l'a pointé du doigt en me disant « demande à ce gars là c'est lui qui était à ce poste hier ». Moi je m'en fiche je veux qu'on me drogue l'intruse ou qu'on me la fasse dégager, mais qu'elle reste pas dans ma salle à imposer sa sale existence !

- Ah euh bah il y a eu une canalisation qui a explosé dans le mur des geôles, faut faire des travaux, et on trouvait plus de place pour celle là alors...

- Mais elle part quand ?

- Bah demain matin au plus tard mais comme on a dû déplacer quatre personnes on a pas les moyens de s'en occuper comme il faut.. vous auriez pas le temps de l'interroger sur un truc et faire les papiers ? S'il vous plaît ? C'est pas urgent-urgent mais ça nous viderait une place.

Il a remarqué mon bras en écharpe et mes bleus sur la figure, et conclu que je n'allais pas sortir aujourd'hui. Petit enculé malin. C'est vrai que j'ai rien de mieux à faire puisqu'il y a une espèce de meuf glauque dans ma pièce préférée. Puis si je dis non je vais passer pour un égoïste/tire-au-flanc devant tout le monde.

- Bah, du coup oui.

- C'est une fille qui vient souvent chez nous pour de la merde, là elle participe à des combats organisés par les Oisillons... ça leur rapporte un paquet de fric ces histoires là, et sans trop se fatiguer. Mais on a réussi à choper que celle là dans le coup d'hier alors faudrait sonder un peu histoire de voir si y a de quoi creuser. Vous pouvez la gérer avec le bras en écharpe ?

Je le fixe pour voir si il est sérieux. Il l'est.

- Ben euh... oui oui. Bien sûr.

- Merci beaucoup ! La paperasse est là. Et faites gaffe si vous voulez y mettre un petit coup, c'est une métèque alors elle doit avoir plein de saloperies. Moi j'y suis pas allé sur celle là.

- Qu... pardon ?

- Bah c'est normal ils ont pas la médecine là bas, et puis ils font ça plus naturellement, comme les animaux. Du coup ça aide pas.

- Mais que... mais c'est horrible !

- Oui oui évidemment. Bien sûr.

Là le mec me fait un gros clin d'oeil et il se barre. Je... Hein ? Mais c'est interdit ça ! En plus d'être horriblement gênant et déplacé. De façon globale t'imagine bien que ma vie sexuelle c'est pas la folie furieuse. Mais, dans l'absolu, en y réfléchissant au calme et sans pression, je dirais que ça ressemblerait plutôt à pousser les cheveux derrière l'oreille d'une fille pendant qu'elle dort plutôt que d'y « mettre un petit coup ».

Du coup j'ai pas relevé « métèque » parce que le reste de la conversation était beaucoup trop abominable pour que j'entende tous les mots. C'est qui ce con ? Il m'a eu par surprise parce que je suis complètement dépassé socialement dès que ça devient obscène, mais je vois assez bien le coté contre-productif du mec. Si on abuse sexuellement des gens, après ils vont vouloir se venger et on peut difficilement leur donner tort. Il faut tabasser que les méchants !

Je retourne dans mon coin avec de la paperasse sous le bras valide. Au moins maintenant j'ai que la boxeuse à gérer, et elle est dans une cage. Pas de collègues. Pas d'étudiants non plus parce que je suis censé cicatriser. Ça me prend beaucoup de temps dans mon emploi du temps tu sais. C'est pour ça que je m'ennuie et après que je mange.
J'ai failli frapper à ma propre porte de ma propre salle, à cause de la prisonnière, puis je me suis rappelé de ne pas mongoliser. Bon, ma tasse à thé est là, l'autre elle va me laisser en prendre sans faire des choses désagréables comme brailler ? Je contourne soigneusement au cas où elle me crache dessus. Mes petites affaires sont là, sur la table dans le coin, la théière et tout. Je lis distraitement la paperasse assis en tailleurs en attendant que l'eau chauffe. Ils ont pas une très bonne orthographe ces gens. Le nom de famille c'est « Loch Hans Dot Ir » ? C'est ce qui est marqué ! Je sais que c'est pas facile d'écrire ce qu'un mec te hurler à travers des barreaux dans un accent horrible, mais il faut faire un effort ! Et ça veut dire quoi « Sigvarite » ? Et Ildraide c'est pas un prénom !

La suite du papier est censée raconter la raison de sa présence ici, mais la ponctuation était pas fournie avec. Il faut beaucoup plisser les yeux. Ça laisse le temps à « Ildraide » de profiter du décor de la pièce. C'est très calme. C'est la salle d'entraînement pour les vétérans en magie de la douleur alors c'est conçu pour être relaxant et religieux quoi. Y a une jolie terrasse et une fontaine au milieu. Des petites plantes. C'est très haut de plafond pour faire des parcours en téléportation. Je dois avouer que l'art, au Prieuré, c'est beaucoup à base de tableau de gens qui souffrent, ou de sculptures de gens qui souffrent, ou des céramiques de gens qui souffrent. Heureusement le décorateur fou n'a pas trop sévi ici.

- Tu sais pourquoi tu es ici ?

Oui c'est un classique mais je suis un peu froid là.

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Hildred Lokensdottir
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MessageSujet: Re: Qui que l’on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes. [Hildred]   Lun 26 Mar - 2:49

L'argent n'a pas d'odeur, qu'on dit toujours. Ce n'est pas vrai, l'argent pue, mais généralement, on évite soigneusement de l'amener jusqu'à son nez, le gardant bien enfoncé dans ses poches, en évitant de penser aux mains qui l'ont données. Les combats illégaux, ça gagne bien, presque mieux que tes autres boulots, tout dépend si c'est à mort ou non. Mais toi, tu n'aimes pas tuer, alors tu ne peux pas vivre de tes combats. Quelle ironie.
En fait, avec tous les boulots que tu te tapes, tu n'as pas vraiment besoin de la boxe pour vivre, ou peut-être que si, en fait, mais pas pour l'argent qu'elle te procure. C'est pour le feu, hein ? Tu sais, celui qui te consume. Taper sur des gens qui payent pour ça, c'est le seul moyen que t'as trouvé pour contenir tout ce qui hurle, griffe et brûle au fond de toi. Ce n'est pas la solution, c'est sûr, mais t'as toujours la conscience plus tranquille quand tu frappes des gens qui le veulent bien, et t'essaies de ne pas trop penser à ceux qui ne se relèveront pas. 
C'est ton père qui t'a amené pour la première fois dans ces caves moites et humides où des hommes se réunissent pour parier sur d'autres désespérés. Il participait souvent, allant sur le ring avec le sourire, géant parmi les nains, et tu le regardais faire, des étoiles plein les yeux. Il disait que c'était pour l'honneur qu'il le faisait, parce qu'un Sigvarite sans combat n'est que la moitié d'un Homme, disait-il. Quand il est parti, quand il t'a renié, t'as pris sa place au cœur de la mêlé. "Pour l'argent" que tu disais comme une excuse... 
Aujourd'hui, tu ne cherches plus vraiment à t'excuser quand tu casses les dents de ces pauvres gars.

Le truc, avec ce qui est illégal, c'est qu'à un moment, ça vous pète entre les doigts. Tu le sais, tu l'as toujours su, mais tu l'as toujours vu comme la part obligatoire de ta vie s’entremêlant trop souvent avec les affaires des oisillons. Va savoir comment, mais le prieuré avait fini par mettre la main sur l'adresse de cette succursale. La moitié des gars présents avaient réussi à s'enfuir, pas cons, mais pour toi et tes deux mètres, ça avait été plus compliqué de leur faire perdre ta trace. 
T'aurais bien sûr pu foutre un poing dans la gueule d'un des gars qui t'a chopé, mais ça, c'est le meilleur moyen de se faire buter, alors t'as pris son poing dans la gueule sans broncher, et tu t'es gentiment laissé capturer. Ce qui est chiant à Excelsa, c'est qu'on est forcément en tort, quand l'exécutif et le judiciaire sont dans les mêmes mains. La seule chose à faire, c'est encore de se la fermer...

Du coup, retour à la case prison.
Ce n'est pas ta cage habituelle, celle dans laquelle tu peux faire tes cents pas, celle dans laquelle tu peux ruminer ta colère, encore et encore, jusqu'à la sentir t'étouffer, jusqu'à avoir l'impression que d'un instant à l'autre tu manqueras d'air. Celle-là, elle est différente. Tu n'es jamais rentrée aussi loin dans le fort. Tu sais que tu es loin, car ici les murs ici sont ouvragés, que tu peux en admirer les gravures, les peintures. Enfin, ''admirer'', pour ce que tu connais de l'art, tu n'es certes pas réellement en train de t'extasier devant chaque morceau de pierre sur lequel tes yeux se posent, mais tu regardes au moins, tu envies, presque, et c'est déjà trop.
C'est calme ici, tu as pu dormir sans trop de mal cette nuit, si on exclu la visite d'un inopportun en pleine nuit qui ne semblait pas savoir que les locaux étaient occupés. Il a semblé surpris, mais pas autant que toi, sur le qui-vive, pareille à un animal n’attendant qu'une gorge pour la mordre. Tu étais prête, au besoin, mais il est repartie, avant même que tu n'aies besoin de te résonner sur ces combats qu'il ne faut pas mener car perdus d'avance. 

Au matin, tu est seule, de nouveau. Et l'ennui commence à poindre le bout de son nez. Il te faut une occupation, ou tu vas commencer à gueuler, tu te connais. Étirant comme tu peut ton corps endoloris par le froid et la dureté de couche en pierre, tu te forces à te lever pour se faire, frôlant d'ailleurs dangereusement le plafond de ta cellule. Tout est toujours trop petit, ici, ou toi qui es trop grande, qu'importe, le résultat est le même. 
Tu grognes, tandis que tes os craquent après cette nuit difficile, tes muscles endoloris hurlant contre cette torture matinale. Tu as faim, bien sûr, mais la faim est une vielle amie quand on grandit à la Borée, une amie qui apprend toujours bien vite à ignorer. Un jour sans manger, ça va, encore, tu ne trouves pas?
T'as du sang séché sur ta chemise en lin, et probablement encore sur le visage. Ça ne va pas jouer en ta faveur, tu le sais déjà, mais de toute façon, rien ne jouera en ta faveur, aujourd'hui. Ton œil te fait mal aussi, mais tu l'ignores, et fait comme s'il n'était pas à moitié fermé. Le mieux à faire, c'est encore de serrer les dents et d'attendre que ça passe. Ton père disait toujours que la douleur forgeait l'âme, ça se voit qu'il n'avait jamais dû se faire arrêter par le Prieuré, pour penser comme ça...

Y a un prieur qui rentre, tranquillement, papier en main, allant se poser sur une table où il fait le plus calmement du monde chauffer son eau. Sérieux, il va boire un thé? Toi, t'es toujours debout, en train d'étirer tes bras, et pour le coup, tu te vois mal arrêter en plein milieu de ta routine, alors tu continues. Si tu dois t'en prendre dans la gueule, autant que tu sois prête à l'encaisser. 
Tu ne sais pas pourquoi t'es ici, mais tu sais qu'on va te demander des trucs, probablement des trucs que tu ne sais pas, ouais, et probablement aussi des trucs que tu sais, et dans un cas comme dans un autre, tu ne pourras pas répondre. Personne n'aime les balances. Personne. Et t'as pas envie que ta mère finisse au fond du fleuve, ou en petits morceaux, une nuit où tu seras occupée à bosser. 
Alors tu vas encaisser, comme tu sais si bien le faire, et tu vas te la fermer, comme tu sais si mal le faire. 

L'homme, le prieur, il te demande si tu sais pourquoi tu es là. Ça t'arrache un rictus tellement c'est bateau comme façon de commencer, mais il ne peut pas le voir, car là, tu finis d'étirer ton dos. T'as bien attendu qu'il finisse de lire ses trucs, non? Chacun son tour. Mais bon, tu sais que généralement la patience, ce n'est pas leur "truc" des gens, alors au bout de quelques instants, tu te forces à finir, croisant de nouveau son regard. Il n'y a rien d'amical, dans ce regard. 
Animale, comme trop souvent, tu te contentes d'un grognement pour toute réponse, croisant les bras  en allant poser ton dos contre le mur froid de ta prison, lui faisant face. Tu ne le provoques pas, mais la limite est si mince... Tu sais que tu n'aimeras pas la suite, mais au fond, c'est ce que tu veux, n'est-ce pas ? 

Allez, qu'il te fasse détester cet endroit. Qu'il te fasse haïr chaque parcelle de ce qu'il représente. Cela aura au moins le mérite, peut-être, de faire taire le regret de ne pas être à sa place...

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MessageSujet: Re: Qui que l’on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes. [Hildred]   Mer 28 Mar - 1:18

Heureusement que sur les papiers il est précisé que c'est une madame. Si la politesse avait été dans les priorités du jour, ça aurait pu donner des scènes gênantes. Cheveux courts, très musclés, une bonne tête de plus que moi. Large. Elle est en train de s'étirer dans la pénombre de la cage. Elle a vraiment le physique pour la bagarre, on ne peut pas lui enlever ça. J'aimerais bien avoir les mêmes épaules, franchement. J'ai l'air d'une danseuse à coté.

Elle ne me répond pas. Ça me met pas en colère. J'ai l'habitude que les gens ne soient pas très content d'être là. Au moins elle ne crie pas. Je n'aime pas quand ils crient, qu'ils posent plein de question alors que je n'ai même pas encore commencé à faire quoique ce soit. Du coup je laisse le silence s'installer pendant que je prépare mon thé (qui n'est pas juste du thé). Comme dans tous les ordres religieux et les armées de l'univers, il y a dix milles rituels idiots qui encadrent ma vie entière. En l'occurrence celui là est assez reposant : broyer des plantes et faire chauffer de l'eau c'est tolérable niveau aliénation à un système totalitaire.
En fait le « thé » proprement dit sert à masquer le goût et les effets secondaires de la substance qui est dedans. La-dite substance doit me mettre dans un état propice à la magie, c'est-à-dire me faire mal. Mais sans dégâts (mis à part me filer la diarrhée mais on va pas faire l'année là dessus). Ce qui est pratique dans le genre de circonstance où on est déjà en train de cicatriser d'un autre boulot et qu'il y a des toilettes tranquilles pas trop loin.

Là tu te dis, petit rigolo, que la bonne blague serait de filer le « thé » directement à la prisonnière. Bien dosé. Bah non. Ça ne se fait pas. C'est un truc un peu sacré, on refile pas les traditions secrètes d'un art millénaire à n'importe qui, et puis ça coûte cher à fabriquer. Dans le temps ancien c'était que des produits naturels évidemment, mais avec un peu de technologie par dessus ça permet d'éviter certains effets secondaires enquiquinants comme la gangrène de la bouche (ça rigolait pas à l'époque).

C'est dans un silence assourdissant que je bois ma tasse en regardant la ville par la terrasse. Grand ciel bleu, petit vent frais du matin. J'ai moins de mal à ignorer la prisonnière que les « vrais gens » dehors, je reste détendu. J'ai l'habitude d'avoir un mec en train de crever dans un coin. Peut être que les deux trois premières fois j'ai dégobillé, mais on s'y fait franchement. Bref. On est quand même là pour dire des trucs. Je parle d'une voix douce. Pourquoi s'énerver ? Et puis j'ai remarqué que les gens ont tendance à se calquer sur le volume sonore de leur interlocuteur, ça peut canaliser certains bruyants.

- Tu as été déplacée dans l'aile des vicaires, c'est pour ça que ce ne sont pas les geôles de d'habitude.

J'observe la réaction à ma déclaration. Il y en a à qui la magie fait peur, ça serait idiot de négliger un bon levier psychologique. Puis c'est pas dit qu'elle différencie les uniformes du premier coup d’œil, d'autant qu'on est pas très nombreux. Il a dit « métèque » l'autre sanglier non ? Elle fait pas très étranger, genre vêtements de sauvages et cheveux bizarres, mais elle en a probablement rien à foutre du Prieuré. Les gens dehors ils préfèrent faire des autels en crotte pour un animal qui vit dans le soleil parce qu'une vieille dame défoncée aux champignons leur a dit de le faire. Globalement c'est la vision que j'ai de la spiritualité étrangère. Comme il n'y a pas de « dieux » ici, le concept me semble con et puéril.

- Tu sais écrire ? Au moins ton nom ? Pour me l'épeler. Sinon j'irais vérifier plus tard, mais ça m'éviterait le voyage. J'ai ce papier là à faire.

Je secoue une feuille avec ma main valide. Dans le cas des prisonniers mutiques, des petites provocations de ce style peuvent débloquer la situation. Et puis une fois lancé, c'est dur de s'arrêter de parler. Enfin ça marche sur les idiots, les émotifs. Le thé va mettre une dizaine de minute à passer dans mon système de toute façon.

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