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 Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]

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Winifred Cooper
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MessageSujet: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Sam 3 Mar - 18:45

"Le violon", c'était le titre de l'affiche du lendemain qui était déjà placardée sur la porte d'entrée du bar. La soirée qui se déroulait au rez de chaussée était moins bien organisée que la plupart des autres événements car jusqu'à ce stade, Octopus n'avait pas de connaissance de la starlette du moment.
Mathé, un petit gars du coin qui passait de temps en temps boire un verre en distrayant ses oreilles bien pendues, lui avait vanté les mérites d'une petite nana danseuse violoniste.

Des musiciens il y en avait qui se produisaient, mais des danseurs c'était un peu plus rare, la faute à la configuration des lieux et aussi aux attentes du public général. Mais elle aurait un bout de la salle à sa disposition et si elle n'arrivait pas à se faire entendre par dessus les voix rauques des marins de la nuit on la mettrait sur le bar, il était assez large pour y poser une chaise.

- Tu me l'enverra s'il te plaît, je préfère la rencontrer avant, et dis lui de prendre son instrument, dit-elle à Mathé alors qu'il passait la porte, satisfait et confiant. Et qu'elle déboule pas dans la soirée, il y aura trop de monde, j'ai personne ce soir en bas, c'est moi qui m'y colle ! Donc cet après midi !

- De ce pas, Wini, j'y cours, j'y vole !

C'était le début d'après midi, les quelques clients digéraient leur litre de bière d'après repas et la chef de l'établissement s'afférait à nettoyer son bar collant d'alcool. Wini attendait la môme. C'était le terme employé dans sa tête, parce qu'elle avait dans les 18 piges, c'était tout jeune ça. Octopus se souvint qu'à 18 ans elle était derrière ce même bar, à nettoyer ce même comptoir et qu'elle se posait les mêmes questions à savoir "qui jouera ce soir ?" "est-ce que ça va plaire ?". Depuis elle s'était améliorée dans son organisation, en général elle prévoyait une petite semaine avant, mais là, la faute à ces petits cons de musiciens ratés voleurs de bouteilles, elle avait dû annuler la soirée. Mais les clients, eux, sont habitués à ce que ce jour de la semaine on ait de la musique, donc ils en auront, fallait trouver le plan de dernière minute, celui de derrière les fagots, mais ayant une réputation à tenir, ça ne devait pas être n'importe qui.

Wini guettait la porte, pour aller plus vite à expliquer les choses, elle avait libéré un coin de la pièce en poussant les tables et chaises et avait sorti la caisse magique, posée sur le comptoir.

- Hé, t'as pas un travail, toi ? Comment tu vas m'payer si tu bosses pas.Lâcha t'elle avec un sourire en coin à un petit poissonnier endormi sur sa table. Ce dernier releva la tête, posa quelques pièces sur la table et se tira.

- A demain, Ed', lui dit-elle lorsqu'il passa la porte en claudiquant.
- A d'main.
- Laisse moi la porte ouverte, j'attends quelqu'un, et ça va aérer un coup !


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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Dim 4 Mar - 9:07

« Eeeh ! Lâche moi ! »
 
Je riais aux éclats en même temps que je tentais de me dégager de l’étreinte exagérée de mon ami. Entrainée dans son tourbillon je tentais de comprendre ce qui le mettait dans cet état-là. J’étais en train de chercher de nouvelles mélodies à partir des idées qui m’étaient venues après un récent concert, mais les accords en étaient trop mineurs. Je ne savais pas pourquoi depuis deux jours, mon violon pleurait un peu trop à mon goût. J’étais donc en train d’essayer de composer lorsqu’il m’était tombé dessus par surprise en profitant de ma concentration.
 
Je tentai de me dégager gentiment.
 
« Tu vas m’expliquer à la fin ?! »
 
Je jouais les fâchées, mais je savais que cela annonçait une bonne nouvelle et ces moments de complicité m’étaient chers. Lorsqu’il me reposa il était tout essoufflé d’être venu en courant sans doute et de m’avoir soulevée. Je ne suis pas bien épaisse, mais lui n’est pas très râblé non plus.
 
« Hé ! Hé ! Qui est le meilleur agent d’artiste d’Excelsa ? »
 
Il claqua des doigts et sauta pour entrechoquer ses talons avant de saluer comme un chevalier. Je mimai une révérence.
 
« Mais, vous, messire, évidemment. »
 
Je me redressai les yeux brillants d’excitation. Je savais que mon ami savait flairer les bonnes occasions de me produire et était un baratineur maître en négociation et que s’il était aussi content de lui c’est qu’il avait bien travaillé.
 
« Tu nous a trouvé une date ?
_ Tout juste mon diamant noir. La patronne veut te voir cette après-midi avec ton violon. Autant dire que si tu ne fais pas l’affaire c’est qu’elle croit gérer l’opéra ! »
 
Mon archet sous le bras le violon dans une main je lui pris la main reconnaissante une nouvelle fois de tout ce qu’il faisait pour moi. Il se dégagea, encore un peu excité.
 
« Je te donne l’adresse, c’est dans le district portuaire, tu connais peut-être. L’octopus.
_ L’octopus ? C’est pas un bar ça ? Je croyais que je devais viser plus haut ! Moi ça m’est égal j’aime bien jouer dans les bars.
_ Un bar oui, mais pas n’importe quel bar… Fais-moi confiance, si je t’y envoie c’est que ça en vaut la peine. La patronne s’appelle Winifred Cooper. Donc tu prends ton violon, tu vas te rendre présentable et tu déboules illico chez elle. Elle t’attend. Ne la déçois pas. »
 
Me retournant malgré moi en direction de la maison, il me poussa hors du hangar dont nous pouvions profiter gracieusement, et pour cause, il était plus ou moins abandonné.
 
« Mais…
_ Tu me remercieras plus tard !
_ Tu ne viens pas ?
_ La patronne veut te voir seule. Désolé ma beauté ! Allez, file ! »
 
Et me voilà devant une bonne grosse porte en bois dur, du chêne sans doute. Mon étui à la main et en tenu de récital, je regardais stupidement l’affiche qui y était placardée. Mathé s’était-il trompé ou alors les dates ne correspondaient pas.
 
Je pris mon étui contre moi, un peu comme pour me rassurer. Mon étui. C’est lui qui avait sans doute protégé mon violon lorsqu’on m’avait retrouvée sur la côte, mais il faisait maintenant bien pâle figure : le cuir craquelé malgré le nourrissage au saindoux, les ferronneries rouillées, c’était bien pour transporter mon instrument parce qu’il n’était vraiment plus présentable. Heureusement je n’avais jamais été jugée sur l’esthétique de mon étui.
 
Lorsque je poussai le huis je me trouvai directement face au zinc dans une grande salle commune encombrée d’une multitude de lourdes tables de bois. Seul un espace en semblait dépourvu. Si je devais me produire ici, il faudrait que je fasse avec le peu d’espace disponible mais cela ne me faisait pas peur. J’avais joué un peu partout, là où il y avait encore moins de place et cela laissait un peu de place à l’improvisation tout au moins si on avait pris un peu la mesure de l’endroit.
 
A cette heure de la journée je n’étais pas très étonnée de ne voir que peu de monde. Les travailleurs étaient tous sur le pont si je puis m’exprimer ainsi. Un vieillard fripé comme une vieille pomme et aux yeux plein de regrets et perdus dans le vide faisait tourner lentement une chope sur la table entre ses doigts hésitants. Un autre client défraichi et peu identifiable dormait la tête entre les bras. Derrière son comptoir, une femme me regardait avec des yeux perçants. Une femme brune à la lourde chevelure qui devait avoir quoi, une petite quarantaine d’année ? Peut-être la patronne ? Mathé n’avait pas pris le temps de me la décrire.
 
Je serrai l’étui contre moi et après un dernier regard à la salle me dirigeai vers le comptoir. Le lieu ne m’intimidait pas plus que ça, j’avais dans le passé fréquenté ce genre d’endroit ne serait-ce que pour récupérer Menke parmi ses potes pêcheurs. Parfois je m’asseyais parmi eux à écouter leurs histoires pour ne pas faire la messagère de l’épouse autoritaire que n’est pas Tia et laisser le temps à celui qui était mon père quoi qu’on en dise, se faire à l’idée de rentrer. Seulement, je savais que les yeux de la femme étaient braqués sur moi et me jaugeaient déjà. Je m’arrêtai à un petit mètre du zinc parfaitement propre.
 
Droite et souple de par l’influence des années de danse, je tentais de ne pas avoir le menton trop altier. « Ça te donne un air arrogant quand tu te laisses aller. Apprends à paraître moins fière. Encore heureux que tu as un visage de petite fille ! », me dit toujours Mathé. Je regardai dans les yeux la femme. Ma voix moins assurée que je ne l’aurais voulue me parut un peu étrangère.
 
« Bonjour, madame. Je suis Zaïra Pichardo et je cherche Winifred Cooper. Je crois qu’elle m’attend. »
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Dim 4 Mar - 10:50

A peine le dernier coup de chiffon avait-il était passé sur le comptoir à présent reluisant qu'un petit bout de femme fit son entrée. Elle semblait un peu timide et peut-être dépassé par les événements ? A quel rythme avait cavalé Mathé si elle était arrivée aussi vite, lui avait-il seulement annoncé la couleur des événements ?

- Bonjour Zaïra, je t'attendais en effet, bienvenue à L'Octo. Installe toi donc, je te sers quelque chose à boire ?

Mais elle n'attendit pas vraiment la réponse de la jeune femme et lui déboucha un jus tout frais de pêche.

-Tu me diras ce qu'il vaut, c'est mon nouveau cru.

Elle fit glisser un verre devant la môme.

-Je sais pas ce que t'a dit Mathé mais j'te présente les choses. Je suis Winifred, mais tu peux m'appeler Octopus, c'est comme ça que tout le monde m'appelle ici. Dans ce bar on propose relativement régulièrement des petits concerts et là j'ai deux loustics malveillants qui ont fait sauter leur date parce qu'en "entretien" ils en ont profité pour me vider des caisses de gnôle, direct dans leurs poches avant de disparaître, et chez moi, on se paye pas ma tronche parce que j'suis pas mauvaise. En général on fonctionne comme ça : L'arti...

La porte s'ouvrit et un jeune homme barbu et souriant fit son entrée, c'était Warwick le fils de Wini.

-Ah bah tiens, dit-elle à Zaïra, j'te présente mon fils Warwick, il bosse avec moi des fois au bar et là il a deux jours de repos dans son autre travail.

-De repos à travailler au bar, c'est pas du vrai repos, dit-il en rigolant et en jetant ses affaires derrière le comptoir avant de faire un baise-main à Zaïra.

-C'est ça, plains toi, et va me ranger tes affaires là haut, laisse pas traîner ça derrière le bar.

Warwick s'exécuta et fila par un escalier dérobé.

-Je disais donc... Ah oui, l'artiste arrive 1h avant la représentation, ça lui laisse le temps de prendre ses marques, de réorganiser un peu le terrain si besoin est, mais on peut tout aussi bien le faire maintenant ensemble si cette disposition ne te convient pas, je ne savais pas ce que tu avais besoin comme place. Ensuite tu vas jouer. Tu vois cette boîte verte là ? Wini désigna alors une boîte en bois avec juste une fente sur le dessus. Elle est destinée à l'artiste. Tous mes consommateurs réguliers savent qu'il y a cette boîte et qu'elle est pour payer l'artiste. Ils sont pas riches comme un Prince mais donnent toujours, c'est leur petit plaisir ces concerts et ils savent que si ils donnent, il y aura d'autres concerts. Les 100% de cette boîte te reviennent, en espérant que tu fasses du bon boulot, mais ça on va y revenir. Je sais que Mathé prend une commission et pas des moindre, on m'a dit jusqu'à 50% et je trouve ça un peu élevé de sa part, mais ça, c'est votre arrangement. Du coup, si tu veux te mettre un peu de côté, je peux dire à Mathé qu'il n'y a pas tant eu dans la boîte, ainsi tu pourras garder un peu plus. Tu comprends ce que je veux dire ?

Mais encore une fois, Octopus n'attendit pas réellement la réponse. Warwick redescendit a ce même moment.

-Tiens mon chéri, va me nettoyer les tables là bas, je les vois brillantes de bière d'ici. Et regarde après le stock de poissons pour ce soir avec le whisky.

-Ok

Wini fit un petit acquiescement de satisfaction avant de reprendre :

-Alors, pour la suite, je te propose de jouer ton avenir maintenant, enfin, façon de parler, mais ton avenir ici quand même. Je suis pressée pour la date, elle avait été fixée à demain et j'aimerai ne pas la changer alors si elle te convient, fais moi une petite démonstration de ton talent et je te dis si tu fais l'affaire ou non. J'espère que tu me crois pas brutale dans mes paroles hein la belle, j'ai juste une affaire à faire rouler et j'ai besoin de qualité. Mais si Mathé t'envoie, je ne me fais pas grand soucis. Puis j'aime apprécier la belle musique.
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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Lun 5 Mar - 16:00

La femme était énergique mais plutôt avenante sous ses airs de patronne qui se veut implacable. Je pose mon étui sur le zinc rutilant et monte sur un tabouret de comptoir pour répondre à son invitation. Aimable mais oui, vraiment avec un caractère bien trempé, chez qui les questions ne sont que rhétoriques puisqu’elle a déjà la réponse et que ce ne peut être que la bonne. J’ai à peine le temps de hocher la tête que déjà, me voilà servie en jus de pêche. Après, je ne suis pas difficile et je n’ai pas l’habitude de boire des choses comme ça. L’un dans l’autre, je ne sais pas trop sur quel pied danser avec elle. Je la regarde me servir un jus de pêche en hochant la tête et suis des yeux le verre qui s’approche de moi.
 
« Merci »
 
Comme je suis invitée à donner mon avis, je trempe mes lèvres dans le nectar. Oui, c’est épais, sucré, très doux. Pas forcément très désaltérant mais c’est très bon. Ceci dit, encore une fois, la femme n’attend pas que je lui réponde vraiment. Elle est pressée d’entrer dans le vif du sujet, la raison qui m’amène chez elle. Déjà je sens que ça pas être facile de me faire entendre par cette matrone c’est à peine si j’ai le temps d’articuler un :
 
« Bonjour Octopus. »
 
C’est un peu machinal et complètement convenu mais ça m’aurait permis d’entrer vraiment dans la conversation. Mais tant pis, je fais contre mauvaise fortune bon cœur. Lorsqu’elle aura vraiment besoin d’une réponse de ma part, je le saurai assez vite. En tout cas les choses sont posées, j’ai pas intérêt à tenter de la rouler dans la farine.
 
La porte qui s’ouvre dans mon dos m’oblige à pivoter sur mon tabouret pour apercevoir le nouveau venu. Tiens donc le fils. J’ai beau les regarder, je ne vois aucune ressemblance mais bon je suis pas très bonne à ce jeu et comme tout le monde, le nouvel arrivé a un père aussi. Entre la mère et le fils semble exister une réelle complicité, même si encore une fois elle a une solide emprise sur lui. Emprise qu’il semble bien vivre mais emprise tout de même. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas trop envie de le plaindre. Sa façon de me prendre la main pour toute gentleman quelle se veuille fait un peu cavalière tout de même. Je suis plutôt facile à vivre et je peux voir la bienveillance et l’humour derrière ses manières. Par contre s’il est ainsi avec tout le monde, il doit avoir l’habitude de se faire rabrouer, habitude qu’il a dû prendre avec sa mère. Ces dernières pensées me donnent envie de rire et je dois lutter pour le transformer en sourire.
 
« Enchantée, Warwick »
 
Mais fini l’intermède Warwick. Il ne fallait pas s’attendre à ce que le patronne perde le fil de sa pensée et c’était tant mieux. Il me tardait de savoir à quelle sauce j’allais être mangée. La venue de Warwick et de ses fanfaronnades m’avait un peu rassurée et redonné un peu de répondant.
 
J’écoute les explications de Winnifred avec attention et concentration. Je n’ai rien à redire si ce n’est le couplet sur Mathé. Je ne peux m’empêcher de faire la grimace et de répondre sur ce sujet. Je tente de me montrer diplomate, même si ce n’est pas mon fort. D’ailleurs, le partage mis en place entre mon ami et moi ne regarde que nous.
 
« C’est gentil, mais Mathé est mon ami et je tiens à sa confiance. Si jamais notre arrangement ne me convenait plus il serait le premier informé. »
 
J’ai un peu peur d’avoir été trop directe, mais la femme n’est pas non plus du genre à tourner autour du pot alors elle doit bien admettre la même chose des autres… Warwick arriva à point nommé pour faire diversion si jamais il y en avait besoin. Visiblement il y avait toujours à faire dans ce bar et rien n’était laissé à moitié fait. L’ambiance restait cependant détendue et commençait à me plaire et à tout prendre le côté direct d’Octopus finissait par bien me plaire.
 
J’ouvre mon étui sans plus me faire prier en répondant à la tenancière.
 
« Aucun problème pour moi, du moment qu’on se dit les choses sans agressivité. Vous n’avez pas de temps à perdre et moi non plus. D’ailleurs Mathé vous aurait dit si la date ne convenait pas. »
 
La mentonnière de mon violon rejoignit sa place attitrée sous ma mâchoire tandis que mes doigts pinçaient les cordes pour un première vérification de l’accord de mon instrument. Ce n’était pas si mal et le chevilles d’ébène seraient épargnées. Quelques degrés sur les tendeurs du cordier… Et dire qu’il parait que ça n’existait pas avant et que la tension des cordes n’étaient réglées à la cheville ! Mon archet fit chanter chaque corde et bientôt le violon fut prêt à répondre à ce que je lui demanderais. Je souris à Winnifred avant de lui indiquer du bout de mon archet la place dégagée de tables.
 
« C’est là-bas que c’est prévu ? »
 
Sans attendre de réponse de la femme, je pris déjà les attitudes qu’il me fallait pour entrer en scène et me dirigeai vers la scène. Ici pas de coulisse alors pas d’entrée en scène ménagée. A peine les derniers rangs de chaises et de tables passé, que mon violon entonnait les premières notes d’un air marin enlevé alors que j’entrai en scène sur une série d’entrechats sur le même tempo. C’est dans un mariage que j’avais donné mon premier concert alors ce genre d’endroit était comme chez moi et j’adorais ce genre de scène. Une fois l’entrée en scène réussie, la suite coula de source.
Il suffisait que je me laisse porter par la musique. Pas chassés, pirouettes et fouettés s’enchainèrent tout simplement, pour faire vivre la mer sous mes notes de musiques et mes évolutions. Je me laissai aller à sauter de scène sur une chaise puis une table pour y poursuivre le morceau avant de revenir sur la scène et saluer celle qui serait peut-être ma commanditaire pour le lendemain. J’avais le sourire, j’avais vraiment envie de faire cette date.
 
J’attendais un peu anxieuse le verdict d’Octopus et comme pour la rassurer ou me rassurer j’ajoutai :
 
« J’ai des choses plus calmes aussi… »
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Ven 9 Mar - 21:43

Octopus était un peu navrée de voir que la gamine se faisait un peu marcher sur les pieds par ce petit filou de Mathé. Il savait bien ce qu'il faisait le gaillard, heureusement qu'il avait l'entière confiance de la môme parce que sinon il serait déjà aux pieds d'un autre artiste pour tenter d'avoir mieux, à tous les coups. Mais Wini haussa les épaules, elle avait dit ce qu'elle avait à dire à la jeune femme, fait la proposition qu'elle avait à lui faire et qu'il en soit ainsi. "50%, pas chié lui", se dit-elle intérieurement alors que la violoniste était déjà en train de prendre place. Pas besoin de la lui indiquer, l'aménagement préalablement fait parlait de lui-même.

Rapidement les premières notes se firent entendre, elles étaient entrainantes, aux influences marines, c'était top pour les locaux qui fréquentaient le bar. Et la gamine envoyait du bois, voilà pas qu'elle s'était mise à danser sur les tables.

Puis elle s'arrêta. Elle avait repris sa place du début. Wini quant à elle fit le tour du comptoir, pris son air grave et s'approcha de Zaïra.

- Bah t'es bonne pour me passer un coup d'éponge sur la table, ma belle.

Puis elle ne pu retenir un sourire en coin de bouche.

- J'te charie va. Plus sérieusement, c'est totalement dans tes cordes d'animer la soirée de demain, sans mauvais jeux de mots. On peut avoir du monde, à toi de voir si tu veux danser d'une table à l'autre, fais gaffe de pas te prendre de coups si tu nous fait agiter le popotin de mes buveurs, puis elle ricana doucement s'imaginant une scène improbable.

- Garde tes morceaux les plus calmes pour la fin, j'veux pas que ce soit mou l'reste du temps, tu piges ? Si tout le monde se met à chialer alors que ça fait pas 10minutes que t'es là, ça va m'mettre mal. Quoi que... si ça les fait boire... héhé. Je vais t'aménager un petit coin dans la réserve derrière, t'inquiète, on le fait tout le temps, ça va te servir de loge. Du coup demain tu joues sur les coups de 21h, les gens auront déjà graillé et seront prêts pour la fête. J'vais rajouter un petit quelque chose sur l'affiche dehors histoire que ce soit plus attrayant, j'voulais déjà t'écouter, mais je l'avais affichée dès la sortie de Mathé, histoire qu'il y ait un peu de visibilité quand même. Et si t'es opérationnelle et motivée, tu peux sortir d'ici en jouant de ton violon, ça attirera les curieux et on saura que ça se déroule demain ici !

Puis Octopus revint vers son comptoir.

- Chez moi y'a pas d'accord signé, tout se fait à la confiance. J'te donne la mienne alors tu m'lâche pas à la dernière minute, et tu m'donne la tienne ce qui veut dire que demain tu auras ton blé avec l'entièreté de la boîte ici présente. C'est tout bon pour toi ? Demain, tu te pointes vers 19h-20h, tu peux manger là si tu veux à ce moment, c'est offert par la maison. Puis tu joues.
Plus tu joueras, les plus les gens resteront, plus il y aura de sous dans la boîte. C'est à toi de voir. Je demande un minimum d'une heure, une heure et demie, sinon ça fait trop court la soirée. Des fois on a des zicos qui viennent faire des boeufs avec les artistes présents, ils prennent parfois le relais quand les artistes prévus sont fatigués mais ça reste rare, ils aiment partager le moment avec eux.


La porte s'ouvrit d'une façon totalement anormale, la dos de la porte claqua contre le mur derrière ce qui fit sursauter Octopus et un homme tout saoul entra maladroitement avant de s'affaler sur une chaise pour commander un whisky.

- ZIATO, TU VAS SORTIR IMMÉDIATEMENT, TU FERME CETTE PORTE DÉLICATE QUI N'A RIEN DEMANDÉ, PUIS TU ME REFAIS UNE ENTRÉE DIGNE DE CE LIEU, UN PEU DE RESPECT JE TE PRIE !

Le pauv' type ne broncha même pas, c'était un grand habitué et connaissait très bien la patronne. Titubant, il quitta la pièce, ferma, toqua (ce qui n'était pas nécessaire mais il était motivé), entra en s'accrochant à moitié à la poignée, ferma derrière lui avec une délicatesse approximative trahissant son alcoolémie et reprit place sur une chaise.

- Bonch'oir Vini. Tu m'sers un p'tit Bengal s'teuplé ?

Wini jeta un coup d'oeil à Zaira en lui lançant un sourire rassurant et servit un verre à ce monsieur avant de revenir vers la belle.

- On en aura des comme ça et d'autres bien plus sobres j'te rassures. Je crois que j'ai fait le tour des informations à te donner, t'as des questions ?

- Et mon chocolat ?! S'exclama une voix venant de derrière, Wini vérifia, c'était Ziato qui réclamait son carré de chocolat légitime.

- Oui mon p'tit chat, il arrive, j'termine avec la dame.
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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Sam 10 Mar - 14:55

Lorsque j’eus terminé ma petite prestation, j’avais depuis longtemps oublié l’incident concernant le partage des gains avec Mathé, la musique et la danse ont cet effet sur moi qu’ils me font oublier tout le reste sauf le pourquoi je monte sur scène. C’était la seule fausse note entre mon ami et moi. Pour lui l’art devait se pratiquer dans l’absolu et la beauté n’avait pas besoin d’autres supports qu’elle-même alors que je pensais qu’il pouvait être le vecteur de quelque chose d’autre et pour moi, le monde avait tellement de choses à changer que même la danse et la musique pouvait y apporter leur contribution. Ceci dit tout cela était bien loin de mes pensées à ce moment et Octopus n’en avait sûrement rien à faire. Comme elle le disait, elle avait une affaire à faire tourner et c’était bien compréhensible. En attendant que le travail de chacun soit reconnu à sa juste valeur et que chacun y trouve se dignité, les choses irait longtemps ainsi : les affaires étaient les affaires et on ne pouvait en vouloir à personne.
 
La femme prit le temps de s’approcher de moi pour me lancer une de ses remarques qu’elle aurait pu envoyer à son fils et qui me décontenança un instant avant que son sourire ne me détrompe. Ceci dit, c’est vrai que je ne lui avais pas demandé son avis avant de grimper sur son mobilier et j’avais pourtant pu constater qu’elle était très à cheval sur la propreté de son établissement. J’avais beau veiller à la propreté de mes semelles, il personne n’était obligé d’accepter ces débordements de scène. Je lui rendis son sourire.
 
« Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas une casse-cou et je fais ça en fonction de la salle, je veux dire des gens qui écoutent ou pas. »
 
Quand-à agiter mon popotin j’avais compris l’idée, enfin, j’espérais. Ma danse n’était pas censée être aguicheuse de quelque manière que ce soit. Mais bon il relie mes jambes au reste de mon corps et danse avec lui donc normalement personne ne devait trouver à redire. Evidemment de loin en loin un plus éméché que les autres pouvait avoir des mots ou même des gestes déplacés, mais le meilleur moyen de recevoir et de répondre à ça était un peu d’humour, suffisant pour montrer que les limites avaient été franchies mais qu’on pouvait en rester là… En fréquentant les tavernes, j’avais appris à faire la différence entre les gros maladroits somme toute assez touchants et les gros dégueulasses que je ne voudrais pas rencontrer seule au coin d’une ruelle sombre ou pas.
 
Je hochai la tête pour prendre bonne note des demandes de la tenancière quand-à la nature de l’animation qu’elle envisageait pour le lendemain. Ceci j’avais aussi assez d’expérience pour savoir que des pauses rythmiques étaient toujours souhaitables à la fois pour les spectateurs que pour l’instrumentiste que j’étais. La soirée devait être placée sous le signe de l’insouciance et de la joie, il me suffirait de bien choisir mes morceaux et leur enchaînement.
 
Au fil de la discussion ou plutôt de ce qui ressemblai plus à un monologue de Wiinie, je pouvais prendre quelques leçons de commerce. C’est vrai que je n’avais fait de mise en bouche comme elle me le suggérait. Jouer un petit peu devant sa taverne pour mettre le chaland en appétit et lui donner envie de venir le lendemain était quelque chose qui se tenait. Le tout était de na pas tout dévoiler sinon ça n’avait plus aucun sens.
 
« Oui, c’est une bonne idée, je crois que je vais prendre un peu de temps pour faire ça avant de partir. »
 
Je la suivis jusqu’à son comptoir le violon sous le bras et l’archet encore à la main.
 
« C’est vous qui faites les affiches ? Vous avez plus d’un talent à ce que je vois. »
 
Je me demandai soudain en quel honneur je me permettais ce genre de réflexion. Après tout, c’était elle qui m’engageait et non l’inverse. Peut-être que sa bienveillance et la fermeté bonhomme dont elle faisait preuve avait réussi à me mettre en confiance… J’avais toujours tendance à faire confiance aux gens. « Sans doute que la vie ne t’a pas encore joué assez de crasses » me dit toujours Mathé. Mais c’est vrai que j’avais du mal à imaginer mon interlocutrice essayer de m’entourlouper. D’ailleurs sa façon de procéder n’incitait pas à la méfiance, elle-même semblant opter pour la confiance dans la parole donnée. Je reposai mon instrument dans son étui et lui tendit la main en signe de conclusion du marché que nous venions de conclure.
 
« C’est très bien pour moi. Vous pouvez compter sur moi et considérer que je serai là à l’heure dite, dix-neuf heures, ce sera parfait. Une heure et demie de prestation ce sera très bien et puis on avisera en fonction du public. »
 
Evidemment comme j’étais l’auteur de la plupart des morceaux et de toutes les chorégraphies, je souhaitais les faire découvrir, mais il n’était pas rare dans les tavernes de répondre à des demandes particulières du public s’il en avait. C’était pour moi aussi une façon de partager _ car le spectacle vivant est aussi et peut être d’abord un partage _ même si j’en profitais souvent pour improviser sur ces morceaux, on ne se refait pas.
 
« Si d’autres artistes veulent se joindre à moi en fin de soirée, pourquoi pas c’est l’occasion de faire de nouvelles connaissances... »
 
Je sursautais au bruit que fit la porte dans mon dos. La personne qui venait d’entrer était très maladroite ou bien fâchée pour faire une entrée aussi fracassante. Le pauvre bougre qui venait de faire irruption n’avait plus les moyens d’être en colère, ni même ceux de contrôler ses gestes. Apparemment c’était un habitué et une nouvelle fois Octopus fit la démonstration de son autorité, à laquelle penaud le pauvre ivrogne se plia.
 
Je croisai le regard de la patronne, avant de reporter mon attention sur Ziato, puisque c’était son nom. J’évite toujours de juger ce qui se mettent dans cet état dès le matin et parfois toute leur vie durant, mais je ne pouvais m’empêcher d’avoir de la peine pour. Je me demandais quels sentiments nourrissait la propriétaire des lieux à l’égard de ses égarés. En avait-elle pitié ? N’étaient-ils que des clients qui pouvaient bien se détruire s’ils le voulaient du moment qu’ils payaient ? Jouait-elle le rôle de mère pour ces enfants perdus ? C’est à peine si j’avais entendu sa dernière question tant le pauvre homme m’avait plongée dans des pensées moroses. Je me retournai vivement vers Winnie.
 
« Non, non… Tout me paraît clair. »
 
Je ne sais pas alors pourquoi j’ai fait ce qui allait suivre mais sur le moment j’ai senti que je ne pouvais pas faire autrement. Emportant mon étui encore ouvert comme une offrande je le posai sur la chaise de l’autre côté de la table de l’ivrogne. Je tentai de croiser son regard et sortit mon instrument en souriant. C’était le seul cadeau que je pouvais faire à ce moment à son âme que j’imaginais dévastée. Lorsque mon archet glissa sur les cordes de mon instrument j’avais décidé de lui jouer un air doux mais où la tristesse aurait laissé la place au mystère et à l’espoir…
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mar 13 Mar - 19:24

La nuit était tombée sur le district portuaire, tandis que je me promenais seul sur les quais animés. J'avais parfois la sensation que ce district ne dormait jamais, je croisais toujours des débardeurs, des matelots ou simplement des passants courir dans tous les sens, comme si le temps leur était constamment compté. Cette agitation contrastait avec le calme des eaux, qui transpirait la sérénité. Il était très relaxant de contempler l'océan quelques minutes.

Je sortais tout juste d'un repas avec quelques collègues, et j'étais sur le chemin du retour. Il n'était pas tard, 21h tout au plus, mais ils avaient prétextés des travaux à finir ou des problèmes personnels pour ne pas trop s'attarder. Quant à moi, j'avais encore une soirée à tuer, et pour le coup, pas de travail. A force de ne dormir que quatre ou cinq heures par nuit, je pouvais enfin m'offrir le luxe d'une soirée de détente.

Une promenade sur les quais était un bon début, mais la solitude ne rendait pas la situation optimale. Mais au détour d'une rue, je perçus quelques notes harmonieuses provenant d'un violon. Intrigué, je décidais de m'approcher, pour finalement pousser la porte d'un établissement nommé "L'Octo". Il y avait beaucoup de monde, mais l'immense majorité des clients étaient captivés par la musique. Une jeune femme jouait un air joyeux, tout en dansant autour des tables. Pas forcément mélomane, mais réceptif à la mélodie, je me trouvais une petite place au bar. Lorsque la patronne des lieux s'approcha de moi, je lui demandais poliment :

Bonsoir, pourrais-je avoir un Persan, s'il vous plaît ?

Alors que la tenancière me servait, je reportais mon attention sur la musicienne. Elle était très douée, et conjuguait à merveille les arts de la musique et de la danse. Lorsque le morceau fut terminé, je me joignis à tout les autres pour applaudir vigoureusement la jeune artiste. Curieux, je demandais à la gérante.

Elle est très douée ! Quel est son nom ?

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Ven 16 Mar - 16:16

C'est que le petit Ziato avec son entrée qui décriait toute sa nonchalance habituelle avait trouvé une admiratrice à sa peine, il se prit au jeu d'écouter la gamine lui jouer dans les oreilles et un sourire bête se dessina sur son visage. Ses doigts tapotaient sur la table à un rythme totalement décalé de la musique, était-ce parce qu'il n'était pas dans un état totalement sain ? C'était une supposition qui tenait la route.

Wini attendit poliment que la belle Zaira termina son délicieux morceaux à faire tomber des larmes pour l'inviter à prendre la poudre d'escampette et lui donna rendez-vous dès le lendemain, l'accord semblait tenir la route, la petite paraissait fiable et avait sa place toute prête pour la soirée.
Par le bas des escaliers elle se mit à crier au premier qui entendrait de venir l'aider à déplacer des tables, ce fut Centuria qui vint l'aider sous bonne gouverne.

~

Le lendemain soir, l'auberge était comble comme espéré, c'était beau d'avoir cette réputation qui faisait que ça ne désemplissait jamais les soirs de fêtes et c'était agréable à voir. Wini remplissait sa caisse à mesure qu'elle vidait sa cave et Kraken s'attelait au service avec elle. Zaira égaya le lieu de sa musique douce aux oreilles mais néamoins festive et les clients en redemandaient. Sa boîte à elle aussi se remplissait, sous l'oeil bienveillant d'Octopus. De temps en temps elle désignait la boîte d'un geste furtif de la tête pour signaler aux gens de penser à y déposer quelques monnaies, et ces derniers n'y rechignaient que rarement. Mais les gens font ce qu'ils veulent de leur argent après tout. Tant qu'ils boivent un verre, ahem.

Wini salua un botaniste voisin qui passait régulièrement chez elle, tellement souvent d'ailleurs qu'elle savait très bien ce qu'il commendait alors elle le lui servit sans même qu'il n'ait eu besoin de le dire.

- Voilà mon chou, tiède comme tu l'aimes, dit-elle en lui faisant glisser le verre sur le comptoir.

- Bonsoir, pourrais-je avoir un Persan, s'il vous plaît ?

Wini fut distraite un court instant

- Oh bah tiens, j'ai jamais vu sa tête, tu l'connais ? Demanda t-elle en coin à Zig' le botaniste tout en sortant la bouteille de sous le comptoir.

- P'tetre déjà aperçu mais sans plus, lâcha t-il après y avoir jeté un oeil avant de rejeter ce dernier sur Zaira qui charmait de son instrument le premier rang d'attentifs. Wini fit un pas sur sa droite pour faire face au gars.

- V'là pour toi mon chat.

- Elle est très douée ! Quel est son nom ?

- C'est Zaira, t'as pas lu l'affiche dehors, elle est toute belle de ce matin ! C't'une gamine du coin, elle promet. J'me demande d'ailleurs si elle veut pas s'faire une p'tite pause... Tu veux bien lui apporter ça ? J'ai du monde là, j'peux pas décamper du comptoir.

Wini tendit un verre de jus de figue à Sigmund dans l'espoir qu'il l'amène à Zaira, si il arrivait à se frayer un chemin.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Sam 17 Mar - 16:21

J’étais ravie. Le trac des premières notes s’était depuis longtemps envolé pour laisser place à ce sentiment indicible de communion avec le public de la taverne. J’étais là pour ceux qui voulaient bien écouter, pour ceux qui voulaient bien regarder et même pour les autres. Ceux qui n’étaient pas venus pour ma prestation mais pour retrouver un nid, des connaissances, des amis ou juste une ambiance.
 
Près de trois heures plus tôt j’étais arrivée comme convenue pour me préparer profiter du repas offert par la patronne et sa bienveillance. A plusieurs reprises j’avais croisé son regard et y avait trouvé les étoiles de la générosité cachées quelque part derrière une autorité naturelle qui émanait de son aura. Je savais qu’elle attendait que je donne satisfaction mais qu’elle avait confiance dans son choix et donc en moi. J’avoue que cela m’avait aidé à me détendre et à accepter le trac comme la pression inévitable à partir du moment où on respecte son public.
 
La salle était prête bien sûr mais c’était le monde qui avait envahi l’endroit qui m’impressionna le plus. La publicité que l’établissement semblait plus qu’efficace, ou alors c’était la régularité des prestations qui inclinait les gens à venir régulièrement en fin de semaine écouter le nouvel artiste qui était annoncé. Winnie avait été bien inspirée de mettre ces soirées au programme de son établissement.
 
Lorsque j’étais montée sur scène, si tant est que l’espace qui m’était alloué pouvait porter ce nom, j’avais même jeté un regard en direction de la tenancière. Mathé ne pouvait pas être là ce soir comme depuis plusieurs soirs depuis notre représentation aux « Sélénites ». Le souvenir de ce soir restait vivace dans mon esprit, mais je ne pouvais m’empêcher de faire le lien en ce soir de succès et l’éloignement semblait vouloir instaurer mon ami entre nous ce qui ternissait un peu ma joie lorsque j’y repansais.
 
Et puis, j’avais plongé dans la musique et la danse sans retenue, mue par un impérieux besoin d’art et de partage… C’était ainsi à chaque entrée en scène. Je me sentais habitée par une véritable flamme que seule mon violon la musique et la danse pouvait allumer en moi. Je portais la même tenue que pour chaque prestation. Il me faudrait sans doute encore attendre avant de varier mes tenues et pour l’occasion j’avais chaussé mes sandales à talons de cuir dur qui me permettait d’accompagner ma danse de percussions et de d’accompagner ainsi mes pas et les mélopées de mon instrument.
 
Il n’y avait aucune différence entre les publics et les petites gens du post méritaient aussi bien que les bourgeois qui s’encanaillaient aux « Sélénites » ou même restaient dans leur entre soi à l’Opéra. Je me devais de donner le meilleur de mon art, la seule limite devant être mes compétences. Cela faisait plus d’une heure que j’enchainais les morceaux et les pas de danse et c’était à peine si la sueur perlait sur ma peau comme de minuscules paillettes qui faisaient écho aux lumières dans les yeux des convives, ultime récompense et qui maintenait mon énergie vivace et dessinait un sourire de bonheur sur mon visage malgré la concentration. De loin en loin je percevais à peine les mouvements dans la salle, les arrivées et les départs, les déplacements au comptoir et le service des tables. C’était sans doute indigne d’une artiste qui se destinait au conservatoire, mais c’était la vie, la vraie et le bonheur des miens.
 
« Hey ma belle ! Joue-nous une gigue entrainante ! »
 
Je venais tout juste de terminer un air marin un peu nostalgique de ma composition et il était légitime de faire donner un rythme plus gai. Il était presque aveugle, les pupilles presque totalement blanches et la peau burinée par le travail au grand air, je ne le connaissais pas mais j’imaginais la lumière du soleil lui bruler les yeux dans les marais salants. Je saluai profondément écartant les bras, l’archet et mon violon chacun dans une main. Je me positionnai bien droite entonnant une lente introduction avant que mon violon ne s’évanouisse et que mes pieds commencent une gigue pleine de sautillés claquant du talon ou de la pointe du pied.

 Bien vite la cellule rythmique donnée par la danse fut habillée par la gaité traditionnelle du violon. C’était le genre de performance qui faisait monter le rythme cardiaque et ne pouvait être maintenue bien longtemps mais j’avais à cœur de contenter le public de la taverne alors les phrases musicales et les cellules de gigue se succédèrent. Un vieux marin en face de moi avait le regard brillant et ses pieds battant le rythme de la danse. La mienne me rapproche de lui et je me penchai vers lui pour l’inviter à se lever. Il aurait pu être mon père mais il rougit comme un adolescent avant qu’une main secourable ne lui donne une bourrade dans le dos l’obligeant à se lever. Je lui souris pour l’encourager et les pas qui n’avaient pas servi depuis, sans doute, bien longtemps animèrent mon nouveau partenaire jusqu’à se faire précis et en phase avec la musique. J’entamai alors une courbe autour de lui pour le faire se tourner vers le public qui commençait à acclamer le danseur. Pris au jeu, il se laissa porter par la musique et les encouragements jusqu’à ce que la mélodie ne ralentisse puis s’éteigne doucement accompagnée par nos pas épanouis.
 
Tout était là et je pensais à Mathé qui m’engageait à viser toujours plus haut, à emprunter l’ascenseur social qui m’enverrait au conservatoire.  Je tenais sans doute plus que tout intégrer le saint de saints mais serai-je obligée d’oublier d’où je viens ? Ce soir répondais à la question. Je saisis l’homme par la main et, souriante, me penchai avec lui vers le public pour saluer puis levers son bras vers les lumières de la salle pour encourager le public à l’applaudir ce dont il ne se fit pas prier. Aux anges, il me serra dans ses bras et m’embrassa comme un père qui aurait retrouvé sa fille. Lorsqu’il regagna sa place, je joignis mes mains sur ma poitrine et m’inclinai pour le remercier de m’avoir accompagnée.
 
Une pause était la bienvenue ne serait-ce que pour savourer ce moment et pourquoi pas répondre à l’invitation d’une tablée… Je croisai le regard de Winnie à son comptoir et mes pensées allèrent vers Mathé. Je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qu’il pouvait bien faire de si important qui le tienne éloigné de cette soirée. Si d’un côté son absence me laissait la bride sur le coup et me permettait de jouer un répertoire qu’il pouvait par moment trouver trop populaire, je savais que j’avais besoin de son regard pour progresser et l’absence de mon ami me laissait des pincements au cœur qui m’empêchaient de profiter complètement du moment du spectacle.
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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Dim 18 Mar - 19:00

Non, je n'ai pas fait attention à l'affiche avant d'entrer. La mélodie m'a attiré jusqu'ici ! Déclarais-je avec un sourire gêné.

Je réglais ma note tout de suite, je trouvais ça plus pratique que de tout payer à la fin. Surtout, ça me permettais de juger la descente de mon stock de ducat, et d'adapter ma consommation selon ce qu'il me restait. J'étais un client responsable, même alcoolisé.

Je discutais rapidement avec l'homme que la tenancière avait alpagué, pour savoir s'il me connaissait. Son visage ne me disait rien, le mien ne lui disait pas grand-chose non plus. Je ne cherchais pas vraiment plus loin. Il y avait énormément de monde à Excelsa. Peut-être que j'avais déjà croisé cet individu, mais j'étais à peu près sûr que je n'avais jamais échangé avec lui.

En attendant, je tapais du pied au rythme de la gigue qui égayait la taverne. Zaira entraînait la foule de ses notes et de ses pas, incitant un client du premier rang et se joindre à elle. Le spectacle n'en fut que plus beau, très divertissant. Un large sourire se dessinait sur tous les visages, alors que les applaudissements se firent nourris. Je me joignais à eux, tandis que la tenancière me tendait un jus de figue à apporter à l'artiste.

D'un signe de tête, je prenais le breuvage, en plus de mon verre, et me faufilait tant bien que mal vers la violoniste. Arrivé à sa hauteur, je lui tendais le verre avec un sourire.

La patronne pensait que vous auriez peut-être soif.

Ça aurait du s'arrêter là, un simple échange rapide, un verre qui passe d'une main à une autre, et basta. Mais je ne résistais pas à l'envie de m'attarder un peu plus.

C'était une performance... pfiou, fantastique. Vous faites partie du Conservatoire ? Où avez-vous appris à jouer comme ça ?

Tant que je me retrouvais aux premiers rangs, j'en profitais pour glisser un ducat dans une petite boîte qui semblait destiné aux dons pour la jeune femme. Un moindre mal après le spectacle qu'elle venait d'offrir. Je trouvais une nouvelle place au comptoir, deux tabourets libres. Je m'assurais qu'ils étaient bien inoccupés, avant de prendre place et d'inviter Zaira à me rejoindre. Une petite gorgée de Persan me donna plus de contenance.

Je n'ai... jamais vraiment eu l'oreille musicale. Mais cette gigue, je jurerais l'avoir entendue auparavant.

Alors que les dernières syllabes quittaient mes lèvres, je me rendais compte de trois choses. Un, si la jeune femme était effectivement au Conservatoire, est-ce qu'elle serait en train de jouer dans une taverne du district portuaire ? Peut-être après tout, je n'étais pas vraiment au fait des us et coutumes de la faction du nouveau Prince. Deux, elle n'avait peut-être aucunement envie de discuter avec moi, et je pouvais totalement passer pour un dragueur un peu lourd, qui prétextait un cadeau de la tenancière pour initier la conversation. Trois, si jamais cette gigue était de sa composition, est-ce que c'était injurieux de ma part de supposer qu'elle vienne d'ailleurs ?

Oh, je ne me suis pas présenté, je suis impoli. Je suis Sigmund. Sigmund von Einzbern. Je suis désolé, si certaines de mes paroles sont maladroites, n'y voyez aucune offense.

Je pense qu'à partir de cet instant, il est inscrit au fer rouge sur mon front que je n'ai pas mis le nez hors de chez moi, ou hors de l'Apothicariat depuis pas mal de temps, et que j'essaye de me faire violence pour combattre une forme de mal-être. J'ai besoin de plus d'alcool. Je jette un œil rapide à la carte, et commande ce qu'il y a de plus puissant.

Excusez-moi, est-ce que je pourrais avoir un rhum kiwi ?

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mer 21 Mar - 14:59

L’homme qui avait partagé la scène avec moi se pencha à mon oreille et me sortit de mes pensées sombres. Sa voix reflétait une émotion qui me toucha plus que je ne l’aurais imaginé. Un rire doux amer y trainait et je me tournai vers ses yeux rieurs et ridés par les joies et les peines d’une vie que j’imaginais bien remplie sur le pont de quelque remorqueur qui permettait aux steamers d’entrer dans le port pour y décharger leur marchandise.

« Merci petite. Tu m’as redonné mes vingt ans. T’as un nom ? »

Le suis souris pour lui répondre.

« Zaïra. Zaïra Pichardo. Et vous ?
_ José. José Da Silva pour te servir poupette. Je peux t’appeler Poupette ? »


Il avait posé sa main rugueuse sur mon épaule nue. Je plissai les yeux en baissant les paupières brièvement en signe d’assentiment. L’homme semblait heureux comme s’il avait retrouvé un vieil ami après de trop longues années et ce petit nom innocent sonnait si gentiment dans sa bouche que je ne me voyais pas lui retirer ce plaisir. Il s’éloigna enfin, dans son pull marin rayé d’ocre et de brun qui lui donnait l’air d’une abeille chargé des années qu’elle aurait butinées, pour rejoindre ses camarades de soirée en me faisant un petit signe de la main complice que je lui rendis en souriant.

Lorsque je le quittai des yeux, ceux-ci se posèrent étonnés sur un verre arrivé comme par magie sous mon nez. J’eux un mouvement instinctif de recul qui me permit de voir le bras qui me le tendait ainsi que son souriant propriétaire. Un instant interloqué je tentais de définir si j’avais déjà rencontré cet homme, mais sa physionomie ne me disait rien du tout. Pâle et un peu fatigué d’aspect, j’aurais pourtant juré qu’il n’était pas beaucoup plus vieux que moi. Son teint pâle me laissa supposer que ce n’était pas un travailleur du grand air et sa silhouette maigrelette confirmait qu’il n’usait pas de son physique pour subvenir à ses besoins.

Une attention de la patronne ! C’était vraiment aimable de sa part ! Je n’aurais donc pas à mendier ma boisson au fil de la soirée. Cette femme savait y faire pour s’attacher les gens. Savante dans l’art de manier son autorité mais aussi capable de se montrer prévenante. Je comprenais de mieux en mieux la bonne humeur un peu paradoxale de tous ceux que je l’avais vue rabrouer. Décidément, si elle avait des talents de gestionnaire en rapport avec ses talents de meneuse, sa boutique devait connaître, à n’en pas douter, de beaux bénéfices. Je jetai un œil du côté du comptoir pour croiser son regard et lui faire comprendre, par le mime d’un remerciement muet, que j’appréciais l’attention. Décidément je me sentais bien ici ce soir et j’en voulais d’autant plus à Mathé de m’abandonner et de me gâcher ainsi ce plaisir.

Mais je n’allais pas me montrer incorrect avec mon porteur de breuvage. Sans me départir de mon sourire assez éloquent quand-à mon humeur du moment, je lui pris le verre des mains.

« Merci. C’est gentil de vous être déplacé jusque-là. »

Je portai le col du verre à hauteur de mes narines pour en apprécier les parfums. Octopus me soignait. Je n’avais pas l’occasion de goûter du jus de figue tous les jours. Il en fallait bien trop et le rendement n’en était pas assez élevé pour qu’on puisse se permettre de se contenter du peu de jus que ces fruits pouvaient donner. Lorsqu’ on avait la chance d’en avoir à la maison, on les mangeait fraîches et en année d’abondance, maman en faisait sécher sur les pierres affleurantes autour de notre chaumine. La difficulté était d’empêcher les oiseaux et les insectes d’en faire leur ordinaire…

Je pris une gorgée du nectar épais et sucré. Et inclinai la tête en signe d’approbation des saveurs qui arrivaient en cascade. C’était toute l’arrière-saison chaude qui venait me caresser les papilles et le gosier. Une femme apparemment pressée se fraya un passage non loin delà provoquant un mouvement de foule et je fus obligée de faire un pas sur le côté tout en relevant mon verre pour ne pas les renverser sur mon échanson.

« Au conservatoire ? Pas encore, mais merci, ça me touche. »

Je ne répondis pas à la question sur mon apprentissage de mon instrument car je ne pouvais pas y répondre ne connaissant pas le fin mot de cette histoire qui était pourtant la mienne. Ça m’aurait obligée à entrer dans les détails de ma vie et outre que je ne me confiais pas comme ça au premier venu, je me doutais que ça ne l’intéressait sans doute que moyennement. D’ailleurs il semblait attendu au comptoir vers lequel il se dirigeait. Ce n’est que lorsqu’il me fit signe que je compris que j’étais invitée à la rejoindre. Comme je n’allais pas faire le pied de grue toute seule au milieu des tables, j’acceptai avec plaisir et je pris place sur le tabouret qui m’était désigné après avoir fendu la foule qui ne s’était pas encore tout à fait reconstruite dans le sillage récent du jeune homme.

Je posai mon verre sur le zinc en me tournant vers la tenancière. Pour la remercier une nouvelle fois.

« C’est gentil d’avoir pensé à moi. Quel monde ! C’est comme ça tous les soirs ? »

Mais je n’eux pas le loisir d’attendre sa réaction car le jeune homme semblait vouloir engager la discussion et quand il s’agit de musique j’ai du mal à rester sur mon quand-à moi.

« Normal je me suis inspirée d’un thème traditionnel. Les thèmes traditionnels sont ceux qui ont pu passer le temps et qui ont perdu le superflu. Les retravailler est alors un plaisir et me permet de les interpréter à ma façon et de donner à entendre ce qu’ils font raisonner en moi. Ca ne veut pas dire… »

Je m’interrompis brusquement. Je me laissais vraiment aller là devant quelqu’un qui n’avait fait qu’une remarque en passant et qui n’avait sans doute pas envie que je m’étende sur le sujet comme ça. Les présentations étaient une façon des plus habiles de me sortir de l’embarras dans lequel je m’étais mise.

« Enchantée. Zaïra Pichardo. Aucune offence, je suis parfois moi-même un peu maladroite. Je sais ce que c’est. »

C’est alors que je réalisai que mon nouveau compagnon de soirée avait tendance à enchaîner les boissons. Je fis mine de rien remarquer mais ce comportement fut comme un douloureux coup de glaive qui me ramena à Mathé et je me rembrunis avant de tenter de faire bonne figure et aussi civile que Sigmund.

« Si vous ne faites pas de musique, qu’elle est votre partie ? »

C’était un intellectuel, c’était une cause entendue pour moi, mais le domaine de son expertise était encore un mystère ; Sans doute pas un homme d’affaire, ou un gestionnaire, en tout cas si je me fiais aux clichés qui étaient les miens. Un technicien ? Un chercheur ? Ma question n’était donc pas seulement une curiosité de façade mais bien l’expression d’un réel désir d’en savoir plus sur ce chevalier servant.
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Ven 23 Mar - 22:34

Winifred se régalait, comme tous les soirs, en voyant les ducats tomber sur le comptoir.
De temps en temps, elle laisser Rivière prendre le relais au bar pour pouvoir aller mettre l'argent dans un coffre dans un endroit tenu secret, histoire d'assurer ses arrières. Elle ne courrait plus le risque de garder tout cet argent en caisse depuis qu'une histoire pareille lui était arrivée peu de temps après la mort de son père. Elle était sur le point de fermer, la soirée n'avait pas été particulièrement animée, personne n'était venu jouer et pourtant elle avait fait un bon chiffre comme régulièrement, merci les gars du port. Et un petit duo de malfaiteurs avait fait irruption dans l'établissement pour vider le contenu des ducats du jour. Winifred n'avait rien pu faire à ce moment là, couteau sous la gorge. Maintenant, elle faisait des petits prélèvements réguliers et laisser une bonne partie de petite monnaie, celle difficile à trimballer dans les poches, celle qu'on ne vole pas parce qu'elle prend trop de place. Même l'argent était un art à gérer.

Bref, le gentil petit gaillard palot (ou était-ce la lumière ?) avait obéit à Winifred et était sympathiquement allé apporter son verre à la belle demoiselle qui faisait visiblement un carton. Et des adeptes. La gamine semblait satisfaite de sa boisson offerte, c'est ce qu'en avait déduit Wini de par le regard lancé.
Puis finalement les deux étaient revenus vers le bar où la patronne jouait des mains pour servir tout le monde. Il y avait vraiment du peuple comme la gamine avait arrêté de jouer, ils en profitaient pour refaire le plein de liquides dans leurs verres.

- C’est gentil d’avoir pensé à moi. Quel monde ! C’est comme ça tous les soirs ?

- Tous les soirs avec de la musique, ça oui, c'est une certitude. Il y a aussi certains soirs sans rien au programme où il y a du monde, ça dépend des jours de pêches intensives, de la météo, de l'humeur des gens... mais globalement il y a toujours un peu de monde. Et des fois, c'est calme, comme hier après midi lorsque tu es passée.

Elle n'attendit pas une réaction de la part de Zaïra, car elle était occupée avec d'autres clients qui demandaient leur dû.

Sigmund avait son rhum kiwi, mon petit Ziato qui venait de pointer le bout de son nez près du comptoir demanda la même chose, pourtant c'était pas dans ses habitudes, était-ce la curiosité d'avoir entendu une telle commande ?

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Lun 26 Mar - 21:30

Alors que la jeune violoniste me remercie de lui avoir apporté son verre, je me contente d'un bref signe de tête pour toute réponse. C'est bien normal, et c'était également bien vu de la part de la patronne. Après un spectacle dansant, les artistes devaient probablement être assoiffés ! Peut-être qu'il serait intéressant de développer un élixir pour contrer ce genre d'effets ? C'est une piste à explorer, mais je ne sais pas si elle serait très lucrative.

Elle ne faisait donc pas partie du Conservatoire. Intéressant ! Les artistes de rue étaient nombreux à Excelsa, et se produire dans les tavernes était sans doute chose courante lorsqu'on essaye de se faire sa place. Mais la jeune Zaira, par sa double casquette et son talent inné, avait un cran d'avance !

Pas encore ? Alors ça ne devrait plus tarder, vous avez du talent jusqu'au bout des ongles !

Je riais rapidement. Tandis que la violoniste s'assoit face à moi, son verre de jus de figue posé sur le zinc, et que ma propre boisson arrive, je glisse les ducats dus à la tenancière, tout en écoutant ses explications. Je serais bien curieux de savoir depuis combien de temps l'établissement fonctionne, car il est en effet plein à craquer. Il serait sans doute intéressant de découvrir comment la patronne a fidélisé sa clientèle.

Puis, je reporte mon attention sur Zaira. Cette dernière m'explique avec passion d'où vient la dernière mélodie qu'elle a fait résonner dans L'Octo. Soudain, elle s'interrompt brusquement, avant de se présenter à son tour. Je prenais sa main dans la mienne et y déposait un rapide baiser, tel le gentilhomme que je n'étais pas, mais je pouvais bien me montrer gentleman.

Mais je vous en prie, continuez ! C'est un sujet absolument passionnant que la pratique de votre art.

Malgré tout, ce sont mes occupations professionnelles qui sont désormais au centre de l'attention de la danseuse. Avec un léger sourire, je réponds calmement, mais d'une voix un peu forte, pour surpasser le vacarme des discussions autour de nous.

Je suis chercheur et professeur d'Alchimie basique, au sein de l'Apothicariat.

"Oy ! Alchimiste hein ? Tu crois que tu pourrais me refaire un peu de ce rhum kiwi ?"

Intrigué, je me retourne. Je ne connais pas l'homme qui s'approche, mais il a bien la même boisson que moi à la main. D'un sourire poli, je décline son offre.

Navré, l'ami, la distillation n'est pas mon domaine de recherche. Mais je dois avouer que ce rhum est fameux ! Et puissant... il ferait une excellente base pour certaines formules.

Je lève alors mon verre vers lui. Nous partageons une boisson, nous pouvons bien trinquer ensemble !

Je ne crois pas que nous nous soyons déjà rencontré... Comment vous appelez-vous ?

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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mer 28 Mar - 17:17

La soirée battait son plein et je me mettais assez facilement à la place d’Octopus. Les clients se pressaient chez elle ce soir et elle devait être aux anges. D’ailleurs son ton de voix ne trompait pas même s’il gardait l’énergie de celle qui ne se laisse pas aller sous prétexte que le succès est présent.

De mon côté, je laissais souvent mon regard passer d’un visage à un autre afin de tenter de mesurer le degré de satisfaction des convives. J’aimais cette impression que l’humanité pouvait se rassembler en seul endroit et partager les mêmes plaisirs.

La tête me tournait un peu, un peu assourdie parle brouhaha des conversations mêlé des bruits de pas, des glissements des chaises sur le plancher, mais l’atmosphère chaleureuse qui ne devait rien au climat me payait déjà d’avoir accepté cette prestation.

Je souris, malicieuse, à la patronne avant de reporter mon attention vers l’homme qui m’avait abordée quelques minutes plus tôt. Il avait apparemment décidé de se montrer plus qu’agréable. Je ne savais pas si je méritais ses compliments mais ils me touchaient plus que je n’aurais pu l’imaginer. Je sentis le sang me monter au visage sous ma peau sombre. Ce n’était pas si souvent que je pouvais mesurer la façon dont été accueillie ma musique. A part Menke et Tia qui ne perdaient pas une occasion de m’encourager, il y avait les critiques plus ou moins positives de Mathé et c’était à peu près tout. Evidemment je n’oubliais pas la brève rencontre que j’avais eu avec un prieur lors d’une récente date. Je me souvenais de ses compliments pleins de retenue mais qui m’avaient à l’époque, paru sincères. Cette nouvelle rencontre était en apparence, d’un autre genre. Ce garçon en imposait moins que le prieur, ne serait-ce qu’à cause du manque d’uniforme, sans doute aussi de son âge visiblement moindre. Pourtant ce n’était pas plus aisé de lui répondre sans avoir encore une fois, l’air prétentieux. C’est toujours un tiraillement entre cette crainte et le désir de partager ce qui est devenu au fil des ans une passion dévorante. Alors, comme à chaque fois que le sujet de la musique et de la danse sont abordés je commence sur la réserve hésitante et parfois bafouillante. Je replonge dans mon verre pour cacher ma gêne avant de tout de même remercier le flagorneur.

« Merci c’est gentil. Puisse les maîtres du conservatoire vous entendre… »

Soudain mes yeux s’ouvrent de surprise. Presque comme hors de mon propre corps je regarde ma main dans la sienne et ses lèvres l’effleurer. Je papillonne des paupières pour tenter de me faire à cette marque de… Je ne sais pas trop en fait quelle peut être la signification du baise main. Je sais que dans es hautes sphères c’est l’usage des hommes qui rencontrent les femmes, mais il m’est bien difficile de démêler les diverses impressions que cela produit chez moi. La sensation physique n’est pas désagréable mais… Est-ce une marque de déférence ? Si c’est le cas, je suis certaine de ne pas la mériter. Un acte de rapprochement ? Peut être même un acte de propriété posé sur ma personne ? Quelque chose en moi se raidit et pourtant, il a l’air tout à fait courtois et ne semble pas penser à mal. Lorsque ma main est enfin libérée, je la regarde revenir vers moi, comme si elle n’était plus à moi. Est-ce que je vois le mal partout ?

Mais le malaise se dissipe comme une brume matinale sous la rayons du soleil car la conversation va bon train autour de la musique mais aussi autour de son activité. Alchimiste ? Tiens donc ? J’ai du mal à m’imaginer les ressorts de cette discipline. Par contre je comprends mieux son physique d’intellectuel et sa mine pâlichonne.

« Alchimiste ? Je ne connais pas du tout. J’imagine que vous mélangez toutes sortes de produits, mais, je n’en connais pas le but… »

C’est dans ces moments que je regrette de ne pas être allée plus longtemps à l’école. D’ailleurs, y suis-je allée ? Sans doute puisque je sais lire et écrire, mais je n’en ai aucun souvenir. Enfin, mes parents n’ont pas eu la possibilité de m’y envoyer depuis que j’ai atterri dans leur vie. J’ai appris bien des choses que seule la vie peut apprendre, mais l’érudition n’est pas de mes qualités et parfois je le regrette. Je me console, si besoin, en me disant que si je parviens à entrer au conservatoire j’aurai accès à plus de connaissances en plus de travailler ma spécialité.

Mais voilà que Sigmund est pris à partie par un des protégés d’Octopus. Sa remarque me fait rire, elle est presque aussi innocente que celle que je viens de faire à propos de l’art de l’alchimie. Mais je reprends bien vite une contenance car c’est pour mon camarade de comptoir aussi sérieux que pour moi le violon et je comprends assez bien qu’il tente de repréciser les choses. Je ne sais pas trop ce que signifie le terme puissant dans la bouche de l’alchimiste, mais j’y décerne une certaine ironie à l’égard de la boisson et je ne suis pas certaine que la patronne qui s’est absentée entre temps l’aurait appréciée. Je sens mes yeux pétiller de malice devant la cocasserie de la scène ainsi qu’un sourire amusé se dessiner sur mes lèvres.

L’autre semble éberlué devant les termes savants et perd soudain sa gouaille. Visiblement il n’est pas à son premier verre. C’est ainsi que plus ils s’enchainent plus ils appellent les suivants. Il baisse un instant les yeux pour contempler son verre en marmonnant comme en écholalie.

« Certaines formules, certaines formules… Qu’est-ce qu’il veut faire à ce bon rhum ??? »

Relevant le regard flou vers le savant blasphématoire, il tombe sur le verre tendu de Sigmund. Et machinalement répond à son toast. Mi contrarié mi surpris, il retrouve bien vite le sourire et choque son verre contre celui du mécréant qui parle de gâcher une si délectable breuvage.

« Ziato ! M’sieur ! Euh ! Non.. Je crois pas qu’on s’connaisse…»

Une rasade et une expiration contente plus tard, il reprenait le fil de la conversation sur un ton complice avec Sigmund.

« Pas d’offense ! Mais comme je regardais la p’tite, j’ai entendu que… Alors j’m’ai dit… »

Il hésita un instant puis poursuivi.

« L’alchimie. C’est bien faire des choses qui coutent cher avec les choses qui coûtent rien ?... »
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Ven 30 Mar - 15:27

La soirée se déroulait bien, il y avait pas mal de monde au comptoir comme depuis le début de la soirée, la petite pause musicale marquée par Zaira était toujours d'actualité et les ducats arrivaient par cargaisons dans la caisse. C'était l'heure de faire un petit prélèvement d'ailleurs. Winifred laissa alors à son fils le soin de garder le comptoir le temps qu'elle aille cacher un peu de l'argent de la soirée dans son coffre fort personnel.
Au moment où elle redescendait, les faits d'épargnes accomplis, elle entendit depuis la cage de l'escalier en colimaçon que tout ne se déroulait pas comme prévu au rez-de-chaussée. Certains esprits échauffaient commençaient à se menacer d'en arriver aux mains et la patronne arriva en bas juste à temps pour se mettre devant un marin saoûle qui allait mettre un pain dans la gueule de son compagnon de table.

- Hop hop hop mon chaton, tu fais quoi là ? Tu vas aller faire un tour illico presto dehors sinon tu ne remettras plus jamais les pieds ici, tu connais la règle de la maison, hein ?!

Mais le gars n'était pas décidé à se laisser apaiser par la patronne, il avait consommé bien trop de rhum et le sujet de conversation qui tournait autour de la gueule des enfants respectifs des deux hommes les avaient lancés dans une rage folle. L'un disait que les mômes de l'autre ressemblaient bien plus au livreur de courrier qu'au père présumé et ça, c'était pas bon. Un homme piqué dans sa fierté, avec un joli mélange de rhum, ça faisait rarement des paillettes.

- Bruns, comme leur vrai père. Rajouta le deuxième homme qui venait d'échapper au poing dans la gueule parce que Wini s'était interposée. Mais cette ultime provocation engendra un petit quelque chose qui fit rentrer la tenancière dans une rage folle : elle venait de se faire pousser si fort qu'elle était tombée sur cul par terre et les deux hommes étaient déjà en train de se bouffer les bras mutuellement. Mettre des patates, c'était finalement un peu difficile quand on était pas fichu de bien viser à cause de l'alcool, alors que se mordre...

Des cris et du sang, c'était tout ce qu'il y avait à présent. Wini, toujours par terre car ayant du mal à se relever à cause de son mal de dos, était bien peinée de voir que son acte pseudo héroique n'avait eu aucun impact sur la colère environnante. Elle se colla à quatre pattes pour se redresser tant bien que mal, appuyée sur une chaise et hurla après les deux hommes tout en essayant de les séparer.

- MAIS AIDE MOI, SOMBRE IDIOT ! Hurla t-elle à l'attention d'un p'tit gars qui regardait le spectacle d'un air hébété.

Winifred ne pensait plus à Zaira sur le moment, son seul objectif était d'arrêter la baston pour ne pas que ça dégénère. La réputation de l'établissement était en jeu mais bon, les bagarres arrivaient quand même de temps en temps et rien n'avait changé à la fréquentation des lieux.

Enfin quelqu'un arriva pour attraper un des gars, le provocateur, et Winifred se senti soulagée. Soulagée de voir que quelqu'un intervenait enfin. Là elle jeta un oeil à la petite musicienne qui était restée près du comptoir avec Sigmund, c'était même pas dit qu'ils avaient remarqué quelque chose tellement qu'il y avait de boucan là dedans, parce que le truc, c'est que les musiciens présents à ce moment là, étaient hyper motivés à taper comme des demeurés sur leurs instruments !

Winifred voulu remercier le gars qui tenait le provocateur dans ses bras, mais v'là qu'il se mit à le frapper à son tour. Puis l'ami de se dernier à en taper un autre et là, tout le monde se mit à taper sur tout le monde.

La patronne battu en retraite, elle allait demander à ce qu'on prévienne quelqu'un ayant une réelle autorité parce que là, personne ne pouvait plus calmer personne.

- Je vais être encore bonne pour nettoyer une belle petite mare de sang, se dit-elle désespérée, tout en attrapant Zaira par les épaules. Viens ma belle, tu vas te mettre à l'abri, j'te laisse pas au milieu de ces fadas.

Winifred comptait bien amener la petite dans la réserve pour commencer, afin de la protéger des événements à venir.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Ven 30 Mar - 22:48

Ces deux derniers jours ont été rudes. Une opération en mer contre des pirates. C'est pas ce que je préfère faire. Niveau pratique de la magie c'est très satisfaisant, mais pour le reste... Déjà y a tout le problème d'être enfermé dans une boîte en bois avec plein de gens. Je dors très mal et je n'arrive pas à faire caca la nuit par dessus le bastingage comme les autres. Je suis désolé mais quand je suis pas au Fort j'y arrive pas, ça me stresse d'être en plein air comme ça. J'ai mal au ventre du coup. Et puis il y a... les requins. J'en ai vu un une fois, très très gros, qu'un mec avait réussi à avoir au harpon. Ça faisait facilement la longueur d'un cheval de trait. La gueule de l'animal... il commençait un peu à moisir alors on lui voyait bien les dents. Savoir que des bestioles comme ça nagent sous mes pieds moi ça me file des angoisses. Et globalement j'aimerais pas en croiser un autre, même mort. Ça me met mal à l'aise rien que d'y repenser. Trop de dents.

Donc je suis à très peu de temps d'une sieste et d'une ration de nourriture convenable. Je ne peux pas rentrer en me téléportant parce qu'on doit ramener les chevaux qui ont servis à convoyer un canon jusqu'au bateau. C'est arrivé très tard dans ma vie l'équitation, alors j'ai toujours le droit au canasson le plus calme. En général il a un nom comme « pâquerette » et un âge à deux chiffres. Je me débrouille pour rester dessus et ne pas aller trop vite. Du coup ça va je le vis bien. Je suis au dessus des bouseux qui s'écartent sur notre passage et j'ai le temps de regarder le décor au calme. Il y a un Prieur avec moi (jeune, mais son père est maquignon alors il sait faire du cheval). On dirait un chiot fou, il arrête pas de parler en agitant les mains. J'ose pas l'interrompre, des fois il pose des questions mais il y répond tout seul immédiatement alors je me fais feinter. Maintenant je dis rien. Et puis il me surprend.

- On devrait pas faire quelque chose ?

- Hein ? Quoi ?

- Là !

Je plisse les yeux dans la direction du doigt levé. Comme j'ai passé deux jours en mer j'ai évidemment chopé des gros coups de soleil aux visages, aux mains, à la nuque et même derrière les oreilles. Les yeux bleus très clairs c'est évidemment pas le bon plan non plus. Du coup j'ai une paire de lunettes spéciale, je sais pas comment ils font ça mais les verres sont un peu marrons. Je vois rien et je ressemble à une grosse mouche, mais ne pas les mettre ça fait beaucoup trop mal. La réverbération de la lumière sur l'eau, tout ça. Ils font attention à notre petite santé t'as vu ?
Donc à l'ombre des maisons j'y vois comme dans un cul, il faut que le jeune Prieur insiste pour que je capte. J'étais dans mon petit monde je faisais plus vraiment gaffe. Un mec avec le nez en sang s'est fait éjecté par la porte, et il reste couché sur le dos. Il y a des bruits de bagarre. Ça nous concerne non ? Oh s'il vous plaît non j'ai super faim et je veux rentrer chez moi !

En même temps quand on voit du bordel on est censé ranger, on attend pas que les copains passe pour le faire. C'est un coin un peu cossu, ils vont râler si on reste devant à regarder en attendant que les copains arrivent. Puis surtout, le mec avec moi a insisté. Je peux pas résister à quelqu'un qui insiste. Je souffle par le nez puis je descends du cheval.

- Bon tu me gardes Caramel...

- … Flocon, y s'appelle Flocon il est blanc.

- Tu me gardes Flocon pardon, et puis va chercher une patrouille si il faut embarquer du monde et puis euh... garde moi ça s'il te plaît, ça vaut cher ils vont me tuer si je les casse.

Je lui file mes lunettes puis j'approche du bar avec la manœuvre militaire célèbre du « oh bon sang j'aimerais tellement être ailleurs ». Je ne sors pas mes flingues. C'est peut être disproportionné. Si j'abats à vue tous les mecs saouls qui se mettent des gifles, Excelsa va se sentir très vide. J'ai pas besoin de flingue pour deux types trop mûrs qui se blessent sans faire exprès. Mais si la salle est basse de plafond et pleine à craquer de fous furieux en train de s'arracher les oreilles avec les dents... je vais pas immobiliser tout le monde avec mes petits bras.

Bon, si tu devais choisir quelqu'un pour calmer un bar entier avec son seul charisme, est ce que c'est mon nom qui vient en premier ? Quelqu'un pour hurler d'une voix claire un truc comme « bon ça suffit maintenant les garçons ». Je sais même pas comment faire pour me faire remarquer. Je suis dans l'entrée là, personne me calcule. C'est le zoo là dedans. Il y a des gens qui se battent, des gens qui essayent de les calmer hurlant encore plus fort et en cassant des trucs. C'est insensé. Et personne, absolument personne, ne s'arrête parce qu'un petit monsieur en rouge est en train de les regarder depuis la porte. Strictement rien à branler.
S'agit d'être concis, et compréhensible. La viande saoule ça comprend rien.

- C'EST LE PRIEURE VOUS ARRETEZ CE BORDEL MAINTENANT HEIN.

Ça provoque des réactions. Certains s'éloignent à toute vitesse des combats les mains en l'air pour prendre un air nonchalant. Type « une bagarre ? Quelle bagarre ? Cette bagarre là ? Mais moi je tenais les manteaux ! ». Pas mal de monde en fait. C'est bien. J'aurais détesté avoir hurlé avec une grosse voix pour rien.
Y en a qui sont trop saouls pour calculer que les problèmes sont arrivés. Du coup ils continuent de se battre, avec un brin d'hésitation quand même parce qu'un grand vide s'est fait autour d'eux. Une table rend son dernier soupir sous le poids d'un énorme beauf en train de tomber dessus. Qu'est ce qu'ils servent ici pour les rendre dans cet état à cette heure là ? Ils sont pas nombreux mais comme ils sont tout rouges et bourrés à en devenir berserker ça donne une impression de foule.

L'alcool ça rend idiot et insensible à la douleur. Râh et putain y a une meuf qui est en train d'étrangler quelqu'un, faut que j'intervienne physiquement ! Et voilà, ça va partir en couille.
Je tire sur l'épaule de la fille en disant un truc du style « madame, il faut se calmer là » (y a trop de public pour juste lui mettre un taquet et la balancer dehors). Hurler sur un berserk bourré ça ne sert à rien. Évidemment elle me saute dessus en amorçant sa main comme une patte d'ours. Coup de bol, moi je ne me suis pas massivement intoxiqué, je te la balance dans un coin et elle y reste.

- TOUCHE PAS A MA POTE

Un gros mec saoul me fonce dessus. Franchement si je peux pas gérer la charge pataude d'un gars tellement bourré qu'il a les yeux qui coulent, j'ai l'air de quoi ? Y qu'à faire un pas à droite il va se ruiner tout seul contre un mu...
J'avais pas vu le second gars. Celui qui m'a poussé par terre de toute ses forces. Et il y a des éclats de verre au sol. Une fois que je me suis rendu compte de ça, j'essaye de me consoler en me disant que j'aurais pu tomber visage en avant. Ou me prendre des éclats dans le cul, en visant dix centimètres plus haut. Au moins j'ai juste très très mal, mais je suis pas défiguré ou parti pour chier dans une couche pour les six prochains mois. C'est de la chance ça.

Évidemment je vais rendre sa douleur à son propriétaire légitime, celui qui m'a poussé sur du verre brisé. C'est la moindre des choses. L'homme se met à hurler pendant que je me relève tranquillement avec tout un service à vaisselle planté dans le dos (enfin c'est l'effet que ça m'a fait sur le coup). La magie. On met plus la barre au même niveau du coup. Y a un coin de mon cerveau qui me dit « Là Zizi tu l'as pas joué fine, si t'y étais pas allé tout seul comme un con ça n'aurait pas tourné comme ça ». Mais c'est trop tard.

Mais bon les conflits se règlent beaucoup plus facilement quand on se téléporte et qu'on refile sa douleur aux gens. Après c'est dur à raconter moment par moment, parce que ça ralentirait quelque chose qui se passe en réalité très très vite. Si j'ai envie de te mettre un coup de puis au cul puis de me tenir debout sur ta tête, bah je le fais, et je t'emmerde. Y a quelques heures j'étais en train de bondir par grand vent dans un truc qui tangue pour y foutre le feu, c'est pas trois bourrés qui vont m'arrêter.

Puis y a le levier psychologique. Les gens différencient pas les uniformes, ils s'en fichent, mais la démonstration de magie fait peur. Du coup toute l'affaire se calme très vite. Personne n'étrangle plus personne. Je peux garder ma douleur pour moi (oui c'est balot). La plupart des éclats sont tombés pendant que je m'agitais, mais il en reste bien deux ou trois. Y a du sang qui commence à imbiber ma ceinture, dans mon dos. Ça sent bon les points de suture ça. Ou peut être juste les petits machins qu'ils collent pour rapprocher les bords de la plaie. Putain de merde. Ils vont tous se foutre de ma gueule (je sais pas qui est ce « ils » qui me persécute mais je doute pas une seconde de son existence).

Puis du coup faut que les copains arrivent parce que je vais pas partir avec tout le monde à la queu leu leu derrière moi. Théoriquement faudrait même que je me mette dans un coin au calme et que je bouge plus (oh, t'inquiète pas, c'est pas une hémorragie massive hein, je pense que j'ai tranquillement le temps d'atteindre l'infirmerie du Fort avant de mourir, peut être faire une promenade à la plage avant, compte sur moi pour savoir évaluer ces choses là). Je vais pas laisser les mecs qui m'ont tapé dessus rentrer tranquillement chez eux.

Et euh.. bon. Voilà voilà. C'est long hein ? Ça fait deux secondes que je suis debout au milieu d'un tas de bourrés qui tiennent les mains en l'air (j'ai rien dit mais ils se sont inoculés l'idée tout seul entre eux), je me sens déjà très seul. Comme c'est pas facile de faire des figures de gymnastique quand on est cuit, des fois l'effort les fait tomber. C'est un peu rigolo mais pas assez.
J'ai le temps de regarder le décor. C'est un bar. Pas eu le temps de m'intéresser au décor. Je vais jamais dans ces endroits là alors j'ai beaucoup à regarder. Les bouteilles sont jolies, plus intéressantes à regarder que des bouteilles de lait. Les lustres n'ont pas pris de dégât, et ça aurait été dommage vu qu'ils sont en forme d'animal. Ah oui je suppose que je dois parler au propriétaire d'ici non ? Pour lui dire quoi ? « Euh coucou des phacochères sont venus je sais pas si vous avez remarqué ». Ça serait très con d'attendre dans un coin sans rien dire, les collègues ils peuvent mettre des minutes entières à arriver. Ça va être vraiment putain de long.

- Euh... c'est chez qui ici ?

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Sigmund von Einzbern
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mar 3 Avr - 0:40

« L’alchimie. C’est bien faire des choses qui coutent cher avec les choses qui coûtent rien ?... »

Pas nécessairement cher, bien que ce soit souvent le cas. On peut aussi faire des choses très simple, qui peuvent servir dans la vie de tous les jours. C'est sans doute la partie que je préfère à propos de l'alchimie : les possibilités sont quasiment infinies, et il reste encore tant à découvrir.

Je répondais à la fois pour Ziato et pour Zaira. Je pourrais parler pendant des heures des travaux fondateurs de l'alchimie, ou même des recherches de mes collègues et des miennes. Mais je ne voulais pas assommer mes interlocuteurs avec des termes compliqués que souvent, beaucoup de collègues ne comprenaient pas totalement eux-mêmes.

Je n'eus même pas le temps d'élaborer. Le brouhaha des conversations était présent depuis que la violoniste avait pris sa pause, assourdissant et constant... mais là, ça montait d'un cran. Mon verre de rhum à la main, je tournais la tête pour jeter un regard par-dessus mon épaule. Deux hommes se font face, avec la tête des mauvais jours. La tête de ceux qui ont trop bu et s'énervent sans doute pour un rien. La patronne embarque précipitamment Zaira pour la mettre en sécurité. Bonne initiative, je penses, mais d'un seul coup je ne me sens plus vraiment en sécurité... Pour l'heure, je décide de rester près du bar, relativement loin de l'action.

A peine Zaira est-elle cachée que la tenancière réapparaît pour tenter de calmer le jeu. Malheureusement, le taux d'alcoolémie ambiant est trop élevé, et la situation dégénère totalement. D'un "simple" face à face, les choses tournent à la bagarre générale. Pris dans le mouvement de foule, je tente tant bien que mal de rester à l'écart, mais quelques coups se perdent, et je finis rapidement au sol, les bras protégeant mon visage pendant que des talons venaient me piétiner aléatoirement. J'essaye de me relever, mais je me fais marcher sur les mains.

La rixe dure quelques minutes, avant d'atteindre une sorte de point d'orgue, et de retomber à plat. Plus personne ne bouge, le silence se fait. Un homme a crié, fort, et il semble avoir une certaine autorité dans le coin. J'ai cru entendre le mot "Prieuré", ce qui a pour don de me rassurer. Après un dernier sursaut de violence, le calme se fait. Maladroitement, je me faufile à quatre pattes entre les soulards pour trouver un endroit où me relever. Je débouche en face d'un homme vêtu de rouge, qui vient de demander à qui appartenait les lieux.

C'est... pas chez moi. J'étais... euh... tombé.

J'ai mal à la main, sans doute quelques bleus qui commencent déjà à se former partout sur mon corps, et des hématomes sur le visage aussi. Mais malgré mes deux verres d'alcools bu, j'ai sans doute l'air beaucoup plus lucide que les mecs qui étaient en train de se taper dessus.

Euh... merci, d'avoir arrêté ça.

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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mer 4 Avr - 14:56

La conversation avec Sigmund promettait d’être passionnante, mais la soirée était loin d’être minée aussi, je me préparais à retourner sur scène en espérant que la deuxième partie de ma prestation ait le même succès que la première.

Pour ce faire j’étais en train de finir mon verre de nectar de figue en écoutant les explications de l’alchimiste lorsque le brouhaha en provenance de la salle changea de nature. Tournant la tête en direction du chahut en même temps que l’alchimiste, il ne me fut pas difficile d’imaginer l’événements qui était en train de se nouer. J’avais une trop grande expérience des tavernes et des tripots pour l’ignorer. Les échauffourées commencent toujours comme ça.

Je reposai mon verre sur le zinc au moment ou la patronne refaisait son apparition et en bonne maîtresse des lieux, se mit en devoir de tuer l’altercation dans l’œuf. Je ne pus empêcher un sourire approbateur devant l’autorité d’Octopus même si les choses avaient sans doute décidé de tourner au vinaigre quoi qu’il advienne. De là où je me trouvais je ne pouvais saisir le sujet de la querelle et au point où on en était, ce n’était plus vraiment important. Lorsque deux personnes avaient décidé d’en venir aux mains, même l’autorité d’un poulpe, fût-il géant, n’y changerait rien. D’ailleurs son autorité venait d’en prendre un coup puisqu’il se trouvait maintenant les quatre fers en l’air avant de tenter de reprendre une posture plus digne de ses fonctions et de sa dite autorité. La chute de la tenancière me fit sursauter et d’instinct je me portai à son secours pour au moins lui permettre de se relever et si possible lui permettre de s’écarter de la zone de combat. La rage qui semblait avoir saisi les protagonistes paraissait ne pas avoir de limite puisqu’en quelques secondes ils en étaient déjà rendus à jouer des maxillaires.

Lorsque j’arrivai à la hauteur de Winifred, un p’tit gars avait réussi à la relever et elle tentait de reprendre contenance et visiblement de panser son amour propre. Elle jetait un coup d’œil expert à son établissement et surtout à la bataille pas du tout rangée qui s’y déroulait.

En un réflexe salvateur j’évitait par chance un boc que le coin de mon champ de vision avait plus de viné que vu traverser l’espace sur ma gauche. La tête toujours rentrée dans les épaules, je tentai d’attraper le poignet de la patronne et lui crier pour couvrir la fureur les tables renversées et les cris, des bris de verre et des invectives.

« Faut pas rester là ! »

Son regard croisa brièvement le mien et je battis en retraite jusqu’au bar où la castagne n’avait pas encore gagné. Sigmund semblait fasciné par le spectacle. Lorsque je me retournai Octopus était toujours au cœur de la mêlée. Mais à quoi pensait-elle ? Apparemment elle ne m’avait pas vraiment vu lorsque ses yeux m’avaient traversée.

Lorsqu’elle se décida à nous rejoindre elle avait l’air désolé de celle qui allait devoir tout réparer et surtout payer pour remettre son établissement en état, mais gardait cette détermination qui semblait faire partie du noyau de sa personnalité.
Incrédule je la laissai me diriger vers l’arrière salle. C’était un comble ! Elle n’avait même pas réagi lorsque je lui avais dit de se mettre à l’abri et là, elle s’inquiétait de moi comme d’une petite chose fragile. De son côté, Sigmund est pris à parti malgré lui et comme il n’est pas vraiment taillé pour ce genre d’exercice, il s’écroule de l’autre côté du comptoir, le mauvais, celui où se déroule les affrontements, celui aussi je ne peux voir ce qui lui arrive.

Nous étions à peine arrivées derrière le comptoir qu’un beuglement parvint à nos tympans. Comme une seule femme, nous voilà à hercher d’où venait l’injonction, car c’était bien une injonction à cesser la baston dont il s’agissait. Le fracas semble devoir cesser presque instantanément si on oublie les dernières distributions de beignes prodiguées par le Prieur, car c’est bien un prieur qui semble vouloir intervenir. Je fronce les sourcils car malgré ma récente rencontre avec un membre plutôt agréable de cette confrérie, je ne peux empêcher ma suspicion envers ces « protecteurs de l’ordre public » de remonter illico à la surface. Bref les derniers éclats comme les derniers coups de tonnerre à la fin d’un orage précède un calme presqu’assourdissant tandis que le nouveau venu dans son manteau rouge semble aussi interdit que les belligérants.

Après de longues secondes qui ressemblent à l’éternité, il semble décider que c’est à lui de prendre les choses en mains. Je me tourne vers la patronne car c’est bien d’elle qu’il s’inquiète. C’est alors que mes cheveux se hérissent sur mon crâne. Mon violon ! Je l’avais laissé sur la scène improvisée et la panique le saisit en pensant à ce qui a pu lui arriver durant la rixe. Sans me soucier du manteau rouge ni de la suite des événements, je contourne le zinc dans le sens contraire et me précipite vers l’endroit où je l’ai laissé. Bon sang l’étui est tombé au sol retourné et ouvert sous un banc et je ne vois nulle part mon instrument. Sûrement réduit en échardes par des pieds rageurs ! Je ramasse la valisette aux doux contours. Un soupir de soulagement me vide les poumons alors que je découvre en dessous mon violon intact, protégé par son étui retourné sur lui. Je le ramasse et l’examine sous toutes les coutures. Le chiffon qui ne quitte jamais mon équipement le caresse pour lui ôter doucement la poussière du sol et tenter de découvrir les éventuelles blessures. Rien ! Il n’a rien !
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Winifred Cooper
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Jeu 12 Avr - 21:33

Ah bah non. Winifred n'était pas parvenue jusqu'à la réserve comme c'était prévu dans sa tête. Et elle n'aimait pas trop quand ses plans changeaient à la dernière minute comme ça. Enfin, la bagarre était déjà imprévue...

Un beuglement surprenant se fit entendre dans toute la grande salle de l'Octo, un... mec ? Ou une vache, car les vaches beuglent, mais en l’occurrence il s'agissait bien d'un homme, qui se prétendait être du prieuré et qui sommait aux malfrats d'un soir de cesser leurs petites folies avec leurs corps respectifs. Et les tables aussi. Octopus en avait vu d'autres, des gars émechés qui se faisaient passer pour des gars du prieuré, c'est facile, tu cris, ça calme le jeu, des fois y'en a que ça fait flipper et qui sortent en courant, d'autres qui n'en ont rien à foutre et qui croient pas que le gars est du prieuré. Mais bon, là, il avait l'air convainquant.
Mme Cooper avait lâché les épaules de Zaira qui s'était elle même retournée au beuglem... au cri du monsieur sapé comme jamais. La tavernière aurait pu se soucier de sa personne, mais elle loucha dans un premier temps sur ses habits et sur sa jolie paire de lunette qui n'avait ici aucun intérêt, mais qu'importe. Elles étaient belles.

Pas réellement le temps de se soucier du look de qui que ce soit que la baston reprend de plus belle (mais pas longtemps) et que le p'tit gars du prieuré il décide de se mettre dedans. Mais quel gros malin.

- MES TABLES, BORDEL DE MERDE, VOUS ALLEZ TOUS PASSER VOTRE SOIRÉE A JOUER AU BRICOLEUR MOI J'VOUS L'DIS, hurla Winifred que personne n'écoutait à se moment, trop préoccupés à regarder la suite et fin d'une baston courte et intense.

- Ah bah v'là que le seigneur se met à saigner, dit-elle cette fois à voix beaucoup plus basse. Faudrait peut être pas lui chauffer les nerfs, il avait l'air bien motivé le p'tit gars. En plus, elle le connaissait pas et ça, elle n'aimait pas. C'était qui lui ? Elle l'avait déjà vu ?

Les mains sur les hanches, la tête penchée, le nez retroussé, les yeux plissés pour mieux regarder ce mec qui créait sur le beau plancher une joli petite flaque de sang qui coulait par son futal.

- Mon parquet, bord...

- Euh... c'est chez qui ici ?

Wini fut coupée dans sa phrase, qui allait encore une fois bien évidemment parler de son parquet et des difficultés à nettoyer le sang, SURTOUT si on attend des plombes. Et le sang, c'est à l'eau froide. Il fallait aller chercher de l'eau froide. Mais répondre au gars. Et vite chercher de l'eau froide.

Zaira avait décampé pour aller chercher son violon qui HEUREUSEMENT était sauf, en voilà une bonne nouvelle, manquait plus qu'elle doive lui rembourser l'instrument. Et des fois ces choses là n'ont pas de prix, sauf un prix sentimental et là, ça se paye que dalle, juste en points de sutures au coeur. Ah d'ailleurs, il lui en faudrait peut-être des points à celui-là.

L'alchimiste fit aussi son apparition, le pauvre, il n'avait pas l'air d'être en grande forme, il s'était mangé des patates lui aussi ? Puis elle vit son visage qui commençait vite à prendre une autre couleur.

- Oh bah mon p'tit bouchon, on va te mettre de l'eau froide sur ta jolie p'tite tête hein, et puis sur mon parquet, conclu t-elle en regardant aléatoirement le prieuré et le sang qui perlait de "on ne sait où" de son corps, mais SUR SON PARQUET.

- C'est chez moi ici. Je suis Winifred. Dit-elle avec aplomb. C'était fort gentil cette petite intervention, bien que j'ai parfois une petite préférence pour la diplomatie et la discussion, là j'avoue que c'était rapide et efficace. Mais bon... Y'a du bobo. Donc vous, vous venez avec moi derrière, dit-elle en s'adressant au gars qui se disait du prieuré, on va vous soigner tout ça rapidement histoire que vous n'en foutiez pas partout et toi aussi tu viens, dit-elle à Sigmund qui nécessitait un peu de fraîcheur.

Elle s'approcha de Zaira pour lui désigner un tabouret haut, l'invitant à s'y asseoir le temps que la situation se décante. Elle reviendrait vers elle après avoir joué du fil.

- Et toi, trou d'balle, tu décampes ou j'te r'files une trampe, lâcha t'elle à un gros baraqué qui venait de détruire sa table. Toi et ta potiche, vous dégagez de là, et que j'vous revoit pas du mois.

Oui parce que bannir les gens à vie, c'était pas dans les habitudes de la maison.

- J'suis douée en couture, vous allez voir, dit-elle en s'adressant à Sigmund et le gars à lunettes.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mar 17 Avr - 18:05

- Bin euh de rien c'est mon travail.

C'est un jeune homme qui me dit merci. C'est gentil.

- Vous avez été un peu pris dedans non ? … euh pardon elle est bête ma question. C'est... enfin, il faudrait de la glace, quoi.

Il a le visage de quelqu'un qui s'est pris des coups, et je sais très bien qu'il ne s'est pas fracassé le visage tout seul sur le comptoir. En me téléportant partout dans les cinglés bourrés je l'ai vu par terre à se faire marcher dessus, perdu entre une table renversée et le comptoir. Mais je ne pouvais rien faire pour lui à ce moment là mis à part neutraliser les chieurs.

Ensuite il y a une dame qui arrive, je la classe mentalement dans la catégorie des gens qui font peur. Avec du bagou, qui parle fort avec des gestes, tout ça. Quand elle commence par dire « mon p'tit bouchon... » j'allais réagir en mode « oh, calmez vous madame » puis j'ai compris qu'elle parlait au jeune piétiné. Pas à moi. J'ai failli mettre un gros malaise. On est passé à ça. Bon sang.
Donc la dame elle s'appelle Winifred et elle aurait préféré la diplomatie. Ah oui ? Bah il fallait calmer tout le monde soi même comme une grande. La diplomatie c'est à la portée de tout le monde. Moi je mets des avoines au gens par magie je peux pas tout faire. Et... et... elle veut me recoudre. Par Myre. Bordel. Je serre tellement les fesses d'un coup.

- Hé euh... hein ? Quoi ? Non ! On a une infirmerie au Fort pour ça ! Puis je dois garder à l'oeil vos imbriaques, en attendant les renforts.

Je fais la même tête que si elle m'avait proposé de me carrer son poing dans le fondement. Le choc et l'horreur.
Déjà c'est pas simple de soigner quelqu'un qui peut se téléporter quand il a mal et balancer sa douleur dans les gens. En général toutes mes visites chez le médecin débutent par une bonne injection d'analgésiques pour me neutraliser. J'ai même appris à apprécier ce petit plaisir de la vie. Il ne me viendrait pas à l'idée de me défoncer à la morphine quand je n'en ai pas besoin, mais quitte à ne rien faire sur un lit d'hôpital... autant me gratter de bonheur (ça gratte d'être très défoncé aux opiacés). Mais je ne vais pas laisser des gens de l'extérieur me droguer ! Au Fort on a de la médecine de pointe, des potions pour la magie... tout ! A l'extérieur, pour ce que j'en sais, ils soignent leurs blessures en crachant dessus. Ça sera forcément mal fait.

En même temps j'ai deux éclats de verre enfoncés juste en dessous de l'omoplate droite, ça fait mal, et je suis en train de saigner sur le parquet en attendant les renforts. Ça m'arrive d'aller au Grand Hôpital quand je suis dans un trop sale état, et une fois, une fois seulement je suis allé à un cabinet de toubib en ville, dans des circonstances particulières. Cette dame est peut être capable de me faire des points de suture sans me tuer. Peut être. Mais ça fait un peu peur.

- Hé mais... vous virez les deux là ? Je voulais les embarquer ! … oh et puis zut, je suis tout seul, en train de ruiner votre parquet je ne vais pas embarquer grand chose, vous avez raison. C'est par là pour se faire recoudre ?

Dit il avec une sérénité qu'il est loin de ressentir. Mais si le sang arrive à couler jusqu'au sol c'est que j'en perds beaucoup. Ce ne sont que quelques points, n'importe quel abruti est capable de faire des points. En plus je vais devoir me mettre torse nu, je n'y avais pas pensé. Oh bordel. J'ai vraiment beaucoup de cicatrices d'automutilation partout où j'ai pu m'en faire, c'est-à-dire les bras, les jambes, le ventre. Pas un spectacle pour une dame. C'est horriblement gênant.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Jeu 19 Avr - 11:32

Une infirmerie au Fort ? Il voulait péter jusqu'au fort alors qu'il était en train de se vider de son sang doucement mais surement ? Mais quelle bonne idée tiens. C'était un coup à ce que toute la clique déboule à L'Octo en mode "bon bah un des nôtres est mort sur la route en revenant au Fort, parait qu'il était chez vous avant, vous nous expliquez ?" superbe l'idée pour se faire fermer l'établissement. Et puis en plus de dégueulasser son parquet, il allait salir les pavés dehors. Et de quels renforts il parlait ? Comment les renforts pouvaient-ils être au courant de ce qu'il se passait ici ? Il était entré, avait fait "pop" dans toutes les parties de la pièce en mettant des mandales à tout le monde et il avait besoin de renforts ? Brave le type. Mais bon, il avait calmé tout le monde. Mais nan, hors de question que des renforts déboule, c'est un bar et y'a une gamine qui est venue jouer du violon, pas faire causette avec de gros gaillards pour témoigner un truc genre "bah ils se sont disputés, ça s'est tapé dessus". La gamine, elle avait autre chose à foutre.

- Et oui je vire ces deux là, et j'annonce que ceux qui veulent se tirer, c'est le moment, dit-elle a voix haute pour être audible de tous. Personne ne broncha et une bonne partie n'attendait que la reprise des festivités. Ils étaient habitués à ces quelques débordements ponctuels, à L'Octo ou ailleurs (surtout ailleurs). Et en effet, c'est par là pour se faire recoudre. Dit-elle en désignant une porte près du bar.

Elle se rendit devant Zaira pour lui donner quelques instructions le temps de s'occuper du petit prince à lunettes.

- Alors ma belle, désolée pour ce gros bordel, ce sont des choses qui arrivent tu sais. Warwick va venir passer un petit coup de balais au sol... ou plutôt de serpillère vu ce qu'il a perdu l'aut' mais toi tu as la possibilité de te tirer d'ici si tu veux, j'comprends que ce soit pas ta tasse de thé cette ambiance, même si je sais pertinemment que ça va pas se réitérer ce soir. Auquel cas j'te file ton blé cash. Sinon tu peux aussi rester et continuer à nous sortir quelques notes de musique étant donné l'heure, ce serait dommage de se passer de toi si tôt. Puis y'a encore du monde qui semble t'attendre, dit-elle en pointant du doigt quelques hommes et femmes qui replaçaient des tables près de l'endroit où la Zaïra avait joué quelques minutes plus tôt. M'enfin, j'te laisse décider, fais moi savoir ce que tu veux faire, je file recoudre celui-là.

Puis elle jeta un oeil à l'Alchimiste.

- Toi aussi, viens, autant que je joue les couturières pour tous les deux, ça sera fait.

Elle laissa Zaïra décider de ce qu'elle voulait faire, elle était grande et allait se débrouiller quelques minutes le temps que Wini se charge des deux bonhommes. Elle passa près du bar et s'engouffra dans le dortoir des voyageurs, agrippant le bras de Sigmund tout en laissant le prieuré les suivre. Au passage, elle attrapa de sous le bar, une bonne bouteille d'alcool pur.

Arrivés dans le dortoir où personne ne dormait cette nuit, elle invita à... non, elle ordonna à Sigmund et à... Comment il s'appelle au fait ? L'autre ? Elle ordonna à Sigmund et à l'autre de s'assoir sur deux lits qu'elle rapprocha l'un de l'autre.

- Toi, tu m'enlèves ton manteau, ta cape, tout ce que t'as sur toi. Enfin, m'montre pas ton p'tit popotin, on en est pas là, enlève juste le haut. Dit-elle à l'autre. Et toi...

Elle attrapa un torchon qu'elle imbiba d'eau et débarbouilla le visage de Sigmund sans lui demander son avis. Puis elle laissa couler de l'alcool sur le même torchon et le tendit à l'alchimiste.

- Tiens, j'te laisse t'auto mutiler en désinfectant un bon coup, mais ça va pas te faire de mal, enfin... après j'te recouds.

Elle disparu un instant de la pièce pour revenir aussitôt avec une bouteille de rhum, ou ce qu'il en restait, environ un quart.

- Une p'tite lampée, messieurs ?

Tout en posant la bouteille entre les deux gars le temps qu'ils se décident, elle récupéra un kit de couture en cuisine, elle avait l'habitude des bobos et pas l'habitude de faire des points mais en tout cas, elle avait déjà pratiqué.

- Bon ben, y'a plus qu'à, qui en premier ? Je vais commencer par toi, ce sera l'occasion pour te poser quelques questions, dit-elle à L'Autre.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Jeu 19 Avr - 17:00

C'était enfin terminé. Avec un léger mal de crâne sans doute du aux coups que j'avais subis, je me trainais jusqu'au bar le temps que la tenancière et le Prieur finissent de régler leurs affaires. Deux des bagarreurs étaient sommés de quitter l'établissement, les autres avaient le choix. Il n'était pas très tard, ce qui paradoxalement était peut-être une bonne chose. La partie "bagarre" étant réglée, le reste de la soirée devrait suivre son court normalement. De mon côté, je sentais que mes côtes étaient douloureuses, et une mince filet de sang coulait de mon arcade gauche. Ce n'était rien de grave, je pourrais sans doute trouver de quoi me recoudre chez moi. En attendant, une serviette pour arrêter le saignement et c'était réglé. Ou un peu de glace pour éviter que ça gonfle. C'était une bonne idée ça, on sentait l'expérience du Prieur.

Finalement, je me fait alpaguer en direction d'un dortoir. Ainsi donc, ce bar fait aussi auberge. C'est intéressant. Avec autorité, la patronne nous fait assoir, le Prieur et moi, sur des lits qu'elle rapproche l'un de l'autre. Le dos de l'homme en rouge est bien amoché, avec deux éclats de verre plantés dedans. Je grimace à cette vue, mais pris d'un soudain éclat de lucidité professionnel, j'ose demander :

Dites... euh... est-ce que je pourrais récupérer une fiole de votre sang ? Vous trouvez sans doute cela étrange, mais je serais curieux de mener quelques recherches. Après tout, vous pouvez vous téléporter, alors peut-être que vos fluides corporels ont quelque chose de spécial ?

C'est sans doute un peu osé, mais qui ne tente rien n'a rien, je suppose. En attendant, la tenancière demande au Prieur, qui se vide peu à peu de son sang sur le matelas, de retirer son haut. Elle me passe ensuite un torchon humide sur le visage, avant de mettre un peu d'alcool dessus et de me laisser me débarbouiller. Je remarque également une bouteille de rhum à portée de main. Je soupire. C'est très immature de ma part de redouter la sensation de l'alcool sur une plaie. Mais je n'y peu rien, je n'ai jamais aimé ça. Ça pique, c'est désagréable et en plus à chaque fois qu'on décolle le torchon de la plaie ça pique encore.

Alors j'attrape la bouteille, j'en descends une généreuse gorgée, et je me lance avec un rictus d'appréhension. Je sais encaisser les coups, mais lorsqu'il s'agit de m'auto-administrer des soins, je suis quand même vachement moins brave. J'y passe une bonne trentaine de seconde, le temps de bien désinfecter la plaie à mon arcade. Je passe ma main sous mon haut pour vérifier que je n'ai pas une autre plaie ouverte sur le torse, mais je ne sens rien. Quelques bosses tout au plus.

Je reste silencieux un moment, pendant que la gérante recoud le Prieur. Je me rends compte que Zaira est restée toute seule au bar. La dernière fois que je l'ai vue, elle venait de récupérer son violon intact, ce qui est une excellente chose. Mais les dernières minutes sont assez floues dans mon esprit. Beaucoup de mouvement, beaucoup de bruit... Alors je me dis que je ferais mieux de reprendre au début.

Je m'appelle Sigmund. Sigmund von Einzbern, alchimiste à l'Apothicariat. Dis-je en tendant la main. Puis je regarde l'homme en rouge, le corps bardé de cicatrices. Je lève un sourcil et je demande : C'est une bonne situation, Prieur ?

En tout cas, ça a l'air sacrément dangereux. Je sais même pas pourquoi je suis surpris de cette conclusion.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Dim 29 Avr - 10:59

De quoi ? Mon sang ? C'est surprenant. Je ne suis pas scientifique ni médecin, je ne comprends pas bien ce qu'il peut en foutre. C'est pas comme si je saignais vert ou quelque chose comme ça. Néanmoins...

Néanmoins je suis tenu au secret sur la magie. On ne devient pas Vicaire comme ça. Tous les Prieurs n'ont pas le pouvoir de se téléporter. J'ai fait mon noviciat comme tout le monde puis j'ai pris la spécialité automutilation et téléportation ensuite. Je sais qu'on ne peut pas apprendre « par hasard » en se cognant le pied contre une table basse. Personne n'a jamais utilisé la magie de la douleur sans l'apprendre au Fort avant – pas que je sache en tout cas. Un des rituels inclue de boire le sang d'un praticien plus vieux. Oh, ne t'offusque pas. On boit un tas de saloperies dans le métier. Puis le sang on se l'enfile pas dans un verre tout seul – un coup à gerber ça. C'est dilué dans une espèce de potion qui semble avoir été faite à base de mort au rat et d'huile de moteur (à la fois pour le goût et pour l'effet sur l'organisme). C'est un espèce d'examen d'entrée. Un grand moment dans la vie d'un Vicaire. Si tu ne meurs pas t'as réussi. Mais je ne sais même pas si le sang est vraiment un ingrédient essentiel pour cette potion. Même si j'adore la tradition, je dois admettre qu'il y a un tas de trucs qui ne servent à rien (je les fais quand même hein, chacun d'entre eux, à quoi bon faire parti d'un ordre religieux si on aime pas ça). On passe par un paquet d'épreuve avant de se téléporter pour la première fois, comment savoir lequel est essentiel ?

- Euh bin euh je ne sais pas pour les... les fluides, mais... je suis vraiment désolé, je ne crois pas avoir le droit de donner mon sang à quelqu'un pour qu'on fasse des recherches dessus. Ils ne rigolent pas avec les indiscrétions au Fort.

Moi perso ça ne me gênerait pas de lui en refiler, vu que j'ai aucune foutue idée de ce qu'on peut trouver dans du sang humain. J'aime pas dire « non » aux gens. Mais je n'aimerais pas non plus me faire engueuler parce qu'un petit malin a inventé la potion de téléportation par ma faute. Ils savent y faire niveau engueulade, aussi.

- Vous pourriez enlever les deux morceaux de verre que j'ai dans le dos s'il vous plaît ? Je vais avoir du mal à me déshabiller sinon, ça va se prendre dans le tissu et tout.

Je demande ça au monsieur qui veut me voler du sang et qui est en train de s'éponger le visage, parce que la dame est partie chercher son matériel de couture ou je sais pas quoi. Je n'ose pas lui demander à elle parce qu'elle me fait beaucoup trop peur. Elle m'a parlé de « mon p'tit popotin ». Arg. J'ai très envie de me téléporter dehors, mais le sang que je suis en train de répandre sur le drap du lit sur lequel je suis assis me dit de ne pas le faire. D'une parce que c'est dangereux tout ça, de deux parce que la gérante risque probablement de crier à cause de son parquet. Elle serait capable de rentrer dans le Fort pour demander dédommagement. Je l'imagine râler sur mes talons et c'est terrifiant. Elle dirait un truc genre « il est tombé et à cause de son p'tit popotin y a du sang partout » devant les Autres et je mourrais de honte. P'tit popotin. C'est pas une façon de parler d'une partie de mon corps. Autant garder ce moment horrible dans un espace restreint.

Quand le mec m'enlève les éclats de verre du dos ça prend deux secondes, mais j'ai beaucoup de mal à ne pas me téléporter par accident. Je suis quasi sûr d'être devenu un peu transparent sur la fin. Ça fait mal et je suis considérablement stressé. A mes yeux je suis dans un des endroits les plus hostiles du monde : un bar (j'appelle tous les endroits avec de l'alcool « bar »). En plus je suis quasi sûr d'avoir vu une dame avec un violon tout à l'heure, la gérante terrifiante est allée lui parler à moment. Qui dit violon dit concert, donc petite foule dans un espace clos. J'aime bien la musique, j'aimerais bien en entendre plus souvent mais c'est un milieu beaucoup trop hostile pour moi. Un jour, c'était y a je sais plus combien d'année, le Fort m'a envoyé faire de la surveillance dans une salle de théâtre à cause d'un risque d'attentat. Au bout de dix minutes je me suis enfermé dans les toilettes pour faire une crise d'angoisse.

J'enlève le haut de mon uniforme, la mort dans l'âme. Ça prend un petit peu de temps parce que je ne suis pas en vacances au bord de la piscine. J'ai pas mal de matériel à trimbaler pour foutre la merde. Faut que je dessangle tout ça. Les holsters attachés à ma ceinture, les protèges-bras, tout le merdier que j'ai sur les hanches pour faire mal ou me faire mal tout seul. Ça fait un gros tas à coté de moi. Et j'ai vraiment l'air d'un con avec mes coups de soleil hyper localisés. Enfin si c'était ça qui se voyait en premier... j'ai des cicatrices crado surtout. Des entailles ou des brûlures, surtout sur les bras parce que c'est la partie de mon corps la plus accessible sur le terrain. Il y a aussi celles que les autres m'ont fait, les méchants criminels. La pire que j'ai eu c'est un coup de couteau dans le ventre, près du nombril, j'ai failli y rester sur ce coup là.
Sinon pendant un temps je m'adonnais à un art ancien, celui de faire des zoli dessins avec mes automutilations. Des lignes géométriques, des trucs comme ça, sur le ventre et un peu l'épaule gauche. C'est les façons de faire d'autrefois, à l'époque où l'arbalète n'existait même pas. C'est censé aider la magie et optimiser l'espace de peau disponible pour se faire mal sans se bousiller, mais c'est très probablement des conneries. En tout cas on a un paquet de manuscrits avec des planches et des planches de dessin. J'ai pas réussi aussi bien que les modèles, puis j'ai laissé tombé au bout d'un moment. Faudrait que je me trouve un loisir qui ne serait pas glauque à raconter.

Pendant ce temps la dame est revenue, avec de l'alcool. Pas celui pour désinfecter – le mec s'en sert déjà -, l'autre. Celui qui rend gogol. C'est un putain de poison tu sais. Ça ralentit la cicatrisation, augmente le risque d'infection, pas besoin d'avoir fait médecine pour savoir ça. Ne serait ce que croiser un alcoolique, ça devrait suffire pour dissuader tout le monde de laisser pourrir des fruits. Je ne bois jamais. T'imagine bien que les Vicaires n'encouragent pas l'apéro dans leurs rangs. Mais là... bin j'aurais vraiment besoin d'un analgésique et d'un truc pour me détendre. Le mec boit en premier puis je m'y mets aussi – je ne râle même pas parce qu'il y a pas de verre et que c'est sale, Myre sait que c'est pas l'envie qui manque. J'en prends quelques grosses gorgées (en essayant de ne pas penser à la salive d'un sale civil en contact avec ma précieuse flore commensale). Pendant ce temps Sigmund – qui a maintenant un nom – me demande si c'est une bonne position, Prieur. Je lui sers la main avec grand malaise, parce que voilà. Je n'ai pas le temps de répondre. Je me mets à tousser comme un cancéreux parce que j'ai pas l'habitude et que ça m'a tout brûlé. Beurk. J'ai les yeux qui coulent. Comment les gens peuvent boire cette merde ? Est ce qu'ils se rendent compte que c'est du jus de compost macéré avec des tout petits champignons ? Ça a pourtant le goût des ingrédients ! C'est pas trompeur ! Beurk beurk.

- Désolé ! … normalement je ne bois pas.

Normalement j'ai un bon shoot de morphine entre les deux yeux, c'est technologique, c'est propre, on entend plus parler de moi pour les quatre heures qui suivent. Maintenant j'ai chaud au ventre et une furieuse envie de fumer une cigarette, alors que j'ai arrêté depuis plus de vingt ans.

- Je m'appelle Izei Ingenoc, et pour la position du Prieur standard je ne sais pas. Je ne patrouille pas, je ne vis pas dans une caserne et tout ça. Normalement... keuf keuf... normalement c'est pas mon domaine les bastons de bar, mais là je revenais d'un truc avec des pirates, je passais devant...

Je hausse des épaules puis je grimace parce que c'était vraiment une idée stupide de bouger les omoplates. Je connais des dizaines d'exercice pour résister à la douleur, méditation tout ça, mais je suis tellement loin de chez moi ! Ils me semblent tous inaccessibles. Aucun ne commence par « bah tu t'assois sur un coin de lit en taillant le bout de gras ». Puis l'alcool... ben ça rend bizarrement content à l'intérieur mais je n'en ai pas bu assez pour devenir tout rouge et tout stupide. Faudrait que je trouve un truc pour me distraire. Monsieur von Einzbern ne me fait pas trop peur, il a une voix agréable. Je vais essayer de le faire parler.

- C'est... ça fait quoi un alchimiste ?

C'est pas pour le faire expliquer dans le vide, je ne sais réellement pas ce que ça fait. Tu sais ce qui se passe d'habitude quand j'entends un mot que je ne comprend pas ? Je ne pose pas la question. Alors voilà.

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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Lun 30 Avr - 22:52

Winifred était sur le point de lui balancer un gros "mais tu vas le pondre ton nom, mon gars ?" parce que bon, c'est sympa de venir faire le petit coquinou à taper tout le monde tout en transplanant à droite et à gauche, mais faire ça, saigner comme un petit cochon à qui on coupe la gorge pour plus qu'il chante et en foutre plein sur le parquet, faut pas pousser. Du coup, il s'était finalement présenté. Izei Ingé... ingéni... nan, Ingé... Décidément, en ce moment, elle avait du mal avec les noms de famille. C'était comme celui de son amie musicienne, Catherina. Et même celui de Zaïra, qui était dans une pièce voisine. Fallait faire travailler tout ça dis donc mamie Wini...

Et puis v'là que Sigmund voulait jouer les petits scientifiques alors qu'Izei était en train de pisser du sang sur des beaux draps tout frais. Mais pour le coup, c'était plus rattrapable que le parquet. Le parquet, ça boit. Et d'habitude, il boit de la bière ou du rhum ou du whisky, mais pas du sang. Le sang, c'est corrosif sur le beau bois, alors que sur des draps... Elle avait déjà bien plus l'habitude. Déjà, parce qu'elle était une femme et que ça lui était arrivé quelques fois de se retrouver à devoir nettoyer ses draps un petit matin. Puis après, y'avait les pratiques un peu douteuses des gens à l'étage, et là, on pouvait dire qu'ils devaient en faire, des choses étranges, pour avoir parfois autant de sang sur les draps. Une fois, il avait même fallu faire des points de suture à un gars qui... ouais, non, on va pas raconter ça comme ça. Du coup, elle avait fait quelques sutures déjà, parfois sur des zones improbables, alors un sourcil ou bien un bout du dos, boarf, c'était jouable.

La marâtre tiqua aux aveux du Prieur, des bouts de verre dans le dos, beurk. Le verre, c'est la connerie qui peut se casser en plein de petits morceaux et rester sous la peau, faire des infections et puis là, c'est la gangrène, faut tout amputer. Mais est-ce qu'on peut amputer une omoplate ? Mais ça va que c'était l'alchimiste qui s'en était chargé, d'enlever le bordel, comme ça, elle ne serait pas responsable de la potentielle infection.

- C'est ce qu'ils disent tous, en arrivant chez moi, et souvent, ils ressortent ivres et déambulent comme des malfamés. Si c'est le cas, tu vas pas être déçu en sortant de là, parce que ce que tu viens d'boire, c'est pas une p'tite boisson pour les garçonnets.

Oh puis c'est parfait, voilà qu'il se met à faire la conversation de son plein gré à son copain de mésaventure. L'occasion idéale pour commencer à piquer le gaillard. Elle attrapa un petit bout de tissu humide qu'elle avait apporté il y a quelques secondes, qui n'était pas couvert d'alcool mais d'eau propre, c'était moins risqué avec la taille de la plaie. Elle nettoya les contours coulants de sang avant de se mettre à râler.

- Jamais tu coagules toi ?

Elle attrapa alors une serviette et la colla autour du corps d'Izei. Elle remarqua bien toutes les marques sur son corps, mais bon, c'était pas ses affaires et elle n'allait pas lui poser de questions sur le sujet, pas maintenant. Fallait pas le braquer, déjà qu'il n'avait pas l'air très à l'aise... et encore moins à moitié à poil chez une illustre inconnue avec un autre type qui voulait prélever de son sang.

- Et toi, bois, dit-elle à Sigmund. Elle pensait que la douleur serait moindre pour lui recoudre la tronche, avec beaucoup d'alcool dans le sang, puis il avait plus de temps qu'Izei pour ça.

- Voilà qui est mieux, cette serviette épongera un peu les dégâts.

Elle se demandait combien de litres de sang pouvait contenir un corps humain. De mémoire c'était un truc genre... cinq. Et combien en avait déjà perdu le gars ? Trop pour laisser cette plaie couler encore. Elle continua de nettoyer avec son tissu mouillé puis entreprit enfin la couture. Le premier coup d'aiguille était toujours le plus difficile, c'était un test pour connaître l'épaisseur de la peau, mais aussi pour connaître le seuil de douleur du concerné. Mais en même temps, elle s'en foutait un peu, parce qu'il fallait le faire et vite.
Wini s'était installée derrière Izei, elle aussi assise sur le lit, sur les genoux, plus précisément. Avec sa main droite elle piquait, de la gauche elle resserrait les deux parois de la peau. Elle souffla sur la mèche de cheveux qui venait chatouiller sa paupière et continua son oeuvre. Des petites croix, c'était joli ça, des points en croix ? Un petit coup de nettoyage tous les deux points, histoire de rafraîchir aussi la zone et enfin le sang s'arrêta.

Wini n'était pas du tout attentive à la conversation des deux hommes, elle était concentrée sur son travail et pensait également à Zaïra, pauvre petite. Elle n'avait même pas su ce qu'elle avait préféré faire, est-ce qu'elle était restée du coup ? Puis elle revint à la réalité, soudainement prise d'une envie de poser une question.

- Et toi, c'est quoi, ce que tu nous as fait, là, dans le bar tout à l'heure ? Quand tu apparaissais et disparaissais très très vite, tout en mettant des patates dans le nez des gens ? C'est un truc des gars de la Tour ça ?

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Zaïra Pichardo
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MessageSujet: Re: Soirée violon au rez de chaussée [Zaira / Sigmund / Izei]   Mar 8 Mai - 10:43

Depuis que j’avais cru perdre mon instrument j’étais restée un peu spectatrice de ce qui se passait autour de moi. Je pense pourtant être une fille réactive et plutôt dynamique mais parfois les émotions fortes ont un peu raison de moi. En tout cas c’est ce que les événements semblaient vouloir me prouver.

Pendant ce temps, pourtant les vivants avaient besoin d’aide ou bien s’agitaient dans tous les sens après que le prieur ait rendu un semblant de calme à l’Octo, en tout cas suffisamment pour que la voix et l’autorité de de Winnifred puisse retrouver leur impact sur les gens encore présents dans la salle. Si elle avait eu un passage à vide durant la rixe, tout semblait oublié pour elle et personne ne semblait pouvoir contester ses directives.

C’était donc avec mon violon précieusement replacé dans son étui, lui-même contre ma poitrine au milieu de mes bras que je retournai au bar. Les choses semblaient être sue le point de rentrer dans l’ordre, motivées en cela par la présence du prieur et par le fouet des injonctions de la patronne des lieux. Elle s’était maintenant muée en infirmière sans pour autant quitter la salle des yeux. Elle considérait d’un air mi navré mi contrarié le prieur dont le sang allait laisser des traces pour longtemps sur le parquet si on ne l’épongeait pas rapidement. De mon côté, ce spectacle ne me remuait pas plus que ça. Bien sûr j’avais un peu mal pour le prieur avec ses tessons de verre dans le dos, mais aucune nausée ni aucun dégout ne me venait ni au cœur, ni à l’estomac. Sans doute que la vue de mon père avec son oreille tranchée dans la main m’avait-elle vaccinée contre ce genre d’exhibition.

En fait j’étais plus étonnée du manque d’assurance apparent qui semblait être celui de l’homme en rouge. Après son entrée fracassante, il ne savait pas trop comment tirer parti de sa victoire. Evidemment avec des morceaux de verre fichés dans le dos, on n’est tout de suite moins lucide mais pour quelqu’un sensé maîtriser la douleur ce devait être possible. C’était assez étrange comme les premiers mots de la tenancière qui avaient pu couvrir enfin, la rixe semblaient presque lui avoir cloué le bec. Le voici qui bafouille et se laisse mener par l’hôtesse des lieu malgré l’air offusqué qui se peignait de temps à autre sur  son visage.

Je croisai brièvement le regard de la tenancière posé sur mon étui. D’un abaissement de paupière, je lui indiquai que tout allait bien de du côté de mon instrument et je crus lire un soulagement sur son visage préoccupé. C’était l’alchimiste qui semblait le moins dans son assiette. Visiblement, il n’avait pas pu éviter de se retrouver pris dans la mêlée. Je n’arrivai pas immédiatement à identifier ce qui lui était arrivé, mais la couleur de son visage en disait long sur son état. Je m’approchai de lui tandis que la tenancière répondait au dernier beuglement interrogatif du prieur et glissai un tabouret dans sa direction pour lui donner de quoi garder plus aisément une position verticale au cas où un malaise devait le prendre.

« Vous allez tenir le coup ? Montrez-moi ce que vous avez… »

En fait, à cette distance j’avais fini par identifier la blessure. Ce n’était pas aussi grave que c’aurait pu l’être mais tout de même, Sigmund devait souffrir le martyr avec sa main en capilotade. Je commençai à regarder autour de moi pour voir si quelque chose d’utile à lui dispenser les premiers soins était à portée, mais Octopus Semblait désireuse de gérer la situation et les blessures. Un peu déstabilisée par son autorité je me retrouvai bientôt assise sur un tabouret, à contempler la scène, prête à donner un coup de main si nécessaire, le bras posé sur mon précieux étui, lui-même posé sur un coin du zinc pas trop encombré ou souillé. J’étais assez curieuse de constater jusqu’à quel point, la patronne était douée en couture. Cette femme savait tout faire c’était sûr mais de là à recoudre une plaie… En fait je ne demandais qu’à voir….

De plus en plus l’endroit me paraît surréaliste. Moi un peu pétrifiée qui regarde tout le monde s’agiter sans coordination si concertation, la patronne enfilant à tour de rôle toutes les casquettes possibles pour reprendre le contrôle des événements et le pauvre prieur se demandant visiblement ce qu’il faisait là et comment il allait pouvoir faire entendre sa position. J’avais presque envie de rire à ce spectacle. S’il n’y avait pas ce sang un peu partout, ce serait sûrement arrivé.

Et puis je repris un peu de réalité dans l’esprit de Winnifred qui me fit presque sursauter en m’adressant soudain la parole. Pour être honnête, j’étais étonnée des précautions qu’elle prenait avec moi dans les circonstances qui noyaient son établissement sous le chaos, chose qu’elle devait honnir plus que tout si j’en avait bien jugé l’amour qu’elle portait à ses petites affaires. Je lui souris pour la rassurer. Je n’étais pas une gamine fragile de la haute et des bagarres de taverne j’en avait déjà vu, du sang aussi.

« Pas de problème ! On a un contrat toutes les deux ? Je suis venue pour jouer alors je joue. Sauf si tu as besoin d’un coup de main pour autre chose… »

Ma voix était ferme. La fatigue n’avait pas encore raison de moi et le fait de na pas avoir eu à pâtir de la rixe en aucune façon m’avait laissée plutôt sereine malgré les quelques atermoiements depuis l’arrivée du prieur hémorragique.

Tandis qu’elle s’apprêtait à s’occuper de Sigmund, je me saisis de mon instrument qui n’avait de fait pas eu beaucoup de repos. Il retrouva bientôt sa place au creux de mon épaule et je me mis en devoir de le réaccorder tout en dirigeant vers l’ancienne scène, en souriant aux quelques spectateurs restants pour les faire patienter. Avec minutie, je manipulai les tendeurs jusqu’à l’obtention parfaite de chacune des quatre notes.

Lorsque je jetai un regard vers le comptoir l’infirmière et ses deux patients avaient disparu. Quelques personnes parmi les plus coupables des exactions dont avait été victime la salle ou parmi les mieux intentionnées s’affairaient à remettre un peu de d’ordre et à lui rendre un air plus présentable tandis que quelques-uns tentaient de réduire qui une bosse, une estafilade ou la luxation d’un doigt. D’autres encore attendaient que le spectacle reprenne. L’heure n’était pas aux entrées en scène bien pensées. Il s’agissait juste de rendre un peu de joie à tout le monde et pourquoi pas de donner de l’entrain aux travailleurs ou aux blessés. Je pris le temps tout de même de saluer et monter de mon archer le chaos environnant. Un air entrainant et gai ne tarda pas ensuite à sautiller hors de mon instrument tandis que mes pas me firent très vite virevolter aux quatre coins de l’espace qui m’était imparti mais qui ne me suffit pas longtemps.

Bientôt je me retrouvai au milieu de la salle à adresser mes notes et mes sourires au corps et aux âmes tuméfiés. Au cours de ma danse mon pied relevait une chaise ou la faisait glisser jusqu’à sa table. Ces espèces de jongleries ne m’étaient pas très familières et nuisaient à l’élégance de ma danse mais voir l’un ou l’autre se lever pour se joindre en rythme au rangement ou s’inquiéter de l’arcade de son voisin était une compensation à la frustration qui aurait pu être la mienne en d’autres circonstances.

Bientôt pour les derniers coups de balai et en récompense de notre travail j’entamai un air traditionnel qui exprimait pour moi un sentiment de satisfaction.
Tout n’était pas rutilant comme l’aimait la patronne mais au moins les principaux stigmates de la bagarre avaient disparu et les bras qu’elle avait désignés pour nettoyer le sang avait fait merveille. C’est fou ce qu’on pouvait faire en une dizaine de minutes !

Lorsque les dernières notes se furent éteintes, les spectateurs et les travailleurs de tout poil avaient le sourire et nous nous laissâmes tomber en applaudissant sur les bancs et les chaises à portée.

« Merci à vous tous ! »

J’agitai mon archet au-dessus de ma tête en signe de remerciement avant de poursuivre.

« Je boirais bien quelque chose moi. »
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