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 La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred

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Hildred Lokensdottir
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MessageSujet: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Ven 16 Mar - 18:32

« T'crois qu'ils nous courent encore après ? » Tournant la tête vers la cité, tu la regardes un instant, mal à l'aise alors que tes pas t'éloignent d'elle. Voilà bien longtemps que tu n’avais plus été aussi loin de ses murs de ta ville chérie, et l'anxiété te gagne de minute en minute, te rendant nerveuse, et légèrement agressive. L'odeur du sel commence à disparaître, tu es bien loin de ton port désormais, et il n'y a rien, pas même une mouette pour tromper ton malaise. Déglutissant péniblement, tu avances pourtant sur les routes pavés, il faut bien...

« Et puis t'veux qu'on aille jusqu'où comme ça ? T'connais du gens ici ? J'aurais dû les affronter, dix contre un, moi j'dis ça passe. J'pouvais !» Fais-tu presque vexée d'avoir du fuir. Toujours aussi penaude, les épaules légèrement recourbées vers l'avant, la tête presque baissée, tu tournes un regard inquiet vers Zaira qui, pour le coup, semblait avoir toutes les réponses à tes questions sans fin...
Il y a quelques nuits de cela, tu avais fait sa connaissance dans de biens tristes circonstances. Mais il faut croire que les ennuis ça rapproche, car après ton petit massacre d'oisillons en sa compagnie, tu avais décidé de la revoir, encore, et encore. ''Pour sa sécurité'', arguais-tu comme pour t'excuser d’apprécier quelqu'un, comme si la simple idée que tu puisses avoir une amie te semblait à tel point révoltante qu'il te fallait trouver une excuse pour la côtoyer. Cependant, plus les jours passaient, et plus les excuses se raréfiaient. Quelle était celle du jour, d'ailleurs ? Ah oui, ''l’accompagner au marcher'', comme le prouvait la clémentine encore entre tes mains.
Toi qui détestes la foule, quelle idée à la con...

Quel manque de chance, quand même, de tomber juste ce jour-là sur un groupe d'oisillon avec à sa tête Isidore, le même homme qui avait, quelques nuits plus tôt, essayé de vous faire du mal. Ni une ni deux, tu lui avais foncé dessus, lui écrasant la tête sur un des étales de poisson. Le résultat avait été moche, mais efficace, et l'homme s'était écroulé sans résistance. Manque de chance, un de ses hommes avait appelé des renforts, une vingtaine au moins, à tel point que Zaira avait ordonné un repli stratégique hors de la ville, au risque que vous finissiez charpie...

Et voilà qui clôturait vos déboires du matin, et la raison qui vous poussait à errer, à pied, en pleine campagne. « J'ai besoin d'une bière... De beaucoup de bières... » Fais-tu, boudeuse, bien décidée à être de mauvaise humeur, malgré ton habituelle docilité. Dire que vous auriez pu être dans une taverne plutôt qu'ici, au milieu de nulle part. Un soupire t'échappe, et tu finis par t’asseoir sur le bord de la route, agacée. « J'pense qu'on est assez loin m't'nant. Puis j'vois pas où on pourrait aller... » Et pour appuyer ton sit-in, tu décides de commencer à éplucher ta clémentine. Autant ne pas la perdre, c'est sûr...

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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Sam 17 Mar - 8:56

Je me sentais étrangement lucide malgré les circonstances. En fait, être accompagnée d’Hildred me donnait l’impression d’être intouchable. Quelques nuits plus tôt elle m’avait tirée des griffes de salopards et avait poursuivi sa tâche de sauvetage en s’inquiétant de ma santé alors que tout allait bien. Enfin tout allait bien, c’était vite dit. Les mêmes cauchemars venaient encore hanter mes nuits et je me réveillais en pleurs silencieux au milieu de la nuit mais je me consolais en me disant que je n’étais pas la première à me faire prendre à partie par des ordures mais peut être plus chanceuse que la plupart. Bref ma nouvelle amie avait prouvé à ces raclures d’égout que les choses ne se passaient pas toujours selon leur bon plaisir et continuait sa mission de protection auprès de moi. Lorsque sa haute silhouette carrée se découpait à l’horizon j’avais toujours envie de sourire de contentement de la voir de nouveau entrer dans ma vie. Je ne lui demandais jamais rien, elle ne m’avait rien promis, mais quelque chose était né et grandissait entre nous. Je ne savais pas trop ce qui me plaisait en elle en dehors de la gratitude que je ne manquais mais de ressentir à son égard, mais je ne cherchais pas à l’expliquer c’était comme ça, comme un sentiment qu’on accueille avec le sourire chaque fois qu’il se manifeste.

J’étais une fois de plus essoufflée, mais comme après une belle course, et non comme après la fuite effrénée dans la nuit qui nous avait rassemblée. Il faut dire que je savais maintenant à qui j’avais à faire en la personne de ma camarade et qu’il faisait jour. C’est fou comme les rayons de platine du soleil pouvaient changer les perspectives de situations complètement similaires voire même plus critiques ! En effet cette fois, ils ne s’étaient pas contentés d’être quatre. On frisait les deux dizaines de fils chacals et même la vigueur d’Hildred n’en serait pas venu à bout. J’avais regardé avec un contentement la face d’Hyène s’écraser sur les caisses puisque le glaive de la justice ne s’abattrait sans doute jamais sur lui, mais il était illusoire de penser qu’on s’en tirerait face à la meute qui se regroupait. J’avais pourtant été obligée de l’arrêter de ma petite main sur son bras. Tout chez moi semble minuscule auprès d’elle.

« Trop nombreux ! Suis-moi ! »

Je connaissais assez bien l’endroit. N’était-ce pas là que je tentais de trouver de quoi améliorer l’ordinaire de la maison pour quelques pièces ? D’aucuns pouvaient penser que c’était peine perdue d’économiser en me rendant sur les lieux de production et de vente en gros et de perdre tout ce temps à m’y rendre à pied et surtout revenir chargée come une bête de somme dans mon district, mais ceux-ci sont ceux qui n’ont jamais connu de disettes et qui ne savent pas qu’au cours de la journée, pas seulement à la fin des invendables étaient à négocier à pas cher par rapport au prix des boutiques du centre de la cité. En la circonstance, j’avais dû laisser ma récolte derrière moi pour courir plus vite. Il me faudrait tout recommencer ou revenir… Mais nous avions semé nos poursuivants entre les étals.

« Non, ça va je crois. »

Quelques bousculade et étalage renversés plus loin nous avions pu ralentir et reprendre une marche vigilante. Cela ne m’empêchait pas de jeter des regards à la dérobée autour de nous pour m’assurer que les petites frappes qui nous avaient prises en chasse ne pointaient pas leur museau au détour d’un négoce… ou d’une serre entre lesquelles nous nous étions faufilées, les champs étaient trop étales pour éviter que la carrure de mon amie ne se repère comme le nez au milieu de la figure. Aller où était une bonne question. Les gens que je connaissais ici n’étaient pas nombreux et ne méritaient pas qu’on les mette dans la merde.

J’entrainai la géante dans une serre restée ouverte peut être pour ventiler les cultures. Je ne connais rien à ces choses, mais au moins on était sur un lieu de production et plus ou moins à l’abri des regards si on faisait confiance aux reflets du soleil et de la lumière ambiante pour nous dissimuler aux regards extérieurs. De production fallait le dire vite. La saison semblait ne pas nécessiter cet artifice et elle semblait plutôt pour le moment en repos. Je lançai un regard mi gêné mi innocent à Hildred.

« Non pas vraiment, mais au moins on est… »

Je lui donnais un coup de coude en apercevant les alignements d’un vers par la porte opposée.

« Allons voir par là… »

Je jetai en souriant un regard à la pauvre clémentine, seul relief de nos emplettes. Etre accompagnée de cette fille donnait à mon inquiétude le goût de l’impunité et du jeu. Etre rattrapées ne me semblait pas si tragique que quelques nuits plus tôt.

Des pêches ! Des quantités de pêches ! A côté, le petit agrume d’Hildred tenait lieu de dérisoire trésor. Des quantités de pêches mais inaccessibles. Oh ! Pas physiquement, la haute stature d’Hildred suffisait si nous le voulions à les cueillir sans peine, mais les allées étaient parcourues des cueilleurs et soigneurs qui avec des paniers en équilibres au bout de perches d’épaules, qui avec un sécateur. Cà et là, d’autres personnes avaient plutôt l’air de client en repérage que de cultivateurs. Le plus proche en costume de ville ne laissait que peu de doute là-dessus, et faisait le pied de grue au bout de la rangée mitoyenne de la nôtre. Visiblement, il s’impatientait mais personne ne semblait vouloir s’occuper de son cas.  De notre côté, le temps ne semblait pas avoir la même importance et nous pouvions reprendre nos esprits à l’ombre des pêchers.

« On s’assied ? »

Sans attendre la réponse de mon amie, je m’adossai contre un tronc et tandis qu’elle finissait, ronchon de peler sa clémentine, je chassai de la main une abeille sans doute de la même humeur Que mon amie.
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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Sam 17 Mar - 19:22

Winifred n'avait pas eu la livraison espérée de ses fruits et légumes nécessaires à la bonne tenue de son établissement, car son tendre livreur s'était brisé le dos. C'était un brave type qui commençait à faire de l'âge et il avait bien du courage de traverser la campagne pour rejoindre la ville quasi quotidiennement pour faire ses livraisons habituelles, dont celle de Wini. Mais du coup l'option qui lui avait été proposée était de se rendre elle même chez le producteur, pourquoi pas, ça allait faire prendre l'air un peu et elle connaissait mal la campagne de ce côté là, elle avait plutôt baladé du côté du lac dans sa tendre jeunesse, lorsqu'elle avait un peu de temps (donc peu...)

"Retrouve moi à la fontaine dans 1h et je t'amène avec ma carriole, faut aussi que j'y aille" lui avait gentiment proposé un ami et voisin commerçant, celui qui habitait dans la rue de derrière et qui faisait aussi bien du pain que du fromage, d'ailleurs Winifred ignorait où il avait ses bestioles, ce sera l'occasion d'en parler avec lui. Pourquoi pas faire voiture commune après tout. C'était sympa de se faire balader par des chevaux, elle sentait déjà qu'elle allait se mettre à jouer les divas en faisant des saluts aux gens qui passeraient près d'elle, prenant également un air hautain et fier. Mais bon, c'était pour acheter fruits et légumes.

La route se passa sans encombres et Wini eut ce qu'elle désirait, ce qui était en réalité sa commande pré-établie mais elle profita d'être sur place pour faire quelques folies et s'acheter quelques fruits supplémentaires qui ne lui avaient pas été proposés.

Puis elle cru voir une silhouette qui lui était familière dos contre un arbre. Une silhouette qu'elle avait aperçu... ou plutôt vu pendant quelques heures un soir chez elle. Mais la belle n'était pas seule et était accompagnée d'une belle petite masse féminine et toutes deux semblaient être complices, du moins c'était sûr qu'elles se connaissaient déjà étant donné qu'elles discutaient.

- Zaïra, vous ici ? Comment tu vas, la belle ? Tu me présentes ton amie ?

Dit-elle en exprimant un large sourire. Son cocher ainsi que leur voiture attendait plus loin, mais l'homme n'était pas pressé, il parlait agrumes avec un collègue. Ils avaient tous les deux chargé la cariole de pommes, poires, pêches (belles !), quelques agrumes, des légumes divers et variés qui feraient des mets succulents.

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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Sam 17 Mar - 19:48

« Ouais, On va pas faire l'pied d'grue p'dant dix ans » Bon, dix ans peut-être pas, mais il fallait avouer que tu n'aimais pas rester debout. Question de logique : quand on fait presque deux mètres, debout, on attire tout de suite beaucoup plus l'attention. Or, l'attention, justement, ce n'était pas réellement ton truc, contrairement à ce qu'on aurait pu croire. En fait, à bien y penser, c'était plutôt toi qui étais le truc de l'attention, finissant forcément par te faire trop remarquer, en bien ou en mal bien sûr, quoi que plus souvent en mal, quand même...

Zaira semblait curieuse de ces gens, cueillant et soignant les plantes avec beaucoup de minutions. Toi, tu te sentais comme un poisson hors de l'eau. Ici, tu ne savais pas ce que tu avais à faire. Ici, rien ne t'était familier, et il n'y avait personne à qui te raccrocher, hormis Zaira bien sûr, que tu continuais à regarder du coin de l’œil, comme un chiot insolent. Si au premier regard, il était difficile d'imaginer que vous aviez le même âge, ton attitude avait tout ce qu'il fallait du puérilité pour que ton secret finisse forcément par se percer, pour qui creusait un peu... « J'aime pas la campagne. Genre, on va faire quoi ? R'garder les plantes pousser ? J'aime pas les plantes... » Maturité, toujours.

C'est amusant, c'est toujours quand on est sûr de rencontrer personne que soudainement, le monde décide de lancer le dé cosmique des rencontres aléatoires. Et pour le coup, la rencontre aléatoire en question n'était pas pour toi. Cela te changeait, certes, mais en soit c'était presque une bonne chose : la plupart des personnes qui te cherchaient le faisaient soit pour te casser la gueule, soit pour que tu casses une gueule. Dans un cas comme dans l'autre, tu t'en passais largement. Non, la rencontre était pour Zaira, que tu regardas en levant un sourcil quand la jeune

Examinant la femme un instant, tu n'arrives cependant pas à replacer son visage. Ah, pourtant, tu la connais, tu en es presque sûr, mais d'où ? Quoi qu'il en soit, il ne te semble pas le plus poli du monde de rester comme ça, assise par terre, quand quelqu'un vient à ta rencontre avec un sourire aussi charmant et amical. Te relevant précipitamment, après quelques secondes de retard, tu jettes alors tes épluchures derrière ta tête, comme pour essayer de cacher ton crime d'une façon plutôt mauvaise. La discrétion n'a jamais réellement fait partit de tes caractéristiques premières, ce qui se devine vu la lourdeur avec laquelle tu te redresses...

Tu attends que Zaira fasse les présentations avant de tendre ta main rugueuse, un brin malhabile. « Heu, hum... V'z'êtes ? » Dis-tu avec toujours ce manque de tact et de délicatesse qui font de toi une femme bourrue et agressive au premier abord...

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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Sam 17 Mar - 21:08

Je commençais presque à me sentir bien là assise à côté d’Hildred qui finissait son fruit. L’ombre des arbres étaient rafraichissante et le parfum des pêches se mariait à merveille avec les effluves d’agrume qui venait des mains de la géante. J’en aurait presque oublié la raison de notre présence dans le verger et regrettais déjà de na pas avoir mon violon avec moi. En fait j’avais un peu hésité à l’emporter avec moi mais faire la tournée des surplus des maraichers avec était plutôt incommode. Ma passion pour la musique n’allait pas non plus jusqu’à me compliquer la tâche. Il fallait se montrer pragmatique… Quelques passereaux dont j’ignorais le nom venaient à la rapine ayant trouvé le moyen de déjouer les épouvantails.
 
De temps en temps je tentais d’engager la conversation même si je savais que ma compagne n’était pas du genre loquace. En fait, j’étais certaine qu’elle en savait plus sur moi que l’inverse et cette asymétrie me chagrinait un peu même si je pouvais admettre qu’elle avait le droit d’avoir ses petits ou grands secrets. Le temps viendrait peut-être où elle se révèlerait, le jour peut être où elle aurait un peu plus confiance. C’est vrai. On ne se connaissait pas depuis si longtemps et je lui devais plus qu’elle…
 
« C’est pas mal comme endroit… Je ne viens que pour le ravitaillement mais c’est presque dommage… »
 
Implicitement cela attendait une réponse d’Hildred mais j’avais un peu fait une croix dessus. J’avais bien compris qu’elle ne vouait pas un culte particulier à la campagne et la rencontre avec les salopards n’avait apparemment pas arrangé son humeur et c’était compréhensible d’autant que moi je me contentais de me reposer sur sa protection. Inutile donc de lui suggérer de revenir sans mission particulière, juste pour profiter du cadre.
 
« Je me demande combien de temps ils sont capables de nous chercher… »
 
Là aussi silence. Mais je connaissais la réponse. Ça dépendait du degré de rage dans lequel Hildred les avait mis et surtout du nombre de témoins qui ont pu constater qu’ils n’étaient pas si costauds et si effrayants que ça. Enfin, effrayants, ils l’étaient, mais ils venaient de prendre impunément une dérouillée en plein jour et ça c’était mauvais pour leur autorité basée uniquement sur la peur. Il fallait des représailles… Je pensais aux « impôts de tranquillité » dont mes parents devaient s’acquitter et contre lequel je ne voyais pas de solution et que je tentais d’oublier autant que possible.
 
Je soupirai afin de chasser ces sombres pensées et finis de m’allonger avant de me contenter de regarder les rayons du soleil jouer avec le feuillage des arbres, créer des transparences, m’éblouir à l’occasion…
 
Soudain mon nom résonna à mes oreilles et je me retrouvai debout avant d’avoir pu analyser d’où la voix venait. Ce n’est qu’ensuite que je réussis à orienter mon regard dans la bonne direction et associer la question à la personne.
 
« Octopus ? »
 
La femme avait de quoi m’avoir laissé une forte impression. Elle tenait une taverne sur le port et m’avait invitée à y jouer il y avait maintenant quelques nuits de ça. La soirée avait été mémorable et j’avais classé cette femme dans les personnes réglos et de confiance. Beaucoup dirons que même si on ne peut pas me classer parmi les naïves, je fais facilement confiance au gens et ce n’est donc pas forcément une référence. Tout ça pour dire que son arrivée me soulagea. Je m’empressai de faire les présentations.
 
« Je suis contente de te voir. »
 
J’ouvris les mains alternativement du côté d’Hildred et de Winnifred en un manège des plus convenus.
 
« Octopus, voici Hildred, une amie. Hildred, Octopus… »
 
Je m’interrompis et hésitai à qualifier la tenancière.
 
« … une… chouette personne ! »
 
La suite était sortie de ma bouche un peu précipitée comme si je n’avais pas trop envie de me justifier là-dessus.
 
« Pour répondre à ta question… »
 
Je n’eus pas le temps de poursuivre et me décalai d’un pas pour mettre Winnifred dans un autre axe et je maugréai en direction de mon amie d’infortune en lui indiquant le passage qui donnait sur la serre et sur nous par la même occasion. Comme des imbéciles nous étions restées dans l’axe…
 
« Hildred derrière l’arbre vite ! »
 
Je venais de repérer une escouade de nos poursuivants et mes réflexes ne m’avaient donné d’autres idées que de me décaler pour me cacher derrière la nouvelle arrivée et prévenir la géante. Je suis certaine que mon visage s’était décomposé à l’irruption de la réalité dans notre petit moment de sérénité. Même si les oisillons ne pouvaient sans doute pas nous entendre à cette distance, je baissai la voix pour poursuivre en me penchant vers elle et en vérifiant de coin de l’œil que ma garde du corps était bien cachée.
 
« Puisque tu le demandes, on est un peu dans le pétrin. Une bande de … Enfin on est recherchées par un peu du monde qui… »
 
J’avais du mal à le dire mais en même temps, pourquoi tourner autour du pot ?
 
« …veut notre peau. »
 
Je sentis une transpiration glacée perler à mes tempes. Est-ce que je venais seulement de réaliser la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvions ? Ce n’était pas parce que c’était le jour que les lames des couteaux étaient moins affutés et les intentions des pourritures qui nous recherchaient étaient plus amicales à notre encontre. Qu’est-ce que j’espérais ? Cependant, je tentai de faire bonne figure devant le Winnifred.
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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Sam 17 Mar - 21:34

Oh bah tiens, en voilà une surprise... Si Wini avait pu ôter tous les soupçons du monde sur une personne ça aurait bien été Zaïra, mais voilà qu'elle semblait être dans un pétrin et pas des moindres, les oisillons aux fesses ça se gagnait pas non plus juste parce qu'on avait collé une p'tite baffe à un mec qui mettait une main aux fesses, non, non, on a les oisillons à nos trousses quand on fait quelque chose de pas clair, pas net, ni quelque chose qui va dans leur direction (et pourtant, Wini savaient qu'ils étaient parfois aptes à fermer les yeux). Elle soupira et sourit en même temps, elle n'avait pas du tout envie de se mettre dans de beaux draps, elle avait une réputation à tenir ainsi qu'un établissement et c'était pas rien. Puis elle n'avait rien à se reprocher, elle était là pour aller chercher ses petits fruits et légumes et basta.
Elle posa sa main sur sa hanche, cette dernière décalée du reste de son corps, se pris de plaisir pour un rayon de soleil qui tapait dans sa nuque et regarda les deux jeunes filles avec un sourire amusée. Oui, elle était amusée de voir d'autres personnes dans les emmerdes, elle savait qu'elles n'étaient probablement pas coupables d'un crime. Quoi que...
Wini dévisagea l'armoire à glace qui faisait face à la petite Zaïra. Elle n'eut pas mot concernant l'armada qui arrivait au loin, son soucis n'était pas là.

- Hildred... si ton nom ne me dit rien... ta face ne m'est pas inconnue en fait... C'est très certainement au bar, t'es déjà venue à L'Octo, un bouiboui sympa dans le quartier portuaire ?

Mais elle ne la laissa pas réellement répondre, elle savait que c'était là, sinon où ailleurs ? Une masse pareille, dans la rue, elle aurait tiqué, mais dans son établissement elle était habituée aux gens... "particuliers" ?

- Bon, c'quoi le soucis les filles ? Pourquoi vous avez cette escouade au popotin ? J'peux PEUT ETRE vous aider, mais faut m'faire un topo rapide et concis et y'a des choses qui passent et d'autres pas. Alors ?

Après tout, elle voulait pas voir sa petite beauté au violon se faire couper les mains ou finir derrière les barreaux, elle était bien pour venir animer quelques soirées après tout. Mais la grande là, elle avait ses preuves à faire, Wini ne la connaissait pas. Et se foutre potentiellement dans la merde pour une illustre inconnue ? Elle leva les yeux au ciel rien que d'imaginer la situation improbable.

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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 0:04

Tu ne réponds pas à la question de Zaira sur les oisillons, car tu sais qu'ils ne vous lâcheront pas. Pas après tout ça... Tu n'as pas peur, pourtant, déjà résolue à les écraser un à un, et ce, autant de fois qu'il le faudra. Même à dix contre un, tu restes sereine. Il le faut bien, non ? Tu te dois d'être forte, pour que personne n'ait à s'inquiéter, surtout pour toi. Tu es valeureuse, probablement téméraire, et peut-être même suicidaire, mais tu es quelqu'un de foncièrement bon. Quelle importance que tu sois en sécurité ? Seul compte la sécurité des autres...

D'ailleurs, en parlant de sécurité, tu scannes, les bras croisés, la mine austère, la nouvelle venue comme si tu examinais si oui ou non, elle était assez bien rentrer dans ton établissement. ''Octopus''? C'est quoi, ce nom ? En entendant Zaira te la présenter, tu fronces de sourcils, prise d'incompréhension. Tu ne sais pas ce que ça veut dire, Octopus, mais tu es sûre d'une chose : ça va être galère à retenir... « Mouais, 'chantée. » Fais-tu seulement, l'air maussade, pour répondre aux présentations en bon et due forme de Zaira, continuant d'être la nuit de ses jours. Peut-être aurais-tu été plus aimable avec cette femme si tu l'avais rencontré dans son bar, mais là, perdue au milieu de nulle part, tu ne te sens pas d'humeur urbaine...

Quelque chose met un terme à votre petite discussion stérile. Quelque chose comme une bande d’oisillons armés et bien décidée à vous en faire baver. Ils sont collants, n'est-ce pas ?
Zaira donne l'alerte, et te crie de te cacher derrière l'arbre. L'idée que quelque chose puisse te cacher te semble tellement peu naturelle, que tu restes comme deux ronds de flans, à regarder la scène, la mine un peu penaude. Heureusement, avec presque une bonne minute de retard, tu finis par te mettre derrière l'arbre, pestant sur le fait que cela ne servirait pas à grand chose, et que tu aurais plus vite fait d'aller leur faire manger leurs dents.
Tu as la haine, ce n'est pas une nouveauté, et contre eux, tu peux la déverser sans états d'âme, que demander de plus ?

Octopus sourit. Elle a l'air de franchement se foutre de votre gueule et quand on y regarde de plus près, y a de quoi. Deux gamines poursuivies par la pègre, qui se cachent derrière une femme sortie de nulle part et un arbre, le tout en paumées en pleine campagne. Tu l'avoues, la situation est cocasse, mais l'avouer n'arrange rien à ton humeur... Quelle journée fantastique, que dis-je fantasmagorique... « Ouais, j'connais ton bar. J'crois êt'es d'ja allé avec d'autres gars en fin de journée. La bière est bonne. T'en as pas, là, par hasard? J'en aurais bien besoin... » On ne perd rien à demander. Son bar en revanche, tu en as une vague image floue. Tu te souviens avoir consommée là-bas, sans finir pourtant la soirée à quatre pattes, et c'est à peu près tout...

« Y a pas d'soucis. » Fais-tu, catégorique quand elle vous demande, en lançant un regard meurtrier à la bande d'homme qui entre, l'air scrutateur, dans la serre. « Ce sont des connards. Des connards bientôt mort, même. » Tu tiques, l'air fière, relevant même un peu le menton en croisant le regard d'Octopus, par défis, comme si tu avais quelque chose à prouver au monde tout entier.
Évidemment que tu refuses son aide, tu ne veux jamais mettre quelqu'un dans tes problèmes, trop fière et butée pour accepter que d'autres trinque à ta place. Tu es forte, tu peux encaisser, pas les autres. «J'pas besoin de ton aide. » Cependant, tu hésites un instant, puis te tournes vers Zaira, la mine inquiète sous tes sourcils froncés. « T'as qu'a rentrer avec elle, j'fais diversion, et toi, tu retournes en sécurité. J'les laisserai pas t'choper, ni toi, ni personne, t'inquiète. On se retrouve chez toi, ok ? » Fais-tu, quittant ta cachette.
Tu as un plan, et il consiste assez sobrement à taper sur tout ce qui se montra hostile à toi....

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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 9:21

Ca y était. Depuis que j’avais réalisé la panade dans laquelle nous étions, la réalité nous avait rattrapées brusquement comme si elle avait fait irruption grâce à mes pensées. Le seul élément positif des dernières minutes était l’arrivée de la tenancière de l’Octopus, et encore, je ne pouvais pas être totalement certaine qu’elle était de notre côté. Après tout que savais-je sur elle ? Quelle tenait un établissement de boisson ? Qu’elle avait été bienveillante et réglo avec moi durant le temps où nous avions fait affaire ? Le regard d’Hildred sur elle et la réponse plus que bourrue dont elle la gratifia ne m’encourageaient pas à poursuivre la confiance qui était la mienne. Ceci dit, qui ne tentait rien n’avait rien et c’était dans les épreuves qu’on pouvait juger de la confiance qu’on pouvait avoir dans son prochain. Hildred aurait tôt fait de la mettre hors d’état de nuire si nécessaire. Et puis, vraiment, tout bien considéré, je ne pouvais pas décemment la soupçonner de mauvaises intentions. Je tentai donc arrondir les angles entre les deux femmes. Comme si la situation n’était suffisamment compliquée.

« Désolée Octopus. Fais pas attention. On a eu des journées plus faciles… »

De son côté mon amie mettait un certain temps à se dérober à la vue des oisillons si jamais ils venaient à jeter un coup d’œil par ici et je ne me voyais pas en train de lui aboyer dessus pour qu’elle obtempère, elle était grande et capable de réagir toute seule. Mais là aussi en voyant changer son regard j’avais un peu peur de sa réaction. Evidemment elle ne pouvait pas être du même ordre que mon choix de tenter de passer inaperçu. Entre un écureuil et un ours on ne peut pas demander le même comportement. Mais je continuais à lui jeter des regards implorants et mon esprit tentait de lui envoyer le même message en vague continue, comme si la télépathie existait et que j’étais douée de ce pouvoir !

La panique commençait à monter en moi. Au-dessus de l’épaule de Winnifred, je tentais de surveiller les prédateurs tandis qu’Hildred revenait à la préoccupation qui était la sienne depuis qu’on avait fini de courir, la bière et la nécessité de se désaltérer. Rien de son côté ne laissait imaginer une quelconque peur et je me demandais si elle n’était pas un peu inconsciente ou suicidaire. Pourquoi choisir l’affrontement avant de tenter de prendre la poudre d’escampette ? C’était comme si l’appel de la mêlée était plus fort que l’instinct de survie. Le sang semblait exercer une fascination sur elle est je sentais un mélange acide monter en moi, celui de la tristesse de la voire animée de tels désirs et de la rage de me sentir impuissante à la raisonner. Je n’avais pas encore essayé après tout et je me sentais tiraillée entre cette nécessité de donner de vraies réponses à celle qui pourrait bien être notre planche de salut. C’était un peu trop pour moi et je sentis mes yeux commencer à se mettre à l’unisson de la panique grandissante qui m’envahissait et m’empêcher d’aligner deux mots construits comme si on m’avait bâillonné. J’eus soudain l’impression de revivre l’impuissance dont Hildred m’avait délivrée cette nuit fatale qui avait décidé de ses rejouer encore et encore.

« S’il te plait Hildred, ne fais pas ça… »

Mais mains s’étaient tendues implorantes vers mon amie avant que mue par l’urgence je me tournai vers Octopus les yeux brillants de larmes.

« Ils m’ont... »

Les mots ne parvenaient pas sortir de ma bouche pour parler de l’éternité pendant laquelle j’étais restée à la merci de ses ordures. Je baissai la tête à la fois de honte de mon impuissance et d’être la cause des ennuis des deux personnes qui m’entouraient en même temps que mes mains saisirent en étau mes tempes comme pour remettre de l’ordre dans mes idées. Je fis l’effort de redresser la tête et de croiser le regard de la tenancière.

« Hildred m’a sauvé de leur… Bref, là ils nous ont retrouvées… »

Je ne savais pas trop ce qu’avait compris Winnifred de mon discours que je savais décousu.

Mais l’heure n’était plus aux palabres. Au-dessus de l’épaule de la femme, je pouvais voir les oisillons se regrouper à l’entrée de la serre.  D’un moment à l’autre, ils allaient la traverser et se jeter sur nous si nous ne trouvions pas un moyen de leur échapper une nouvelle fois. Il ne pouvait être question de les affronter. Leur nombre à lui seul était dissuasif et je tentais d’espérer que leur armement se limiterait des lames mais on ne pouvait exclure qu’ils aient des armes à feu. La stratégie d’Hildred était primaire et suicidaire et je ne pouvais imaginer qu’une seule issue à cet affrontement qu’elle semblait appeler de ses vœux et qu’elle m’exposait comme s’il s’agissait simplement aller faire une course avant de rentrer à la maison. Je ne doutais pas de sa force et de son habitude du combat. Elle m’avait montré deux fois déjà qu’elle était capable de défaire n’importe qui mais là… Je n’avais pas envie de perdre mon amie et je me jetai à son bras pour tenter de la retenir.

« Arrête ! C’est perdu d’avance ! Tu vas te faire tuer ! »

Je sentais les larmes déborder malgré mes efforts pour les contenir.

« Pas question ! »

Au milieu de ses tremblements ma voix tentait de trouver un semblant de fermeté dérisoire pour dissuader Hildred de se lancer dans son raid désespéré.

« Viens. Il faut partir. Ils ne nous ont pas encore rattrapées. De toute façon, je ne te laisse pas y aller seule. »

J’avais un peu oublié Octopus concentrée sur ma volonté d’empêcher la géante de se sacrifier inutilement et sur la surveillance des oisillons. Bon sang les voici. Les premiers étaient déjà à l’intérieur de la serre et comme s’ils avaient compris que nous n’allions pas fuir, ils se contentaient de marcher sur nous, l’air menaçant faisant jouer entre leurs mains matraques, lames et poings de métal… Chaque seconde d’hésitation de notre part allait leur donner un peu plus l’avantage
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Winifred Cooper
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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 10:46

Bon, là, la situation avait pris une autre tournure. Winifred compris que les filles n'étaient vraiment pas dans de beaux draps et visiblement elles étaient vraiment dans la merde et c'était pas pour avoir volé un agrume. C'était la déduction qu'elle fit en voyant les épluchures qui jonchaient au sol, lâchées là avec suspicion. Le temps pressait, la grande gaillarde se faisait de moins en moins agréable et la petite Zaïra commençait à paniquer en louchant sur sa copine, c'est qu'il était temps d'agir.

- OH LE CON, IL M'A VOLÉ MON PANIER ! Hurla Winifred en pointant du doigt le bout de la serre par lequel venaient d'entrer quelques membres des oisillons. AH LE FUMIER SI J'LE CHOPE !

Puis elle glissa "filez de l'autre côté, vite, vous avez quelques secondes" aux filles avant de marcher d'un pas décidé vers l'armée. Ils ne pouvaient voir qu'elle, avec ses vêtements colorés et sa présence indéniable. Cette bonne femme en chair en colère ne passait pas inaperçue, surtout en criant de la sorte.

- JE VIENS DE LE VOIR FILER !

Et les oisillons tombèrent dans le piège, peut-être pensaient-ils que Octopus parlait potentiellement d'une des filles qu'ils recherchaient ? Qu'importe, ils sortirent de la serre, accompagnés par Wini qui plaça même sur le plus réticent une douce main dans le dos pour qu'il accepte de l'aider elle.
Elle n'osa pas regarder dans son dos quelle option avait été prise par les filles mais elle espéra qu'elles aient profité de la distraction pour sortir de la serre.

- Il ressemblait à quoi ? Se résigna à poser un des gardes.

- Un petit gars, frêle, 10-12 ans, tout roux.

- Ah, on peut pas le louper, on va regarder. Y'avait quoi dans ce panier ?

- Tout mon argent, pardi ! Et des emplettes, vous croyez que je suis là pour quoi ? Elle opta pour jouer la carte de la colère frustrée afin de leurrer un peu plus les gars, après tout, on est rarement tout décontracté quand on se fait voler quelque chose. Pardonnez mon vocabulaire messieurs... dit-elle afin de se dédouaner. J'ai un établissem...

- L'Octo, on connait oui, on vous reconnait. On va jeter un oeil. Mais vous, auriez-vous vu deux filles, un monstre bagarreur aux cheveux courts noirs et une jeune femme noire charmante ?

- J'en vois tous les jours des comme ça mon chat, mais ici ça me dit rie... oh attendez, si ! Quand je suis venue, sur le chemin, j'ai vu deux silhouette anormalement opposées, mais elles quittaient Excelsa dans la direction du lac maintenant que vous le dites, pourquoi ?

Le garde avec qui elle parlait fila discuter avec ses petits copains. Wini, elle, en profita pour aller voir son ami commerçant qui gardait de façon bienveillante la carriole remplie de vivres et lui glissa dans l'oreille subtilement "ce soir tu consommes comme tu veux à L'Octo, seule chose que je te demande, c'est de me récupérer au cul de la serre les deux filles avec qui je discutais, tu les as vu ? Et pas de questions, je t'en prie". Elle ne suppliait pas, elle priait, elle voulait pas laisser les nanas dans cette merde, c'était plus fort qu'elle.

- On trouve pas. Dit un oisillon. On a d'autres chats à fouetter, bon courage. Et il clôt la conversation de la sorte. Il fit signe aux derniers gars de revenir vers lui pour qu'ils puissent partir tous ensemble à la recherche des gamines. Espérons qu'elles ne se soient pas faites voir...

Filan, le commerçant, était déjà parti avec la carriole à petits pas pour ne pas éveiller les soupçons des derniers oisillons présents sur place vers l'arrière de la serre. Wini marcha également dans cette direction d'un pas assuré, faisant mine de chercher un voleur qui n'existait pas.

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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 14:14

Tu peux tout vaincre. Tu n'as jamais eu peur de la difficulté, ni peur du sang, de la douleur, du combat. Tu es invincible, ou du moins, tu te forces à le croire, pour ainsi ne jamais faillir. Si tu tombes, tu te relèves, si ton genou touche le sol, tu reprends ton souffle et repars à la charge. Tu ne connais pas l'abandon, tu ne connais pas le repli. Tout ce que tu connais, c'est la rage et le sang.
Du moins jusqu'à cet instant où une femme en vient à pleurer pour toi.

Qui aurait pensé qu'il suffisait de quelques larmes sincères, perlant sur un visage inquiet, pour te faire perdre toute ta rage, te laissant dans une infinie détresse. Tu ne pouvais pas la protéger, la consoler, car sa douleur était ta responsabilité, et ça, tu étais incapable de le comprendre, trop surprise qu'on puisse sincèrement vouloir ta survie. Le monde de la pègre t'avait changé Hildred, et pas en bien, loin de là...

« Je... » Tu aimerais lui dire que tu es désolée, tu aimerais lui dire que tu ne voulais pas la faire pleurer, mais les mots reste bloqués, coincé par l’orgueil dans une gorge trop serrée. Alors tu serres les dents, et les poings, sentant de nouveau la colère t'envahir, mais fondre l'instant suivant alors que tes yeux tombent sur ses mains qui essaient malgré toi de t’empêcher de mourir pour elle. Tu ne vois pas de solution, tu as beau chercher, tu ne vois rien que tu pourrais faire pour la sauver sans lui faire du mal. Tout ce qu'on t'a appris de ce monde, c'est que la loi du plus fort domine sur tout le reste.

Alors que tu restes là, interdite, les yeux naviguant intensément entre ta nouvelle amie et ses ravisseurs, Octopus reprend la parole, hurlant pour attirer l'attention à l'autre bout de la serre, avant de vous dire de fuir par l'autre coté. Elle va à l'essentiel et vous donne une et une seule porte de sortie. Levant tes yeux, tu lui offres un regard un peu perdue, sous ton habituel froncement de sourcil, mais heureusement, elle est déjà partie, sauvant ton honneur. Hochant de la tête avec dépit, tu décides cependant de ravaler ta rage pour cette fois. Il n'y aura pas de sang à faire couler, pas aujourd'hui, du moins. Quelle situation étrange...

« Ok, très bien... » Fais-tu en te baissant un maximum et en posant avec une douceur maladroite ta main sur celle de Zaira, l'incitant à te suivre jusqu'à l'arrière de la salle. Octopus semble être une femme de ressource, et même si d'ici tu n'entends pas toute l'histoire qu'elle est en train de faire gober aux oisillons, ils ne semblent pas s'en prendre à elle, preuve qu'ils n'ont pas remarqué votre petite discussion. Tant mieux. Cependant, une fois dehors, tu ne vois toujours pas comment quitter la zone sans risque. « J'pas comment on va s'en sortir, d'voient tenir la zone, s'ils savent qu'on est là... » Fais-tu, en surveillant de tous les cotés, alerte, que personne ne vous à vu sortir...

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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 15:35

Et voilà que les choses se télescopent s’entremêlent et me submergent. Je ne sais plus où est la priorité entre mon amie, les oisillons et enfin Octopus qui entre dans le danse comme si elle avait appris celle-ci depuis des lustres. Je ne sais pas comment réagir et d’ailleurs l’entrée en matière a été si brusque que je reste complètement interdite en regardant Octopus foncer sur la troupe de chacals en poussant des cris et en vitupérant contre un hypothétique voleur.

Enfin, mes yeux se fixent dans ceux d’Hildred. La rage y est toujours présente, mais elle regarde plus du côté de nos assaillants comme si la seule chose à faire était d’en découdre de les découdre, de piler ces ordures. Dire que de mon côté, je n’aurais aucun plaisir à les voir mordre la poussière serait mentir. Mes cauchemars qui hantent toutes les nuits seraient suffisants pour le justifier, mais personne ne mérite de devenir une brute sanguinaire et encore moins une meurtrière. Personne ne mérite qu’on meure pour elle et sans doute pas moi. Hildred a bien autre chose à faire de sa vie. Je lui souris reconnaissante alors qu’elle pose sa main sur le mienne. Je profite de son hésitation et de celle de la troupe d’oisillons pour l’entrainer dans la direction indiquée par celle qui est en passe de devenir notre sauveuse.

Décidément j’ai besoin de quelqu’un pour me protéger à chaque fois que je fais un pas. Cette dernière pensée me traverse l’esprit comme une lame sournoise et me fait manquer un pas avant que je puisse reprendre l’équilibre. Je n’ai pas le temps de creuser cette évidence et je reprends la direction de notre fuite, mais je sais que la graine noire est tombée dans mon cerveau et va forcément germer.

La paroi de la serre une file d’arbres plus ou moins propice à dissimuler notre fuite, et puis une autre une autre ! Quelle taille faisait ce verger ? Et voici le chemin à moitié pavé à moitié de terre battu avec des touffes d’herbe dans le moindre interstice ou fissure du sol. Un chemin c’est découvert là au milieu des vergers et si je jette un regard vers la droite je peux voir les oisillons s’agiter autour d’octopus. Oisillon ! Quel nom charmant pour une armée de salopards, de gibiers de guillotine, de crevures !  Quelle sorte d’oiseau pouvait avoir une couvée aussi malfaisante ? Même les vautours se rendent utiles dans la nature et c’était ne leur rendre que peu de justice de les comparer à cette bande de… En fait ils représentaient une maladie. Une infection putride comme celle qui vous ronge les membres lorsque le mal s’y est installé.

Je tire le bras de mon amie démesurée pour l’entrainer avec moi dans le talus du bas-côté du chemin en contrebas de la chaussée. Elle n'a sûrement pas l'habitude de fuir et de se cacher et depuis qu'elle m'a rencontrée, elle y est contrainte plus souvent qu'à son tour.

« Couche-toi ! Il ne faut pas qu’ils nous voient »

En même temps, je roule légèrement sur le dos pour m’assurer que le danger ne vient pas aussi de l’arrière. Pour le moment, les quinconces des pêchers ne me permettent pas d’apercevoir qui que ce soit, avec cette consolation que peut être nous sommes aussi un peu dissimulées de la même manière. J’osai un œil au-dessus de la chaussée, pour voir où en était les affaires de Winnie. Elle semblait savoir ce qu’elle faisait et n’était pas en danger immédiat mais il était hors de question que je fasse comme si son sort ne m’importait pas. Les Petites frappes s’agitaient autour d’elle semblant chercher brièvement dans une direction puis une autre un peu indécises. Certains semblaient commencer à se désintéresser de l’affaire alors que d’autres avaient des airs de furies. En tout cas pour le moment ils étaient occupés mais ça n’allait sûrement pas durer. D’ailleurs le nombre de mecs autour de notre sauveuse se réduisait à vue d’œil et je tentais tant bien que mal de deviner dans quelle direction ils se dirigeaient. Certainement certains allaient reprendre leur recherche à travers la serre et dans notre direction. Sans me retourner je demandais à Hildred de veiller sur nos arrières.

« Tu peux regarder s’ils n’arrivent pas depuis la serre ? »

La bonne nouvelle était qu’un certain nombre d’entre eux prenaient la direction, opposée à notre position. Un peu soulagée je roulai sur le dos pour pouvoir parler à ma géante préférée.

« C’est bon de ce côté. J’espère que ça va se tasser de ton côté aussi. »


Je marquai une hésitation et poursuivis en posant ma main sur celle d’Hidred.

« Merci de… »

Je n’avais pas envie de ressasser ces moments de tensions mais j’espérais qu’elle comprendrait à demi-mots.

Mais personne ne peut poursuivre la conversation car mes cheveux tressaillent comme si un coup de gel venait de les faire se figer sur mon crâne. Un puis deux et une troupe de nos poursuivants se matérialisent à la sortie de la serre. Ce n’est qu’une question de secondes avant qu’ils ne posent les yeux sur nous. Je regarde mon amie les yeux agrandis par le panique. Pas question qu’elle se lève pour foncer sur eux comme je devine qu’elle va vite en avoir l’intention. Le pas rottinant d’un cheval approche allons nous être obligées de risquer de nous faire rouler dessus pour passer entre ses roues et atteindre l’autre côté du chemin ? C’est jouable bien sûr mais à quel prix, surtout pour ma garde du corps dont la taille est un handicap pour ce genre d’exercice.

« Hey les filles ! »

Le cheval à ralenti et une face rubiconde nous regarde depuis le siège de la cariole.

« C’est vous les potes d’Octo ? Montez et cachez vous sous les bâches. »

Incrédule, je regard Hildred avant de lui faire signe de monter à bord. Elle sera la première repérée s’ils se pointent dans notre direction tandis que moi je peux profiter de ma petite taille….

« Monte ! »

Je la pousse du coude tandis que je roule de l’autre côté de la cariole. Je suis maculée de poussière de la tête aux pieds mais je n’en ai cure. Plus athlétique que moi Hildred est déjà à bord et me tend la main. Par contre c’est moi qui tire les bâches sur nous, tandis que le pas du quadrupède reprends son rythme binaire. Je devine le visage de la géante dans la semi obscurité des toiles goudronnées qui nous recouvrent. Elle n’aime pas, j’en suis sûre êtrez obligée de faire confiance à ce type, mais nous n’avons pas beaucoup de choix. Je pose un doigt sure mes lèvres pour lui intimer le silence. Dehors des voix nous parviennent dont les auteurs ne sont pas difficiles à deviner.

« Tu vois quelque chose ?
_ Que dalle !
_ ‘Tain ! Elles ont pas disparu tout de même !
_ Qui m’a foutu des crétins pareils… »


« Hey ! Toi sur ta charrette !
_ Moi ?
_ Ouais t’as pas vu deux nanas dont une grande balaize ?

_ Non ! Bien sûr !
_ Mais puisqu’elle nous a dit qu’elles étaient parie par là…
_ J’suis pas bigleux je suis que c’était elles… »


Les voix s’éloignaient ou peut être était-ce nous qui nous nous éloignions. Je commençais à respirer plus librement, ou plutôt je me rendais compte que j’étais quasiment en apnée. Depuis combien de temps je n’aurais pas su le dire, mais malgré la poussière de la carriole et de ses bâche ma respiration me donnait l’impression de renaître.
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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 17:15

Winifred avait réussi son coup et voyait son cocher partir à la rescousse des filles. Les oisillons semblaient tout à fait désorientés et la femme savourait le petit plaisir de les avoir complètement perdus dans leurs plans. Certains tournaient encore autour d’elle comme des vautours ou comme des étourneaux qui se seraient pris dans des filets invisibles.

- Non mais t’es sûre de les avoir vues passer par là ?

- On se vouvoie maintenant ? Dit-elle avec appoint. Vous me demandez, je vous réponds ce que je sais. J’ai mon voleur à retrouver moi et j’ai pas l’impression que vous allez beaucoup m’aider.

A les regarder s’agiter elle comprenait mieux la panique de Zaïra. Ils n’avaient pas l’air de vouloir lâcher l’affaire tout de suite. Elle en profitait pour intercepter une dernière fois un truand qui passait à sa portée en prenant un air inquisiteur.

- Vous êtes aussi nombreux que ça et vous n’avez pas vu mon voleur ? C’'est pas un des vôtres au moins ? Dit-elle avec un sourire en coin.

- Sûrement pas, m'dame.

Celui paraissait être le chef de la petite troupe indiqua les directions de la recherche.

- Ramène -toi au lieu de jouer les jolis cœurs ! Toi, toi, toi, et toi, par là. Vous avec moi, cette serre est l’endroit rêvé pour se planquer…

Le moment approchait où elle ne pourrait plus rien faire pour ses petites protégées sans paraître suspecte. A un jet de pierre de là, son ami semblait vouloir accéder à sa demande et grimpait dans sa charrette. Elle retint un sourire de satisfaction tout en priant pour qu’il n’arrive pas trop tard. Cela faisait quelque temps déjà que les petites frappes étaient entrées dans la serre et allaient bientôt en sortir et là…

Il était temps que la tenancière de l’Octopus mette les voiles ou en tout cas qu’elle reprenne le cours de sa vie, non sans avoir une dernière fois donné le change à son public déjà médusé.

Elle s’était tournée vers la carriole qui se dirigeait vers la ville et pressa le pas pour tenter de la rattraper quitte à paraître un peu essoufflée. Elle fut secourue par le petit ralentissement qui marqua le pas du cheval et, deux cent mètres plus tard environ, elle arrivait enfin à la hauteur du véhicule, côté opposé aux oisillons dans le verger et frappa de ses phalanges dodues sur le plat bord en murmurant.

Elle se place près de l'arrière de la carriole de fortune et tapota sur la bâche qui recouvrait ses vivres et les filles.

- C'est bon les belles, je crois qu’on a berné ces couillons. Bougez pas encore les filles, je crois qu'ils sont loin mais on ne sait jamais. Vous pouvez respirer et même pourquoi pas m’en dire un peu plus sur votre aventure. Je suis pas contre savoir pourquoi je manque de me faire découper en morceaux.

Puis elle interpela le cocher avec autant d’énergie qu’à l’ordinaire mais toujours avec le sourire complice qui fait toujours passer la pilule de son autorité pour un bonbon de salon de la haute.

- Et toi ? Tu comptes que je monte en marche ?

Après un bref arrêt Wini se rengorgeait au côté du cocher au souvenir du bon tour qu’elle venait de réaliser.

- Tu pourras trouver de quoi t'abreuver, dit-elle à Hildred, fouille près de tes fesses.

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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 17:22

Vous êtes fichues. Enfin, non, pas exactement : votre fuite discrète est fichue. À croire qu'ils sont des milliers après vous, et même si tu sais que ce n'est pas le cas, c'est l'impression que tu as. Ils entoureront bientôt la serre, si ce n'est pas déjà le cas. Zaira te demande de garder vos arrières, et tu le fais avec l'aisance de l'habitude. Il va te falloir attaquer, tu le sais, le poing déjà serré et prêt à en découdre, il ne vous reste que quelques instants avant que les oisillons ne vous repèrent mais... Providence ou non, à l'instant même où ton regard semble croiser celui d'un des brigands, une charrette s’arrête devant vous, vous empêchant d'être débusquées. Tu regardes le conducteur, surprise. Insistant pour que vous montiez dedans, il semble sous-entendre qu'il veut vous aider, mais tu n'en crois mot. Tu hésites, mais sur la demande insistante et mouillée de désespoir de Zaira, tu ploies, faible face à elle, de nouveau.

La carriole n'a rien de confortable ainsi remplie de fruits et légumes, et il te faut jouer des coudes pour t'y faire une place, néanmoins, tu arrives à t'y poser. Bon, il te faut tant te plier que tu devines sans mal que le voyage n'aura rien de confortable ou d’agréable pour toi, mais
c'est déjà ça. Tendant une main à Zaira, tu l'aides à grimper à son tour, lui indiquant une petite place que tu as dégoté pour elle, virant les panais pour ça et l'installant sur les branches d'épinards.
D'humeur horrible, tu te retiens cependant de grogner, te contentant de fixer Zaira qui t'intime le silence avant même que tu n'aies le temps de faire connaître ton mécontentement. Bon, soit, alors tu te contenteras de l'exprimer en silence, en fronçant les sourcils et en tirant la gueule, ce qui en soit ne te change en rien de tes habitudes.

Tu n'avais eu aucune envie de rentrer dans ce chariot. Faire confiance au premier inconnu qui se pointe et vous propose une miraculeuse porte de sortie ? À d'autres, c'est surtout le meilleur moyen de finir en pièce détachée. Mais Zaira insiste, et même si tu as envie d'aller finir cette histoire à ta manière, tu as plus ou moins conscience que son inquiétude pour toi la mettra en danger, ce que tu ne veux pas. Tu assumes tes conneries, tes élans de rages et ta haine viscérale, mais tu n'as aucune envie de laisser derrière toi des dommages collatéraux.

Alerte, tendue et prête à sauter sur la première personne qui oserait lever la bâche que ton amie à fait tomber sur vous, tu attends, l'oreille alerte, écoutant les conversations qui vous entoures et qui finissent même par s'éloigner, doucement. Il y a bien quelqu'un qui finit par monter, mais tu te calmes à l'instant même où tu reconnais sa voix. Octopus, bien sûr. Elle demande des explications, mais t'es pas sûre d'être celle qui devrait en donner. C'est l'histoire de Zaira ça, toi, tu te contentes de casser la gueule à tout ceux qui voudraient s'en prendre à elle, quitte à passer pour ma méchante de l'histoire, t'en à rien à faire.

« Pourquoi vous faites ça ? » Demandes-tu dans un murmure, méfiante comme toujours, tout en cherchant du bout des doigts la bouteille qu'on t'a promis. Ah, la voilà! Enfin quelque chose de bien, aujourd'hui. « Z'aviez aucune raison de nous aider. J'vous connais même pas, et j'pense pas qu'vous êtes genre altr... Altru.. Altarus... BON. J'pense pas que vous êtes genre à aider les gens comme ça, pour que dalle. Nan ?» Ouais, niveau vocabulaire, il ne faut pas trop en attendre de toi...

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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 18:04

La voix de Winnifred me parvient à travers les planches du plat-bord de la carriole comme un sésame de victoire. Je souris à Hildred pour lui communiquer ma joie et ma gratitude. J’ai eu quelques moments difficiles dans ma vie mais jamais je n’avais mis ma vie en jeu comme aujourd’hui. Même le jour où mon père avait perdu son oreille. Ou alors je n’an avais pas eu conscience. Je tends ma main à mon amie pour qu’elle la prenne, j’aurais, juste voulu que Octopus puisse en faire autant. Sous ces bâches c’est le paradis ! Qui a dit que les rois avaient besoin d’un trône doublé de velours ? Les légumes font parfaitement l’affaire même si je me dis que la tenancière ne sera pas forcément heureuse de les retrouver plus ou moins écrasés sous notre poids.

Je lui réponds à travers le bois sans trop savoir si elle m’entend et de toute façon, je prendrai le teps plus tard pour cela.

« Merci de ce que tu as fait. Tu nous sauves la vie »

C’était loin d’être une hyperbole mais pour le moment le plus dur est de convaincre Hildred que l’idée de monter là-dedans était le meilleur chose à faire. Je chuchotai comme si je disais du mal de notre sauveuse. C’était stupide mais en même temps c’était un peu privé tout de même.

« Je te l’ai dit, Octo est quelqu’un de chouette… »

Je tente de rendre mon ton de voix convaincant, malgré le demi silence que je m’impose encore, car je n’ai pas de vrais arguments. C’est vrai que je ne la connais que peu. Parfois l’intuition est la meilleure arme pour accorder sa confiance à quelqu’un et visiblement quelque chose a altéré celle de la géante pliée comme elle peut non loin de moi. Il faudra un jour qu’elle m’en dise plus. J’imagine qu’elle n’a pas dû être souvent récompensée de la confiance qu’elle a pu mettre dans les gens. Mais comment vivre sans ce précieux trésors qu’est ce sentiment, cette assurance qu’on peut se fier au genre humain ?

Mais Octo nous invite à lui raconter au moins un peu plus que ce que j’ai pu lui en dire. Je jette un nouveau regard à Hildred comme pour lui dire « je m’y colle mais corrige-moi si je me trompe. »

« Je sais pas trop par où commencer… »

Je me raclai la gorge. Ça serait plus compliqué que je ne le croyais. Déjà la préparation des mes phrases me mettait mal à l’aise. Me raconter en danger me nouait l’estomac mais je lâchai tout de même la première phrase.

« Il me… Ils… Enfin, je me suis laissée surprendre et j’ai failli… Enfin… passer à la casserole. »

Quelle horrible expression bien anodine en vérité pour parler du viol et certainement du meurtre dont j’aurais certainement été victime. Je sentis mes lèvres trembler et j’inspirai profondément pur redonner un peu de fermeté à ma voix.

« Heureusement Hildred m’a sauvée. Je lui dois la vie comme à toi aujourd’hui… Pourquoi ils étaient là aujourd’hui ? »

Je n’en savais rien. Je n’arrivais pas à penser qu’ils nous cherchaient et la faute à pas de chance restait le plus probable, ce qui signifiait qu’ils avaient d’autres victimes dans cette partie du territoire…

« En tout cas, dés qu’ils nous ont vues, ils n’ont pensé qu’à une chose finir le travail… »

Une peur rétrospective me saisit et je me tournai vers la paroi de bois pour cacher une larme. Je serrai les dents jusqu’à en oublier de les desserrer pour finir mon récit.

« Je suis vraiment désolée de vous avoir entraînées là-dedans… »


En le disant je me disais bien que je n’y étais pour rien, mais le résultat était là, à cause de moi, deux belles personnes se retrouvaient en danger de mort. Pas en danger de se faire insulter. Pas en danger d’attraper un rhume ! Non ! Mais belle et bien la mort !

De son côté Hildred venait de mettre la main sur une bon e bouteille et faisait comme si cela ne la touchait pas. Je la regardai boire dessinant des images autour d’elle. Des images de sa vie et bientôt une musique résonna dans les oreilles. Une musique terrible et effrayante. Je ramenai mes genoux contre moi et gardai enfin le silence. Il me tardait d’arriver en ville.
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Winifred Cooper
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MessageSujet: Re: La campagne ça vous gagne - Zaira & Winifred   Dim 18 Mar - 18:37

- Les cons.

Ce n’était que de petites frappes, pas des caïds mais ça lui avait fait plaisir de les doubler. Elle ne se mêlait que rarement de ce genre d’affaire. Le business était sa première préoccupation et se mêler de ce qui ne nous regarde pas n’était jamais bon pour le commerce. Mais ces salauds-là en avait voulu à une minette et sa copine, qu’elle ne pouvait pas soupçonner de vouloir du mal à son prochain.

- Ils vont vous chercher encore un peu et pendant ce temps on va tranquillement rentrer chez nous.

La petite voix de la violoniste lui parvint comme celle d’une enfant.

- Ya pas de quoi ma belle ! Ça défoule et de temps en temps ça met du piment à ma petite vie un peu trop routinière. T’as bien vu suffit que je l’ouvre pour que tout le monde m’obéisse au doigt et à l’œil. Là au moins, c’était drôle.

Bientôt un cliquetis éloquent arriva à ses oreilles. Une capsule venait de sauter. La grande targette n’était pas du genre à faire du chichi et ça, ça plaisait à la femme qui sourit amusée au côté du cocher qui lui lança un regard complice.

- Hé toi, bois pas tout, et viens consommer à la maison à l'occasion.

Et puis un silence pesant s’installa alors que le petite s’était mise en devoir de raconter leur histoire. Elle faisait ce qu’elle pouvait mais il n’était pas compliqué de deviner l’état dans lequel elle était à ce moment à l’arrière de la charrette. Mais pour le moment, la petite avait besoin de de se changer les idées.

- La Grande ! Tu m’envoie une bouteille ? Et toi petite fais-en autant et tu vas me préparer un morceau pour me ridiculiser ces forbans.

Si elle avait été poète ou même si elle avait pu le croire, elle aurait bien écrit les paroles. Elle tenta bien quelques ries mais ne réussit qu’à provoquer un rire incrédule de la part de la géante. Pour ce qui était des mélodie, c’était pire encore jusqu’à ce que Zaïra l’implore le rire au fond la gorge.

- Par pitié Octo ! Je le composerai ce morceau mais stop c’est trop…

Elle fit alors emblant d’être vexée contente d’entendre un peu de bonne humeur derrière elle. Le sourire aux lèvres elle prit un ton offusqué.

- C’est ça, transportez et abreuvez-les sans le sous et voici comme ils vous remercie !

Mais bientôt les faubourgs furent en vue et quelques précautions s’imposaient.

- Bon si vous pouvez vous retenir d’insulter une pauvre tenancière il serait temps de se traire pour entrer dans la ville

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