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 Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Ven 11 Mai - 23:26

La serviette légèrement humide sur mon visage me faisait un bien fou. Mes blessures n'étaient pas graves, elles me lançaient seulement régulièrement. Mais au fond, ce ne serait que quelques bleus et une arcade ouverte. Rien qu'un peu d'alcool ne pourrait me faire oublier. Alors que je descendais une nouvelle rasade, je demandais au Prieur de me prêter un peu de son sang. Malheureusement, ma curiosité semblait un poil déplacée, et l'homme en rouge déclina.

Bien sûr, je comprends tout à fait. Désolé d'avoir demandé. M'excusais-je poliment.

L'homme me demandait alors de retirer les éclats de verre qui trônaient dans son dos. Je ne pus retenir un tremblement. J'allais sans aucun doute me couper assez salement si j'y allais à mains nues. De plus, c'était quand même deux gros morceaux de verre, comment ce mec arrivait à rester digne et quasiment impassible avec ça dans le corps ? La tolérance à la douleur des Prieurs était impressionnante ! Finalement, ce fut à mon tour de prendre mon courage à deux mains. Entourant mes mains dans les draps des lits sur lesquels nous étions assis, je saisissais avec précaution les deux morceaux de verre. Je décidais de tirer un coup sec, afin de tout enlever d'un coup, ce qui me semblait être la meilleure façon de procéder. Ainsi fut fait, et je jetais rapidement les deux armes potentielles derrière moi, avant de libérer mes mains.

Vous dîtes que les bastons de bar ne sont pas votre problèmes, que vous ne patrouillez pas... Quelle est votre spécialité ? Vous êtes un haut-gradé ?

De ce que je me rappelais, le Prieur ne donnait pas vraiment l'impression de transpirer l'assurance. Après avoir mis un terme à la rixe, il avait été indécis sur la marche à suivre, et la tenancière du bar l'avait sévèrement malmené, verbalement parlant bien sûr. Mais peut-être cela venait-il tout simplement de la perte de l'habitude. Si ça faisait des années qu'il n'avait pas interrompue une bagarre de bar, les réflexes pouvaient sans doute être un peu rouillés.

Un alchimiste créé des formules, des potions, des élixirs, ce genre de choses. Les compositions possibles sont aussi large que l'éventail des possibilités de nos mixtures. En gros, nous récoltons des ingrédients qui se trouvent dans la nature - les fleurs, les minéraux, où le sang par exemple - et on mélange le tout avec de l'alcool, et d'autres éléments, pour créer des potions aux effets divers et variés.

Je me retins de développer encore plus, car je me sentais capable de disserter pendant encore des heures sur mon occupation professionnelle. L'alcool que je continue d'accumuler dans mon organisme, pendant que la tenancière s'occupait de recoudre Izei, ne m'aidait pas à me taire. Mais je me forçais à ne pas m'étaler.

Excusez-moi, il ne me semble pas que vous ayez donné votre nom ? Demandais-je, indécis, à l'aubergiste. Si je me trompes, j'en suis navré... l'alcool n'aide pas vraiment ma mémoire.

C'est alors qu'un éclair de lucidité vint me frapper. Zaira, la violoniste, elle était restée plus ou moins seule à bord après que l'aubergiste, le Prieur et l'alchimiste se soient éclipsés dans l'arrière boutique. Sans attendre que la première ait terminé de recoudre le second, je me relevais. Titubant légèrement, je perdis l'équilibre une seconde. Mes blessures ne saignaient plus, étaient plus ou moins désinfectées... au fond, est-ce que j'avais vraiment besoin d'être recousu ? Je reprenais donc la direction de la pièce principale, tandis que les notes de violon me parvinrent rapidement. Pour calmer les esprits, la jeune musicienne avait entamé un air gai, et ses pas de dansent enflammaient à nouveau l'Octo de tout son talent. Je restais pour regarder le spectacle, admiratif. Lorsque l'instrument se tût, les applaudissements furent assourdissant. Zaira réclama une boisson.

Vous désirez un autre jus de figue ?

J'avais demandé ça, mais sans attendre la réponse, j'avais pris une initiative qui m'attirerait sans doute des problèmes. J'avais servi un verre de ce fameux jus de figue et l'apportait à la violoniste. Comment la tenancière le prendrait-elle ? Potentiellement mal, mais l'alcool aidant, je n'avais pas vraiment pensé aux conséquences de mon acte. De toutes façons, je comptais bien payer pour ce que je consommais... ou pour le coup pour ce que je servais.

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Jeu 14 Juin - 13:17

Je fais superbement bien semblant de ne pas avoir mal. Ça s'apprend. Comment ? Par ego mal placé, bien sûr. Je triche sur les signaux de la douleur. J'arrive à ne pas grimacer et à garder une respiration calme. On ne peut pas mentir avec la dilatation des pupilles, mais personne ne viendra chercher le détail à ce point là.
La bouteille d'alcool (quel genre ? Aucune idée) m'est aussi d'un grand secours – je tape une gorgée quand l'aiguille est dehors. Je ne réponds pas quand la patronne me dit que je vais ressortir d'ici en titubant, que c'est de la boisson d'homme et tout, parce que c'est beaucoup trop gênant. Je ne sais pas répondre à ce genre de petits discours rigolos. Faut improviser. Parler distinctement. Avoir charisme quoi. Je sais qu'il y a toute une mythologie autour de l'alcool, que ça fait du mal mais qu'il faut affronter le danger, tout ça, mais je n'ai pas les armes pour faire des prêches de troisième mi-temps. Surtout face à une pareille bonne femme.

- Jamais tu coagules toi ?

- Pardon.

Je ne vois pas bien ce que je peux y faire, je m'excuse machinalement parce qu'on m'a reproché quelque chose. On m'enfonce une aiguille dans la couenne, alors j'ai une furieuse envie de faire de la magie. De me téléporter jusqu'à chez moi ou faire du mal à Winifred. C'est pas personnel. C'est un réflexe. C'est pour ça que d'habitude je suis défoncé quand on me soigne. Je me ronge l'ongle du pouce. J'ai un peu la tête qui tourne, l'alcool ou le manque de sang, je sais pas trop. C'est ridicule que deux morceaux de verre me mettent dans cet état. J'essaye de suivre ce qu'on me dit. Des questions sur le boulot. Ça me distrait de mettre mes faibles capacités d'élocution à l'épreuve.

- Bah euh... je suis un Vicaire quoi. Souvent je reste au Fort et j'apprends la magie à d'autres gens. Le truc où j'apparais partout. La magie de la douleur quoi. C'est la vraie magie d'ici. Il y en a moins maintenant, c'est sûr...

Oui, oui, je sais, au Conservatoire ils font je sais pas quoi. Des observateurs ont qualifié ça de magie. On m'a expliqué. Bon, écoute. J'ai pas passé ma vie à m'éteindre des cigarettes sur le bras pour apprendre que finalement des marioles avec des pinceaux font dans l'occulte aussi. Je peux pas intégrer un truc pareil. C'est une question de santé mentale. Et les métèques ils font tous des tours de forain. Ok ?
Pendant que je suis occupé à rager mentalement sur les illusionnistes qui se font passer pour des vrais, Sigmund raconte son métier, et ça confirme mes soupçons : c'est un scientifique. Comme je vais de toute façon rien comprendre de ce qu'il raconte je passe en écouter sélective afin de chercher la force de ne pas crier. C'est très long de se faire recoudre sans anesthésie. On dirait pas hein ? J'avoue que j'ai basculé sur les techniques de dernier recours pour supporter la douleur stoïquement. Serrer et desserrer les poings. Agiter les orteils dans les bottes. Grogner un peu (mais de façon pudique et virile). Bon là je m'en sers pas, mais la méthode de dernier recours que j'ai pour sauver les meubles c'est de taper du poing sur le mur ou le lit ou n'importe quoi en disant des gros mots. Bon quand même ça aide de se faire raconter une histoire en même temps, l'alchimiste est bien serviable. Mais lui aussi finit par partir.

Le son du violon s'élève tandis que le bruit des conversations disparaît. Je l'ai dit je n'y connais rien en musique mais je trouve ça joli. Mon problème c'est les endroits fermés avec une foule silencieuse et attentive. Ça me rend malade. Heureusement je me trouve avec une seule personne dans un dortoir. C'est une de ces rares occasions dans la vie où je peux presque assister à un concert. L'alcool sur estomac vide me réchauffe agréablement à l'intérieur. J'ai un petit instant de relâchement.

Je n'ai pas que le pouvoir de me téléporter. Je peux aussi prendre la douleur que je ressens et l'envoyer amplifiée dans le corps de quelqu'un d'autre. Sans faire exprès, pendant une seconde, j'utilise la magie sur Winifred. C'est aussi facile qu'éternuer. Elle est juste à coté de moi. Évidemment ce n'est pas très agréable pour elle. Pas du tout même.

- Oh pardon ! Par Myre je n'en ai pas fait exprès !

C'est la panique. Je n'ai pas le droit de torturer des civils au petit bonheur, même si ils m'énervent, même si c'est rigolo. En l'occurrence, c'était accidentel, mais qu'est ce que ça change ? Faire de la magie par négligence, c'est un peu gênant comme se pisser dessus. Un manque de maîtrise de soi élémentaire. Je me téléporte debout face à Winifred (parce que pourquoi utiliser ses muscles comme un idiot). L'aiguille pendouille bêtement au bout de son fil dans mon dos.

Et puis je me rassois tout de suite parce que j'ai la tête qui tourne de m'être mis debout trop vite. Je m'enfuirai en m'excusant quand je me sentirais mieux, d'une seconde à l'autre.

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Winifred Cooper
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mar 3 Juil - 12:27

De la pièce colorée où se trouvait Winifred ainsi que le gars du Prieuré et le bastonné, on entendait la douce mélodie qui émanait d'un violon, et c'était pas bien difficile de deviner à qui se dernier appartenait. La propriétaire des lieux était ravie de savoir que la belle petite Zaïra avait repris du service sans fuir les lieux. Elle aurait pu paniquer un peu, ranger trois quatre chaises histoire de dire qu'elle ne s'était pas barrée sans filer un coup de patte mais non, visiblement elle était au taquet et faisait preuve d'un professionnalisme que Wini appréciait.

En ce qui concernait le dortoir, où se trouvaient trois protagonistes, la conversation se faisait et la curiosité de la maîtresse des lieux était comblée. Il était bien, ce petit Sigmund, il posait des questions intéressantes qui méritaient réponse et du coup elle n'avait pas besoin de les poser elle même. Mais en l'écoutant parler, elle s'imaginait qu'il allait lui piquer son stock de rhum pour aller faire joujou avec du sang et des fleurs et ça, c'était hors de question. Elle garderait un oeil sur lui. Si elle le pouvait. Parce que ce petit rigolo, il lui demande son nom et se tire, alors que elle, elle a les mains dans le sang et le fil de couture qui sert en général à recoudre des culottes et des boutons.

Zut, pas le temps d'aller lui tirer les oreilles en lui précisant de ne pas toucher au bar. Mais... aïe... aïe... AÏE. C'est quoi ce... DOULEUR.
Le dos de Winifred se déchire durant un instant. Qui est dans son dos à la poignarder alors qu'elle recoud un pauvre malheureux téléporteur magicien prieuré vicaire truc ? Sa respiration revient immédiatement, des gouttes perles sur son front, elle ne s'y attendait pas, elle lâche l'aiguille par terre et passe ses mains dans son dos par dessus sa tête. Et voilà l'autre qui s'excuse.

- QUOI PARDON ? Hurle t-elle à Izei.

Et puis paf paf, il disparait de devant elle, réapparait debout, se rassoit.

Winifred regarde le manège, ne sentant plus aucune douleur dans son dos, constant également qu'il n'y a pas de sang sur ses mains. En tout cas, pas le sien.

- C'est... c'est très dérangeant ce que tu fais là. C'est quoi qui m'torture là ? Le dos, mon dos, c'est quoi ? T'as fait quoi là ?

Puis elle tire d'un coup sec sur le fil accroché au dos du gars torse poil et ce dernier se casse. Ça non plus ça doit pas être agréable, mais si ce petit con lui refile des douleurs alors qu'elle essaye de rendre service, faut peut être pas déconner.

- C'est fini. T'as dégueulassé le lit. Faut juste nettoyer ton dos tout crade.

Winifred attrape un torchon, l'imbibe d'alcool et tapote la plaie du gaillard qui doit surement faire la grimace à l'heure qu'il est. Mais elle ne voit pas sa tête, elle a pas envie. Pas parce qu'elle est fourbe mais voir les gens grimacer, ça lui pique les yeux, ça lui donne mal. Puis elle se dit que si il a mal, il peut refaire sa connerie de tout à l'heure, parce qu'à tous les coups, c'est de sa faute, il fait de la magie. Du coup elle devient un peu plus délicate et utilise le torchon imbibé d'eau pour nettoyer le reste de son dos.

La musique à côté s'est arrêtée mais pas de bruit de baston en échange, c'est pas si mal.

- Je vous raccompagne dehors ou bien vous voulez boire un petit verre ? Vous reposer ?

Voilà qu'elle le vouvoyait à nouveau, elle avait les miquettes qu'il l'a transforme en poule aboyante ou quoi ?

Une voix émana de la porte qui menait à la salle principale. Sans que Winifred ne puisse voir de qui il s'agit, elle entendit juste "il a tapé dans ton bar le chimiste". C'était sans doute un de ses employés. Octopus inspira et pencha la tête rapidement en mode "c'était une bêtise".

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Izei Ingenoc
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Dim 8 Juil - 13:57

- C'est... c'est très dérangeant ce que tu fais là. C'est quoi qui m'torture là ? Le dos, mon dos, c'est quoi ? T'as fait quoi là ?

- Euh bin euh... moui... c'est moi. Mais euh... MERDE !

Le « merde » c'est quand elle a tiré brutalement sur le fil.

- C'est fini. T'as dégueulassé le lit. Faut juste nettoyer ton dos tout crade.

- Oui d'accord.

Silence pendant lequel la patronne m'éponge le dos. Super gênant.

- Je vous raccompagne dehors ou bien vous voulez boire un petit verre ? Vous reposer ?

- Non non je vais partir ! Ne vous embêtez pas, merci.

Après avoir admis que c'était ma faute si elle avait eu mal, je n'ai qu'une hâte : m'enfuir au triple galop sur le dos de Flocon. Mon dos a fini d'être recousu et j'ai beaucoup trop la honte. J'en suis à un cap où j'ai envie de me frapper avec des trucs en hurlant « méchant Izei ». La magie, soit ça se maîtrise soit on reste à la maison. Et si je me téléportais dans un mur sans faire exprès ? Je me tortille pour remettre mon uniforme, en me détournant pour ne pas voir le visage de l'autre être humain dans la pièce. La blessure me brûle et n'apprécie pas que je lève les bras pour tout enfiler. Le prieuré a l'avantage de cumuler le statut d'ordre religieux ET militaire, il a donc une longueur d'avance quand il s'agit d'avoir des coutumes à la con. Et un uniforme à la con. T'as déjà vu une religion ou une armée s'habiller normalement ? Ça prend du temps d'attacher tout ce qu'il y a à attacher. Même si j'ai l'habitude et que je porte le tout comme une seconde peau. Trop long.

J'essaye de sangler mon protège-bras sur la droite avec ma main gauche. J'ai les doigts qui tremblent et qui glissent à cause de la sueur. Je galère, en un mot. J'essaye de reprendre la maîtrise en serrant et en desserrant le poing. Ça marche pas. Ça m'énerve. Je respire trop vite. Une voix fantomatique vient indiquer à la patronne que l'alchimiste tape dans le bar, ça me fait violemment sursauter. Quoi ? J'ai parlé à un ivrogne en plus ? C'est... pas bien. Je n'aime pas les gens saouls. Ils font du bruit et on ne comprend rien à ce qu'ils disent. Ils peuvent avoir des comportements incohérents comme te peloter les fesses ou essayer de te frapper. Non, je ne reste pas boire un verre. Déjà en seulement une heure j'ai probablement bravé cinquante interdits religieux et je devrais me faire brûler les pieds et les mains à la soude selon les Anciens Textes, quelque chose dans ce goût là. Je veux rentrer au Fort, manger ce qui traîne puis m'enfermer dans ma cellule faire les choses de la vie normale. Oublier que je me suis vautré bêtement sur du verre et que je me suis donné en spectacle dans un bar. Peut être m'emmurer vivant.

Il ne me reste que quelques trucs idiots à faire avant. Bête comme chou : traverser une pièce pleine de monde, puis me téléporter à travers la ville. J'en suis plus à un stade où je vais m'emmerder à penser à mon collègue et aux deux chevaux. J'ai qu'à montrer mon omoplate en guise d'explication... quoique. On va me demander comment je me suis blessé. Et je vais devoir expliquer qu'un Vicaire est allé se préoccuper d'une bagarre de taverne. Et c'est la honte. Il faut que je retrouve ce putain de cheval et que je rentre normalement. Et si on me demande ce que j'ai fait ? Hein ? Et si on me demande ? Ça me donne mal au ventre de penser à tout ça.

Bon, j'ai toutes mes affaires sur moi. Les pistolets, le couteau pour tuer les gens, le machin, le truc, tout. Même si je tremble (la perte de sang, oui, c'est à cause de ça) j'ai réussi à tout remettre. C'est bien. En avant.
Dès que j'ai fini ma crise d'angoisse.

Hein ? Quoi ? Bah oui. Quand j'ai voulu traverser la pièce pleine de monde j'ai compris que je ne pourrais pas le faire. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, c'est pour ça que j'identifie le phénomène. Quand je respire très vite, que je sue comme un porc, que j'ai mal au ventre et l'impression de mourir, crac, c'est sûr que c'est ça. En général la prise de conscience se produit quand je suis déjà bien dans la merde, comme maintenant. Les premières fois j'ai cru que j'étais en train de faire une attaque (attaque de quoi ? Me demande pas je suis pas docteur). Du coup j'ai fait des gros caprices, oh non je vais crever, patati patata. Puis un toubib m'a dit, après que j'ai fait perdre un temps colossal à tout le monde, « monsieur, vous faites des crises de nerf comme une grosse dinde, buvez une tisane et arrêtez de nous casser les pieds ». Il a pas dit ça littéralement mais c'était l'idée. J'ai eu tellement honte. Je n'ai pas une très bonne opinion des mages de la douleur qui se mettent à faire des trucs de faible, comme devenir fou, sociopathe, pervers sexuel ou suicidé. Mais c'est exactement du même niveau. Quand on me laisse trop longtemps en dehors du Fort, des fois mon cerveau brûle un fusible. Ça dure environs une heure, pendant ce temps là je sers à rien et je suis ridicule. Fin de l'affaire.

Concrètement, ce que la patronne a vu, c'est un type qui se rhabille en suffoquant et en faisant les cents pas dans la pièce, puis qui s'est téléporté dans le couloir, puis qui a disparu.

Je suis allé au premier, en haut de l'escalier en sortant du dortoir, à droite (à gauche c'est la sortie mais il y a une foule entre elle et moi). Je ne peux pas rentrer à la maison en une seule téléportation, sinon crois moi que je l'aurais fait. Je cherche des toilettes, présentement, pour être tranquille le temps d'aller mieux. Au début je n'ai pas regardé le décor, je pensais tomber sur un lieu de vie. J'ai compris que ce n'était pas ça parce qu'il y avait des gens et que l'endroit est bizarrement éclairé. Puis ça sentait bizarre. Mais, excuse moi, j'avais autre chose à faire qu'examiner. Je suis rentré dans une pièce au hasard, en me disant que c'était la bonne stratégie pour trouver les toilettes. Alors : non.
J'ai rien contre les prostituées, c'est juste qu'une partouze avec des vieux, c'est pas ce que j'avais envie de voir à ce moment là. Il y avait des gens déguisés qui étaient plus obscènes que nus. Des objets dont j'aurais aimé de pas comprendre l'usage juste en les regardant. Je suis vite ressorti, mais j'ai perdu l'envie d'ouvrir des portes au hasard. Où aller ? Dehors, danger. En bas, danger. Ici, danger. Foule partout. 'peux pas.

- Hé, dites donc, on ne rentre pas sans... vous allez bien monsieur ?!

Un des deux vieux est sorti pour m'engueuler, mais s'est ravisé en tombant sur la pauvre petite chose affaissée contre un mur, visiblement très malade. Je respire vite et mal, alors que je suis immobile, ça me met des mouches devant les yeux. Je tremble et je suis en sueur, les yeux écarquillés de terreur, telle une grosse citerne d'adrénaline.

- O-o-oui... 'cherche juste les... les commodités.

De toute façon je n'ai pas besoin de l'aide d'un vieux monsieur habillé avec une cravache et un masque en cuir. En aucun façon. Jamais. C'est triste, les hommes prennent du ventre en vieillissant et on ne voit que ça. Surtout maintenant. Il se met à crier vers l'escalier :

- HO ! ON A UN TYPE MALADE LA-HAUT. UN MEDECIN !

- N-n-non ! Je cherche j-j-juste les... les putain de toilettes.

- Y a quoi ?

C'est une jeune dame qui demande. Elle sort de la chambre, suivi par d'autres curieux. Celle là euh... Bah elle ne porte rien qui ressemble de près ou de loin à un vêtement. Mais elle n'est pas nue non plus. A vrai dire, je ne pourrais plus jamais regarder un attelage de chevaux en face. Je me couvre les yeux avec les mains. J'ai glissé lentement du mur jusqu'au sol, et maintenant je suis assis par terre avec cinq personnes qui me fixent et qui font des commentaires.

- Ah mais ça c'est le cœur... mon oncle, ça lui a fait pareil au même âge, et crac. Un citoyen en moins. Vous avez le bras gauche qui chatouille ou qui brûle ? Ou le droit ? Je me souviens pas de quel coté c'est.

J'ai fait un bruit peu viril, hauteur de son type gonds jamais huilés. Ce n'est pas facile de discuter quand, de son coté, ton corps se prépare à une fuite éperdue pour la survie. C'est pour ça que je respire trop vite et que je tremble.

- Mais il ne faut pas le prendre comme ça ! Quelqu'un va aller chercher un médecin – bon, pas nous, nous ne sommes pas décents pour sortir là -, et avec les progrès de la science on a des chances de survie maintenant. Excusez moi pour la tenue, je ne voulais offenser personne, d'ailleurs.

Si la personne qui vient de parler s'excuse, c'est parce qu'elle est déguisée aussi. Dans l'idée, ça ressemble un peu à mon uniforme, mais avec beaucoup beaucoup moins de tissu. On ne se protège de rien du tout avec un truc pareil sur le dos. Même pas des coups de soleil. Ça m'aurait sans doute beaucoup bouleversé si je n'avais pas été occupé ailleurs.

- Hé mais il a du sang sur l'épaule...

- Il est peut être en état de choc.

- C'est quoi ?

- Bin je sais pas moi, je suis dans la vente de céréales, je suis pas médecin. J'ai lu ça dans un livre. Il y a un personnage qui perd du sang, il est en état de choc et puis il meurt.

- … j-j-j'm'en branle... les toilettes....

- Hé beh, ça ou autre chose il a l'air dans le mal le pauvre vieux. Quand on y réfléchit, ça doit pas être facile de s'occuper des pirates, des Oisillons et de toute la vermine. Enfin voilà y a des gens, ils se rendent pas comptent, ils croient que tout leur est dû et le résultat c'est qu'on voit des trucs comme ça. Révoltant.

- Je suis bien d'accord, à quel point les gens vivent dans leur monde, c'est dingue.

Franchement si j'avais pu m'enfuir en rampant je l'aurais fait, mais là, de mon point de vue assis par terre, je suis cerné par un océans de jambes nues et je suis sûr que tu comprends très bien pourquoi je me suis couvert le visage avec les mains. Assieds toi un jour devant un tas de gens à poil et tu comprendras que certaines visions ne devraient jamais arriver dans un cerveau. De toute façon je suffoque, j'ai trop chaud, jamais été aussi cerné de ma vie. Il ne peut pas y avoir assez d'oxygène pour toute cette foule.

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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Jeu 19 Juil - 11:09

Hum:
 
Je regardais les clients devenus petites mains qui se rassoir qui partir en jetant des « bonne nuit » rigolards par-dessus leurs épaules ou en grands signe de la main. Je me demandais quel souvenir ils garderaient de cette soirée. Je n’étais pas persuadée que cela servirait beaucoup ma carrière artistique, mais j’avais fait ce que j’avais pu. Après tout, ce n’était pas bien grave à mes yeux. J’avais fait connaissance avec une tenancière plutôt sympathique derrière ses abords rugueux et je n’avais pas été blessée. La soirée avait donc été presqu’amusante. Je souris intérieurement en pensant à la tête de Mathé lorsque je lui raconterai les événements de cette prestation qu’il avait été si fier de me dénicher. En tout cas il ne pourrait pas me reprocher de ne pas avoir joué…

En parlant de nouvelles connaissances, voici que l’alchimiste resurgissait de l’arrière-boutique. Je mis quelques secondes pour remettre son nom, il faut dire que nous n’avions fait qu’ébaucher notre conversation et que les événements s’étaient depuis précipités. Il était en piteux état même si ce n’était pas l’agonie. Son arcade fendue et tuméfiée commençait à gonfler et à lui fermer l’œil. Je me demandai où étaient passé les deux autres protagonistes, la tenancière et le prieur. Sans doute encore occupés aux sois du second. Le peu que j’avais vu de ses blessures justifiait amplement le temps passé dans l’arrière-boutique ou plus loin encore car aucune voix ne me parvenait.

« Oh ! Merci. »

L’arrivée de Sigmund m’avait un peu surprise et sa réactivité à répondre à l’expression de mes désirs avait ajouté à l’étonnement. Il avait dû arriver alors que je me félicitais intérieurement du travail accompli dans la salle de la taverne. Un relent d’alcool fort me parvint. Du rhum sans doute ?

Je ne fis pas la difficile même si le jus de figue était un peu épais pour être réellement désaltérant. Je pris le verre des mais de mon chevalier servant. Au passage je ne pus que noter que son geste pour me le tendre était quelque peu hésitant et imprécis. Le pauvre entre les coups qu’il avait reçu et une trop grande consommation d’alcool, il n’était plus complètement maître de ses mouvements, même s’il faisait bonne figure : son pas pour se diriger vers moi trahissait plus la lassitude que l’ébriété.

Je trempai des lèvres reconnaissantes dans le breuvage tout en le regardant, ne serait-ce que par courtoisie.

« Vous n’avez pas l’air dans votre assiette. Vous devriez peut-être vous asseoir… »

Je lui indiquai du regard une chaise non loin de nous, sans doute plus stable que lui ou même qu’un tabouret de bar. Moi-même en tirai une vers moi. Les urgences étant apparemment apurées, un peu de lassitude me gagnait. J’attendis qu’il en fasse autant pour poursuivre.

« Comment vont vos blessures »

Je me penchai en avant avec pour velléité de caresser du bout du doigt l’arcade endommagée, mais je me retins au dernier moment car je ferais sans doute plus de mal que de bien. Le sang qui coagulait à présent ne parvenait pas à masquer les lèvres écartées de la plaie qui laissaient entrevoir la pulpe du visage. Je grimaçai légèrement.

« Il faudrait sans doute recoudre sauf si vous souhaitez une cicatrice à cet endroit… »

J’avais essayé de prendre un ton enjoué sans être certaine que l’alchimiste gouterait le comique de la situation. Il devait sans doute lutter contre la douleur à e moment précis et attendait peut-être plus de compassion. Je changeai donc de sujet.

« Et le Prieur ? Il survit ? »

Là non plus je n’avais pas réussi à mettre beaucoup d’empathie dans me question. La fonction de l’homme en rouge suffisait à ne pas me le rendre sympathique même si son intervention avait permis de mettre fin à la rixe qui menaçait de mettre la taverne à sac.
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mar 24 Juil - 23:40

L'alchimiste ne s'était pas rendu compte qu'il était saoul. Du moins, pas tout de suite. Lorsqu'en passant derrière le bar pour servir le jus de figue, son bras avait commencé à trembler, il ne s'en était pas formalisé. Mais désormais, ses pas se faisaient plus imprécis, et il lui fallut un réel effort de concentration pour ne pas renverser le contenu du verre sur les vêtements de la musicienne. Toutefois, Sigmund était encore suffisamment lucide pour se rendre compte de son état déplorable, et accepta bien volontiers de s'asseoir. Il n'avait quitté le lit de l'arrière-boutique que depuis quelques minutes, mais il avait l'impression que ses jambes le portait depuis des heures.

Oui, vous avez avez raison. Je vais encore avoir besoin de mes jambes pour rentrer, autant m'économiser.

Le trajet du retour allait être très difficile. Entre l'alcool, ses blessures et la fatigue, la route entre le disctrict Portuaire et sa maison dans le district Pharma risquait de durer bien plus longtemps qu'à l'aller. Mais le même constat s'appliquait au Vicaire, qui lui allait devoir trainer sa carcasse jusqu'au Fort du Prieuré. Une tâche bien plus ardue, alors von Einzbern ne se plaignit pas.

Ce n'est rien, je suis juste un peu sonné. Sigmund voulut poursuivre avec le prénom de la tenancière, mais il ne parvint pas à le retrouver. Le lui avait-elle seulement dit ? La gérante nous a donné du rhum. Pour mieux tolérer la douleur de se faire recoudre.

Ce n'est qu'à cet instant que l'alchimiste réalisa : il ne s'était pas fait recoudre. Il avait juste pu taper dans du rhum gratuitement, et avait fini par s'éclipser en jugeant que ses blessures étaient bien minimes, comparées à celles d'Izei. Quelques bleus et une arcade qu'il était capable de rabibocher lui-même, ce n'était rien. Alors Sigmund s'en voulut encore plus d'avoir bu autant. Il était ivre pour rien, une sensation de vide absolue se répandit dans tout son être. Un sentiment qu'il ne connaissait que trop bien ces dernières semaines, exacerbé par l'alcool. Il devait faire peine à voir.

Je le ferais moi-même en rentrant.

Mauvaise idée, évidemment. Saoul comme il était, Sigmund réussirait seulement à s'éborgner. Et s'il attendait le lendemain matin, ce ne serait pas forcément mieux. Mais d'un autre côté, maintenant qu'il était parti de l'arrière-boutique, est-ce qu'il pouvait revenir ? Avec son air tout penaud, il s'excuserait sans doute d'avoir bu du rhum, quand bien même Winifred leur avait quasiment ordonné de boire. Sans doute devrait-il laisser la tenancière se charger des soins, mais sa réponse lui avait semblé évidente. Quand à la partie sur le Prieur, Sigmund ne sut vraiment que dire.

Il survivra, oui. Mais il s'est bien amoché quand même.

Avec autant d'alcool dans le sang, c'était presque un exploit que Sigmund soit capable de manier aussi bien la langue de bois. C'était sans doute les prémices de la gueule de bois qu'il allait se taper le lendemain. Si d'autres problèmes ne venaient pas lui cogner l'autre arcade avant ça. Après tout, maintenant qu'il tentait de réfléchir, est-ce que c'était une bonne idée de prendre l'initiative de donner un verre à Zaira ? C'est pourtant une autre question qui lui vint :

On vous a entendu jouer, à côté. Du coup, je suppose que vous n'avez pas été prise dans la baston ?

Des sentiments contraires se mêlaient dans la voix de Sigmund. D'un côté, il était content pour la violoncelliste et son instrument. Elle était talentueuse, c'eut été dommage qu'elle se blesse bêtement. Mais forcément, comme lui avait été victime de quelques coups, il y avait aussi une pointe de jalousie. Qui devait ressortir plus que ce qu'il aurait voulu. Foutu alcool.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mer 25 Juil - 11:48

En peu de temps, le Prieur s'était habillé tant bien que mal, avait marché (comme il pouvait) et s'était... téléporté. Winifred se retrouva toute seule dans le dortoir, debout, face à la porte d'entrée, un torchon ensanglanté dans la main et une bouteille de rhum dans l'autre.
Elle bu une gorgée dans la bouteille et commença à ramasser la literie tachée pour aller la faire tremper dans une bassin d'eau froide dans la salle de bain. Si tu utilises de l'eau chaude, tu es sûr que la literie est foutue, le sang, ça ne se lave qu'à l'eau froide. Avec du savon. C'est ce qu'on avait dit à la patronne quand elle avait saigné dans son lit une nuit. Depuis, elle s'exécutait bien, ça évitait de racheter des draps à longueur de temps. Ne serait-ce qu'à l'étage où les tâches de sang n'était pas inévitables, les parties internes du corps humain sont fragiles donc si elles sont brusquées bah... ça saigne. Et là haut, des brusques, il y en avait. Bref. Les draps, l'eau froide, le savon.
Wini s'arrêta un instant sur place dans la salle de bain, posa ses mains sur les rebords du lavabo et baissa sa tête de fatigue mentale. Elle la releva et regarda sa tête dans le miroir et soupira.

- Ben ma vieille, c'est une drôle de soirée. Mais bouge toi ton joli popotin tout rond maintenant.

Bah oui, il fallait voir où était passé le Prieur, était-il reparti au fort ? Était-il retourné se battre dans la grande salle ? Et Zaira, que devenait-elle ? Peut être avait-elle besoin de soutien moral ? Et Sigmund, qui à cette heure ci devait commencer à être imbibé, c'était quoi cette histoire de taper dans le bar ? Ça allait chauffer cette histoire.

- Le sens des priorités ? Se demanda-t-elle encore dans le miroir avant de hausser les épaules. On va voir sur qui on tombe en premier.

Winifred alla chercher des draps propres dans l'étagère face aux deux lits qui avaient été salis, les posa sur le lit sans prendre le temps de les refaire et alla dans la salle principale où il y avait encore du monde et où rien ne semblait s'être passé. Les meubles cassés avaient été ôtés et le sol balayé, les bons vivants au bar étaient toujours là et les tables étaient toujours occupées.

Près du comptoir, Sigmund et Zaira. Elle s'approcha d'eux et fondit en excuses à l'encontre de Zaira.

- Je suis tellement désolée de la situation, ça n'arrive pas souvent, voire quasi jamais. Je suis contente que tu sois restée et que tu aies continué à jouer, ça a vite fait passer la mémoire aux gens présents j'ai l'impression, je t'en suis très reconnaissante.

Puis elle loucha sur le verre que la gamine tenait en main et lança un regard noir à Sigmund. Un de ses employés présent à ce moment intervint pile pour lui murmurer quelque chose dans l'oreille avant qu'elle ne se mette à hurler sur l'alchimiste. Elle respira profondément, se massa les tempes et était sur le point de s'adresser à Sigmund quand Rivière déboula avec deux enveloppe qu'elle donna à Octopus.

- J'hésite à faire l'impasse sur ton geste ou bien te coller une grosse mandale dans tes dents. Mais visiblement tu as payé ta conso et en plus tu as un trauma faciale. Alors on va faire l'impasse. Mais PLUS JAMAIS tu ne recolle le nez derrière mon comptoir, j'espère que c'est bien clair pour toi ? Dit-elle en posant sa main sur l'épaule de Von Eizenbern. Que ce soit pour mes invités OU PAS.

Elle se retourna à nouveau face à Zaira avec un grand sourire.

- Tiens, voilà ton dû ma belle.

Elle lui tendit une première enveloppe.

Je sais que tu partages ta paye avec l'aut' gaillard, mais cette deuxième enveloppe, dit-elle en désignant l'autre qu'elle avait en main, est JUSTE POUR TOI. Si j'entends dire que tu as partagé, je vais me mettre en colère. Prends ça comme une sorte de dédommagement personnel et non pas comme le fruit de ton travail si ça peut te donner conscience tranquille. Je parle bien évidemment uniquement de cette deuxième enveloppe. La première bah... t'en fais ce que tu veux, c'est ton argent.

Les donateurs avaient été nombreux ce soir là, même avec l'interruption de la soirée, assez courte au final. La petite devrait être contente de son gain.

- Tu es libre de tes mouvements à présent ma belle, tu peux t'en aller, tu peux rester, tu peux même passer la nuit ici, visiblement je n'ai personne au dortoir ce soir. C'est comme tu veux, vois avec un employé si la proposition te dit, ils se chargeront de toi.

Quelqu'un arriva dans le dos de Winifred pour lui demander si il était possible de dormir là, comme il venait de l'entendre. La tenancière dirigea la femme vers le comptoir pour qu'elle puisse avoir les infos nécessaire avant de revenir à Zaira.

- Bon, peut être une personne seulement. Mais le dortoir est grand. Vous avez vu le Prieur, d'ailleurs ? Pardon du changement de conversation mais je veux m'assurer qu'il soit rentré chez lui à peut près sain et sauf.

Mais un cri parvint aux oreilles de Winifred, très léger et à peine perceptible mais elle savait d'où ça venait. De l'arrière du comptoir, vers la réserve. Elle s'y précipita pour aller voir de quoi il en retournait et en fait c'était Toucan qui appelait la patronne du haut de l'escalier qu'elle dévala à toute vitesse.

Le Prieur était là, en boule, comme un malheureux chien battu. Il avait l'air totalement paniqué. Et tout ces culs nus autour de lui ne devaient rien arranger.

Winifred prit son air détendu et amical, invita tout le monde à regagner leurs chambres et leurs activités, en expliquant que ce gars était un ami et qu'il avait juste besoin de calme. Au début elle allait dire qu'il était totalement défoncé, mais avec ces fringues, il aurait perdu en crédibilité.

Elle attrapa Izei sous le bras, n'ayant que faire de ses réactions et entra dans les toilettes qui se trouvaient dans un couloir. Elles étaient grandes, c'était aussi une salle de bain. Il y en avait d'autres pour les clients, au moins 3 à l'étage.

- Voilà des toilettes, c'est ce que tu veux ? Je te laisse là, la porte se verrouille si tu veux, prends tout le temps dont tu as besoin. Appelle moi si tu as besoin, je reste pas loin. Puis elle quitta la pièce en tirant la porte pour la fermer derrière elle, prenant le soin de laisser un léger entrebâillement.

Il était vraiment traumatisé et Winifred comprit que le brutaliser plus que ça ne servait à rien. Puis il avait déjà assez donné.

Elle attrapa un employé par le bras et lui demanda d'aller jeter un oeil dehors pour voir si d'autres gardes rouges étaient dans les environs et que si c'était le cas, elle soit prévenu. Elle ne voulait pas les inviter à monter à l'étage, après tout, ils n'avaient pas tous connaissance du lieu, voir pas du tout. Elle ferait descendre Izei si quelqu'un était là pour l'intercepter, à moins qu'il ne se mette à transplaner dans tous les sens jusqu'au Fort.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mar 31 Juil - 15:15

Si l’alchimiste n’était pas au meilleur de sa forme, je devais bien avouer que les émotions de la soirée ajoutées à la fatigue naturelle et au stress d’une représentation commençaient à avoir raison de mon dynamisme. Pourtant les réponses détachées de Sigmund arrivaient encore à me soutirer des sourires amusés. Je m’imaginais déjà le pauvre homme tenter de rallier son domicile en se tenant aux murs même s’il n’en était pas encore là. Je me demandai si je devais lui proposer de le raccompagner, mais c’est le genre de proposition contre lequelle Tia avait mainte fois attiré mon attention à cause des malentendus qu’elle pouvait générer et je m’abstins. Il serait toujours temps, si les choses empiraient pour l’amateur de rhum, de changer mon fusil d’épaule.

« Ah ! C’est donc ça. Je suis heureuse de ne pas avoir eu à en passer par là. »

Allusion à la chance qui m’avait épargné les mauvais coups et la possibilité qu’elle m’avait donnée de garder tous mes esprits.

« Mais ? Si vous n’êtes pas recousu, ça ne va pas être facile de faire ça tout seul. Vous êtes certains que… »

Mais je m’interrompis. Après tout, il semblait être un grand garçon. Mais tout de même, se planter devant un miroir lorsqu’on est un peu éméché pour se recoudre une arcade… Cela relevait pour moi, tout simplement de l’exploit. Mon visage devait refléter tout le scepticisme et l’incrédulité qui était les miennes sans parler d’une certaine inquiétude naturelle pour lui. J’en oubliai presque le verre qu’il avait mis dans ma main tandis que je le considérais dubitative.

Je ne répondis rien à la remarque sur l’état du prieur. C’était le genre de personnage qui n’attirait aucune sympathie de ma part, même si celui-ci avait tenté d’avoir une action positive en arrivant au milieu de la bagarre. Je plongeai mes lèvres dans le jus de figue décidément de premier ordre.

« Hum… »

Je les ressortis précipitamment manquant de me baver dessus, pour répondre à l’alchimiste.

« La bagarre ? Ah ! Oui, j’ai eu de la chance de ne pas être prise dans la mêlée… Du coup, j’ai essayé de me rendre utile. Je ne me voyais pas abandonner le navire en pleine tempête. Ça n’aurait pas été très correct pour Winnie. »

D’ailleurs puisqu’on parlait d’elle, la voilà qui arrivait, d’avoir je supposai fini de gérer les affaire urgente à l’arrière. La pauvre ! Je ne m’imaginais pas qu’elle puisse predre son assurance à cause d’une bagarre. Une bagarre dans son établissement certes mais elle devait en avoir vu d’autres. J’étais si surprise que je ne réprimer un petit rire de bonne humeur, la fatigue aussi sans doute…

« Non mais ne t’inquiète pas, je pense bien que tu n’es pas accroc de ce genre de truc. Et puis jouer, c’est bien pour ça que je suis venue ? »

Je suivis son regard et inspirai pour entamer des excuses mais elle ne m’accordait déjà plus d’attention et mettait les choses au clair avec le pauvre alchimiste qui n’avait sans doute eu que de bonnes intentions jusque-là, mais visiblement, il y avait des points sensibles à ne pas trop chatouiller chez la tenancière. J’étais prête à intercéder  en sa faveur mais je me retrouvai devant une enveloppe que me tendait Winnifred.

«Heu… Merci, mais… »

Difficile d’en placer une lorsqu’elle a décidé d’expédier cette soirée qui semblait l’avoir décontenancée au plus haut point.

« Sigmund voulait juste se rendre utile… »

C’était comme parler dans le désert. Elle continuait sur son idée qui je devais l’avouer m’était plutôt favorable.

« C’est très… généreux… Merci… J’ai compris l’idée et… j’en ferai bon usage. »

J’étais un peu désorientée moi aussi et l’autorité retrouvée d’Octo me clouait le bec. Je lui souris en prenant les enveloppe qui m’étaient tendues.

« Evidemment si vous voulez renouveler l’expérience… Euh… du concert je veux dire… »

Décidément j’étais trop fatiguée pour aligner deux mots cohérents. Je préférai donc me taire et fourrer les deux enveloppes dans mon étui à violon tandis qu’elle me proposais de rester dormir là.

Mais il serait dit que la soirée ne devait pas se terminer car elle fut rappelée à l’arrière. Des cris étouffés nous parvinrent et je tournai un regard interrogateur vers le l’alchimiste. Que se passait-il là-bas ? Certainement le prieur… Ces gens étaient au moins particuliers ! J’essayais de modérer les sentiments que je leur portais et de leurt accorder le bénéfice du doute, mais je devais avouer que c’était bien difficile. Aussi, profiter du congé que m’avait donné Winnifred juste avant de disparaître me parut inapproprié et je contournai le comptoir en courant jusqu’au bas de l’escalier pour crier.

« Winnie ? Besoin d’aide ? »
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mer 1 Aoû - 21:34

L'alcool embuait toutes ses pensées, empêchait Sigmund de mener une réflexion simple et développée. Tout ce qu'il arrivait à conclure, c'était "Zaira est gentille". Il aimait bien les gens gentils, les personnes qui ne lui parlaient pas pour le menacer, pour le faire chanter ou pour simplement lui casser la gueule. La violoniste, elle, faisait au moins l'effort de s'intéresser à ses blessures, au sort du Prieur, au reste de la soirée, bref, au monde qui l'entourait.

Ses remarques étaient pertinentes, Sigmund devrait sans doute se faire recoudre, dès maintenant, avant de devoir se coltiner une cicatrice pour le restant de ses jours. Mais dans son état, il ne se rendait pas compte que le faire lui-même serait sans doute mission impossible. L'alcool aidant, l'alchimiste s'entendit proclamer avec un grand sourire :

Si j'y arrives pas, j'aurais qu'à inventer une potion magique qui fait disparaître les blessures !

Bon, dans son état ce serait déjà un exploit s'il arrivait à se servir un verre d'eau, mais le rhum lui donne des ailes. Pourtant, son sourire et ses grands airs disparaissent très vite dès lors que Winifred refait son apparition. La main ferme sur l'épaule de Sigmund fait redescendre ce dernier de quelques étages. Elle ne lui crie pas forcément dessus, mais il y a quelque chose dans sa voix qui fait peur. L'alchimiste se liquéfie en quelques secondes, avant de murmurer, l'air penaud.

Oui Madame. Pardon Madame. Promis je le referais plus.

Dans ces conditions, l'Apothicaire prend soudainement conscience qu'il devrait rentrer au plus vite. Dans un premier temps, parce qu'il en a pour au moins deux heures de marche, vu son état, pour rentrer chez lui. Ensuite, parce que malgré ledit état, il travaille demain. Il s'imagine déjà avec une dégaine d'ivrogne, en train d'expliquer les bases de l'alchimie à des gosses, et l'image ne le fait pas rire du tout. Alors il se lève, presque d'un bon, et salue Zaira et Winifred d'un signe de la tête, puis de la main.

Bonne soirée à vous.

Son pas n'est toujours pas assuré, mais Sigmund se dirige vers la porte. L'air extérieur lui fait du bien, mais il sait qu'il n'est pas encore sorti de l'auberge. Le trajet jusqu'à chez lui, en pleine nuit, sera long et fastidieux, surtout qu'il risque de se perdre très vite. Quelle galère.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Lun 27 Aoû - 17:54

Sigmund avait prit congé de la soirée, il était à espérer que le jeune homme n'en ressortirait pas traumatisé et qu'il viendrait encore dépenser des ducats et passer du bon temps à L'Octo. Les soirées qui partaient en cacahuète comme ceci n'était pas très courantes, il était fort à parier que si il revenait, ça n'allait pas se dérouler ainsi et qu'il pourrait boire tranquillement un petit verre en tapant la causette avec un gars du coin qui en aurait tout autant envie.
La petite Zaïra quant à elle, faisait entendre sa voix depuis le bas de l'escalier, mais Winifred ne lui répondit pas de suite, trop occupée à se soucier du Prieur enfermé dans les toilettes. Le pauvre, elle aurait bien eu envie de se moquer, mais la situation devenait un peu chaotique et elle ne voulait pas que les clients de l'étage s'en plaignent.
Toujours derrière la porte à guetter une réaction d'Izei, Winifred s'impatientait et tapotait du bout de ses doigts le contour de la porte boisée. Puis ne voulant pas le laisser dans la merde et n'entendant plus de bruit, elle se décida à pousser la porte pour venir au secours du gars, au cas où il était tombé dans les vappes.

Mais la pièce était vide, le prieur avait disparu.

Wini, un brin interloquée se demanda où il avait bien pu aller, une chose était sûre, il n'était pas passé par la fenêtre car il n'y en avait pas, du coup il était évident qu'il s'était téléporté, surement qu'il avait retrouvé de la force d'esprit pour fuir ce lieu qui ne le mettait pas à l'aise et qu'il s'était tiré jusqu'à son chez lui pour retrouver des draps et un oreiller pour le consoler ? En tout cas, il repartait avec de drôles d'images en tête...

La mama rassura les gens autour d'elle et finit par descendre les escaliers pour voir ce qu'il en était en bas. Elle jeta un oeil dehors au cas où et vit au loin d'autres prieurs avec des... chevaux ou poneys s'éloigner. Elle haussa les épaules et retourna à l'intérieur où Zaïra l'attendait.

- Une fois de plus, je m'excuse de la situation. Tu veux boire un autre verre ? Prendre congé ? Je t'ai dit, tu es libre de tes mouvements. Je pense que la soirée ici va prendre fin paisiblement dans le calme, tout le monde autour d'un petit verre.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mar 28 Aoû - 13:21

J’entendais en haut un peu de remu-ménage mais je ne parvenais pas à comprendre exactement ce qui se passait. Quelques intonations de Winnie me parvenaient et semblaient devoir me faire comprendre que sans que les choses soient complètement rentrées dans l’ordre, les choses s'apaisaient.

Pour ma part et pour être honnête, je ne savais plus trop sur quel pied danser. Me retirer en catimini? Attendre bas pour saluer Winnifred avant de rentrer chez moi? Sans vraiment de réponse de la part de la tenancière, je retournai vers le comptoir en respectant mon côté; J’avais bien intégré la remontrance que Sigmund avait subie et que d’un certain côté c’était le territoire de la patronne et de personne d’autre. Je jetai un coup d’oeil à la salle où quasiment tout le monde était parti; Cela faisait une drôle d’impression. Un peu comme les lendemains de fête où les gens groguis se sentent envahis par un cafard avant de se quitter s’ils ne participent pas au rangement. Ceux qui doivent encore s’y atteler ont encore souvent un peu plus de tonus et de répondant.

Je doutais que la musique soit encore une bonn idée à cette heure et étant donné le peu de public qui restait. Mon violon était déjà dans son étui. Je rabattis son couvercle et finis de le boucler. J’étais en train de le caresser avec tendresse et reconnaissance lorsque Winnie réapparut. a son air je compris qu’elle était encore navrée de la tournure qu’avait prise la soirée et je tentai de la rassurer.

“Ce n’est pas grave. En tout cas pour moi. Je n’ai pas été blessée, ce n’est pas moi qui devrai remplacer le mobilier et qui ai dû m’occuper de tout le monde.”

Je lui souris pour lui montrer que vraiment je n’étais pas fâchée.

“Oui un dernier verre, je veux bien; Tout cela m’a tout de même donné  soif. Quelque chose de pas trop sucré même de l'eau si c’est plus facile pour toi. ”

Je la regardai  se dabattre avec le désordre qu’il y avait maintenant derrière son comptoir.

“Tu vas réussir à tout remettre en place avant de te coucher?”

Pour elle le plus dur allait commencer. Je ne savais pas ce qu’elle devait gérer à l’étage, peut être bien le prieur déjà, mais rien qu’ici, entre mettre les derniers clients dehors faire le rangement quotidien et en plus la réparation des dégâts… Je ne pus m’empêcher de lui proposer mon aide même si je ne savais pas trop si j'étais encore en état d'être très efficace. Mais elle devait être bien épuisée aussi.

“Tu veux que je reste un peu pour t’aider?”
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mer 29 Aoû - 19:24

- Merci de ta proposition ma belle, mais je pense que ça va aller, dit-elle en lavant quelques verres derrière le comptoir. Je ne suis pas seule ici, d'autres vont venir me filer un coup de main au besoin, mais tu sais, il reste une bonne heure d'ouverture encore et les derniers ne vont pas partir tout de suite, je connais les loustics qui restent, ce sont des habitués.

L'un d'eux arriva justement devant le comptoir et s'adressa à la tenancière.

- Hé M'dame Cooper, z'auriez un p'tit jeu d'cartes pour nous ?

Elle attrapa une petite boîte en bois sous le comptoir et la fit glisser jusqu'au gars.

- Il est complet mon chou, je veux que ce soit pareil quand tu me le ramèneras. Et dis à tes petits copains que dans une heure c'est bouclé, veux-tu ?

Le bonhomme acquiesça, joyeux et alla jusqu'à sa table avec ses amis. Ils étaient 4 ou 5 et deux d'entre eux venaient d'arriver. Il était fort à parier qu'au cours de leur partie de carte, le sujet sera la petite bagarre qui venait de se dérouler quelques temps plus tôt.

- Tiens, pour toi la belle, dit Winifred d'une voix toute douce qui venait de lui revenir. Elle venait de lui donner un verre d'eau accompagné d'un sirop de sureau qu'elle faisait elle-même. De sa réserve personnelle, non commercialisé. J'espère que ça t'ira.

Il n'y avait finalement plus grand chose à remettre en place puisque le gros des dégâts avait été balayé et avait disparu dans l'arrière salle pour l'instant. Une fois l'établissement fermé, elle et ses employés s’attelleraient à aller déblayer tout ça dans un lieu plus approprié. Elle avait une petite cave à deux rues d'ici dans lequel elle entreposait tables et chaises en rab, ce n'était pas un drame que certaines avaient été cassées, ce n'est pas à des clients ivres qu'on faisait repayer ça. Quoi que... En allant se plaindre au Fort, aurait-elle le droit à une compensation ? "Votre Prieuré s'est battu et à cause de lui j'ai une table de cassée !"... Mouais.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Sam 1 Sep - 21:40

Décidément Winnifred débordait d’énergie à cette heure tardive et je ne pouvais que lui souhaiter que cela dure avec tout ce qui lui restait à faire. Elle avait décidé de décliner ma proposition et je n’étais pas du genre à m’imposer où que ce soit même pour donner un coup de main. L’énergie était une chose mais les affaires lui imposaient d’être encore vaillante, si effectivement les derniers clients étaient supposés s’attarder encore. Une fois la salle à peu près repise en ordre, il ne s’agissait pas de décevoir les habitués qui semblaient vouloir s’attarder. Bref la tenancière ne devait pas se relâcher et n’avait de tout façon pas l’intention de le faire et la manière de tendre le jeu de carte à celui qui était venu le mendier confirmait qu’elle était encore en état d’assurer la fin de la soirée.

Je regardai la femme avec un peu d’attendrissement. Elle était bourrue et parfois autoritaire, mais je sentais toute la bienveillance qu’il y avait en elle pour les habitués qui le lui rendaient bien. Je me disais que chacun savait à quoi s’en tenir avec elle et que cela l’autorisait à prendre ne affection toutes ces âmes perdues qui ne sauraient sans doute pas où aller durant toutes les soirées qu’ils passaient ici. Je me tournai vers eux pour les regarder quelques secondes se distribuer les cartes. Moi aussi j’étais bien là sur mon tabouret de bar dans la chaleur épaisse des langueurs océanes et de cette fin de soirée animée. C’était certain, si elle le voulait, ce serait avec plaisir que je reviendrais jouer et danser ici.

Je me retournai vers Octopus alors que les premières annonces interrompaient la conversation du groupe de joueurs. Un verre de sirop de sureau glissait déjà devant moi et je souris un remercîment.

« Ce sera parfait. Merci. »

Je ne fus pas longue à vider mon verre. La soif qui me tenaillait était plus importante que je ne le supposais et le parfum des baies noires qui avaient donné leur suc au sirop était délicieux.

« Il est très bon »

Je soulevai un peu plus haut le godet pour appuyer mon compliment. Je finis par m’assurer que l’étui de mon violon était bien fermé. Il ne s’agissait pas qu’il s’ouvre sur le chemin du retour et que mon instrument tombe. Je passai encore une fois la main sur le couvercle couvert de cicatrices mais qui me le rendait si attachant ; Il n’y avait pas deux violons comme le mien et l n’y avait pas de meilleur écrin pour lui que cette valisette aux courbes ondoyantes.

« Et bien ma fois, si tu ‘as plus besoin de mon aide, je vais prendre congé. J’ai passé une très bonne soirée ! C’est sincère ! Si tu as besoin d’une autre prestation un de ces soirs, n’hésite pas. »

La tenancière s’était déjà répandue deux fois en excuses et je voulais qu’elle sache que je ne lui tenais rigueur de rien et que, effectivement, cette soirée avait été très agréable, dans la mesure où j’avais senti le public répondre à ma musique et à mes pas et qu’en plus j’avais pu éviter de me trouver au mauvais moment au mauvais endroit durant la bagarre. Je sautai lestement du tabouret la poignée de mon étui à la main et donnais une petite tape au comptoir comme pour signifier mon départ et la gratitude que j’avais pour ce lieu. Je passai près des joueurs en leur jetant enjouée, un

« Bonne fin de soirée ! »

Avant de refermer la porte, je me retournai une dernière fois pour faire un signe d’adieu de la main en souriant à Winnifred Cooper.

Mais bientôt je me faisais avaler par la nuit du port et quelques minutes plus tard, je m’arrêtai face à la mer devant la chaumière de granit. Je respirai un peu de l’air de la mer, avant de me glisser sans bruit dans ce nid sans réveiller mes parents dont je n’étais même certaine qu’ils dormaient.
Je crois que je ne me souvient pas de mes rêves de cette nuit-là.
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Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]
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